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 Paie tes dettes ma jolie ft. Ira

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Dario dí Valentino
Narakhe ✮ Membre

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MessageSujet: Paie tes dettes ma jolie ft. Ira   19.02.18 20:52


(@Ira Abisheva & Dario dí Valentino )

Vous n’imaginez pas le nombre de sorcières et de sorciers qui s’imaginent pouvoir passer à travers le filet. Ils passent un pacte quand ils sont jeunes, souvent sous une impulsion, parce qu’ils sont en colère – 70% des pactes sont sous le coup d’une vengeance – ou parce qu’ils sont amoureux, passionnés, - pour quelqu’un qui les oubliera ou les abandonnera – et dans la majorité des cas, ils pensent que le narakhe ne reviendra jamais réclamer son due ou alors qu’il le fera au moment de leur mort. Que nenni, lorsqu’on passe un acte avec un sorcier, prendre son âme n’est que la conséquence finale. Entre le moment où l’on signe et le moment du trépas, il y a des années qu’il serait idiot de ne pas exploiter. Certains sont assez malins pour lire les petites lignes en bas du contrat, mais pas tous. Certains n’y pensent tout simplement pas.
Je vous l’ai dit, la plupart pensent pouvoir y échapper, ils pensent qu’ils trouveront une astuce, quelle idiotie. Mais pour notre part, à nous les anges des enfers, nous en profitons de cette innocence, de cette part d’inconscience qu’ont les humains. Ces êtres à la chair fragile, cette chair aspirant au vice plus qu’à la vertu. Ces êtres délicieux. Si tentant, comment diable ferait-on pour y résister ? Personnellement, j’ai jamais pu, ni même essayé à dire vrai. Déjà de mon vivant, lorsque j’étais un de ces êtres vils, je ne résistais à la tentation d’une chair offerte, même lorsqu’elle était refusée, lorsqu’elle tentait de m’échapper. C’était à ce moment là que la chasse prenait tout son sens. La plupart des nobles à l’époque ne songeaient qu’à chasser le cerf, le sanglier, alors qu’il m’est toujours apparu que la seule créature digne d’être chassée c’est l’humain. Pas vous ?
Me voici donc, grimpant un sordide escalier d’un immeuble à l’aspect vétuste et douteux dont on avait visiblement complètement oublié de refaire la peinture ou ne serait-ce que le ménage régulièrement. Moi, l’être distique à la superbe, ayant littéralement toujours eu une cuillère en argent dans la bouche, passez moi l’expression, je devais me soumettre à cette crasse dans laquelle les humains aimaient tant de prostré. Cela est une chose que je ne comprendrais décidément jamais. Quoi qu’il en soit, je parviens sur le palier après avoir grimper 3 étages qui m’en parurent 5 du fait de la petite taille des marches creusées par les années. Je distingue une volée de porte dans un couloir sombre éclairé par une unique fenêtre. La pénombre me dérange nullement, c’est la dimension des pièces qui me trouble. Même les chambres de bonnes pour mon personnel n’ont cette dimension. On se dirait dans une maison de poupée, c’est parfaitement ridicule. Comment peut-on vivre ici ?
Négligeant de m’arracher les cheveux, après tout, ils sont trop beaux pour subir un tel sort, je m’attelais plutôt à trouver le jeu dans la serrure pour la forcer, puis jugeant que celle-ci devait être trop vieille pour ce genre d’effort, j’en forçais l’ouverture d’un coup d’épaule bien placé. Ma force étant supérieure à celle d’un humain, c’était presque trop facile. Et je me retrouvais face à ce qui me paraissait un minuscule intérieur fait de bric à brac mais dont la tonalité mystique m’apparu immédiatement. L’odeur même qui régnait ici dans ce joyeux bordel m’informa que je ne m’étais pas trompé.
La propriétaire des lieux était surprise par mon apparition, évidemment. Je n’avais guère lancé d’invitation. J’avais même flingué sa porte, mais c’était de sa faute. Elle m’avait forcé à mettre les pieds ici, dans cette poussiéreuse demeure, cette maison de poupée qui paraissait avoir été oubliée dans un antique grenier ayant prit l’eau de trop nombreuses fois. Ceci dit, je notais quelques œuvres et babioles dignes d’intérêt. Son cas n’était peut-être pas si désespéré. Après tout, je venais d’entrer pour la seconde fois, et avec fracas dans son existence. Sans doute devrait-elle m’en remercier.
« Bonsoir ma chère. Excusez mon entrée fracassante, surtout pour votre porte, mais j’avais peur que vous n’essayez une seconde fois de vous soustraire à moi. » fit-il en s’avançant, époussetant l’épaule qui lui avait servit à forcer l’entrée de l’appartement. « Vous me remettez ? Vous aviez envie de punir quelqu’un, je l’ai fait. Mais vous avez omis de me régler votre dette, ma chère. » acheva-t-il avec une voix suave, presque roucoulante. Passé la violence de l’entrée, le narakhe pouvait se montrer charmant. Après tout, il l’était la plupart du temps. Si on allait dans son sens, naturellement.
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Ira Abisheva
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MessageSujet: Re: Paie tes dettes ma jolie ft. Ira   22.02.18 23:31



PAIE TES DETTES
« The greatest trick the Devil pulled
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Dario Dí Valentino ☩ Ira Abisheva

15 h 20. J’ai une heure de libre avant mon prochain patient, et j’en ai profité pour aller m’écrouler chez moi. Dormir. Le boulot m’use, mais ce sont surtout mes nuits blanches à traquer le maréchal des logis qui m’épuisent. Sans parler des réunions de l’Assemblée, et des moments où j’ai juste besoin de décompresser et de faire la fête, maintenant que j’ai mis le grappin sur ma cible. Je sens que je ne vais pas pouvoir continuer à mener tout ça de front pendant trop longtemps. Faudrait que je trouve un narakhe capable de chasser le sommeil ou de stimuler l’énergie. Ou alors je commence à prendre de la C. Mais en attendant de me décider sur la façon d’étirer mon temps d’éveil, je gis toute habillée sur mon lit dans un semi-coma, lumières éteintes et rideaux tirés en plein après-midi. La couture de mon jean me serre, mais je suis trop crevée pour m’en soucier.

Il faudrait au moins une bombe pour me réveiller.

C’est très précisément l’effet que me fait le bruit de ma porte d’entrée volant en éclats. Arrachée en sursaut à ma léthargie, je mets plusieurs secondes à comprendre où je suis et ce qui se passe. Quand la lumière s’allume enfin dans ma caboche, je réagis un peu plus vivement. Je suis en train de me faire cambrioler. Il y a quelqu’un chez moi. Je bondis hors du lit et attrape le pied de biche posé contre le mur le plus proche, à côté de la table de chevet. J’ai ce truc-là depuis des mois, relique d’une de mes premières missions pour l’Assemblée. Il aurait été plus raisonnable de m’en séparer, plutôt que de courir le risque de laisser l’objet m’incriminer si je me faisais arrêter, mais que voulez-vous, j’ai toujours eu le goût du risque et un certain sentimentalisme envers les objets les plus triviaux. En cet instant, je m’en félicite. L’outil est lourd et agréablement froid dans mes mains, sa robustesse me rassure. J’ai jamais rien eu d’une combattante, mais s’il faut en venir là, je sais que je n’aurai aucune hésitation.

Les membres encore ankylosés, je me glisse avec une souplesse toute relative jusqu’au salon, prête à balancer mon arme contre le crâne de l’intrus. Intrus qui me remarque aussitôt, bien sûr, vu l’étroitesse des lieux. Je fléchis les genoux, le cœur battant, l’adrénaline comme un torrent dans mes veines. C'est pas un cambrioleur. C’est pas un pauvre mec qui pensait que l’appartement serait vide. Mais ce n'est pas un soulagement. Car il est là pour une raison... Il est là pour moi. Je le sais, parce que je le reconnais au premier coup d'œil. Comment l'oublier ? J'ai passé un bon moment à négocier bec et ongles avec lui, dans un vieil entrepôt désaffecté, au milieu de la nuit, entourée de runes kabbalistiques tracées à la craie sur le béton.

J’affermis ma prise sur mon arme de fortune, la soupèse ouvertement dans mes paumes. Il fait preuve d’une sacrée dose de mauvaise foi, mais n’est-ce pas là le propre des démons ? Ignorant mon cœur qui menace toujours de bondir hors de ma poitrine pour continuer sa vie dans des contrées plus vertes, je me redresse légèrement et adopte une expression sereine, tout juste altérée d'une moue ennuyée. Du bluff, évidemment. Je ne suis pas sereine du tout. Ma voix reste néanmoins affirmée, et je me réjouis de ne pas l’entendre trembler.

« Votre manque de confiance est un peu blessant… Mais j’imagine que ça ne devrait pas me surprendre. »

Lentement, délibérément, j’ose un pas dans sa direction.

« Je n’ai rien omis du tout, nous n’avions pas pris rendez-vous, à ce que je sache. »

Un pas de plus.

« Je suis une femme de parole, contrairement à ce que vous avez l’air de penser. Et je me tiens à votre disposition pour le service dont nous avons convenu. »

Un geste vague de mon arme en direction de la porte. Ou plutôt, de son absence.

« Ceci dit, il me semble que vous venez également de contracter une dette. Vous me devez une porte. »

Règle de base : toujours marchander avec un Narakhe. Ne jamais rien laisser passer. Mais en dépit de mes belles paroles, je dois avouer que sa présence, et ce qu’elle signifie, me déplaît au plus haut point. Je n’avais pas exactement oublié notre pacte, non… Mais disons que j’ai fait profil bas, en espérant gagner un peu de temps. Voire même trouver le moyen de m’en défaire totalement. Un vœu pieu, j’en ai conscience.

On n’échappe jamais à ce type d’accord.

Et le problème, c’est que celui-ci n’a pas exactement tourné en ma faveur. En d’autres termes, je me suis faite avoir, trop avide d’exercer enfin ma vengeance sur un Pernštejn. Une erreur de débutante. Une tache noire sur mon ego. Il y a pourtant un point sur lequel je n’ai pas menti. Je suis une femme de parole. Et si j’ai promis… Je m’y tiendrai, malgré toute l’aversion que ça m’inspire. Dans un soupir composé, j’abaisse légèrement mon pied de biche. Assez pour signifier une trêve sans me départir totalement de ma position défensive.

« Êtes-vous disposé à discuter des termes de notre… contrat comme un homme civilisé ou dois-je continuer à brandir ce truc ? J’ai les bras qui fatiguent. »

Pour ne l’avoir invoqué qu’en une occasion, je connais mal ce narakhe. J’ignore ses goûts et ses ambitions. Je ne sais pas non plus de quoi il est capable, ni quel est son degré d’instabilité. Il présente bien, mais j’ai aussi appris à me méfier des apparences. Je vais devoir jouer ma partie en finesse, au moins le temps d’en apprendre plus. De tester ses limites. Un sourire sarcastique affleure à mes lèvres.

« Mais je ne pousserai pas le vice jusqu’à vous offrir quelque chose à boire après cette offense, Cesare. »

L’emploi de son Nom est parfaitement volontaire. Rappel insidieux du contrôle que j’ai un jour exercé sur lui, et que je détiens toujours, d’une certaine manière. La danse des démons et de leurs suppôts s’est toujours valsée à deux.

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Dario dí Valentino
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MessageSujet: Re: Paie tes dettes ma jolie ft. Ira   03.03.18 18:02


(@Ira Abisheva & Dario dí Valentino )

La petite sorcière apparaît, fraîche comme une rose, sa bouille froissée par le sommeil dont il vient de la tirer. Bien que surprise de sa présence, évidemment puisqu’il n’avait envoyé de carton prévenant de son arrivée, elle sait retomber sur ses pattes. Essayant encore une fois de marchander, de sauver sa couane, toute lâche qu’elle est. Car Dario la considère comme telle. Elle a cru qu’en se faisant petite, il l’oublierait. Et honnêtement il l’aurait oublié s’il ne détenait pas le contrat les liant. Ces petits bouts de parchemins sont forts utiles sans déconner. Bien sûr qu’elle ne comptait pas vraiment à ses yeux, mais elle lui serait utile comme toutes les autres qui avant elle avait passé un contrat.

Il avait besoin d’elle et de sa magie. Ce dont elle se doutait. Cela lui donnait un certain pouvoir sur lui, si elle prenait conscience de cela. Bien sûr Dario n’avait pas l’intention de lui laisser entrevoir à quel point il avait besoin d’elle. Elle comprendrait d’elle-même bien assez tôt. Généralement, il attend que la sorcière se sente coincée pour lui faire comprendre qu’elle en tira autant profit que lui, que sa magie sera renforcée, mais parfois, il doit le faire comprendre avant. Après tout, son vrai talent, comme tout narakhe est d’influencer et pas forcément en bien les mortels.

La jeune sorcière a de l’audace, et du courage, cela il veut bien lui reconnaître, en revanche, elle a des goûts lamentable en question de logement ou de choix d’armes. Il ne parle même pas du côté complètement hétéroclite de la décoration. Sait-elle seulement ce que veux dire ordonner les objets selon leur origine ou date ? Bien sûr que non. Tout a été posé là en dépit du bon sens. Il soupire en la regardant. Bien sûr qu’elle va tenter de négocier, pensant réellement qu’elle peut lui échapper. Tant d’autres ont essayés et échoués avant elle.

« Chère enfant, crois-tu réellement que tu as les moyens de négocier ? Tu aurais pu, cette nuit là, mais tu as signé le contrat. » rappelle-t-il en sortant le contrat par magie, afin d’éviter qu’elle ne décide de l’attraper ou d’y mettre le feu, il le range avant qu’elle n’ai le temps de faire quoi que ce soit de fâcheux.

Un sourire mesquin se pose sur ses lèvres alors qu’il commence à marcher, tourner en rond autour d’elle précisément, comme le ferait un charognard autour de sa proie. En vérité, il sait qu’elle résistera jusqu’à ce qu’il l’épuise, qu’elle tentera encore et encore d’échapper à son emprise jusqu’à ce qu’elle réalise, qu’il ne fera que la rendre plus forte, que cette emprise ne sera qu’à leur faveur. Etrange cette peur qu’ont les mortels de s’attacher… « Evidemment, si tu avais quelque chose à mettre dans la balance, et je ne parles pas de cette porte… »

En disant cela, il sorti son smartphone hors de prix, il glissait ses doigts sur l’écran commandant directement sur amazon un modèle de porte digne de ce nom, ce qui à ses yeux voulait dire une porte en métal blindée. « C’est quoi ton adresse déjà ? » cela démontrait l’intérêt qu’il lui portait. Ce qui l’intéressait c’était sa magie, pas autre chose. De quoi avait-elle peur, qu’il la viole au passage ? Bon, d’accord, c’était pas totalement exclu, après tout, il était un narakhe. Il avait des désirs, et les sorcières auxquelles il se liait pouvait lui donner des cambions et surtout, du plaisir. S’il y avait bien une chose vraiment intéressante sur terre, c’était bien le sexe.
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Ira Abisheva
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MessageSujet: Re: Paie tes dettes ma jolie ft. Ira   28.03.18 2:26



PAIE TES DETTES
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@Dario Dí Valentino ☩ Ira Abisheva

Mes yeux s’éclairent d’un éclat avide en découvrant le morceau de papier qu’il fait un instant tourner entre ses doigts. Le contrat. Ce serait concrètement la seule manière de récupérer ce que je lui ai malencontreusement cédé. Détruire la preuve, détruire les termes, détruire nos signatures respectives. Détruire le contrat. Il en a conscience, lui aussi, à voir la vitesse à laquelle le parchemin disparaît ensuite dans son veston. Je ne suis pas stupide au point d’envisager sérieusement de l’attaquer de front, mais je dois avouer que l’idée m’a traversé l’esprit. Je sais pourtant que je n’aurais aucune chance. Et encore moins dans mon état actuel. Je soupire en achevant de baisser mon arme.

« Je perdais rien à essayer... »

Et si j’ai la présence d’esprit de ne pas lancer une offensive qui terminerait forcément en débâcle, je n’en garde pas moins l’idée dans un coin du crâne. Tôt ou tard, je récupèrerai ce foutu bout de papier. C’est une torture de le savoir si proche, presque à portée de main, quand je me doute qu’il ne tardera pas à le cacher dans quelque coffre fermé à double tour de sa demeure, mais je n’ai d’autre choix que de m’armer de patience. Vertu dont je ne dispose malheureusement que d’une réserve très limitée.

Par chance, je suis distraite par le nouveau manège du narakhe : à pas de félin, il a commencé à décrire des cercles concentriques autour de moi, de plus en plus proches. Pas franchement rassurant, je l’observe faire d’un œil méfiant. J’essaie de me dire que je ne risque rien, qu’il irait pas faire de mal à une sorcière qui peut lui être autrement plus utile et qui lui est de plus liée par contrat, mais avec ces types-là… On ne peut jamais savoir. Un simple mouvement d’humeur pourrait décider de mon sort. Les démonistes se font rares de nos jours, mais je ne suis pas irremplaçable et il n’est sûrement pas pressé. J’en ai bien conscience, c’est la raison pour laquelle pactiser avec des ressortissants distiques est une activité si hasardeuse. Mais si excitante. Et potentiellement très gratifiante.

Sans cesser de m’encercler, il balance soudain ce qui pourrait ressembler à une reprise des négociations, à laquelle je dresse aussitôt un sourcil intéressé. Quelque chose à mettre dans la balance ? En plus de tout ce que je lui ai déjà promis ? C’est un peu gonflé de sa part… Mais si ça permettait de parlementer à nouveau, voire d’alléger ma « sentence » à son service... Ça vaut le coup de tenter. Le problème étant que je ne sais quoi lui offrir.

Tandis que je réfléchis à cette épineuse question, je continue de le surveiller du coin de l’œil. Il pianote sur son téléphone et me lance une nouvelle question, à laquelle je me raidis instinctivement. Mon premier réflexe, irréfléchi, serait de lui balancer une fausse adresse mais… Le fait est qu’il est déjà chez moi. Sa demande tient surtout de la démonstration d’indifférence. Sa manière de commencer à jouer ses cartes… Je réponds donc d’une voix équitablement blasée.

« 17 rue d’Aguesseau. »

Ce n’est qu’en suivant ses circonvolutions, lorsqu’il passe derrière moi, que je découvre ce qu’il est en train de trafiquer en apercevant brièvement une page de commande et l’espèce de monstruosité métallique qu’il a sélectionnée.

« Vous allez donc vous priver du plaisir d’enfoncer ma porte à chaque fois que l’envie vous en prendra ? Vous êtes plus raisonnable que je l’aurais cru. »

S’il me fait réellement installer ce truc, je parie sur une plainte des vieux cons du syndic de copropriété en moins de trois jours. Mais on ne va pas pinailler, j’ai demandé une porte et il me l’accorde sans broncher. Ça pourrait laisser envisager une certaine marge de manœuvre.

« Il me semble que j’ai pas mal mis tout ce que j’avais dans la balance quand on a défini les termes de notre accord, je ne vois pas trop ce que vous espérez de plus. »

D’accord, il sort tout droit du cercle de l’Envie, sa cupidité n’est donc pas vraiment une surprise, mais faudrait voir à rester raisonnable. Je fais mine de réfléchir une seconde de plus avant d’ajouter quelques mots d’un ton mesuré.

« Mais je pourrais peut-être… Invoquer un de vos amis, ou toute autre relation distique. Quelqu’un qui vous manque, quelqu’un dont vous auriez l’utilité ? Vous n’auriez qu’un mot à dire — un Nom à donner — pour faire venir sur Terre n’importe quelle connaissance entretenue là-bas. »

La proposition me semble plus qu’honnête, et il va s’en dire qu’elle n’ira pas sans contrepartie. En quelque pas vifs, je brise l’enceinte de ses rotations et rejoins ma table de cuisine, sur laquelle je m’assois à demi et dépose mon pied de biche, prête à défendre bec et ongles le moindre pouce de terrain que je pourrais récupérer dans ce nouveau pourparler.

« À moins que vous n’ayez autre chose en tête ? Je suis toute ouïe.»


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