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 But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤

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Clara Geminioni

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MessageSujet: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   28.01.18 4:11




« Lucie, Lucie c'est moi je sais
Il y a des soirs comme ça où tout
S'écroule autour de vous
Sans trop savoir pourquoi toujours

Regarder devant soi
Sans jamais baisser les bras, je sais
C'est pas le remède à tout
Mais 'faut se forcer parfois

Lucie, Lucie dépêche-toi, on vit
On ne meurt qu'une fois
Et on n'a le temps de rien
Que c'est déjà la fin mais
[…]
Même, si je n'ai pas le temps
D'assurer mes sentiments
J'ai en moi, oh de plus en plus fort
Des envies d'encore »


*  *  *


Montmartre. On était bien loin ici des quartiers chics les plus fréquentables de Paris. Il faut dire que les activités proposées n’étaient pas très raffinées non plus. Mais cela faisait des alentours l’endroit idéal pour établir un petit éventail de marchés peu légaux. Mais ce soir-là, ces organisations illicites n’intéressaient pas une certaine avocate de façon très orthodoxe. Faute de les faire cesser, le but était de s’y plonger prudemment. En effet, Clara avait décidé que le temps de manger des nèfles était révolu et ne pouvant pas compter sur son travail officiel, elle s’était mise en tête de trouver une petite… Compensation. Et comme la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre, ce fut sur les combats clandestins que la quarantenaire jeta son dévolu.  

Pourquoi ce brusque revirement de situation ? Tout d’abord, la ritale y pensait depuis un moment au vu de l’état critique de la situation, car la vérité c’était qu’elle ne touchait même pas à la pension alimentaire imposée à son ex-époux. Impossible de s’y résoudre. Mais plus tôt dans la journée, la clôture d’un de ses dossiers en cours lui prouva une fois de plus que l’heure était grave. Une adorable femme et sa fille, toutes deux expulsées de leur appartement sans raison valable, une affaire digne du grand cœur fermé de cette dame du barreau. Clara avait réussi à obtenir gain de cause pour les malheureuses mais la contrepartie fut bien maigre, voire inexistante et si les voir aussi soulagées lui avait provoqué comme une bouffée d’espoir, celle-ci s’était vite éteinte lorsqu’elle mit le nez dans son frigo une fois chez elle. Sa silhouette pulpeuse s’était un peu amaigrie depuis quelques mois, et pour cause, mais elle tentait de garder au moins du muscle, il en faudrait sous peu.

Derrière Le Chat Noir, un autre café, ou plutôt un bar malfamé qui servait plus à boire par convention et pour maintenir sa couverture car sous la surface, au sens propre, se cachait une petite arène digne d’intérêt pour les habitués des paris. Un ring. Des boxeurs. Et, ce soir-là, une boxeuse. Clara voulait savoir à quel point elle allait devoir se refaire la main pour espérer remplir ses poches trouées au minimum… Au vu de l’état de son arcade et de sa lèvre ensanglantée, elle n’avait pas tout perdu, la preuve, elle n’avait rien de cassé. Retrouver ce brin d’adrénaline avait été presque grisant mais une violente altercation à l’étage supérieur fit fuir toute la population du sous-sol. Une créature inconnue au bataillon semait la zizanie entre les humains présents.

- Et merde…

Ça c’était bon pour voir l’ULCM débarquer en mode branle-bas-de-combat… Et ça n’avait pas raté, ni une ni deux ils étaient là et l’italienne tentait de s’échapper discrètement pour ne pas subir les interrogations et les recherches de témoins, en vain évidemment. Impossible de l’éviter lorsqu’il était dans les parages. Voilà qu’elle tombait nez-à-nez avec le Marchiori.

- Tiens, Milo ! C’est… ça faisait longtemps !

Lança-t-elle avant même que l’inspecteur ne puisse ouvrir la bouche. Clara avait l’air de rien, comme si elle n’était pas amochée et que sa présence ici n’avait rien d’anormal. Quel malaise ! Non seulement elle perdait intérieurement tous ses moyens quand elle le voyait mais en plus… Elle perdait vraiment tous ses moyens !
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Milo Marchiori

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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   28.01.18 9:45

Depuis qu'il s'est démené pour retourner sur le terrain, pour s'occuper entre autre de l'affaire Larcher, Milo pourrait presque revivre. Le désastre de sa vie professionnelle était en train de s'éloigner doucement mais sûrement. Il pouvait de nouveau, pouvoir voir autre chose que les quatre murs de ce fichu labo où on l'avait relégué. Enfin, ce placard, lui servait toujours de bureau, avec vue directe sur la place vide de Lélio et un Augustin dans la plus critique de ses périodes. Ce service spécial durait un peu trop longtemps et le secret qui tournait autour était verrouillé à triple tour. « Ca vient d'en haut » qu'on lui avait dit lorsque le Garou avait posé la question. De quoi le rendre un peu plus perplexe.

D'ordinaire, l'Aëlhim qui lui sert de doublure avait toujours des nouvelles et même là, c'est silence radio. La Brigade de l'ULCM est petite, pas plus d'une quinzaine de personne, avec une juridictions claire : elle ne se charge que des affaires Humains – Non-humain et inversement. Ce que les différentes espèces trafiquent entre, elles ne les regarde pas. Avec l'absence de Di Ruzzante et l'explosion des affaires criminelles qui les concernent, autant dire que les jours de repos ne sont pas là d'arriver. Si ça gêne Milo ? Pas le moindre du monde ! Mais il s'inquiète tout de même pour le Cambion.

Bref, toujours est-il que des sources de plus en plus concordantes et vérifiées faisaient état de l'organisation d'une arène de combats clandestins dans Montmartre. On y trouve de tout là dedans, et les plus paumés peuvent venir y arrondir les fins de mois pour le peu qu'ils en sortent vivants et surtout, en état d'aligner deux mots à la suite. Ce genre de business, d'ordinaire ce sont les Lycans qui ont la main-mise. Pourquoi ça n'étonne pas notre Garou. Les bras croisés, engoncé dans son siège, l'inspecteur Marchiori écoutait le briefing qui conduirait au démantèlement de cet endroit, ce soir même. Ca tombait quand même un peu mal, il aurait dû revoir Azalaïs. Elle comprendrait, il en était sur.

On avait localisé l'endroit non loin du Chat Noir, à même Montmartre, y'en a qui doute de rien. La rumeur faisant état de trafics humains, des punching ball pour ces dégénérés, il leur faudrait aussi trouver des preuves de tout ça. Mettre la main sur la tête pensante de ces joyeusetés serait un bonus, mais le chef lui-même ne comptait pas a dessus. Si Milo savait sur qui il allait tomber. A croire que le destin avait choisi de leur facilité la tâche pour les membres de l'unité mais aussi de pourrir la vie de l'un de ses membres. Alors que l'assaut se préparait, une clameur montait de la salle « officielle » du bar, un Loup-Garou qui pétait un boulon, comme ça, au débotté. De quoi faire cligner des yeux l'autre Garou qui traînait dans le coin.

Son Sixième Sens s'affolait, le danger pour sa petite vie misérable était réel, Milo faisait tout pour mettre en sourdine, suivre en soutient les coéquipiers. Terminé les irruptions par la force quand un genou a été explosé à l'argent. Il faisait confiance à ses sens, les sons, les odeurs, tout est décuplé chez le Garou qui sert alors de guide, d'alerteur pour ceux qui passait devant. La configuration des lieux fermement ancrée dans son esprit. L'opération est méthodique, on choppe ceux qui s'enfuient depuis la ruelle derrière le bâtiment quand à ceux qui n'ont pu sortir, c'était la garde à vue programmée. Un bordel monstre mais pas de coup de feu, juste un gros pic d'adrénaline pour Milo qui rangeait son arme, débarquant dans le sous-sol pour voir l'étendue des dégâts et surtout une tête plus que connu.

Le Garou doit s'y reprendre à deux fois pour être sur de ne pas avoir la berlue. Un officier de la Maréchaussée s'emparait déjà du bras de la brune à la tronche un peu de biais. Mais ce n'est pas une lèvre fendue qui allait l'empêcher de la reconnaître.

- Laissez ! Je m'en occupe.

Dit il en descendant les escaliers de métal pour se porter à sa hauteur.

-  Porco Dio Santissimo*... - C'est fou comme l'Italien revenait au triple galop dans ce genre de situation – Clara qu'est-ce que tu fiches ici ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Tu veux te faire virer du barreau ou quoi ? Attends... ne me dit pas que tu t'es battu ici quand même ?

Et le flux de paroles était tout aussi rapide tandis que Milo parlait presque dans ses dents. Il lui prend le bras et l’entraîne dehors non sans lui avoir remit la capuche de son haut sur la tête.

- Vieni qui**

*Bordel de merde
** Viens ici

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Clara Geminioni

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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   28.01.18 15:26

Depuis toujours, Fabio Geminioni entraînait sa fille au combat à l’insu du reste de la famille. « Un jour il n’y aura plus personne pour te protéger, je serai parti et toi tu devras te défendre seule » disait-il souvent. S’il savait à quel point il avait raison. Mais savait-il à ce moment-là que sa précieuse progéniture devrait aussi souvent lutter contre des êtres qui lui étaient mille fois supérieurs en force ? Sûrement pas, mais qui sait ? Il avait tant de secrets. Demetria, sa femme, devait se douter que quelque chose se passait lorsqu’il emmenait leur aînée mais elle les laissait apprendre à deux, elle ne s’en mêlait pas. Parce que sa mère était loin d’être stupide, Clara était réellement persuadée qu’elle avait toujours su. Mais même après la mort de son mari, elle n’en dit mot. Pire encore, le jeune italienne avait été mise au courant de ce combat qui fut le dernier pour son paternel, mais elle pensait qu’il reviendrait, bien qu’au fond… Elle avait senti quelque chose. Une impression instinctive. Et de l’instinct, elle en avait beaucoup. La brune n’avait pas osé en parler aux autres Geminioni mais le jour même de l’enterrement, elle s’était confiée à son meilleur ami. Evidemment. Il finissait toujours par tout savoir, qu’elle lui dise ou non de toute façon. Le même homme qui se tenait là devant elle ce soir et qui n’avait pas besoin de réfléchir longtemps pour deviner ce qu’elle avait eu en tête. A moins que les choses soient trop brisées pour qu’il refasse le lien, mais cette option ne plaisait pas trop à la sicilienne. Il connaissait tout de son passé, de son tempérament sanguin qui avait éclaté tout à l’heure. Clara avait toujours eu, très paradoxalement, en plus de sa bonté et de sa ferveur à défendre la justice, quelque chose de violent, d’impulsif, à exploiter. Et le combat était finalement un bien meilleur exutoire que le travail.

- Lâchez-moi espèce de… Finnochio* ! Vafanapoli imbranato* ! Rompapal* ! Stronzo* ! Cornuto* ! Testa Di Cazzo* ! […]

Le flot de jurons s’écoula un bon moment encore. C’est qu’il y en a du vocabulaire fleuri chez les italiens ! La ritale vociférait, se débattait comme une forcenée pour se défaire de l’étreinte de l’officier de la Maréchaussée. Non mais pour qui il se prenait celui-là ? Bon pour ce qu’il était… Mais si on la reconnaissait, elle était fichue. Voilà pourquoi Clara s’agitait toujours plus brutalement, plus elle bougeait, moins on pourrait se fixer sur son visage et le saisir… A moins de le connaître comme personne. Elle finit par dégager un de ses bras et envoyer son coude dans l’estomac de ce malotru, l’homme plié en deux par la vivacité du geste prit le deuxième revers dans le nez. D’après le petit crac qui avait résonné à son oreille, la fissure devait être au rendez-vous, elle avait été gentille, il ne s’agirait pas d’empirer la situation. Comment ça trop tard ?

Puis une voix retentit, aussi reconnaissable que la sienne. Milo. Le Garou venant la sortir d’une situation compliquée lui rappelait leur adolescence, combien de fois était-il venu pour l’empêcher de faire une bêtise ? Comme quoi, la vie est vraiment un cercle sans fin. Bien que leur cercle à eux s’était abîmé en route. Enfin bref.

- Qu’est-ce que tu fiches ici ? […]
- Ça se voit pas ? Je tricote ! A ton avis…

Et elle se laissa entraîner en continuant de pester comme un chat mal luné avec la tête de mauvais jours, des très mauvais jours, à demi-dissimulée sous sa capuche. Heureusement il faisait nuit et l’inspecteur ne pouvait pas voir à quel point son visage, en plus d’être amoché, était franchement creusé, signe évident de sa bourse de plus en plus légère. L’humeur faisait encore plus ressortir son accent déjà bien marqué, oublié seulement lors des plaidoiries.

- Vous auriez pu attendre le deuxième round… J’avais gagné le premier…

Au moins ça avait le mérite de répondre aux précédentes questions. Son ton grinçant, piquant, n’était pas destiné à Milo, le coup à l’estomac qu’elle avait reçu était juste un peu plus douloureux que prévu, mais moins que l’image qu’elle avait sous les yeux, cela va sans dire. Son poing se serrait contenant encore les quelques francs qu’elle avait remporté. Clara tentait de se redresser avec toute la fierté et la dignité qu’elle possédait mais elle ne parvint qu’à grimacer. De nouveau sa lèvre s’ouvrit et l’arcade suivit.

- Merda

Et la voilà qui maugréait de nouveau des mots très distincts pour Milo, elle s’essuya avec la manche de son sweat déjà maculée de sang et lança à son ex-mari un sourire aussi fier qu’idiot qui devait le ramener lui aussi bien des années en arrière. Un temps reculé où elle pouvait encore se faire pardonner avec ses grands yeux noirs brillants et ses moues désolées.


* (Vocabulaire dans l'ordre, non censuré)
Abruti / Va te faire foutre empoté / Casse-couilles / Connard / Cocu / Tête de bite
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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   28.01.18 16:11

C'était une cohue monumentale dans le pâté de maison. Tout le monde n'était pas arrêté, il fallait tout de même des sérieuses accusations pour ça, c'est surtout faire peur à l'instigateur du réseau que tout ça venait d'être déclenché et surtout désamorcer cette rumeur de trafics de combattants. Celle qui se tenait devant lui avait le chic de lui faire perdre l'essentiel, la raison première de sa présence dans Montmartre. A croire que ce quartier va finir par sombrer aussi loin dans la décadence que les faubourgs de Parys.

Autrefois, c'était plutôt un endroit calme, refuges d'artistes en tout genre, quelque chose d'atypique. Depuis que la Monarchie s'est installée, c'est plutôt le repaire des cercles républicains, de la défiance assumée vis à vis du pouvoir. Encore il y a une semaine, on retrouvait des Républicains présumés, pendant à ces mêmes lampadaires qui diffusaient difficilement leur lumière orangée, faisant danser des centaines d'ombre sur les murs décrépis de briques rouges. Autour d'eux, on continuait de vérifier les papiers, d'interroger sommairement avant d'en faire embarquer les suspects les plus au fait de la chose.

- Montres-moi tes papiers, dépêches et discutes pas.

Évidemment, c'était pour donner le change. Les instincts du Garou sentaient quelques paires d'yeux qui se tournaient machinalement vers eux. Autant faire semblant de faire le job. Si Clara était embarquée ce soir, c'était fini pour sa carrière. Milo ne comprenait pas comment il pouvait la retrouver ici, elle devait tout de même savoir les risques qu'elles couraient. Ils se tenaient légèrement excentrés de la foule grouillante, parfois insultante envers les forces de la Maréchaussée. Le Loup-Garou qui a pété un plomb plus tôt est sous contentions à l'argent, il ne risquait pas de bouger avant un petit moment. Des gens qui se font attaquer par des vampires, des pendus et maintenant ça. Demain ce sera quoi ? Milo avait de quoi s’inquiéter.

- Je peux pas traîner à tenter de te tirer les vers du nez mais j'en ai pas fini avec toi. Rentres chez toi, je termine ce que j'ai à faire et je passe après.

L'italien s'était de nouveau imposé. Milo la regardait d'un air étrange, partagé entre l’inquiétude et la colère, un peu d'amertume aussi. Le Garou maladroit s'était effacé au profit d'un inspecteur avec une autorité certaine. Il pouvait se le permettre de part son rôle ici mais aussi, car il faisait face à une femme qu'il connaissait depuis plus de trente cinq ans. Elle restait tout de même Clara, celle qui fut sa moitié, au sens propre comme figuré du terme. L'un n'allait pas sans l'autre. Avant, c'était elle, la Sicilienne hargneuse qui lui sauvait la mise quand la discussion n'était plus possible avec ceux qui s'en prenaient à lui. Ce soir, c'est lui qui lui rend l’ascenseur et tout se fait si naturellement.

- Allez vas t'en et ne te fais pas remarquer.

Souffle t'il, cette fois en Français.
Milo avait prit le coup avec Clara, lui couper l'herbe sous le pied, l'empêcher d'en placer une pour se faire entendre et ça fonctionnait toujours. De longues heures l'attendaient encore avant d'espérer quitter les bureaux de la brigade. Rapports, débriefing, fait le point sur ce qui a été trouvé, les interrogatoire. Tout le monde était sur le pont pour classer tout ça avec les bons chefs d'accusation et surtout envoyer un message clair à ce réseau de Lycans qui veulent faire les marioles. Le Garon avait vraiment du mal avec ces brutes sans cervelle. A la faveur d'un café trop serré même pour ses racines transalpines, il jetait un œil très discret à son portable. Une réponse d'Azalaïs à son précédent message, un petit sourire idiot et il y retourne.

Il était presque quatre heures du matin quand la voiture de l'inspecteur se gare en bas de l'immeuble de l'avocate. Milo avait retenue la nouvelle adresse sur les papiers de divorce. Dans l'histoire, il avait gardé leur appartement, Clara n'avait même pas discuté ce point, elle lui avait presque même offert, préférant aller habiter ailleurs. Il restait encore quelques affaires oubliées dans le placard du couloir chez Milo, un réduit dont il ne veut même pas ouvrir les portes. Notre homme se fait discret dans les escaliers montant à l'étage, si elle dormait tant pis, fallait pas faire n'importe quoi ce soir ! Non mais ! D'ordinaire, ils croisent au palais de justice à la faveur d'une affaire où Milo emmène un prévenu ou doit témoigner lui-même sur ses conclusions scientifiques. Mais là, c'était tout de même fort. Il frappe, deux-trois fois, peut-être un peu trop fort, foutue force accrue.

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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   28.01.18 18:11

Tout autour la foule s’agitait, se révoltait alors que certains profitaient du vacarme pour passer entre les mailles du filet. Clara aurait dû en faire de même au lieu de bloquer sur l’inspecteur. Elle aurait dû prendre ses jambes à son cou, vraiment. Mais elle l’avait déjà fait au sens propre quelques mois plus tôt et voilà où elle en était. Bien bas… Comme quoi la peur est un ennemi qui ne connaît pas l’échec.

Ceci dit, la situation dans le quartier ne l’arrangeait vraiment pas. Ça avait été déjà difficile de remonter jusqu’au lycan qui organisait ces petites sauteries pour y participer… Comment allait-elle faire maintenant ? La sicilienne n’irait pas bien loin avec les malheureux francs que lui avaient rapporté ce premier round bien laborieux. Elle n’avait pas d’autre issue de secours, il lui faudrait farfouiller dans quelques dossiers de témoins pour retrouver d’autres rings souterrains. Milo était loin de pouvoir deviner la situation précaire de son ex-femme, pourquoi le saurait-il ? Ils avaient beau être « restés en bons termes », ils ne se parlaient plus… Ce qui laissait dans la vie de l’avocate un vide incommensurable. Un être vous manque et tout est dépeuplé. Un adage qui résume parfaitement les choses. Mais elle ne pouvait que s’en vouloir, est-ce qu’elle paierait cette erreur à perpétuité ou pouvait-elle caresser l’espoir d’un renouveau ? Clara faisait toujours taire son esprit trop bercé d’illusions. Tout ce qui comptait là maintenant c’était que son espoir de complément de revenu s’était envolé et ça, ça annonçait d’autres semaines difficiles que les petits rêves ne pourraient pas améliorer.

- Sì capo, molto bene !


Grommela-t-elle dans ses dents. [Gna gna gna, discute pas, dépêche… Non mais !] Même si Clara râlait allègrement, elle sortit ses papiers et les lui montra donc pour la forme. Si un autre les lui avait demandés… Elle préférait ne pas y penser. Cette soirée était un fiasco et elle empirait à vue d’œil.  

- Je peux pas traîner à tenter de te tirer les vers du nez mais j'en ai pas fini avec toi. Rentres chez toi, je termine ce que j'ai à faire et je passe après.
- Oh loin de moi l’idée d’entraver à ton enquête, allez savoir pourquoi cette réflexion était sortie si amèrement, un petit indice involontaire qui ferait tilt chez le garou peut-être. Très bien, j’attendrai sagement !

Mais le regard de la sicilienne lui, était plus triste qu’autre chose. Elle ne s’en était même pas rendue compte et espérait que lui non plus. Que penserait-il s’il la surprenait à avoir l’air blessée ou pire ? Qu’importe, non ?

- Allez vas t'en et ne te fais pas remarquer.
- Humf… Bon courage… Pour tout ça.

Lança-t-elle maladroitement, avaient-ils échangé les rôles le temps d’un instant ? Vraisemblablement. Avant de tourner les talons, Clara resta plantée là, hésitante, comme si elle voulait lui dire quelque chose mais mis à part un drôle de regard, elle n’avait rien de plus démonstratif en stock. Il y avait trop à dire pour lui glisser ça à la volée.

Une trentaine de minutes plus tard elle était écroulée sur le vieux canapé de son appartement qui, comme tout le reste, faisait un peu peine à voir. Milo risquait d’être surpris, cet endroit ne lui ressemblait pas le moins du monde. Presque froid, et pour cause, elle n’allumait le chauffage qu’en cas de blizzard. Il n’y a pas de petites économies et dans son cas c’est peu de le dire. La brune n’avait même pas eu la force de se traîner sous la douche, voire d’y ramper, après coup c’était tout son corps qui était douloureux. Voilà ce que donnaient des années d’abstention. De plus, malgré les pansements qu’elle avait dégotés par ci par là, son arcade et sa lèvre se rouvraient continuellement. Le temps fut long et Clara se surprit à somnoler parfois mais les courbatures, les ecchymoses, les plaies et le reste se rappelaient à leur bon souvenir. Elle était bonne pour une nuit blanche, enroulée dans son plaid qui la réconfortait timidement, moins bien que la bouteille qu’elle avait ouverte… Urgence médicale, pour oublier un peu son corps capricieux.

Quatre heures. Nuit noire. Trois coups qui résonnèrent dans l’appartement faisant sursauter la locataire qui avait fini par se dire que son hypothétique visiteur ne viendrait tout simplement pas. Boitillant vers la porte, elle l’entrouvrit et fronça les sourcils, le regard un peu flou.

- Milo ? J’ai fini par croire que… Enfin peu importe. Entre.

Elle s’effaça pour laisser passer le garou et ferma la porte derrière lui, toujours emmitouflée dans son châle immense. Ses jambes n’appréciaient pas de la soutenir mais Clara tenait bon, bien accrochée au peu de dignité qu’il lui reste. Enfin elle s’était quand même battue comme une furie, Fabio aurait été fier !

- Alors ?
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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   01.02.18 9:45

Dire que cette situation ne l’inquiétait pas serait mentir de façon éhontée. Clara était une boxeuse émérite qui jusque là fréquentait plutôt les salles de sport pour le loisir qu'autre chose. Elle avait troqué les gants pour le robe d'avocate il y a bien longtemps maintenant mais ce que Milo avait vu ce soir, ce n'était pas normal, pas du tout même. Clara devait bien se douter que se lancer dans ce genre de magouilles pourrait lui coûter sa place, elle n'était tout de même pas devenue idiote ou irresponsable depuis le divorce tout de même ? Divorce qu'elle a réclamé soit dit en passant. C' était à ne rien y comprendre, une histoire abracadabrantesque qui finalement tracassait plus l'inspecteur que cette histoire d’arène clandestine.  

Le Garou attendait donc qu'elle vienne lui ouvrir, la mine soucieuse en réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir lui dire finalement. Depuis la dernière rencontre chez le juge, les deux ex-époux ne s'étaient pas parlé. Couper les ponts de manière si radicale quand on vit presque ensemble depuis trente cinq ans, ça fait un choc tout de même. C'est Milo qui avait souhaité s'éloigner, se plonger dans le travail malgré sa place peu gratifiante pour tenter de faire passer la pilule. La démarche de l'avocate était encore trop obscure pour lui, puis les explications n'ont pas été d'une très grande aide non plus. La raison invoquée : Différents irréconciliables. Deux mots bien mystérieux pour le Garou surtout quand ils sont mit côte à côte.

Il entend ses pas à travers l'épaisse porte de bois, le bruit d'une serrure que l'on ouvre puis la Sicilienne apparaît dans l'encadrure de la porte. Milo lève les yeux vers elle et tente de cacher cette mine contrite en voyant que l'avocate n'avait même pas prit la peine d'effacer les stigmates de la soirée. Elle s'efface et il entre alors dans un endroit bien impersonnel, terne et froid surtout. Pour le moment, l'inspecteur fait l'impasse sur une remarque bien sentie quant à l'état général de l'avocate. La prendre de front alors qu'elle a clairement merdé risquerait de titiller la corde sensible de la fierté mal placée puis d'envenimer les choses.

- J'ai fais aussi vite que possible. Des tonnes de paperasses à terminer après les interrogatoires et le passage du juge qui se retrouve sur l'affaire. Tu connais la procédure.

Dit il d'un air presque détaché tandis que son œil vadrouille un peu partout dans l'appartement où le froid et l'humidité de janvier se sont installés durablement. D'après ce qu'il peut constater, c'est que les affaires ne semblent pas aller pour le mieux dans sa vie alors que Clara connaissait un certain succès auprès d'une clientèle modeste qu'elle adorait défendre. Il se tourne de nouveau vers elle, la mine des mauvais jours, s'approche tout naturellement pour regarder cette arcade et cette lèvre abîmées. C'était l'ancien infirmier militaire qui parlait.

- Il te faut des points ou des strips pour ça, sinon ça va jamais se refermer et tu auras l'air de quoi devant une cour ?

Sous entendu subtil pour tâter le terrain quant à la situation professionnel de son ex-épouse.

- Laisses-moi arranger ça, j'ai l'habitude en ce moment.

Ca ne serait que la deuxième femme en quelques jours à peine, qu'il rafistolerait avec ses talents bien cachés. Parys devenait vraiment folle, vraiment. Milo se frotte les mains, l'enjoint à lui trouver une trousse de soin car si elle se met la tête de travers comme ça, Clara doit avoir tout de même ce qu'il faut. Presque désinvolte, il monte lui même le chauffage et cherche après de la glace puis s'installe. L’inquiétude se lisait clairement sur son visage, l'incompréhension aussi d'ailleurs.

- Tu devrais prendre une douche, j't'attends.


Le ton était sans appel, il la défiait presque de lui tenir tête, s'asseyant sur le bord du canapé, avec cette expression presque narquoise.

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Clara Geminioni

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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   03.02.18 12:57

Reprendre les activités de son père était une idée qui trottait dans la tête de Clara depuis quelques semaines, mais elle l’avait envisagé très sérieusement, et surtout elle avait commencé à s’organiser, quelques jours plus tôt alors qu’elle venait de percevoir son dernier « salaire ». Entre guillemets car avec un montant aussi risible est-ce qu’on pouvait encore parler de paiement ? Lorsque Milo et elle étaient encore mariés ce genre de choses lui était arrivé aussi parfois, mais le revenu de son mari compensait à l’époque ou alors ils faisaient ceinture un moment. Ces causes lui tenaient toujours autant à cœur mais désormais, la sicilienne était seule à pouvoir, et à devoir, palier le gouffre financier. Alors elle avait pensé à rallumer des braises éteintes depuis des années. Une preuve que tout doit s’équilibrer avec son contraire, un travail juste et honnête qui ne permet pas de finir la moitié du mois, et le complémentaire illicite qui fait planer la danger au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès. C’était un pari risqué mais foutu pour foutu… Que restait-il sinon ?

Clara avait aussi furtivement songé qu’elle devait être folle pour s’entraîner elle-même dans un cercle qu’elle savait vicieux, et même mortel. Raison pour laquelle elle menait le jeu avec ses propres règles et surtout pour son compte. L’erreur de Fabio avait peut-être été de croire que ceux qui tiraient les ficelles avaient un minimum de scrupules. Pas elle. L’avocate connaissait ce monde sous tous ses aspects. Néanmoins, elle avait hésité avant de s’engager dans cette histoire, c’était mûrement réfléchi, à peine désespéré sans doute, mais elle était simplement lucide. Malgré tout, la brune n’était sûre de rien. Raison pour laquelle elle s’était souvent retrouvée le téléphone dans les mains à composer le numéro de son ex-époux. Après tant de mois, Clara avait encore le réflexe de vouloir lui demander conseil et soutien lorsqu’elle devait prendre une grave décision, quand quelque chose d’important ou de périlleux arrivait, ou même quelque chose de bien. Mais elle n’allait jamais jusqu’au bout, Milo se portait bien mieux sans savoir ce qu’elle devenait.

Et pourtant ce soir, le hasard en avait décidé autrement.

- J'ai fait aussi vite que possible. Des tonnes de paperasses à terminer après les interrogatoires et le passage du juge qui se retrouve sur l'affaire. Tu connais la procédure.
- Je sais bien. T’en fais pas j’étais pas là de dormir de toute façon, l’adrénaline sûrement.

Ou plutôt les conséquences des coups qui l’avaient éteinte plus qu’elle ne l’aurait cru plutôt. Lorsque le Garou s’approcha justement pour voir les dégâts d’un peu plus près, l’avocate ne bougea pas d’un pouce et ne broncha pas. Enfin un peu, comme d’habitude. Elle faisait déjà en sorte de ne pas avoir la respiration trop saccadée par l’effort de rester debout. La question de Milo la fit soupirer, elle voyait bien où il voulait en venir. Au point où elle en était de toute façon…

- On dira rien ou que j’ai eu ce qui me pendait au nez. Ça fait un bon moment que j’ai pas vu l’intérieur d’une cour Milo… Les temps sont difficiles, même pour les humains, les attentats ont eu des répercussions importantes. Ça n’arrange pas mes affaires non plus les gens ont peur d’aller au bout des procédures, ils pensent qu’ils n’ont aucune chance alors ils baissent les bras malgré tout ce que je peux bien leur dire, comment leur en vouloir ? Alors j’arrive au moins à leur obtenir des arrangements à l’amiable mais ça ne les console en rien et ça ne leur rapporte pas grand-chose… Et je suis pas du genre à profiter du peu qu’ils ont.

Milo savait très bien ce que ça voulait dire. Si eux ne remportaient presque rien, Clara était incapable de prendre aux autres pour son propre confort, même si parfois ce ne serait pas du luxe, il fallait le reconnaître. Même si l’orgueil de la sicilienne en prenait un coup, elle avait du mal à mentir à cet homme qui la connaissait par cœur et depuis toujours, et puis cette presque révélation avait un peu allégé son estomac changé en plomb.

- T’es pas obligé de faire ça tu sais…

Mais en même temps, elle était incapable de prouesses comme les siennes en matière de soin. Clara était bien plus douée pour casser que pour réparer. Quelle ironie ! Quand l’inspecteur alluma le chauffage, la brune se retint de protester. Si elle ouvrait la bouche, il devinerait que les choses étaient vraiment pires qu’il le pensait. Et c’était hors de question. Alors par miracle, Clara prit sur elle. L’air de défi que lui servait maintenant le Garou lui valut un regard noir et une tête de grincheuse qu’il avait vue maintes et maintes fois. Mais cet air narquois entraîna chez l’avocate un premier et très léger sourire en coin. Elle préférait ne pas interpréter l’inquiétude dans ses yeux clairs.  A bien des égards, certaines choses ne changeaient pas.

Elle consentit à aller se doucher, après avoir ronchonné tout au long du chemin, et à vrai dire ce fut une idée lumineuse. A ceci près que le moindre mouvement lui faisait souffrir le martyr. Tout son tronc était couvert de bleus et d’ecchymoses. « Merda… » Il y avait vraiment un problème au niveau de ses côtes, il n’y avait plus qu’à prier pour qu’elles ne soient pas cassées. Et pour qu’elle tienne le coup le temps que Milo soit là. L’eau chaude avait au moins eu pour effet de détendre un peu ses muscles trop sollicités. Elle revint quelques minutes plus tard dans le salon, ses longs cheveux ébène humides qui lui tombaient sur le visage et couverte d’un t-shirt qui lui arrivait en bas des cuisses. T-shirt qu’avait un jour acheté le Garou et qu’il n’avait jamais pu mettre lui-même. Il avait servi si longtemps comme pyjama que Clara n’y pensait même plus, pour le coup il était surtout pratique car il ne laissait pas de bosses apparentes et couvrait surtout tous ses bleus et autres blessures importantes. Et la brune n’avait pas vraiment de pudeur devant celui qui connaissait chaque centimètre carré de son corps de ritale. Elle se laissa tomber avec précaution à côté de Milo, retenant une grimace et lui tendit la trousse de secours avec une moue faussement dédaigneuse.


- Voilà monsieur l’infirmier-inspecteur-autoritaire ! C’est le minimum syndical mais tu sais comme j’ai aucun don pour le rafistolage de toute façon alors bon le matos...
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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   05.02.18 15:36

- Je sais que je suis pas obligé.

Milo la défiait clairement de remettre en question sa proposition qui sonnait plus comme un ordre qu'autre chose. Ce n'est pas dans les habitudes du Garou que d'agir de la sorte. Mais il faut tout de même avouer que l'avocate avait fait fort ce soir, très fort. C'était même presque inédit de sa part et les dieux savent à quel point la Sicilienne pouvait se montrer parfois aussi imprévisible qu'indomptable. Milo connaissait la tradition familiale, mieux que quiconque d'ailleurs. Les frères de Clara avaient vainement tenté de l'amener sur un ring, pour qu'il fasse ses preuves, qu'il montre que c'est un homme. Mais Fabio s'est toujours interposé, il voyait bien dans les yeux de ce gamin que le combat quelque qu'il soit, le répugnait. Dans un sens, le patriarche Geminioni n'avait pas tord, mais la vérité c'était aussi que Milo n'était pas humain.

La force d'un jeune Garou comme lui aurait pu tuer l'un de ses fils et ça... il le redoutait plus qu'autre chose. Lorenzo Marchiori avait encore bien des choses à apprendre à son fils quant à dompter les effets de cette nature première qui s'éveillait et même encore à son âge, Milo a bien des difficultés à doser cette puissance qui lui échappe parfois. Qui pourrait le croire affublé d'un tel pouvoir lorsque l'on regarde notre homme d'un peu plus près ? Milo sera combatif, mais d'une autre manière, pour d'autres raisons, pour des convictions. Des idéaux bien plus profonds que simplement gonfler un ego masculin qui a toujours été au ras des pâquerettes.

Patiemment, l'inspecteur attend alors dans le salon. Observe la pièce, il en fait le tour pendant que la locataire prenait une douche qui lui ferait le plus grand bien. Il n'y avait qu'à espérer que cela lui remette les idées en place aussi, au passage. Pendant ce temps, il ne peut s'empêcher de repenser alors aux paroles de l'avocate et d'arborer une mine contrite. Assit sur le bord du canapé, ses doigts tapotaient nerveusement sa cuisse. Il aurait tout de même souhaité la revoir dans d'autres circonstances, moins troubles. Toujours est-il qu'il comprenait sa situation, que l'idée même de cette justice tronquée revenait un peu trop souvent sur la table ces derniers temps. Et il ressasse alors ses discussions à ce sujet qu'il a pu entretenir avec une autre avocate, Azalaïs en l’occurrence.

Milo sort de ses sombres pensées quand son ex-femme réapparaît dans la pièce. Vêtue d'un t-shirt qu'il connaît bien, son cœur manque un battement, il se racle la gorge presque par automatisme. Elle lui tend la trousse de soin, se décale sur le canapé pour lui laisser de la place. Une petite grimace perplexe accompagne les constations de l'Italienne quant à son matériel de soin que le Garou voit par lui-même. Il relève les yeux qui jusque là s'employaient à ne pas la regarder d'un peu trop près puis il sourit, pour la première fois de la soirée.

- On fera avec ?

Quelques compresses, un peu de bétadine histoire de garder ça propre. La boxeuse clandestine aurait une tête de punching-ball pendant quelques temps, c'est une certitude. Milo s'approche alors pour voir de plus près les dégâts, nettoyer avec de l'antiseptique avant d'appliquer avec douceur les morceaux de pansements. Une scène inédite, assez étrange. Il se sentait si loin d'elle alors qu'ils étaient si proche, la moitié de l'un pour l'autre, depuis qu'ils sont enfants. C'en était presque douloureux pour l'inspecteur qui n'en montre rien, se concentre sur sa tâche tant bien que mal.

- J'ai bien compris que les temps étaient durs mais... la pension que je te donne tous les mois ? Qu'est-ce que tu en fais ?

Ce n'était pas dans une volonté pingre de connaître l'usage de son argent, mais Milo ne comprenait pas comment elle pouvait vivre dans une telle précarité. Même du temps de leur mariage, les deux n'ont jamais vraiment roulés sur l'or, c'est un fait mais ils ont vécu convenablement, se faisait parfois un restau' dans le mois, une sortie, une vie de français modestes mais simples...et heureuse.

- La justice qu'on a connu n'est plus ce qu'elle est. Ca part n'importe comment ces derniers temps et ça ne va pas s'arranger. Trouves-toi une autre voie ? Mais ce que t'as fais ce soir, c'est de l'inconscience. Tu aurais pu te faire tuer, tu sais ça ? Y'avait...y'avait des Garous, des non-humains Clara. Tu as perdu la tête ?  


Plus il parlait, plus Milo s'emportait finalement, poussé par cette inquiétude. Ils avaient beau être divorcés, cela ne voulait pas dire que l'inspecteur avait tiré un trait sur elle et leur vie commune qui durait depuis tout ce temps.

- Tu aurais dû m'en parler.

Il se tempère, reprend son calme puis termine ses pansements.

- Je connais une avocate pénaliste elle aussi, pourquoi pas voir avec elle pour une association ? Je ne sais pas ?

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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   09.02.18 3:23

Clara se souvenait quand ils étaient encore petits, enfin bien plus petits que maintenant, ses frères titillaient en effet un peu trop souvent le jeune Garou. La sicilienne le connaissait trop bien pour savoir qu'il n'était pas bagarreur pour un sou, il était trop gentil, timide, vraiment adorable en somme. En cela il n'avait jamais changé, heureusement. Lorsqu'ils emmenaient donc son meilleur ami au cœur de l'arène ils se prenaient chacun de sacrés coups de leur aînée qui les menait déjà à la baguette. Elle avait toujours eu cet instinct de le protéger, prête à en découdre avec le premier qui oserait dénigrer cette petite bouille d'ange, enfin de cerf ? Dire que ce soir c'était lui qui l'avait protégée, pour ainsi dire. Mais plus dans la même optique...

Installée sur le canapé à côté de l'inspecteur, la brune ne se pensait pas si lasse, si épuisée par tout ça. Éreintée même. Certes la solitude et ses problèmes financiers n'aidaient en rien mais dans l'immédiat elle sentait surtout que le combat l'avait vidée de son énergie. En plus de lui avoir valu quelques jolis souvenirs bien visibles. Elle n'avait pas fait ça depuis des années, bien sûr un Geminioni ne perd jamais la main, mais le temps qu'elle passait parfois à la salle encore quelques mois en arrière n'avait pas suffi à la remettre sur les rails. Quand vous jouez votre vie, c'est la pulsion qui vous guide et ensuite... Advienne que pourra. Clara adressa à son ex-époux un sourire d'excuse en voyant sa grimace perplexe, elle n'avait clairement pas la panoplie de l'infirmière ici, auquel cas ça n'aurait peut-être pas été dans l'optique de soins, plaît-il ?

- Si il y a bien quelqu'un qui peut faire des miracles, même avec ça c'est toi. Je m'en remets à tes légendaires talents d'infirmier !

Ses paroles se voulaient légères pourtant son cœur se serra un peu rien qu'à l'évocation du fait qu'il l'avait rafistolée maintes et maintes fois déjà quand ils étaient adolescents. Encore un souvenir à provoquer quelques papillonnements dans le ventre sans toute cette histoire... Clara se laissait faire dignement sans trop ronchonner, mais un peu quand même, voilà celle qu'il connaissait. Les gestes de l'inspecteur avaient pour effet d'apaiser son esprit du moins, pourtant son palpitant, lui, tambourinait dangereusement dans sa  poitrine, trop... Pouvait-il l'entendre aussi près ? C'était comme un petit moment de flottement, étrange oui et qui lui apportaient paradoxalement une petite bouffée de réconfort. L'avoir ici lui fait autant de bien que de mal, c'est dire.
Néanmoins à rester dans la même position des douleurs atroces lui revenaient dans les côtes. Alors, par réflexe, elle serra la main libre de Milo sous l'effet foudroyant de ce mauvais pic. Elle tenta de faire passer cela pour le simple mal que déclenchait l'ouverture sur son arcade mais le Garou savait très bien qu'elle n'était pas du genre chochotte. Il finirait bien par se rendre compte que quelque chose clochait. La ritale percuta son geste lorsque Milo reprit la parole, elle lâcha alors sa main et regarda ailleurs, pour une fois c'était à elle d'être embarrassée. Sa question la troubla et c'était presque si elle se dandinait sur place avec un certain malaise. Clara pinça les lèvres et le regarda d'un air un peu coupable et honteux. Le genre de phénomène que seul lui avait pu constater chez elle.

- En fait Milo je... J'ai jamais touché à la pension... J'ai jamais pu alors.. Je l'ai mise de côté et.. Je comptais te la rendre en fait.. Quand ? J'en sais rien, comment j'aurais pu te présenter ça ? Je me serais sentie ridicule et stupide... Et j'ai déjà fait quelque chose de ridicule et de vraiment con alors..

Clara avait oublié les merveilleuses capacités de cette simple présence qui lui faisait oublier parfois sa dignité pour ne pas cacher ce qu'elle a au fond du cœur. Sa gorge s'était serrée et elle se mordait l'intérieur de la joue pour reprendre le contrôle. En même temps, la bouteille ouverte et bien entamée sur la table montrait que l'avocate avait tenté d'oublier la souffrance à sa façon avant que lui ne vienne l'arranger. L'alcool délie les langues c'est bien connu. Mais la vérité c'était qu'une partie d'elle se sentait presque plus légère ne serait-ce que de lui parler car ce n'était pas seulement son mari qui lui avait échappé, c'était aussi son meilleur ami, son confident. Clara n'était pas douée pour se lier aux gens contrairement à lui, et très curieusement vis-à-vis de son travail où elle se montrait très différente, même enfant elle en avait eu peu. Seulement lui en fait qui lui avait été vraiment proche. Encore aujourd'hui, elle ne savait vraiment pas agir avec les autres. Son tempérament de sicilienne y était pour beaucoup.
L'inquiétude que montrait Milo renforçait cette boule dans son estomac. Ah c'est beau ça... Comment merder royalement avec l'homme pour lequel elle a toujours les mêmes sentiments même plusieurs mois après le divorce tome 1. Stronza ! Peut-être que pour ce moment de lâcheté, de faiblesse, elle ne méritait pas quelqu'un de trop bien. Son père lui avait dit la même chose à propos de son épouse un jour. Elle lui avait pardonné toute la peur qu'il lui causait, la peine, tout. Mais Milo n'en ferait sûrement jamais de même. La brune en était persuadée.

- Mais... Que veux-tu que je fasse d'autre ? Je suis passionnée de droit depuis gamine, tu le sais, et la seule chose que je sache faire en plus de ça c'est me battre... Mon père a réussi à nous tenir debout grâce à ça.. [Même si lui ne l'est pas resté...] Je savais ce que je faisais ce soir et je connaissais les risques, c'est parce que je suis remontée au Garou qui a monté cette petite affaire que j'ai pu y entrer... Et tu vois, contrairement aux apparences, ça m'a aussi fait du bien sur le moment, de savoir que je peux lutter contre ce qui me dépasse a priori, que je sais encore me battre.. Même si cette fois c'est pas pour la bonne cause.

Encore une réflexion lourde de sens, à libre interprétation. Son regard sombre changeait, ancré dans celui de son ex-époux. Elle avait repris la conversation en italien déjà un peu en amont, certaines habitudes ont la vie dure.

- Tu aurais dû m'en parler.

- J'avais envie de t'en parler, quand j'ai pris ma décision, à qui d'autre je pourrais dire un truc aussi fou, mais... Je voulais pas te rajouter plus de problèmes et t'emmerder avec tout ça.. Et puis je pensais pas que.. Enfin que tu voulais plus entendre parler ça...

Et par ça, elle voulait dire d'elle-même. Milo finit par reprendre un ton plus posé, de quoi calmer aussi ses palpitations mais pas son trouble. Dire que c'était elle avant leur mariage qui avait pris les devants et là, elle était presque réservée, ne sachant pas sur quel pied danser. Voilà à quoi conduit le manque de communication. Mais sa gêne était plutôt une honte sans limites, le reflet de ses regrets qu'elle cachait derrière son amour-propre.

- Moi ? M'associer avec quelqu'un ? Mmmh tu me connais... A part toi peu de monde a pu me supporter alors.. J'en sais trop rien. Et puis je t'avoue que je n'ai plus confiance en personne au tribunal, je fais route seule ça me permet au moins de rester hors des mauvais cercles ou pire.

Elle retint un soupir incontrôlé et lui fit un petit sourire penaud lorsque Milo acheva ses soins.

- Merci Milo... C'est gentil d'être venu me rafistoler malgré l'heure.. Je sais bien que tu préférerais être n'importe où ailleurs qu'ici.. Avec moi.


Souffla Clara comme une triste constatation, et s'en était une. Pourtant ses propres paroles lui tordaient le ventre. Elle n'avait pas l'esprit clair mais ce qu'elle ressentait avait tout de net. Bien évidemment.
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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   09.02.18 17:41

- Comment ça tu n'y as pas touché ? Ca a été décidé au jugement, on était d'accord. Clara, franchement...

Dit il dans une voix teinté à la fois de réprobation mais aussi de compréhension et encore plus d’inquiétude. Milo secouait la tête. Se disant qu'elle abusait très clairement. L'inspecteur ne roulait pas sur l'or, c'est un fait mais il ne supportait pas que celle qui a partagé les trois quart de sa vie, vive dans une telle précarité malgré sa place d'avocate. C'est inconcevable.

- Tu vas me faire le plaisir de t'en servir pour te chauffer, manger, te sortir les doigts du cul, Geminioni. Je t'ai connu plus combative que ça et avec la tête sur les épaules quand même !

Il ne relevait pas la dernière phrase.

Tandis que l'infirmier en herbe jetait un œil à ses blessures, se demandait bien par quel miracle l'avocate était encore en un seul morceau, cette dernière s'empare de sa main. Un contact qui lui avait manquait, qui malgré la distance et la séparation, était toujours le même, ne changeait pas dans sa perception. C'était différent maintenant, Milo a bien du mal à encore s'en rendre compte mais il ne s'était pas battu lorsqu'elle lui avait avoué que c'était bien trop dur que d'attendre le moment où des collègues lui annonceraient le pire. Le Garou avait tout fait pour la rassurer, s'était même mit en tête peut-être de trouver une place plus « tranquille », faut dire qu'il avait largement donnée à la police impériale. Mais ses convictions, sa vocation étaient bien trop forte. Le lieutenant Marchiori ne pouvait pas rester derrière un bureau en attendant que la journée se passe. Ce n'est pas pour ça qu'il était rentré dans la Police. Bien trop remuant, bien trop têtu pour défendre cette justice corps et âme. Une justice qui maintenant ne voulait plus dire grand chose à en croire Clara elle-même.

Sa main se serre doucement sur celle de la brune, elle donne le change en sifflant entre ses dents quand Milo trifouille un peu trop sa blessure et il le prend ainsi. Le Garou est loin de se douter finalement de ce qui peut s'agiter chez son ex-femme. Ce qu'il sait par contre, c'est que cet éloignement soudain avait non seulement mit un terme à leur mariage mais aussi à ce lien si fort qui les unissaient depuis qu'ils étaient gosses. Clara était au centre de sa vie depuis ses dix ans, elle seule l'importait et personne d'autre. Milo n'avait jamais cherché à se faire d'autres amis parce qu'elle était là et ça lui suffisait. Il y avait bien ses frangins, mais c'était différent avec eux. Ne plus se parler, comme ça, une fois les papiers signés, ce fut peut-être ce qu'il y eut de plus dure pour Marchiori.

Le fait qu'il lui dise qu'elle aurait du lui en parler fait l'effet d'une bouteille à la mer, un petit espoir qu'au moins ils continuent d'avoir un petit lien, rien qu'un petit. Évidemment, ce sera se fourvoyer sur la réalité des choses du côté de la sicilienne. Mais Milo a l'habitude de taper à côté des choses les plus évidentes. Il n'y a qu'à voir avec Azalaïs d'ailleurs. L'avocate tente de défendre son cas alors que l'inspecteur lui fait remarquer que sa brillante idée du soir était tout sauf... brillante. Petit à petit, les pansements recouvrent les plaies, les referment. Milo s'arrête alors pour froncer un peu le regard, les bras ballants et la phrase sort toute seule.

- Ton père a réussi à tenir sa famille comme ça et on sait tous les deux comment ça a fini Clara. C'est ça que tu veux ?

Peut-être les mots de trop. Fabio était un peu le héro de la famille, y toucher c'était s'exposer à une réponse immédiate mais Milo appuyait là où ça faisait mal à sa manière. Quoi qu'il en dise, quoi que sa vie soit maintenant, Clara restait Clara, il ne pouvait pas dire que son sort lui importait pas, ce serait un fiefé menteur. Elle encore, toujours, dans un coin de son cœur. Elle est une partie de lui finalement et si malheur venait à lui arriver alors Milo en souffrirait tout autant. Il baisse la tête et range les strip, les pansements.

- Excuses-moi, j'aurais pas dû. Allonges-toi, j'apporte de la glace.


Avec la bouteille qui trônait sur la table, il était fort à parier qu'il trouve des glaçons dans le congélateur. S'emparant d'un torchon, Milo y glisse les cube de glace, repensant alors aux véritables motivations de Clara. Ce n'était pas simplement l'envie de se faire un peu de blé au black ou d'avoir la tronche à l'envers, donc ? Une nouveauté. L'inspecteur change donc de sujet, pour refaire tomber la tension subitement montée.

- Qu'est-ce que tu as appris sur le Garou ? Il fait parti de la meute de Parys ? On venait pour le coincer ce soir. Tu vois, ça c'est mon boulot, pas le tien.

La nouvelle pique sortait presque naturellement. Tout aussi naturellement que Milo s’assoit de nouveau près d'elle, passe la main sous le t-shirt qu'il relève pour déposer la poche de glace improvisée sur les hématomes. Il n'y avait aucune arrière-pensée, juste des gestes, des habitudes qui ne se perdent pas, même après avoir signé un foutu papier. Elle s'excuse, encore et il finit par sourire, secouant la tête. Il devait passer la soirée avec Azalaïs après l'opération mais lui aussi avait finit par s'excuser auprès de l'Aël.

- Dis pas de connerie. Quant à cette association, cette avocate, disons qu'elle a une vision tout aussi pessimiste de la notre mais elle compte bien remettre de l'ordre dans tout ça. Elle n'a pas encore baissé les bras.

Puis il s'empare de la bouteille sur la table, prenant une rasade directement au goulot. Ce ferait du bien par où ça passe.

- J'aurais préféré que l'on se revoit dans d'autres conditions tout de même.

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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   14.02.18 15:08

- J'ai mes raisons Milo... Je veux pas de cet argent, j'en veux vraiment pas...

L'argent qui lui rappelait à quel point elle avait merdé sur toute la ligne, donné par obligation et qui n'était que l'empreinte d'un souvenir amer. Et puis l'excès de fierté comme toujours faisait qu'elle ne pouvait pas accepter de vivre au crochet de qui que ce soit encore moins de son ex mari. Les paroles qui suivirent eurent pour seul effet de la faire monter dans les tours, déclenchant aussi au passage une douleur cuisante au niveau de ses côtes. Saloperie ! Elle n'était pas non plus une épave ! Milo était tombé au mauvais moment et face à lui, désarmée, elle l'était encore plus.

- Je refuse de vivre sur ton dos Milo. Je ne suis pas une pauvre créature échouée qui se laisse mourir ! Je me débrouille avec ce que j'ai. Et je n'ai pas changé, j'agis autrement comme je l'ai fait à une certaine période, et... Il y a simplement des gens qui rendent les autres meilleurs, puis quand le tableau n'est plus le même c'est là que les choses se gâtent. Et puis j'ai pas été la seule à ne pas me battre au bon moment...

Tout ça n'avait ni queue ni tête mis bout à bout mais le fond était clair. Elle n'aurait peut-être pas dû descendre cette bouteille. Comme chez son père Fabio, il y avait une dualité chez l'avocate, quelque chose de plus sombre sous cette défenseure des autres. Une faiblesse non-assumée dont Milo l'avait sauvée après la mort de chacun de ses parents, et qui -cette noirceur- la rongeait malgré elle. Clara avait été différente auprès de son époux, sans être quelqu'un d'autre, il l'avait toujours tirée vers le haut. Sa dernière réflexion était un petit écho de colère envers l'inaction de Milo, il ne l'avait pas rattrapée, il n'avait pas cherché plus loin, ni fait son possible pour qu'elle change d'avis... Était-ce pour ça que la sicilienne s'était abstenue de revenir presque immédiatement pour lui déchirer les papiers de divorce sous le nez. Bien entendu, c'était elle la fautive, inutile de revenir sur le fait qu'elle vivrait avec ça jusqu'à la fin, mais outre son ressentiment envers son propre comportement, elle en voulait à son ex-mari. Elle était complètement perdue et de plus en plus au fil des mois...

Le simple fait de sentir la main du Garou dans la sienne la faisait presque frissonner de la tête au pied. La boule dans sa gorge lui faisait vraiment atrocement mal. Elle avait comme perdu l'habitude de lui parler, de sentir sa présence et tout ça lui manquait horriblement. Clara retint un petit instant la main de cet homme à la bouille de jeune homme si attachante, comme si elle voulait le retenir tardivement, ses doigts effleurèrent doucement les siens, machinalement. Ce contact était réconfortant bien qu'il provoquait en elle un gros pincement. Tout était tellement vide depuis qu'elle avait quitté leur appartement. Elle n'avait pas beaucoup plus d'amis pour lui rendre visite et même aucun. Clara n'était pas douée pour s'en faire, comme pour Milo c'était lui son seul meilleur ami, elle n'avait pas plus de contact avec des collègues ou qui que ce soit. Et encore plus en ces derniers temps elle ressentait pourtant le besoin d'avoir quelqu'un à qui parler. Clara ne voulait pas le perdre, était-ce définitivement trop tard ? Ça valait le coup d'essayer. Elle devrait. Au fond, tout au fond, elle avait encore l'espoir stupide de le retrouver. Mais pour ça, elle devait faire un pas, et même plusieurs, quitte à retomber un peu plus bas. Ne pas savoir ce qu'il y avait dans la vie de son ex-mari ne l'aidait pas à être rassurée et à penser qu'elle pouvait oser quoique ce soit. Depuis est-ce qu'elle était aussi gauche ? Mettre sa fierté de côté vous change souvent un homme, enfin une femme en l'occurrence.

Mais la réflexion du Garou fut un coup de traître, le sang de l'avocate ne fit qu'un tour. Des mots qui la blessèrent plus que de raison. Son visage perdit toutes ses couleurs, si c'était possible. Elle lança à Milo un regard noir, un air de reproche qui ne cachait pas le mauvais coup qu'elle n'encaissait pas.

- Mon père a eu toute une famille qui l'a regretté, à ce que je sache, je ne laisserai pas de veuve éplorée derrière moi. Personne qui mourra de chagrin de perdre un des piliers de son existence. Alors ce que je veux... De ce côté-là il n'y a plus rien que je veuille de toute façon...

Sous l'emportement, elle s'était redressée et la douleur latente la fit grimacer. D'autres mots qui ressemblaient plus à une révélation qu'autre chose -allez savoir si elle parlait de son père ou d'elle-même-. Mais des mots francs, sincères, désespérés et malheureux sans aucun doute. Faible elle devait vraiment l'être pour se calmer aussitôt lorsque Milo s'excusa, ou alors c'était la bouteille qui la rendait plus douce, ou lui comme toujours.

- Non tu n'aurais pas dû...


Elle profita que l'inspecteur se lève pour vider encore la bouteille de quelques gorgées et s'allongea difficilement sur le canapé. Visiblement, il avait compris que son visage n'avait pas été le seul à prendre des coups. C'était peu de le dire, son tronc faisait presque peur à voir, couvert de bleus un peu trop marqués et autres sympathiques cicatrices. Quand Milo revint vers elle pour poser la poche de glace sur ses ecchymoses, un frémissement lui saisit le dos et ce n'était pas seulement dû au froid. Ses blessures lui faisaient tellement mal qu'elle amorça un geste pour l'arrêter mais se ravisa se contentant de jurer en italien à tort à travers. Elle plissa les yeux à cette pique clairement identifiée et bougonna.

- Hin hin hin... J'ai pas appris grand-chose c'était le premier soir où je m'y rendais. Mais il fait pas partie de la meute de Parys, j'ai jamais entendu parler de lui, il a été discret jusqu'à maintenant.

Clara haussa de nouveau les épaules, non elle se voyait pas en duo de quelque forme que ce soit.

- Mmmh... Je sais plus quoi penser de tout ça, mais je veux bien croire qu'on soit encore quelques rares membres de la Cour à vouloir une vraie justice...

Tiens voilà que Milo plongeait aussi dans la bouteille, ils étaient pas aidés dis donc. Elle soupira tristement à ses dernières paroles et lui prit la gnôle des mains pour la descendre d'un bonne traite à son tour. L'avocate grogna de douleur et s'adossa le dos contre le Garou, la tête sur son épaule, le regard dans le vide, l'alcool commençait à bien faire son effet.

- Moi aussi... Mais... Je... Je suis heureuse quand même que tu sois venu... Tu me manques Milo tu sais...

Come what may.
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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   16.02.18 13:48

Il rêve ou il venait de se prendre un coup en traître par ricochet ? Le Garou fronce légèrement les sourcils mais ne réplique pas alors que ça le démange très clairement. Il se contente simplement d'appuyer un peu plus fort la poche de glace sur la peau meurtrie de la jeune femme. Comment ça Milo pouvait se montrer fourbe lui aussi ? Oui, ça arrive. Rarement, mais quand il le fait, ça pique au bon endroit, toujours. Ca fait mouche mais ses mots peuvent parfois blesser et il n'aime vraiment pas blesser les gens. Alors il se tait, la plupart du temps.

Dans la voix de Clara, le Garou peut entendre une certaine amertume, des reproches. Lui aussi aurait dû se battre alors que l'avocate demandait le divorce ? Pourquoi aurait-il fait ça ? Milo avait bien tenté de discuter avec elle, de lui dire qu'il avait demandé sa mutation de la police Impériale -puis royale- vers l'ULCM, que son travail serait plus tranquille. Seulement, dans son for intérieur, l'inspecteur ne pouvait pas s'y résoudre. L'Humaine qu'elle était avait très bien cerné ce sentiment, que pouvait-il faire de plus ? Milo avait tout fait pour la rendre heureuse alors si elle partait, c'est qu'il avait échoué, c'est qu'elle était malheureuse, c'était logique ?

Et l'inspecteur ne voulait certainement pas la rendre malheureuse alors il la laissé partir. Un choc qui est venue ébranler leur vie à tous les deux finalement car il y avait plus que le simple lien d'époux, c'était plus que ça. Une part de l'un comme de l'autre s'était brisé. Du moins, Milo l'avait pensé. Il aurait voulu venir la voir, prendre de ses nouvelles mais apprenant qu'elle fut en plutôt bonne compagnie le soir de nouvel an, le Garou n'avait pas poussé l'idée plus loin. Lélio avait raison après tout, ce n'est pas parce que l'on est divorcé que le temps s'arrête.

C'est sûr mais il n'avait plus ni sa femme, ni sa meilleure amie, sa confidente, un pilier de sa vie depuis tant d'années. C'était dur à accepter et à surpasser. Puis Azalaïs est apparu, sans connaître ses véritables raisons, le Garou pensait l'avoir fait. Malheureusement, il est presque triste de voir que ce n'était pas le cas de Clara. En tout cas, la réplique concernant Fabio ne passe pas à l'as, la réponse est aussitôt envoyée, comme un direct à l'estomac. Cette fois, Milo ne se tait plus. Il se redresse sur le canapé, la mine sévère, reposant la bouteille dans laquelle il venait de taper allégrement. Comme si l'alcool venait de lui donner un élan de courage alors qu'il lui faudrait presque trois bouteilles entières pour ne serait-ce que ressentir les effets du liquide.

- Tu te rends compte des énormités que tu racontes Clara ? Je t'ai connu plus lucide que ça, la tête sur les épaules. Foutue fierté Sicilienne.

Grommelle t'il alors que l'Italien s'invite de nouveau et sans y réfléchir une seconde. Sa main avait quitter celle de l'avocate qu'il n'avait même pas lâché jusque là. Ce simple contact était apaisant, tranquille, habituel. Tellement que cela ne semblait presque pas déplacé. Des automatismes qui ne se perdent pas si facilement après trois décennies passées de vie presque commune.

- C'est toi qui est partie, c'est toi qui t'isole. C'est toi qui t'accroche à une sorte de modèle chevaleresque avec ta fierté. J'ai pas pitié de toi Clara, je m'inquiète pour toi c'est différent. Si je donne de l'argent tous les mois, c'est parce que c'est mon devoir, c'est parce que je veux que ça te serve. Que tu vives mieux que...ça ? Regardes...


Dit il alors qu'il s'était levé pour faire les cents pas dans un appartement vide et sans âme où la chaleur a bien du mal à s'installer. Le tempérament méditerranéen des Marchiori venait de surgir sans prévenir et dans ce genre de cas, Milo était inarrêtable. C'est rare pour le souligner. C'était la première fois d'ailleurs que le Garou lui faisait la réflexion sur leur séparation.

- C'est pas toi ça ! Et je te connais bien mieux que personne dans cette foutue ville pour le savoir.

Sa colère soudaine, si l'on peut dire que c'en soit une s'apaise aussitôt alors qu'il se laisse choir à ses côtés, Il prend ses mains dans les siennes et la regarde dans le blanc des yeux.

- Arrêtes tes conneries, Clara. Je supporterais pas qu'il t'arrive malheur t'entends ? On est plus marié, je sais, mais ça n’enlève pas trente cinq ans de vie ensemble, tu crois pas ? Reprend ton travail, ton vrai travail, laisses-moi m'occuper de ce Garou, de ce qui se passe dans la rue, toi défends ceux qui en on besoin, parce qu'ils ont besoin de gens comme toi.

La voix du Garou s'était fait presque murmure, comme si il voulait s'excuser de s'être emporté de la sorte. Elle prend une nouvelle rasade et les derniers mots de l'avocate lui font un mal de chien. Milo se contente de hocher la tête.

- Tu me manques aussi Clara. On peut pas tirer un trait comme ça sur une personne que vous connaissez depuis que vous êtes gosse.

L'aimait-il encore ? Oui, c'est indubitable. Mais cet amour avait simplement changé, bifurqué sur une autre voie.

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Clara Geminioni

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MessageSujet: Re: But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤   Hier à 1:29

Voilà que la douleur lancinante se réveillait alors que Milo appuyait si gentiment sur ses ecchymoses, une bonne droite avait été retenue de justesse, des réflexes dont il avait déjà fait les frais dans le passé, rien de méchant et de plus elle s’était toujours fait pardonner cent fois plus pour ses réactions disproportionnées. A la différence qu’aujourd’hui ses bourdes, et ce qui en résultait surtout était irréversible. Mais ça… Elle ne voulait ni le voir ni le croire. Encore moins y penser. Au fond, ce n’était peut-être pas les bleus qui lui faisaient aussi mal. Clara ne savait plus si elle lui en voulait à lui ou si c’était envers elle-même que se dirigeait sa colère finalement. Un peu des deux sans doute mais plus de la deuxième partie. Elle avait mis le feu à ce qu’il y avait de plus beau dans sa vie. Comment pouvait-il l’accuser de partir un peu en vrille après cette monumentale, gigantesque, connerie ? Évidemment qu’elle pétait les plombs, mais  pas tant que ça, et dans la maîtrise, parce que même en détresse, l’avocate gardait le contrôle même le plus infime.

Mais c’était aujourd’hui qu’elle était malheureuse, depuis… Combien de mois déjà ? Peu importe. Le voir là devant elle mettait son cœur à vif, le baume apaisait quelques secondes pour mieux brûler l’instant d’après. Parce qu’elle sentait bien quelque part qu’il n’y avait rien à réparer. Alors foutu pour foutu, autant lui dire toutes ces choses qu’elle ne lui avait pas dites.

- Mais au contraire je suis parfaitement lucide Milo ! Tellement lucide que ma réaction est juste celle d’une personne qui a foutu en l’air la meilleure chose qui lui soit arrivée dans la vie ! Il y a quelques mois j’ai perdu la tête, je raconte pas d’énormités, c’est simplement la vérité…  T’imagines pas à quel point ça me ronge depuis, t’en as vraiment aucune foutue idée…

Leur langue natale s’imposait évidemment le plus naturellement du monde, et puis laquelle pouvait mieux exprimer les sentiments que l’italien ? Des mots passionnés, tragiques, forts, bons ou mauvais, ils traduisaient tout même ce qui ne se disait pas. Et ces propos-là, la sicilienne les refoulait depuis qu’elle avait quitté leur foyer. A peine Milo avait-il reposé la bouteille que la brune s’en était emparé pour la vider définitivement d’un trait sans tourner de l’œil. Elle s’était levée à son tour, tant bien que mal, le cœur battant tellement fort dans sa poitrine qu’il semblait en sortir. Clara voulait qu’il se taise, qu’il arrête de lui dire ces choses qui lui faisaient tellement de mal mais ses paroles appelaient les siennes. Tant mieux. Elle aurait dû parler depuis plus longtemps que ça. Il n’y avait vraiment rien de plus à perdre.

- Je me suis isolée mais tu n’es jamais venu à ma porte… Moi je suis venue le lendemain, après t’avoir dit tout ça, j’ai tellement regretté… J’étais venue te demander de brûler ces putain de papiers et de me pardonner d’être qu’une lâche idiote parfois… La vérité Milo, c’est que la dernière fois que tu t’es retrouvé à l’hôpital je me suis dit qu’un jour j’allais te dire adieu pour de bon et j’ai eu peur comme jamais, j’ai compris pourquoi ma mère était terrorisée de ne plus revoir son mari quand il partait, pourquoi elle a été emportée par le chagrin. Je voulais pas imaginer que tu disparaisses comme ça de ma vie… Je sais pas quelle mouche m’a piquée... Mais visiblement ça devait arriver, le temps est immuable, on peut pas lutter contre la Mort, elle frappera un jour, mais on peut éviter de faire des erreurs et la mienne je vais toujours la payer, parce que j’ai quand même réussi à te perdre… Tu n’étais pas là le jour où je me suis rendue chez nous, chez toi, et j’en sais rien… Au fil du temps je me suis dit que tu ne me parlais plus parce que tu devais me détester, j’ai plus osé alors que j’aurais dû. Et je culpabilisais encore plus… Je veux pas que tu m’aides par devoir, je crois que c’est encore pire que la pitié, j’aimerais que tu m’aides parce qu’au fond tu en as envie, et parce que j’ai encore des espoirs stupides, ne m’en veux pas pour ça…

Très paradoxalement les élans extraordinaires de son ex-mari lui donnaient le courage de poursuivre aussi son discours. Les langues se déliaient, tardivement, mais au moins il y aurait un regret retiré de la liste, celui du silence. Ils étaient l’un comme l’autre dans des états que personne ne leur connaissait. Mais sa vigueur avait un prix, celui d’un énorme effort qui venait de réveiller des douleurs colossales, ses jambes tremblaient et la tenaient à peine, alors Clara reprit place sur le canapé, l’alcool, ses blessures et ce carnage intérieur ne faisaient définitivement pas bon ménage. Un cocktail à proscrire. L’avocate serrait de nouveau ses mains dans les siennes, elle avait mal au cœur mais c’était un contact bénéfique qui lui permettait d’aller au bout de ses pensées. Elle soutenait difficilement son regard et arborait un sourire tellement triste.

- Je crois que si malheureusement, que tout ça… Qu’on ne se parle plus, ça a balayé trente-cinq années bénies, j’ai tout gâché. Milo… Je fais toujours ce que j’aime, je suis toujours là pour ceux qui ne peuvent pas se faire entendre, j’adore ça même si ça rapporte une misère, je fais ce que je peux pour eux à mon échelle. Tu comprends pas... C’est mon cœur qui souffre, ma tête elle est toujours sur mes épaules, j’ai juste besoin de quelque chose qui me fasse oublier et quand je combats j’oublie sur le moment, je ne suis pas comme ma mère, je suis comme mon père et je l’ai compris quand je suis partie.

Plus ça allait et plus sa voix se brisait, lui picotait la gorge et elle ne faisait même pas attention à ses yeux rougis, tant pis pour la fierté, au point où s’en était. La dernière fois que Milo avait vu des larmes dans ses yeux c’était à la mort de Demetria, quand sa famille s’était écroulée. Elle effleura doucement sa joue avec le même air peiné mais calme qu’elle n’avait jamais eu auparavant.

- Tu as raison, encore moins quand on a jamais eu l’intention de tirer un trait dessus. Je sais que c’est tardif, que ça change pas grand-chose de le dire, ou pas, mais je m’en fous… Y aura jamais personne d’autre dans ma vie Milo parce que dans cette ville de tarés j’ai jamais connu un homme comme toi, foncièrement bon, tellement lumineux. Je peux pas aimer quelqu’un comme c’est le cas pour un certain garou depuis que j’ai dix ans. C’est pas exagéré tu sais, tu peux le voir dans mes yeux bambino…  J’ai jamais été une fille modèle pourtant je craquerai toujours pour le gentil garçon de l’histoire. Les bad boys sont des hommes faciles.

Son rire s’étrangla en cours de route, même avec le palpitant au bord des lèvres il fallait y mettre une touche de connerie, déjà que la pilule ne passait pas…
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But is there someplace far away, someplace where all is clear ? ¤Milo¤
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