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 A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice

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Tomas de Batz

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MessageSujet: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   08.07.18 22:04

Tomas n’a pas parlé à Lélio depuis la veille. Depuis qu’il l’a chassé de son appartement et que le vampire n’a pas protesté. Pour la première fois depuis longtemps, il s’est réveillé sans le cambion dans ses bras, ou en tout cas, sans lui à proximité. L’atteinte à son moral a été bien plus importante qu’il ne voudrait l’avouer. S’il n’avait pas craint de se faire chasser encore plus durement que la veille, il aurait osé traverser la cour pour le rejoindre et se blottir dans ses bras. A la place, Tomas se rappelle que le soleil n’est pas couché. Cela semble plus facile que de se dire que Lélio ne veut pas le voir.

Pour la première fois depuis longtemps, Tomas n’a aucune envie de sortir de son lit. Le vampire y reste, d’ailleurs, en se répétant la même chose. Le soleil n’est pas couché. Il ne pourra pas sortir et aller au Louvre. Il n’a pas envie de travailler dans sa chambre.

Par Dis, qu’il aimerait pouvoir simplement dormir pour raccourcir l’attente jusqu’au crépuscule… A la place il tourne et se retourne sans cesse, finit par se lever pour prendre une douche, sous laquelle il se donne l’impression de passer des heures. C’est peut-être le cas. Quand il en sort, sa peau est brûlante au toucher. Il met un temps fou à s’habiller, ou plutôt, à se décider à s’habiller. Il va au Louvre alors il passe un costume. Sous sa chemise, il passe l’un des t-shirts de Lélio. A défaut de s’autoriser sa présence, il doit au moins se permettre son odeur, il va devenir fou, dans le cas contraire. Que d’autres puissent sentir cette odeur étrangère sur lui le laisse indifférent.

De toute façon, il ne reçoit encore que peu de monde. La nouvelle n’a pas encore été officiellement diffusée, quoique des rumeurs doivent déjà circuler. Il n’a jamais passé autant de temps au Louvre ces dernières semaines. L’une de ses requêtes. Il voulait pouvoir se remettre dans le bain, discuter des dossiers les plus urgents avec Louis avant cela.

Son trajet se limite aux rues de Parys, il file directement à son bureau dès qu’il est descendu du véhicule. Il connaît assez le Louvre pour savoir quels sont les passages les moins fréquentés, quels sont les endroits où il sera tranquille. Là, il retrouve Louis. Son infant s’est installé dans son bureau pendant des semaines, mais il migre, désormais, pour occuper celui d’une pièce voisine. Une porte a même été installée entre les deux. Louis de Sanez doit avoir besoin d’un peu moins d’une poignée de secondes pour se rendre compte que son sire est d’une humeur maussade, renfermée presque. Il tente bien quelques questions, mais Tomas finit par lui dire qu’il ne tient pas à en parler tout de suite, qu’il veut travailler, avancer.

Alors c’est ce qu’ils font. Les dossiers défilent, ils passent d’un document à un autre. La tête de Tomas, ou plutôt son coeur, se vide de ce sentiment de tristesse intense à mesure que son crâne se remplit d'informations et de décisions à prendre. Jusqu’à la toute dernière heure.

Il y a autre chose… hum… tu… Tu as demandé une enquête sur… sur quelqu’un. Une jeune femme. Je peux… je peux savoir pourquoi?

Et pour être plus clair, Louis lui montre une copie du dossier de Sabba, enfin d’Alice.

Ferme la porte”.

Et il lui raconte tout. Sa rencontre, ce qu’elle lui a dit. La plus grosse révélation de toute, qu’elle est Alice, les conséquences sur Lélio, sur leur relation. Louis l’écoute, religieusement et Tomas se rend compte que cela lui fait un bien fou, de pouvoir vider son sac sur l’épaule de quelqu’un qu’il aime, en qui il a toute confiance. Il ne va pas jusqu’à lui parler de Charlotte, en revanche. Il ne tient pas à tendre les relations entre ses deux infants, quand sa propre relation avec sa reine semble un peu rafraîchie.

Louis le rassure, aussi bien qu’il le peut. Il n’est pas aussi doué que son aîné dans cet exercice. Il est plus souvent celui qui est conseillé que l’inverse, quoiqu’il se rassure tout seul en se disant que Tomas lui a fourni un bon exemple. La situation n’en reste pas moins inédite dans sa somme toute modeste existence vampirique.

Elle est… encore à Parys. Toujours à la même adresse. Les… Tu n’as pas donné l’ordre alors ils ont continué de l’observer”. Effectivement, des photos se sont ajoutées, depuis la dernière fois. Des rapports, aussi. “Tu n’es pas obligé d’examiner le dossier”.

Tomas l’emporte avec lui, en partant. Il l’examine dans sa chambre, tout aussi vide qu’à son départ. Il étale les photos sur le lit, dévore les rapports, même ceux qu’il a déjà lu. Il essaie de comprendre, de déterminer si elle est vraiment Alice, si elle est vraiment revenue. Dans un accès de colère et de désespoir, il finit par jeter le tout dans la broyeuse de son bureau, en compagnie du premier. Il est presque soulagé que la mort l’emporte pour la journée.

Quand il se réveille, la même solitude, son coeur se brise un peu plus. Lélio lui manque. Atrocement, affreusement. Un vide dans sa tête et dans son coeur. Comme Alice. Il ne veut pas y penser. Ni à elle, ni à lui. Ca lui fait trop mal. Surtout qu’il se demande si l’accusation du cambion est vrai. Est-il vraiment incapable d’aimer? Il compte se noyer sous la douche… sauf qu’il marche sur une photo du dossier de la veille qui a échappé au massacre.

Il n’a pas envie de la voir, il n’a pas envie de s’infliger ça… et pourtant, parler à Louis lui a fait réaliser qu’il se posait des milliers de questions. Et il doit lui dire merci, pour avoir sauvé Lélio. Il passe sous la douche et s’habille. Quand il saute dans sa voiture, ce n’est pas pour le Louvre, mais pour prendre la direction de l’appartement où il l’a déjà confronté, en espérant l’y trouver. Il est seul, quand il frappe à la porte, et qu’il attend avec une pointe d’angoisse une réponse.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   08.07.18 22:24

J'ai fait des promesses.
Et je tiendrais parole. Les heures passent et je me répète mes serments. Je ne prendrais pas Lélio. Je ne prendrais pas Tomas. Et je dirais la vérité au cambion.
Je dois faire tout ça, et ça ne me pèse pas autant que ça devrait.
Là où j'avais encore de l'espérance et de l'amour, j'ai l'impression qu'il n'y a plus place que pour une rancoeur démesurée.
Cette nuit-là, j’allais partir. Juste une dernière fois, j’avais préparé mes bagages, je voulais lui dire au revoir, c’est tout. J’allais les laisser être heureux, parce que j’avais rien à faire là. J’en avais pas envie, mais j’allais le faire, je ne sais pas pourquoi. Et justement ce matin-là, elle meurt, elle se jette du toit, elle l’abandonne. Quand j’ai vu son corps… Son corps par terre… J’ai perdu pied mais… Mais… Mais je me suis rendu compte que… Que j’étais soulagé… Parce que j’étais plus obligé de m’en aller.
Et pendant ce temps, moi, j'étais seule dans ma chambre, à pleurer sur les lettres d'adieux que je comptais leur laisser. La dernière chose que j'ai senti à travers le lien, c'est eux. Tous les deux. Sans moi. Pourquoi vouloir l'humanité quand on peut avoir un alter ego, une autre moitié pour sa partie distique, spéciale ?
Je me souviens du désespoir, de la solitude, de cet odieux sentiment d'abandon.
J'étais malheureuse à ce point et vous ne l'avez pas vu.
J'étais malheureuse à ce point et vous n'avez pas voulu le voir, tout à vos ébats et à votre folie.
Tous. Les. Deux.
J’ai empiré tout ça en disant que je voulais la sauver mais je mentais.
Mensonges, encore et toujours. J'ai sacrifié ma vie pour des putains de mensonges.
Je ne sais pas si c’est vraiment toi. Je ne sais pas si j’ai envie de te croire. A ta place, j'aurais rêvé d'y croire. Je n'aurais pas tout plaqué pour un revenant, mais par Dis, amour, par Dis... Je t'aurais pressé de questions jusqu'à pouvoir être sûre, et chacune d'entre elles aurait soulevé un peu plus d'espoir. Je t'aurais demandé si tout allait bien, je t'aurais demandé comment tu avais pu arrivé là, je t'aurais demandé si tu voulais bien me pardonner d'avoir été insuffisante, je t'aurais demandé si c'était ma faute, je t'aurais demandé si tu voulais bien rester.
Tu m’en veux de ne pas t’avoir cherché? C’est ça? Tu veux savoir pourquoi je ne l’ai pas fait? Parce que je savais. Je savais que j’allais retrouver Alice.
Menteur, menteur...

— Menteur, je hurle en lançant mon poing à l'assaut du miroir dans lequel je contemple mes traits défaits.

Je n'aurais pas pensé qu'il me faudrait renaître pour renouer avec des fantômes. Leurs voix amères me parasitent, m'affaiblissent.
Je me suis pourtant promis, de ne pas me laisser détruire une nouvelle fois.
Il me disait je t'aime sans le penser.
Il me disait je t'aime sans y croire.
Il a menti, ils ont menti, tous les deux, tous les deux, tu étais prête à tout pour des faux-semblants. Je baisse les yeux sur les éclats de verre tombés dans le lavabo, regarde mes phalanges se refermer comme si de rien n'était.
J'ai faim.
Je veux me vautrer dans la Luxure et les oublier, laver mon corps du dernier de leur souvenir, je veux oublier, oublier pour toujours et avancer. Je ne peux pas continuer avec ces... Avec cette impression d'être salie, que ma mémoire n'est qu'un vaste champ de mines, une infinité de tromperies, qu'une enfant trop crédule a avalé sans discuter.

Au lieu de quoi.
Je redresse la tête, la tourne vers la porte, une seconde avant qu'on n'y frappe. Mon coeur sombre, mes prunelles emplies d'or, agitées de regrets, de colère et de ce soupçon d'espoir trop traître - mais non, Alice, tu as promis à Lélio, et tu tiens tes promesses, toi, tu ne mens pas - contemplent les valises que j'ai préparé, les billets de train soigneusement glissés dans mon sac à main.
Je suis censée partir pour le Sud de la France, demain soir.
De là, je ne sais pas où j'irais.
J'hésite à le laisser là, mais je sais que je n'y arriverais pas.

Alors je retourne contempler dans ce qu'il reste de mon miroir, j'attends calmement que la régénération efface les sillons de mes larmes, la rougeur invitée dans mes yeux. Seulement là, je traverse l'appartement, déverrouille la porte et ouvre grand le battant. Je ne l'invite pas à entrer, mon Tomas, même si mon coeur de narakhe aurait envie de s'emballer rien qu'à le voir.
Je comprends mieux Charlotte et son hideuse jalousie, tout à coup.
La trahison fait si mal.

Monsieur le Chambellan, il me semblait pourtant avoir signifié mon intention de ne pas vous importuner plus. Vous ai-je encore malmené par mes si terribles manipulations ? De quoi suis-je accusée ce soir ?

Le tout sur un ton si calme qu'il est presque surprenant, associé à une révérence parfaite. Courbettes et faux-semblants, de quoi donner le ton.[/i]

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   08.07.18 22:53

S’il avait encore un souffle dans la poitrine, il serait ou précipité, ou complètement coupé. Ses sens lui apprennent qu’il y a quelqu’un à l’intérieur. L’ouïe lui donne les bruits de pas, l’odorat lui donne le parfum de cette nouvelle Alice.

Il est suspendu, en attente de savoir si la porte va s’ouvrir, ou s’il va plutôt entendre le bruit d’une fenêtre. Il est vite fixé. Finalement, c’est la porte.

Tomas se retrouve nez à nez avec Alice. Il tressaille des pieds à la tête. Pourtant, le vampire était conscient qu’il allait la revoir, il pensait être prêt. Il ne l’était peut-être pas tant que ça. La vue de son visage l’achève, en partie car celui de son Alice s’y superpose toujours, par un jeu de son esprit. En partie, aussi, parce qu’il est plus persuadé qu’il ne veut l’avouer qu’il se trouve en face d’Alice et qu’elle n’a jamais été aussi glaciale avec lui.

Ses quelques mots le coupent dans son élan, dans le petit discours qu’il a préparé, dans son trajet jusqu’ici. Il prend une profonde inspiration. Incapable de regarder ailleurs que dans ses yeux. Il sent Dis, cette fois. Un frisson le parcourt de la tête aux pieds à chaque fois qu’il la regarde. Il se sent palpiter en sa présence, attiré, comme un papillon par une flamme. Pour la première fois en quatre cents ans, il croit comprendre ce qui arrive aux victimes de l’Ardeur.

Je ne suis pas là pour… pour t’accuser de quoi que ce soit”.

J’ai été idiot de le faire, peut-être, mais ça fait mal de te regarder, ça fait mal de songer que tu es là, dans ce corps, quand je t’ai perdu si brutalement.

Je…

Dis le rend fou. Il préfère reculer d’un pas, quoique le geste paraît bien dérisoire. Ce n’est pas ce pas qui le sauvera, qui changera quoi que ce soit s’il se décide à se jeter sur elle pour assouvir cette malédiction de leur cercle.

Pardon, Dis… Peu importe”. Il ne compte pas rester longtemps. Peut-être que les choses seraient plus faciles s’il ne la regardait pas dans les yeux mais il ne se voit pas faire autrement. “Lélio… Lélio m’a parlé de l’agression d’Augustin. Ou plutôt… plutôt je l’ai déduite à partir des quelques éléments qu’il a lâché par inadvertance. Ton… ton intervention est venue sur le tapis. Je… je voulais te remercier, sincèrement, de l’avoir sauvé, de… merci. Merci”.

Voilà une première étape de franchie. Il y en a une autre, qu’il lui doit. S’il doit être honnête avec Lélio, il est aussi temps qu’il le soit avec lui-même. Avec elle, aussi.

Je lui ai… je lui ai dit. Pour notre rencontre. Je… je lui ai dit qui tu étais vraiment. Il… Il n’a pas très bien pris la nouvelle”.

Tendre euphémisme que celui-là, mais il ne se sent pas de développer. Bien. Il l’a remercié, il lui a donné une nouvelle importante. Maintenant, il peut prendre congé et partir.

... J’ai… j’ai lu ta lettre. Celle… Celle que tu as laissé quand… Je…” Pause. Il détourne le regard pour fixer ses pieds, pour la première fois depuis le début de cet entretien improvisé. Au passage, il note la valise, il remarque les billets de train. “Je suis désolé de… de ma réaction. La partie rationnelle de mon esprit me hurle que… que c’est un piège tendu par quelqu’un, mon coeur… mon coeur a envie, il a… il a tellement envie. En vérité… en vérité, il y a trop de questions que je me pose et… et j’ai peur de ne pas être assez courageux pour oser les poser maintenant. Encore moins… encore moins pour entendre tes réponses. Je… je suis désolé. Je suis… je suis désolé d’avoir été la cause de tes malheurs. Je suis désolé… que mon amour ait fini par te tuer. Je…” Que dit-on à son amour, devenue narakhe, revenue d’entre les morts et sur le point de partir? “Je te souhaite d’être heureuse dans ta vie distique”? “Je… je ne sais pas où tu vas élire ta prochaine résidence… Prends soin de toi”.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   08.07.18 23:47

Je me rends compte à ses réactions - pas son sursaut, qui me laisse bizarrement satisfaite - de recul que j'irradie littéralement mon pouvoir. Je me force à me tenir, parce que ça contredit l'apparente froideur dont je fais preuve.
Et aussi à cause de la parole qui m'engage.

Oh, quel progrès, je lâche, laconique.

Je me force à rester inexpressive, mais au fond, ça me soulage. J'ai beau être remplie à ras bord d'une colère que je ne savais même pas exister, d'une rancoeur ô combien désagréable, je n'ai pas envie d'une autre confrontation.
La première a déjà fait du mal à mon mobilier.
Le miroir n'est que le dernier d'une longue liste de disparus, partis à la poubelle en petits morceaux.

Je ne veux pas de remerciements. Je l'aurais fait pour n'importe lequel d'entre vous. Je n'ai pas renié mes serments.

Le moi, je ne le prononce pas, mais il est sous-entendu tellement fort que Tomas ne pourra passer à côté. Je n'ai pas renié leur souvenir, je reste bizarrement loyale alors qu'à cette seconde, je les déteste, tous les deux, de m'avoir offert de vaines paroles, et de m'avoir rayé de leur vie en deux temps trois mouvements.
Je le regarde sans comprendre, au début quand il dit lui avoir avoué la vérité. Le silence s'étire de mon côté, pendant qu'il déballe la suite. Quel bien ça me fait qu'il l'ait lue, cette foutue lettre ? Maintenant que j'ai bien saisi qu'il ne voulait plus de moi, alors que quoi... Huit, dix semaines en arrière, il me jurait son amour éternel ?
Je finis par éclater de rire. Purement nerveux, plus fort que moi.

Il n'a pas très bien pris la nouvelle... Ah, elle est bonne, celle-ci, monsieur le Chambellan. Vous pratiquez l'art de l'euphémisme à merveille. Combien de meubles, combien d'os a-t-il brisé lorsqu'il a compris à qui il avait parlé ?

A qui il s'était confié, même. Sauf que je ne suis pas assez cruelle pour redire à haute voix tous les vilains petits secrets que le cambion m'a offert. Oh que non. Ça ne regarde pas Tomas, pas si Lélio ne lui avoue pas exactement ce qu'il en est.

Je ne veux pas vous paraître cruelle, mais c'est trop tard pour les excuses, monsieur. Mes dernières discussions m'ont permis de bien comprendre là où était ma place, et ce n'est probablement pas auprès de vous. Vous avez déjà quelqu'un, quelqu'un que vous aimez réellement.

Silence. Bref. Je cherche mes mots. En accusant l'air de rien, cette fois. C'est moi qui serait juge.

Vous n'avez que maintenant pour les poser. Vos questions. Je ne sais pas où je pars, mais si je... Quand je le ferais, je ne regarderais plus derrière moi.

Je me rends compte que je ne vais pas l'encourager, je me rends compte que j'en ai assez qu'il s'excuse. Comme si son amour avait pu me tuer ? Il ne m'a jamais aimé. Jamais comme moi je le faisais. Tomas faisait preuve de retenue, toujours, il était tellement occupé à avoir peur de ne pas être digne de moi, de nous, qu'il ne s'est jamais laissé aller à aimer pour de bon. Pas dans mes yeux, du moins.

Pas d'excuses à offrir. Ce n'est certainement pas votre amour qui m'a tuée. Plutôt l'absence. Et seulement, sans doute, mon égoïsme, ma faiblesse, mes incertitudes. Que sais-je encore ? Je n'ai pas spécialement envie de repenser à tout ce que j'ai senti à ce moment là. Je crois avoir assez souffert pour le moment, et avoir assez souffert depuis mon retour.

Je soupire, tout doucement.

Retournez vers votre amour, monsieur. Ma destination ne vous regarde plus depuis que vous avez exprimé votre désir de m'avoir hors de votre vue.

Je claque la porte. Il ne bouge pas. Et moi, je traverse la pièce comme une furie, pour aller achever ce foutu miroir, à m'en écorcher méthodiquement les doigts, fatiguée que je suis de me battre pour ne pas montrer mes émotions, fatiguée que je suis du rejet, fatiguée que je suis d'être encore et toujours le vilain petit canard.
Le pouvoir de Dis fuit de nouveau, sans que je ne puisse le contrôler. Et lorsque je retraverse la pièce dans l'autre sens, ouvre la porte et attire Sa Seigneurie à l'intérieur, les mains encore ensanglantées, c'est pour lui désigner une chaise d'un geste impérieux.

Assis, j'aboie.

Peut-être qu'un peu de ma capacité particulière y filtre, je n'en sais rien et à vrai dire je m'en moque.

Posez vos questions, monsieur. Dernière chance, je vous l'ai dit.

Et dernière chance pour moi d'avoir au moins le droit de croire que tout n'était pas faux. Qu'il me reste au moins quelques souvenirs à chérir. Au milieu de tout ce foutoir.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   11.07.18 18:26

Tomas ne peut pas lui en vouloir de penser qu’il l’a renié. Pas après leurs dernières discussions, pas après s’être détourné d’elle “aussi facilement”. Sauf que ça n’a pas été facile. Il a dû faire appel à toute la force de sa volonté. Il a tellement envie d’y croire, en même temps qu’il a tellement peur de le faire. Si ça ne tenait qu’à lui, il la presserait d’encore un millier de questions, sur des choses que seule Alice saurait de lui, jusqu’à en être parfaitement certain, jusqu’à convaincre sa raison.

Aucun os… Juste un vase. Les dommages vont au-delà cette fois, j’en ai peur”.

Il aurait préféré avoir à gérer une nouvelle crise de colère plutôt que ce quasi silence, plutôt que ses larmes, plutôt que cette étincelle d’abandon et de souffrance dans ses yeux. Il n’a pas envie d’en parler, il n’a pas envie de lui dire que Lélio a été ravi de la voir morte. Autre chose retient son attention, cette petite pique d’Alice sur l’amour qu’il lui portait.

Parce que, d’après vous, je ne vous aimais pas?” Un rire sans joie lui échappe. Elle n’est jamais que… quoi? La deuxième personne à lui dire cela, en quelques jours. La troisième, s’il compte cette entrevue avec Charlotte, qui l’a remué plus qu’il ne veut l’admettre.

Pour la première fois de son existence, Tomas se trouve complètement paralysé. Incapable de bouger, incapable d’utiliser cette verve et cette éloquence qui le caractérise pour se défendre, incapable de poser ses questions, alors qu’il est conscient que c’est effectivement sa seule chance. Sur ça, il la croit. Ce sera maintenant ou jamais. Et il est tout aussi incapable de réagir, de lever la main pour stopper la fermeture de la porte ou de glisser son pied pour la bloquer.

Sans s’en rendre compte, il lâche une longue expiration, complètement inutile pour lui mais signe qu’il évacue une certaine tension. Car maintenant qu’il est seul dans le couloir… il sent encore Dis, mais pas aussi fort, pas aussi tentateur. En fait… non. Ce n’est pas juste Dis. C’est l’Ardeur qui hurle qu’elle a trouvé la Luxure, qu’elle retrouve son cercle. Il n’a jamais rencontré un narakhe de son cercle, pas en chair et en os. L’expérience est délicieuse autant que terrifiante. Sa partie distique vibre et réclame, sa partie humaine ne rêve que de fuir ce qu’il perçoit comme un danger, une drogue. Il tremble des pieds à la tête, il n’a pas encore repris ses esprits que la porte se rouvre, qu’Alice surgit et lui attrape le poignet. Le gémissement lui échappe, il se libère de son étreinte, mais seulement après s’être fait tirer à l’intérieur, il recule de plusieurs pas en ignorant l’ordre et la chaise.

Il fixe sa main comme si elle était douée d’une vie propre. Elle tremble, son poing se serre et se desserre de manière convulsive. Le vampire ferme les yeux, s’intime au calme, se force à respirer. Le geste ne lui est pas naturel, et peut suffire, parfois.

Par pitié… par pitié, ne me touche pas, c’est… c’est… c’est trop… c’est… Je ne peux pas gérer Dis de cette façon, pas… pas maintenant”.

Peut-être qu’il va la blesser, peut-être qu’elle va comprendre qu’il ne veut pas qu’il la touche, sauf que ce n’est pas ça. Si elle le touche encore… si elle continue à irradier Dis comme ça… il va se jeter sur elle, l’Ardeur va l’y pousser, comme un gamin en crise ou un drogué en manque qui réalise qu’il a sous les yeux la parfaite dose.

Est-ce que… Tu…” Il ferme encore les yeux, recule un peu plus. Tomas cherche désespérément à s’éclaircir les idées, à faire le tri. Des questions… il en a des centaines, des milliers pour elle. Reste à déterminer celles qu’il tient à poser des autres, celles qui le terrifient trop. “... Etais-je… étais-je à ce point distant? Je… je sais que… que j’ai manqué à… à beaucoup, que… es-tu… es-tu vraiment convaincue que… que je ne t’aimais pas? Ou… ou pas assez? Je… Je ne parle pas de maintenant. Je parle… je parle d’avant, je parle… d’Alice, l’humaine. Etait-elle vraiment persuadée que je ne l’aimais pas, ou pas assez? Qu’ai-je fait de mal?

Finalement, c’est un flot qui lui sort de la bouche, une larme qui perle aux coins de ses yeux.

Je… je le pense toujours, tu sais. Mon… mon coeur a envie, tellement envie, d’y croire, de… mais ma tête… ma tête me retient. Elle me retient d’autant plus que… Je t’ai fait énormément de mal, sans m’en rendre compte, je ne veux pas… je ne veux pas faire subir la même chose à Lélio. Et… Et je ne comprends pas ce… ce qu’une narakhe pourrait faire d’un vampire, même… même s’il est un cambion de son cercle. Je… Je… Tu as dit que tu n’étais plus tout à fait elle… et je ne comprends pas… la partie d’Alice qu’il y a encore en toi. Je… Je ne sais pas ce que tu te rappelles, de nous, de… de notre rencontre, des moments passés ensemble, je… je ne sais pas ce que tu penses, je… je ne sais pas ce qui t’est arrivé et… et même si je pense pouvoir remplir cette partie-là, si j’imagine que Lyséa d’Harcourt a joué son rôle… je ne sais pas comment tu… tu es arrivé à revenir à Parys, comment tu…

Tomas relève la tête, lui qui jusqu’ici regardait ses pieds, ses mains, le canapé ou les meubles en charpie. Il relève la tête et la regarde dans les yeux. Il n’a pas envie d’entendre les réponses, même s’il a besoin de poser les questions.

Je… je suis désolé… de ne pas avoir été assez, de… de ne pas avoir vu ta souffrance, de… de n’avoir rien fait. Je… Je suis désolé de… de t’avoir trop aimé et… et pas assez en même temps, je suis… je suis désolé de t’avoir poussé à te tuer”.

Ca… il le pense, il est sincère et ça le tue. Parce qu’il est convaincu que ce sont des manquements accumulés pendant… pendant une petite dizaine d’années qui les ont conduits-là.

Est-ce que… est-ce que tu regrettes d’avoir demandé à ce vampire de… de rester sur la tombe de ta grand-mère, il y a une éternité? Est-ce que… est-ce que si tu pouvais… tu changerais les choses?

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   12.07.18 21:32

Pauvre Lélio, qui n'assume pas ses errances et ses manquements. Tourmenté par des souvenirs, des erreurs qu'il n'a pourtant pas commises.
Est-ce que j'aurais été soulagée, moi, s'il était parti ?
Non. Je me serais sentie coupable, de savoir qu'il dépérissait quelque part, coupable de sa mort, j'aurais été blessée.
Mais quelle importance ?

Il recule et je le regarde sans comprendre. Avant de saisir que ce qui l'effraie c'est tout simplement moi. Rire sans joie. Je me place à l'autre bout de la pièce, ne me fatigue même pas à lui faire comprendre que s'il essayait de me toucher comme ça, il valserait à travers la porte ou la fenêtre en une seconde.
Je ne craquerais pas.
Je dois tenir parole.

Comment expliquer autrement la façon dont vous m'avez accueillie ?

Je m'accroche à mon vouvoiement comme à une armure, car c'est ce qu'il est. Il m'empêche de m'adoucir devant sa peine, devant ses blessures, il m'empêche de le serrer contre moi à l'en étouffer, de me vautrer dans son odeur pour panser mes propres plaies.
Je regarde mes mains rougies avec une application sans failles, tout plutôt que de lui offrir le poids de mes prunelles. Par pitié, ne me touche pas.
On en est là. Je fais peur à celui qui prétendait m'aimer. Je n'ai jamais eu peur de lui, moi. J'avais confiance. J'avais confiance au moment où je mourrais, j'avais confiance en revenant. Tellement fort que c'en est d'autant plus dure de voir cette confiance piétinée.

Vous l'avez été trop longtemps, et quand j'ai finalement pu avoir ce que je voulais... Il y avait Lélio, alors pourquoi, au fond auriez-vous voulu Alice ? L'humaine, la faiblesse, frêle amour que l'on surprotège. La dernière chose que j'ai senti, c'était vous deux, pendant que je pleurais en écrivant cette lettre que vous n'avez pas pu lire. Et à l'époque, je m'en suis réjouie, je me suis dit que vous ne seriez pas seul. Quelle blague.

Je contemple le plafond en silence.

Alice, elle... Je croyais que vous m'aimiez. Je croyais à ça comme à une sacro-sainte vérité, mais à Dis, j'ai eu tout le temps de réfléchir. Mourir fait ça, vous débarrassez de votre naïveté. Je me souvenais, je me souviens de tout. De notre rencontre, et de chacun des mots, chacun des gestes, chacun des moments, et tout à coup j'y voyais les doutes et les incertitudes, j'entendais des faiblesses dans ces "toujours". Votre réaction, celle de Lélio... Bon sang, comment suis-je censée les interpréter. Toute narakhe que je sois, je suis revenue. Je suis revenue pour ça, pour des toujours, des éternités que vous m'aviez promises avant de me les retirer. Et maintenant, c'est trop tard.

Je crie presque, à présent. Parce que ça l'est. Il m'a blessée au delà des mots, mais surtout, Lélio m'a achevée sans la moindre merci et sans même le vouloir. Et moi, j'ai promis de foutre la paix à Tomas, et c'est ce que je ferais. Point barre.
Malgré mon état de nerfs, j'ai ravalé mon aura, mon pouvoir, tout. Je tremble, j'ai les larmes aux yeux, moi aussi, mais je me maîtrise.

Je suis revenue parce que je ne mentais pas quand je vous parlais, et peut-être aussi parce que je m'en voulais d'avoir craqué, mais tout ça, c'est fini.

Je le regarde enfin.

Et le simple fait que vous me posiez encore cette question le prouve. J'en ai assez de répéter que non, je n'aurais rien changé. J'en ai assez. J'en ai assez de me sentir coupable des erreurs des autres, de me sentir coupable d'avoir attiré Lélio alors qu'il voulait me manipuler pour vous atteindre vous depuis le début, assez de me haïr, assez de ressasser des souvenirs qui doivent être faux, aussi faux que toutes les promesses que j'ai un jour pu entendre.

Je marque une pause. Très brève. Le temps d'inspirer profondément.

Vous ne savez pas ce qui m'est arrivé parce que vous n'avez même pas daigné demander, trop pressé de me renvoyer dans l'enfer d'où j'étais venue, trop pressé de retourner vers celui que vous aimez pour de bon, celui qui est dépendant de vous. Et je vous interdis de fuir maintenant.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   13.07.18 9:19

Comment expliquer sa réaction? Comment expliquer qu’il ait rejeté celle qui se prétendait être Alice, quand il avait encore l’impression qu’elle était morte la veille? Peu importe la façon dont elle aurait pu le lui annoncer, il ne s’imagine pas une seule version où il prendrait bien la nouvelle.

Ces mots-là ne sortent pas, trop occupé qu’il est à serrer les dents pour se contrôler, à presser ses poings. Elle ravale son aura, pourtant, elle se contient et il pourrait la serrer dans ses bras pour la remercier s’il n’y avait pas l’Ardeur, frustrée d’avoir senti la Luxure sans pouvoir y goûter.

D’une certaine façon, heureusement qu’elle crie, qu’elle lui jette tout son ressentiment à la figure. Cela lui donne une chose à laquelle il peut s’accrocher, pelotonné qu’il est dans un coin, loin d’elle, le plus loin possible d’elle. Qu’ils doivent avoir l’air ridicule, à se parler à plusieurs mètres de distance ainsi.

Je… Je ne t’ai jamais pris pour une faible Alice. Jamais. Tu as tellement… Tu as survécu à tellement de choses. J’ai vu des hommes hurler pour des blessures bien moins importantes que celles que tu as subies. J’ai vu… J’ai vu des gens s’effondrer pour bien moins que ce que tu as traversé. Tu n’as jamais été faible à mes yeux, au contraire. Je… je te croyais toujours tellement forte… que je n’ai rien vu… Et… et je comprends que… j’essayais toujours de te protéger… mais pas à cause de ta faiblesse. Parce que je ne voulais pas te voir souffrir, d’une façon ou d’une autre. J’aurais pu… j’aurais pu tout encaisser, j’aurais pu être torturé pendant des siècles, j’aurais préféré cela à la moindre seconde de souffrance, physique ou mentale que tu aurais subi”.

Les larmes roulent sur ses joues. Les dernières semaines ont été tellement riches en émotion… Tomas ne peut plus le supporter. Il vit dans la crainte de ce qui risque de lui tomber sur la tête ensuite, car il sait que cette étape, il ne pourra pas l’encaisser. Il ne peut plus ressentir sans craquer. S’il pouvait, il éteindrait tout ce qu’il ressent. Il resterait seulement le marquis, puisque ses sentiments semblent blesser tous ceux qui ont le malheur de recevoir son affection.

... C’est drôle, j’imagine. Ni l’un ni l’autre ne semblaient croire en mon amour. Chacun de vous semble persuadé que je lui préfère l’autre. Aucun de vous ne semble pouvoir se faire à l’idée que dans mon coeur, vous êtes au même rang. Que l’amour que j’ai pour l’un n’est pas plus fort que celui que j’ai pour l’autre. Il est juste… différent. L’amour que je donne à chacun d’entre vous ne ressemble qu’à vous”.

Le sang commence à cailler sur ses joues. Le vampire tremble toujours de la tête aux pieds. Il faut dire que si Alice a ravalé son aura, son sang, lui, est toujours là, sur ses mains. Pas n’importe quel sang. Du sang distique. Lélio, son cambion, est déjà délicieux pour son palais vampirique, mais le sang d’une narakhe?

J’imagine… que je n’ai pas fait un très bon travail pour le prouver, à l’un comme à l’autre… Mais dans ton cas… Je crois que tu ne réalises pas l’effet que tu as sur moi. Tu n’as jamais su… l’état lequel j’étais avant de te rencontrer, jusqu’à… jusqu’à une minute avant de te croiser dans ce cimetière. Je le savais. Mon coeur le savait, avec… plus de certitudes que toutes les rencontres que j’avais pu faire jusqu’ici. Mais je n’ai rien dit, pendant… quasiment une décennie. Parce qu’en quatre siècles, j’ai amplement eu le temps de détruire des personnes que j’aimais. Enfin… j’ai poussé mon premier amour à la folie et il s’est tué à cause de ça… Te l’ai-je raconter? Non? Peut-être que tu te souviens l’avoir lu, alors. L’histoire s’est répétée. A chaque fois, ma nature vampirique ou distique gâchait les choses. Ou bien mon titre, ou bien mes fonctions. Toi… toi, j’espérais pouvoir t’avoir sans te salir avec mes erreurs et mes errances… Au final… je n’aurais fait qu’empirer les choses”.

Le vampire change de position, mais reste assis. Il ne fait pas confiance à ses jambes pour se remettre debout, même s’il devait s’appuyer contre le mur. Leurs regards se croisent et il le soutient. D’une certaine façon, il cherche Alice dans ses yeux à la fois si étrangers et si familiers.

Qu’espérais-tu vraiment de moi? Qu’attendais-tu comme réaction? Un sourire de soulagement, une étreinte et un baiser? Alors en ce cas, je suis désolé de ne pas pouvoir te donner ce que tu veux. Parce que pour moi… pour moi, tu es morte hier. Tu es morte hier, et j’ai encore ce fait sur la conscience. Je me rappelle tout le mal que j’ai fait et le peu de bien en comparaison. Je me rappelle que ton amour m’a sauvé mais que le mien t’a condamné. Tu me rappelles les centaines et les centaines de questions que j’ai, mais dont les réponses me terrifient trop. Alors non, je ne t’ai pas posé de questions sur ton séjour à Dis, pour les mêmes raisons qui m’ont poussé à attendre des semaines avant de lire les derniers mots que tu m’as adressé ou en tout cas… C’est ce que je pensais avant que tu ne reviennes. Je ne fuis pas. Je suis là, à ne pas oser demander pour les réponses qu’il me manque. Si tu as souffert. Si… si ma dépression avait tant coulé au travers du lien que tu avais fini par la ressentir comme la tienne. Si… Si tu as eu conscience de cette partie de moi que tu as pris avec toi. Si tu te sens mieux, maintenant, libérée de moi et de mon amour trop grand et trop petit pour toi. Si… si ta mort t’a apporté un peu de paix. Si… Si j’avais ton pardon”.

Ses yeux lui font mal, comme à chaque fois qu’il veut pleurer mais qu’il n’a plus assez de sang en lui pour le faire. Il ne quitte pas son regard, même si cela lui fait mal de les garder ouvert.

Je ne suis pas assez brave pour entendre les réponses… je crois”.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   14.07.18 18:59

Et le voilà, ce refrain que je connais par coeur. Tu n'étais pas faible, Alice, mais je te protégeais quand même. Tu n'étais pas faible, mais c'est un autre que j'ai brisé. Tu n'étais pas faible, juste pas assez forte.
Je l'écoute sans montrer que malgré ma rancoeur, les mots m'atteignent. C'est plus simple s'il m'en veut, à la fin. C'est plus simple si je peux continuer à lui en vouloir. Je dois partir, j'ai promis de le faire, et c'est peut-être la bonne façon pour eux d'avancer sans moi.

Et pourtant vous n'avez pas entendu mes appels au secours, je souffle, les larmes au bord des yeux, sans que je ne les autorise à dévaler mes joues.

Plus maintenant, pas cette fois.

C'est... Ce n'est pas ce que je vivais, moi. Ce n'est pas ce que j'étais. J'étais faible, j'étais la dernière en valeur de votre maisonnée, tout le monde s'en rendait compte à part vous.

Et non, ça n'a rien de drôle. J'ai envie de lui hurler que je l'aime toujours, moi, et qu'il n'y a rien drôle à ça. J'ai envie de lui dire ce que moi, j'aurais fait, si les situations avaient été inversées. J'ai envie de milliers de choses, et la plupart sont impossibles.

Lélio ne croit jamais rien. Il ne m'a jamais cru moi. Il ne faut pas que vous lui disiez, bon sang, il faut que vous lui montriez. Un geste vaut mieux qu'une foule de je t'aime, monsieur.

Je soupire, croise les bras comme pour le mettre à distance.

Vous ne pouvez pas nous avoir tous les deux. Lélio ne le supportera pas. Et moi... Je ne le supporterais plus.

Je crois. Il faudrait un sacré retournement de situation pour que j'accepte de côtoyer de nouveau celui qui m'a rejetée si fermement, qui me détestait et me déteste probablement toujours, au point d'avoir remercié pour ma mort, dans le secret de sa petite tête.
Celui qui m'a trompée à diverses reprises, que j'ai pardonné encore et encore... Et tout ça pour quoi ?

Vous avez fait ce que vous pensiez devoir faire. J'imagine qu'on ne peut le nier. Voilà, monsieur, vous m'avez protégée de moi-même, de mes errances et mes amours en vain. J'ai espéré trop longtemps un signe, un geste, et quand je les ai enfin obtenu, c'était parce que j'avais tempêté pour les avoir. Parce qu'il y avait Lélio. Sans lui, vous ne m'auriez rien offert de plus, j'aurais continué à dépérir, à soupirer après un vampire qui m'aimait sans m'aimer assez pour se laisser aller.

Je fuis son regard. C'est trop, pour moi, de voir ces paillettes dorées que je connais par coeur, c'est bien trop. Je le déteste et je l'aime tout à la fois, et ça me blesse bien trop. Qu'est ce que j'espérais ? Qu'est-ce que je voulais, au fond, en revenant. Rien de tout ça.

N'importe quoi d'autre, monsieur. Si... Si vous aviez été le miraculé, je vous aurais accueilli avec incrédulité, mais je n'aurais eu de cesse de me prouver la réalité de ce que je sentais. Je vous aurais demandé où vous étiez, pendant ce temps. Je vous aurais demandé si vous vouliez bien me pardonner d'avoir été insuffisante. Je vous aurais sermonné à en perdre haleine, je vous aurais hurlé ma peine et mon manque au visage. Tout, plutôt que la froideur et le dédain que j'ai eu. Tout. La colère, la tristesse, la surprise, tout mais pas... Ça.

Je le quitte le temps de laver mes mains, après m'être rendue compte que son regard s'y égarait par instant, décidée à limiter les tentations. Je suis obligée de passer devant lui pour cela, mais quand je reviens, je me plante de nouveau à l'autre bout de la pièce, hissée sur une commode, blottie contre le mur dans mon dos.

Ça ne faisait pas mal, je finis par murmurer tout bas, les yeux baissés, enfant prise en faute. Un instant j'étais là, et il y avait le vide qui se déployait sous moi, l'autre il n'y avait plus rien. Je n'ai même pas senti mes os se briser à l'impact, je n'avais... Rien. J'ai cru que c'était bon, que c'était fini, que sa voix allait enfin me laisser tranquille... Et puis j'ai ouvert les yeux là-bas, et j'ai su. J'ai senti qu'il y avait quelque chose d'anormal. J'ai trouvé d'autres narakhes là bas, et...

Et ensuite, je me suis faite arnaquée à n'en plus pouvoir.

Et j'ai appris. J'ai perdu encore et encore, et chaque fois je me sentais un peu plus seule, un peu plus flouée de n'avoir pas le droit à une mort paisible. Au début je me disais que vous alliez venir me chercher, vous, ou Lyséa, ou Lélio, même. Et puis ça aussi, j'ai appris. Que j'étais vraiment toute seule et que c'était à moi de me débrouiller maintenant. J'ai attrapé des âmes pour ne pas être faible plus longtemps. Plus jamais. Je voulais être la prédatrice, et... Et maintenant je le suis devenue, je suppose. Ma mort, c'était ça. C'est ça. Rien de paisible, rien de libérateur, parce que même après avoir été abandonnée, même comme ça, j'avais encore de l'espoir. Mais j'aurais dû savoir que l'espoir était l'apanage des faibles.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   15.07.18 21:12

Non, il ne les avait pas entendu. Il ne les avait pas vu non plus. Et quand il croyait les voir, il ne s’imaginait pas qu’ils étaient pour quelque chose d’aussi grave, il ne pensait pas que sa marquée se sentait déjà aussi mal, trop persuadé qu’il était que si elle se sentait désespérée à ce point, le lien le lui dirait.

Comment peut-elle croire, malgré tout, qu’elle avait moins de valeur que d’autres? Comment s’est-il débrouillé pour le lui faire ressentir au point qu’elle en semblait persuader? L’ampleur de ses manquements lui pèse un peu plus à chaque seconde. Il ne comprend même plus ce qu’il a mal dit ou mal fait ou pas vu. Trop de choses, sans doute.

Des erreurs qu’il craint tellement de reproduire avec Lélio. Combien de fois lui a-t-il déjà fait du mal, sans le vouloir? Combien de fois lui a-t-il menti, sous prétexte de le protéger? Combien de temps avant qu’il ne le précipite vers sa mort, lui aussi?

Quelque part, il sait, qu’il ne pourra pas avoir Lélio et… cette Alice. Son cambion lui a dit pourquoi, la narakhe qui se tient devant lui ne lui donne pas toutes ses raisons, mais il en connaît certaines. Sa tête le sait. Son coeur ne sait pas comment choisir entre deux amours aussi intenses.

Peut-être… que tu vas m’accuser de me réfugier derrière l’Ardeur, comme toujours. En vérité… je sais que ma malédiction distique n’est qu’une partie du problème. Je me suis toujours interdit de te toucher à cause de ça, parce que je l’avais assez imposé à d’autres, parce que… Parce que j’ai gâché un nombre incroyable de vies au cours de ma longue existence, pour pallier à ce besoin. Que j’ai fait souffrir des gens que j’aimais. Ca… ça, c’est l’Ardeur. Et j’aurais pu te proposer cette rune plus tôt, j’imagine… S’il n’y avait pas eu ces fois où une rune semblable avait cédé. S’il n’y avait pas aussi la réalisation que tu aurais été plus en sécurité loin de moi, moins blessée par la vie si tu l’avais vécu loin de moi”.

Elle détourne le regard et le geste le blesse un peu plus qu’il ne veut bien l’admettre, lui qui cherchait encore la trace de sa présence dans ses yeux, sans rien trouver, ou sans vouloir croire à ce qu’il voit. Tomas ne veut pas encore l’admettre pour de bon, mais il ne doute plus. Il sait que c’est elle. Il reconnaît ses souffrances, il la voit presque avec ses traits d’humaine.

J’aurais aimé te donner autre chose que de la froideur et du dédain… J’aurais préféré avoir une meilleure réaction. J’aurais pu te donner de la colère, de la tristesse,... de la joie… de la joie, je ne sais pas, il y aurait eu trop d’incrédulité, dans tous les cas. Mais j’ai vécu trop longtemps maintenant, j’ai été trop de fois le pion qu’on manipule. J’ai vu la possibilité d’une manoeuvre avant de m’autoriser à penser que c’était réel. Et même si j’avais pensé que c’était vraiment toi, sans jeu, sans manipulation… Je ne peux plus m’autoriser à ressentir ainsi quand il s’agit de toi. Je ne peux pas sentir à toi sans… C’est trop dur, de penser à toi. Chaque occurrence, chaque… son, chaque odeur qui me fait penser à toi, je dois le verrouiller, le garder loin de moi. Sans doute que tu considères que c’est de la lâcheté… je dirais plutôt que c’est de la faiblesse. Je ne suis pas encore assez fort pour le faire sans craquer et quand je craque… quand je craque, Lélio doit ramasser les pots cassés. Il doit… il doit subir l’Ardeur, ou il doit prendre ma Colère, ou il doit prendre mes larmes, ou… ou il doit m’empêcher de brûler au soleil. Je ne veux pas le faire souffrir plus que je ne l’ai déjà fait”.

Il se raidit, parce qu’elle se met en mouvement. Au départ, il pense qu’elle s’avance vers lui avant qu’il ne comprenne qu’elle va se laver les mains. Il se détend un peu quand, à son retour, elle retourne se poster loin de lui, d’autant qu’elle ne sent maintenant ni le sang ni la Luxure.

La détente est de courte durée. Certes, il l’a réclamé, il l’a listé parmi la liste de ses questions sans réponse. Mais il y a une énorme différence entre s’imaginer ses derniers instants et ce qui a pu suivre ensuite et en entendre le récit.

... quelle voix?” murmure Tomas.

De quelle voix parle-t-elle, quelle voix ne voulait-elle plus entendre? Il y a d’autres choses qu’il a envie de dire. Ou faire. Il a envie de se lever et de la serrer dans ses bras, il a envie de lui demander pardon. A défaut d’oser la toucher, il se remet debout, mais reste soigneusement dos au mur.

Je suis désolé de ne pas être venu te chercher. Autant que de ne pas t’avoir rejoint”. Il a presque le réflexe d’inspirer à fond pour se calmer, mais il bloque son geste avant de le poser. Même son odeur est une tentation. “Je… j’ai… j’ai encore des questions. A celles-là… J’aimerais des réponses, même si je ne t’en tiendrais pas rigueur si tu refusais d’y répondre. Es-tu un peu plus heureuse maintenant? Que… que veux-tu faire de ton existence, maintenant? Et… Et pourrais-tu… rester et me laisser une chance d’obtenir ton pardon?

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   18.07.18 13:41

Je n'ai pas besoin de l'accuser puisqu'il le fait seul. L'Ardeur, encore et toujours, il n'a que ça à la bouche, cette soit-disant malédiction. La malédiction, c'est qu'il en a toujours eu peur et n'a jamais pris la peine d'apprendre à la maîtriser. Peut-être qu'il n'aurait pas pu, étant un cambion et non un narakhe.
Personnellement, mes pouvoirs sont bien plus subtils et délicats que cela. Je continue à travailler dessus, à apprendre à mieux manipuler toute cette magie, ce morceau de Dis qui est à moi et rien qu'à moi, qui illumine mon regard d'un or si neuf pour moi.

Vous avez voulu choisir à ma place. C'est ça, la réalité. Je n'avais pas besoin qu'on me mette au loin pour me protéger.

Rire amer.
Je croise les jambes, fixe mes genoux, tout plutôt que de le regarder et de lui montrer que d'une façon ou d'une autre, ces mots m'atteignent. Je ne veux pas l'entendre s'excuser de penser à moi, je ne veux pas m'excuser de l'avoir abandonner, parce que c'était la seule issue pour moi. J'ai toujours vécu à ses côtés en attendant le moment où je mourrais. Je n'avais juste pas compris que la meurtrière et la victime ne seraient qu'une seule et même personne.

Tu ne veux plus voir Lélio souffrir ? Alors ne demande pas mon pardon, Tomas.

J'abandonne le tutoiement, donne une leçon.

Tu ne peux pas tout avoir, et c'est lui que tu choisis, lui que tu dois choisir. Chaque fois que tu me verras, il en ressortira de la rancoeur, de la colère, et peut-être pour moi, de la haine.

Vague sourire, qui dissimule mal la blessure béante que m'a laissé le cambion, juste avec quelques phrases confiées en toute innocence.

Je vais répondre à tes questions. Ensuite, si tu veux faire ce qui est bien... Pars.

Pars, blesse moi encore une fois, mon Tomas, rejoins donc Lélio sur la liste de ces personnes qui m'ont tuée une seconde fois. Pars et oublie, pars et choisis celui qui le mérite, pas celle qui t'a abandonnée. Laisse donc tomber.

Quelle voix ? As-tu besoin de le demander ? Qui m'a rappelé mes erreurs, qui m'a accusé d'être une pute écartant les cuisses pour pouvoir conserver ceux qu'elle aimait à ses côtés, qui m'a remis en pleine face mon idiotie et ma lâcheté, les crimes que j'avais pardonné quand je n'aurais pas dû, qui m'a rappelé tout ça. Tout ce que j'avais si soigneusement enfermé à double tour pour survivre.

Je le toise d'un air vaguement rageur. Tout plutôt que de montrer la tristesse qui s'est installée en moi. Je crois que je suis en train de dire adieu à celui qui a toujours compté le plus, au nom d'un cambion qui me hait.
Par Dis, ce que ça fait mal. Ça ne devrait pas. Je ne veux plus souffrir, j'en ai assez. J'ai trop pleuré étant humaine, je ne recommencerais pas maintenant.

Heureuse ? De quoi serais-je heureuse, au juste ? D'avoir foiré jusqu'à ma mort ? D'être devenue une narakhe alors que j'avais du mal à envisager de faire du mal à une mouche ? Tu crois que ma rune affiche toujours un beau zéro ? Je n'ai pas honte, ça ne me fait rien, mais on ne peut pas vraiment dire que je sois heureuse, non. Je ne suis pas malheureuse, mais pas heureuse non plus. Je sais juste que je ne peux pas rester. Je ne peux pas, je n'ai pas, plus le droit, et je ne veux pas qu'il me pardonne, que tu me pardonnes, ou vous pardonnez à tous les deux. Pourquoi faire ? Avoir plus mal au bout du chemin ?

Je parle d'une voix plus sèche que je ne le voudrais. J'en ai assez de devoir mentionner des évidences.

Retourne chez toi... Retournez chez vous, monsieur, et faites ce que vous auriez dû faire. Oubliez moi, et continuez plutôt à chérir le souvenir d'une humaine. C'est tout ce que vous aurez.

C'est tout juste si je ne lui désigne pas la porte d'un geste.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   18.07.18 21:33

Choisir à sa place… Oui, Tomas le reconnaît, il a choisi pour elle. Parce qu’elle n’avait pas toutes les données, elle ne savait pas qui il était réellement, quand ils se sont rencontrés, puis quand il lui a offert sa marque. Elle ne savait pas qu’il n’était pas juste Tomas. Il était aussi un cambion qui transpirait l’Ardeur.

... Je n’ai jamais su t’éloigner de moi pour te protéger. Si j’avais su le faire, je ne serais jamais revenu la nuit suivante au cimetière. Le pire danger à ta vie, avant tous les autres, a toujours été le vampire fou amoureux de toi, mais trop terrifié pour te le dire. Tu ne peux pas me reprocher d’avoir voulu te protéger. Tu peux, en revanche, me reprocher de l’avoir fait de la mauvaise manière”.

Il ne devrait pas lui demander pardon, sur ça aussi, elle a sans doute raison. Lui demander pardon, c’est blessé Lélio… si seulement il réussissait à lui dire à quel point il en a besoin, à quel point il s’en veut, à quel point il aimerait avoir le pouvoir de retourner en arrière pour ne jamais la rencontrer, pour la laisser vivre sa vie, au moins un peu, pour la rencontrer plus tard, peut-être, en adulte plus réfléchie, plus mature, pas comme une adolescente facilement impressionnable, trop vite arrachée à sa vie.

Peut-être que s’il avait changé ça, cette rencontre, peut-être qu’il aurait rencontré Lélio d’une autre manière, que l’Ardeur l’aurait attiré aussi sûrement que sa Colère aurait attiré sa propre partie distique. Peut-être que ce jour-là, la veille de la Révélation, il l’aurait vu, lui aussi, comme son cambion lui a raconté l’avoir vu.

Tu ne peux pas avoir les deux. Pas comme ça en tout cas. Et au fond, tu sais que tu ne veux pas les deux, tu es trop meurtri pour ça.

Une ombre lui passe dans le regard. Cette voix anonyme, mais cruelle, il l’identifie en rassemblant les indices. Qui aurait pu dire cela à Alice? Oh… Au fond, il n’y a pas beaucoup de candidats. Juste un. Celui qui lui a dit à peu près les mêmes choses.

... Augustin?

Lui n’arrive pas à être en colère. L’aëlhim avait et a raison de lui reprocher tout ce qu’il lui a reproché. Alice, en revanche… N’était qu’une complice même pas consentante, indirecte aussi. Et voilà où ça l’a mené. Au suicide, à un séjour à Dis, à devenir une narakhe.

... Et tu crois que je te juge de t’être adaptée à ta nature?” Remarque d’une voix douce, presque éteinte. Certes, lui n’est pas devenu un narakhe, mais… “Je suis mort aussi. D’humain… enfin de cambion, je suis devenu vampire. Je n’étais pas innocent en cambion… J’étais un mousquetaire, j’ai combattu, j’ai pris des vies. Mais en vampire… en vampire ce n’était pas une question de combattre l’ennemi, c’était de l’instinct et j’ai fait plus d’une victime. De la servante innocente à l’amant que j’ai touché avec l’Ardeur. Tu n’as rien à te reprocher et je ne te le reproche pas. En revanche... Je regrette vraiment que tu ne sois pas heureuse...”.

Il a décollé son dos du mur. Pas seulement d’une poignée de centimètres, il a fait un pas dans sa direction. En réalité, le vampire a réalisé quelque chose. Ce qu’il y a entre eux… cela ne peut pas se résoudre en un jour. Encore moins en une heure. Peut-être qu’ils pourront, un jour, se réconcilier, se retrouver, d’une certaine façon. Peut-être pas.

Je ne t’oublierais pas, jamais. L’humaine aura toujours une place dans mon coeur. Je n’exclus pas que cela puisse également arriver à la narakhe. J’espère, qu’un jour, je pourrais obtenir ton pardon, pour tout le mal que je t’ai fait. Je travaillerais à l’obtenir. De mon côté… Toutes les blessures que tu penses m’avoir infligé, tout… tout est pardonné”.

Il a encore réduit la distance entre eux. Il n’y a plus des mètres entre eux, mais quelques pas, tout au plus. Le vampire se tient tout de même derrière le canapé, juste au cas où et surtout, il n’ose pas s’approcher plus. Son aura n’est plus aussi forte qu’avant, mais sa peau exsude Dis.

Les… les questions que j’ai… Je ne les poserais pas aujourd’hui, si tu le veux bien. Disons… disons que c’est… un pari sur… sur l’avenir. Je parie sur… la possibilité de les poser plus tard, si… si tu le veux bien”.

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To wish to die when he is alive is an insult to him.
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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   19.07.18 14:28

Je contemple toujours mes mains plutôt que de le regarder lui. Le coeur au bord des lèvres, je n'ai qu'une envie, que cette discussion se termine. Que je puisse relâcher un peu mon souffle, et commencer à envisager un après, sans Tomas, sans Lélio, sans aëlhim un peu trop clairvoyant, sans Louis pour me couver du regard, sans personne si ce n'est Lyséa, la seule qui m'a été fidèle jusqu'au bout.
Lyséa, Desmeon, et mes contrats, je n'ai besoin de rien ni personne d'autre.
Peut-être que si je me le répète, j'y croirais assez.
Peut-être que si je me le répète, l'envie de vengeance, l'envie de faire souffrir autant que j'ai souffert, s'évanouira. De toute façon, Lélio et Tomas sont déjà à l'agonie, agonie qu'ils s'échangent et tentent de repousser, mais c'est la réalité.
Le cambion finira par mourir.
Triste, mais vrai, à ce rythme.

Crois-bien que je te le reproche. J'ai assez pardonné quand j'étais en vie.

Les mots résonnent, prononcés d'une voix sèche au possible. J'essaye de me convaincre, et surtout, je joue un jeu visant à le convaincre lui, vu qu'il est apparemment incapable de couper ce lien qui subsiste entre nous.
Je déteste ce jeu, profondément.

Augustin, oui.

Augustin qui aurait bien voulu mettre un point final à l'histoire de notre cher petit cambion. Augustin qui sans doute, se sent coupable d'être celui qui a condamné son ami, son prêtre, son petit bout d'âme distique à une vie de servitude et d'addiction plutôt que de le laisser mourir des mains de sa charmante génitrice.

Tu ne sais pas qui je suis. Tu ne sais pas, alors ne parle pas. Tu détestes l'Ardeur, tu te détestes toi, tu passes ta vie à vouloir expier tes erreurs. Je ne suis pas pareille, Tomas. Je n'aime pas forcément détruire des vies, voler des âmes, mais par Dis, je le ferais, et je n'ai pas à avoir honte de ce que je suis. Mes pouvoirs ne ressemblent peut-être pas aux tiens, mais je me contrefous de ceux que je brise si ça peut sauver ma vie et me donner un avenir. La gentillesse, la culpabilité, tout ça, je n'en veux plus. C'est fini. Et ça, tu ne comprendrais probablement pas.

Je ne suis pas si cruelle que je voudrais le faire croire, mais ça il n'a aucun moyen de le savoir.

Qui sait, j'aurais pu t'ensorceler sans une seconde pensée si ça m'avait plu.

Je souris largement, mais le sourire n'a rien de chaleureux, bien au contraire. Je veux qu'il ait un peu peur, je veux qu'il arrête de s'approcher, et alors qu'il s'arrête tout près de moi, je recule jusqu'à n'avoir plus que le mur contre mon dos.

Va-t-en. Si tu n'as pas envie de poser tes questions, va-t-en. Fais tous les paris que tu veux, je ne serais plus là pour les entendre.

Menteuse.

Dis bien à Lélio que j'ai tenu mes promesses et que je pars. Il comprendra. Et profite de lui tant qu'il respire encore. L'humanité ne tolère pas bien le baiser de l'Ardeur, à long terme. Vu son apparence... Enfin. Votre vie, vos choix.

Je n'attends pas qu'il déserte, c'est moi qui attrape ma valise et qui file sans demander mon reste. Il n'y a plus rien pour moi ici, et quand bien même l'envie de rester à Parys, dans l'ombre, me tente beaucoup trop, je refuse de rester à la porte de ce qui aurait dû être ma vie.

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MessageSujet: Re: A défaut de dire "merci", ne soyez pas ingrat.- Alice   19.07.18 18:53

Augustin. Augustin, qu’il n’arrive toujours pas à haïr, ou alors, juste pour ce qu’il a pu dire à Alice. Les choses dont il l’a accusé, tout ce qu’il a pu lui reprocher… tout cela était vrai. Il comprend aussi, en creux, que ces choses qu’il a dite à Alice l’ont poussé à la mort, comme une dernière impulsion pour la convaincre de sauter le pas. Et comme un crétin, il n’a rien vu.

Je savais” contredit Tomas. “Et je ne te crois pas si différente de celle que tu étais”.

C’est tout ce qu’il répond. Le reste… le reste l’atteint trop. Evidemment qu’il déteste l’Ardeur et sa partie distique qu’il ne savait pas avoir avant de mourir. Evidemment qu’il déteste ce mal qu’il inflige à ceux qu’il aime autant qu’à de pauvres victimes innocentes, nécessaire à sa survie. Evidemment qu’il déteste cette part de lui si contraire à tout ce qu’on lui a inculqué. Evidemment, qu’il n’a jamais réussi à contrôler quelque chose qu’il déteste aussi viscéralement, dont il ignore encore le fonctionnement ou le déclencheur, les effets et les moyens de lutte.

J’imagine que tu aurais pu… mais tu ne l’as pas fait. J’imagine que cela dit quelque chose de toi”.

Est-ce cette petite phrase qui la pousse à vouloir le chasser? Le vampire ne bouge pas. Appelons ça son caractère obstiné, mais il refuse de croire que si c’est bien Alice, corrompue par Dis, qui se tient devant lui, elle ait pu changer à ce point. Il ne doute pas qu’elle soit narakhe, il doute en revanche que tout ce qu’elle était soit réellement partie.

Tomas pourrait faire un pas et s’engager à sa suite, la rattraper. Sauf qu’en quelques mots, elle lui rappelle ce que l’Ardeur inflige à son cambion. Ce qu’il inflige à son cambion. Combien de temps tiendra-t-il? Il ne dort même plus, se nourrit tout juste. Sans le sang de vampire, il serait peut-être mort depuis longtemps. Mais c’est ce qu’ils se sont dit, non? Une passion intense, qui brûle de tous les côtés à la fois, un feu de joie qui se dispersera aussi vite qu’il est apparu. Il veut ça. Il veut cette passion. Pas qu’elle soit éphémère.

Alice!

Il sort de l’appartement et dévale les escaliers. Le temps d’atteindre la rue en revanche… elle n’est plus dans son champ de vision, pas de tête rousse à l’horizon. Il y a bien une odeur, un parfum de Dis dans l’air, sans doute qu’il pourrait la traquer… mais il s’aperçoit aussi qu’il tremble. Cette odeur le rend fou, elle réveille l’Ardeur en lui et il refuse de prendre le risque de se laisser contrôler par elle et de faire quelque chose qu’il regretterait. Il a promis à Lélio.

On se reverra” murmure-t-il pour lui-même.

Comme une certitude qu’il cherche à s’imposer à lui-même, comme un espoir un peu fou. Il espère qu’ils se reverront. Qu’elle parte, si elle le souhaite, qu’elle devienne la narakhe qu’elle veut être… il ne peut juste pas se résoudre à ce que les choses se terminent ainsi. Peut-être un caprice de sa conscience?

En attendant, il fait demi-tour. Si l'Ardeur lui échappe, il ne peut pas rester en public. Chez lui... au moins, il y aura moins de victimes. Et il a promis à Lélio que s'il voyait Alice, il le lui dirait. Cette fois, Tomas ne compte pas faire l'erreur d'attendre pour le lui raconter.

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