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 Keep going - Lélio

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Tomas de Batz

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    12.06.18 11:27

Il peut presque voir Lélio se refermer. Sans doute à cause de ce qu’il a dit, même s’il est incapable de déterminer quelle partie de son discours met son cambion dans cet état. Peut-être que c’est tous les mots qu’il a pu dire? En vérité, Tomas ne sait pas comment réagir. Que doit-on faire, quand on découvre que quelqu’un qu’on aime s’hypnotise dans le miroir tous les jours pour tenir le coup? Il y a encore un peu de sidération, et même si une partie de lui sait qu’il faut le sevrer dès maintenant de cette mauvaise habitude, une autre n’en a pas le courage, parce qu’elle entrevoit déjà le lot de souffrance qui va accompagner cette décision.

J’ai peur que toi, tu regrettes. Qu’un beau jour, tu te réveilles, dans un mois, dans un an, dans dix ou dans cinquante et que tu réalises que tu as gâché ta vie en restant. J’ai peur… J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ce que tu mérites, de…. je…”.

Il a peur d’exposer son coeur à quelqu’un, encore une fois. Et de souffrir, encore une fois. Parce que Lélio est mortel. Parce que toutes ses rencontres finissent ainsi, même celles qu’il veut à tout prix préserver.

J’ai peur que… que si je te demande de m’accompagner à Castelmore, j’ai peur que si on y reste… Tu regrettes Parys, tu regrettes ta vie ici. J’ai peur que tu me choisisses Lélio, parce que tu renoncerais à ta vie, d’une certaine façon, et je n’en vaux pas la peine, que je ne vaux pas tous ces sacrifices. J’ai peur de… de te proposer toutes ces choses, de réaliser à quel point je les veux et de ne pas être à la hauteur. Je n’ai pas peur de “me retrouver coincé avec toi”, au contraire. Je crois que ce serait l’une des meilleures choses qui puisse m’arriver. J'ai peur que toi... toi, tu te trouves coincé avec moi”.

Il ferme les yeux, car Lélio l’accuse encore l’Ardeur pour justifier ses sentiments quand le vampire sait que ça n’a rien à voir. Il le sait au plus profond de son coeur. Ce n’est pas l’Ardeur, ce sont eux.

Je ne t’aime pas? Pourquoi? Parce que je ne t’oblige pas à arrêter de t’hypnotiser tous les soirs pendant que je dors? Parce que je m’inquiète de savoir si tu tiendrais le coup, si tu devais arrêter du jour au lendemain?” Il n’y a même pas de colère dans sa voix quand il prononce ses mots. Une pointe de résignation peut-être, quand il réalise que Lélio ne sera peut-être jamais convaincu de son amour pour lui, quoiqu’il fasse. “Parce que je ne t’aime pas comme Alice? Qu’est-ce que ça veut dire d’ailleurs? Que… que tu veux que nous ayons les mêmes discussions? Que je fasse avec toi les mêmes choses qu’avec elle? Parce que tu meurs d’envie de m’accompagner à des ballets, j’imagine. Mais ce n’est pas ça, non? Alors quoi? Parce que je l’ai marquée elle, mais que je ne te l’ai jamais offert à toi? Tu ne comprends pas que c’est… c’est ce qui me terrifie le plus? Tu crois que je n’en ai pas envie? Savoir que celui qui m’accompagnera dans la vie, ce sera toi, et personne d’autre? Savoir… que tes pensées seront avec moi, que je te sentirais où que je sois, que tu seras une moitié de moi, que… que dans vingt ans, cinquante ans, un siècle, tu seras toujours le visage que je verrais en premier en ouvrant les yeux? Que dans autant d’années, je t’aimerais toujours. Tu veux être mon marqué? Mais je suis terrifié que tu dises oui. Parce que tu serais avec moi pour toujours et que tu pourrais le regretter. Parce que te marquer, c’est te mettre une cible sur la tête, c’est… C’est prendre le risque de te perdre et je ne peux pas perdre encore quelqu’un. Te marquer, c’est… C’est te faire entrer dans ma tête et tu ne veux pas être dans ma tête, tu ne veux pas. Tu ne veux pas devenir suicidaire toi aussi, tu ne veux pas… tu ne... Tu ne veux pas que mes pensées t’influencent et te poussent à te tuer, comme Alice. Tu ne veux pas ça… Je ne veux pas ça

Cette tirade le laisserait presque épuisé. Lui-même ne pensait pas qu’il avait autant de mots à dire sur le sujet. Il ne se pensait pas non plus capable d’évoquer cette crainte qu’il a au creux du ventre depuis qu’il y a songé, quelques jours après la mort d’Alice. Et s’il avait provoqué ça? Si ses tendances suicidaires avaient empoisonné Alice jusqu’à la pousser à l’irréparable? Maintenant, Tomas n’oserait presque pas tenir Lélio contre lui, tout comme il n’ose pas le lâcher.

Ce n’est pas le même verbe pour elle et toi, parce que tu n’es pas elle. Quand je te dis je t’aime, je parle de… de tes yeux, de ton sourire, de tes mains ou de ta voix, je parle de… de ton foutu caractère, de… de tes blessures et de tes réussites. Quand… quand je te dis je t’aime, quand je t’appelle mon amour, ce n’est que pour toi. Ces mots sont porteurs de tellement plus que le sens premier, qu’une… qu’une simple déclaration d’amour. Ils ne veulent pas dire ce que je lui disais à elle. Ces mots sont à toi”.

Sa voix se fait de plus en plus inégale à mesure qu’il parle. Elle tremble un peu, même s’il essaie de se maîtriser.

J’ai peur d’à quel point j’ai besoin de toi Lélio, j’ai peur de ce que ça te fait, j’ai peur en te regardant t’oublier comme ça parce que je m’aperçois… que je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas ce que tu estimes être le mieux pour toi, je ne sais pas...”.

Il essuie rapidement les larmes qui ont roulé sur ses joues. Il a encore une fois l’impression de tout ramener à lui, quand ça ne l’est pas. Cette nuit, c’est à propos de Lélio, des névroses du cambion, pas des siennes.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    12.06.18 14:09

Pourquoi est-ce qu’on en arrive toujours là ?
Et pourquoi est-ce qu’il me parle de « toujours » ou de « marqué » ? Ma bouche se dessèche devant sa question, je l’ouvre comme un con, comme un poisson hors de l’eau, sans parvenir à formuler des mots.
Le choc.
Pourquoi est-ce qu’on en arrive là ?
Qu’il soit persuadé qu’Alice s’est tuée par sa faute, ça… Franchement, je ne peux pas le persuader du contraire, parce que c’est le cas. Disons qu’elle a opté pour la mort mais n’en serait pas là sans la vie à laquelle il l’a condamnée par égoïsme, par faiblesse. Selon moi, elle n’était pas apte à la choisir de son plein gré. Trop jeune. Ses actes n’ont rien arrangé, ceux envers moi, puis tout ce qui a suivi depuis quelques mois… Putain, même pas un an que cette merde dure et elle a eu raison de la gamine. Combien de temps, avant que je suive le même chemin ? Non, je ne suis pas du genre à me tuer, mais j’me connais. Rester en vie, j’ai du mal, et j’ai plus d’aëlhim pour m’éviter le pire.

Il pleure.
Ses larmes rosées laissent une trainée sur ses joues, même quand il les essuie.
J’essaie de remettre les choses en perspective, pour lui répondre quelque chose de cohérent, sans péter un câble.
La vérité, peut-être ?
Ouais… Peut-être…

Je ne comprends pas comment on est passé de… la première fois… À ça. Entre nous, il n’y aurait dû y avoir aucun sentiment, aucun autre que la haine, peut-être. Ta haine à toi, parce que j’avais pris Alice. Et ma haine à moi, parce que tu m’as pris vie en me maudissant comme tu l’as fait. Je ne saurai jamais si je t’aime vraiment ou si c’est l’Ardeur, parce que j’ai jamais aimé, avant, pas comme ça, pas… Pas pareil. Y’a des matins, enfin des soirs, où je me réveille en me disant que je m’en fou que ça soit réel ou pas vu que c’est quand même ma réalité et qu’on peut pas enlever l’Ardeur de l’équation. Y’en a d’autres… Où je repense à… À… ce que tu m’as pris vraiment. À ce que le fait de te… choisir, si je peux dire, m’a coûté. Et je me demande ce que ça représente vraiment, si j’m’en fou ou pas. J’suis pas suicidaire, Tomas. J’existe au-delà d’une pulsion de mort. La mort, ça apporte rien, j’ai pas envie d’arrêter de ressentir. Et ouais, tu sais, mama me disait toujours que c’était qu’un passage vers autre chose et elle a sûrement raison. Sauf que j’ai pas envie de passer « vers autre chose ». Pourtant je me rappelle, tu vois. Je me souviens de tes mots, du goût de ta colère qui m’a fait disjoncter. Je me souviens de ma trique et de ma rage quand t’as sauté le pas, de la façon dont tu m’as presque tué une fois, deux, trois, dont t’as explosé mes os, j’me rappelle même de ce putain de billet… J’l’ai encore.

Je pouffe, rire jaune. Le pire ? Je ne lui mens même pas. J’ai paumé mon portable au moins sept fois depuis qu’on se connaît mais ce billet, ce billet , non.

Je revois tout ça quand je dors, puis j’ouvre les yeux et y’a ton visage, forcément, ton visage et ton corps mort. Les lendemains, les heures après, je tremble et j’ai du mal à me ravoir, parce que mon corps sait que je dois avoir peur, que je dois m’enfuir, mais pas ma tête, non. Elle, elle s’en fout, alors je suis là, j’existe entre deux états. Pourtant putain, t’aurais dû voir la dernière fois, c’est là que j’ai commencé à m’hypnotiser, parce que j’avais peur que la culpabilité te fasse replonger et que j’étais certain qu’avec un peu de temps, j’aurai plus envie de sursauter chaque fois que tu me prenais par la main. T’as bousillé mon corps et mon cerveau, mon amour. Plusieurs fois, je me suis dit que je devais t’éliminer, en profiter, mais j’ai jamais réussi. J’me recouchai dans tes bras, même si tu pouvais pas m’enlacer, je ressentais ta froideur et je me rendormais comme si de rien n’était, comme si t’avais rien fait, comme si t’étais en vie. Quand Augustin t’a agressé, j’aurai dû aller le voir lui, lui et pas toi, mais j’ai passé toute la soirée, toute la nuit, avec toi. Et quand j’y suis enfin allé, quand j’ai trouvé la force, il était… Juste parti. Comme ça, terminé. En embarquant les morceaux de notre vie, de nos projets, et j’lui en ai voulu, tu sais pourquoi ? Parce qu’il a pas été capable d’accepter tout ça. Il pouvait pas me regarder en face, il pouvait plus, en sachant que j’éprouvais du bonheur avec toi, toi… Toi Tomas. Parce que c’est Tomas, qui m’a fait tout ça. Pas le Chambellan, pas le Capitaine, non, juste Tomas qui aimait Alice, Tomas et son monstre, et il est beau ton monstre, mon amour, si beau, il fait écho au mien, celui que t’as jamais vu, jamais vraiment regardé. Tu me complètes alors que tu devrais, que tu devais, me détruire. Et je me laisse compléter parce que ça m’apaise, parce que tu me fais du bien, mais j’ai des moments de lucidité, des moments… Des moments d’humanité tu vois ? Où une part de moi me dit que tout ça, c’est pas normal. C’est ça, la malédiction des gens comme nous, des gens comme moi. P’tet que toi, c’est différent : autre cercle, autre race, t’es pas vivant, pas vraiment, moi si encore, rien n’a remplacé mon côté humain. Alors parfois je craque, je craque de ne pas être normal. Puis je me souviens que je l’ai jamais été, que c’est comme ça… Et puis c’est tout.

Je reprends à peine mon souffle. Mon regard sombre un peu plus dans la démence. Je m’humecte la lèvre inférieure.

Et putain, me marquer, Tomas, tu t’entends parler ? On se connaît depuis moins d’un an et tu veux t’engager pour la vie ? Non, pire, pour l’éternité ? Tu sais à quel point je suis taré, t’as pas envie d’un gars comme moi dans ta tête. Toi et moi, c’est une tragédie écrite à l’avance. Toi et moi, ça a une fin, que tu me marques ou pas. Si tu me marques, ce sera p’tet plus rapide. Tu crois que l’intérieur de ta tête me fait peur ? Mais mon amour, je suis le mieux placé pour y voir clair, parce qu’on est aussi taré l’un que l’autre. On va s’entraîner dans une spirale de destruction, quand la phase lune de miel sera terminée. Je le sais. Je le sais, même si j’ai envie de me démener pour toi, pour nous, pour grappiller encore une journée, ou deux, ou dix, de bonheur illusoire et éphémère. Y’a plus rien ni personne qui nous empêchera de nous entredéchirer, maintenant qu’elle est morte. C’est comme ça… Mais c’est pas grave. Tu veux savoir ce que je veux ? Je veux Tomas. Je veux que tu balances ces conneries de Chambellan, de capitaine, et en même temps je ne veux pas ça. Je nous veux… Décadents, éphémères, scandaleux, intenses, je veux qu’on vive sans perdre une seconde parce qu’il ne nous en reste plus longtemps. Ouais, c’est ça que je veux Tomas, et j’emmerde la terre entière.

Je lui souris, mais mes yeux hallucinés gâchent sûrement un peu l’effet.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    12.06.18 22:02

Quand il s’arrête, quand il prend le temps d’y penser… Lui non plus ne comprend pas. Lui non plus serait incapable d’expliquer comment ils sont passés de cette première rencontre à cette discussion dans son lit, avec Lélio assis sur ses cuisses et pressé contre son torse. Il serait incapable d’expliquer comment l’affreux peut côtoyer le beau.

Quand il réfléchit à tout ça, il a juste une seule certitude. Il a tout gâché. Il les a tué avant même qu’ils ne commencent à exister. S’il y avait quelque chose de beau, il l’a cassé, l’a couvert de laideur.

Il y a des choses qu’il entend pour la première fois dans la bouche de Lélio, mais elles ne l’étonnent pas. Non, il ne s’étonne pas que l’intéressé ait voulu le tuer, ou qu’il y ait pensé ou peu importe. Il ne s’en étonne pas, parce qu’il comprend ce mélange de haine et d’amour que semblent être les sentiment du cambion à son égard. D’une certaine manière… leurs parties distiques s’adorent… et l’humain déteste le vampire. Sauf que le vampire veut aimer l’humain tellement fort… est-ce que Lélio a raison? Est-ce que c’est l’Ardeur ou la culpabilité? Ca n’y ressemble pas pourtant. Ca ressemble… à Henri, d’une certaine façon. Quelque chose de beau, gâché par du laid.

Tu as raison. Nous deux… ce n’est pas normal. Pas… pas pour deux humains, pas même pour… un humain et un vampire… Mais… mais il y a Dis. C’est Dis qui nous fait fonctionner. C’est… c’est un sentiment que je connais. D’être… partagé entre deux natures, je comprends. Je comprends...”.

Il n’arrive pas à se retenir de le toucher. Il caresse sa joue, son épaule. La moindre parcelle de peau nue qu’il peut atteindre. Une peau chaude, où Dis palpite, en même temps que l’humanité. Autrement dit, les deux choses qui l’attirent le plus sur cette terre. Est-ce que c’est ça? Étonnamment, il ne s’est jamais vraiment rapproché de cambions avant. S’il l’avait fait… y aurait-il trouvé des points communs?

... Le temps… ce n’est pas la même chose pour toi et moi. Un an… ca passe tellement vite pour moi…. que j’ai parfois l’impression que ça a duré une éternité… Et puis… et puis le temps ne fait pas tout. Parfois… parfois, tu vis plus en un an avec quelqu’un qu’en une décennie…”. Il marque une pause. Il s’apprête à confier à Lélio quelque chose d’incroyablement personnelle, qu’il n’a jamais abordé directement avec Alice, ni même avec Charlotte. “Pour… tous les autres… marquer quelqu’un, c’est obtenir du pouvoir. C’est… C’est gagner de la puissance. Il y a… il y a des personnes que j’ai envisagé de marquer, avant. Mais je ne l’ai demandé qu’à Alice… Et à toi”. Même si dans le cas de Lélio, il ne lui a pas tant demandé qu’il lui a confié de manière abrupte son envie. “Je ne veux pas être plus puissant, je veux juste… je veux juste… un peu de bonheur?

Sauf qu’il voit bien où cela a mené Alice. Il lui a proposé avec toutes les bonnes intentions du monde. L’envie de la protéger, l’envie de passer le reste de sa non-vie avec elle, l’envie d’être heureux avec quelqu’un de solaire, avec son Alice, l’amour de sa non-vie. Au final, elle a été malheureuse comme les pierres avec lui, il a précipité sa mort. Il n’arrive pas à s’imaginer un monde où Lélio s’en sortirait mieux parce qu’il vivrait la même chose qu’elle. Il serait une cible, il serait dans sa tête.
Sa tête se pose contre la sienne.

Parfois… J’aimerais pouvoir recommencer. J’aimerais… j’aimerais te rencontrer pour la première fois autrement, j’aimerais… capter cette étincelle que j’ai senti en toi autrement qu’avec ma main serrée sur tes cheveux pour t’éclater le crâne. J’aimerais… oublier et recommencer. J’aimerais nous donner une chance…

Mais il ne peut pas. Enfin si. Il est Tomas, son cerveau lui fournit déjà obligeamment des solutions à tous ces problèmes. Un sorcier qui efface et modifie les souvenirs pourrait leur retirer à tous les deux cette rencontre désastreuse. Pourrait retirer tout le reste d’ailleurs, pour un vrai départ. Et il pourrait quitter Parys pour Castelmore, tous les deux. Il pourrait former Louis et le laisser en charge des Mousquetaires et du royaume. La solution est là, elle existe, il faut juste qu’il ait le courage de proposer cette chose terriblement égoïste à Lélio. Parce que ça l’est. Parce qu’il veut prétendre que rien n’est arrivé.

Décadent, éphémère, scandaleux et intense… En résumé… Dis”. Il embrasse son front. Il ne pleure plus. Lui aussi sourit, même si ce n’est pas avec la même folie. “D’accord. Brûlons la vie par les deux bouts, voyons où ça nous mène. Toi et moi. Lélio et Tomas”. Il le fait tourner la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux. “Tu voulais savoir ce que nous étions. Tu es… tu es mon amour distique. Et tant que ça durera… Que ça soit une semaine ou dix ans… Je suis à toi, rien qu’à toi”. Il sourit un peu plus. “Brûlons ensemble mon amour”.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    13.06.18 12:03

J’ai rarement parlé autant d’un coup, preuve que j’avais besoin de décharger tout ce que j’avais sur le cœur, tout ce qui me passait par la tête. Il me comprend et il ramène cette histoire de marque sur le tapis. Je ne sais quoi en penser. Ni en quoi ça lui apporterait le moindre bonheur. J’ai conscience que si je le lui demande, il va le faire et que s’il le fait, ça sonnera notre fin à tous les deux. Et peut-être… Peut-être que j’ai envie de ça. Crever dans un ultime éclat, après avoir connu la réelle intimité, après avoir goûté à ses plus noirs secrets, à ses plus intimes pensées. Le mettre à nu comme il l’a fait, profiter dans la décadence jusqu’à ce qu’on finisse par en crever.
La boucle serait bouclée.
Je souris contre son cou.

Non, tu n’aimerais pas. On en serait pas là si tu m’avais connu normalement. Si tu ne m’avais pas fait mal. T’aurais jamais osé céder et moi, moi je ne me serais pas accroché aussi fort. L’obsession, c’est ça qu’il nous fallait. Moi, je ne veux pas qu’on oublie.

Pendant un temps, j’ai espéré que ça se passe ainsi mais finalement… Ces images dans ma tête, qui me liquéfient les entrailles, qui provoquent à la fois terreur et désir, je les aime. Je les chéris. Elles font parties de nous.

Oui, mon amour distique…

Ces mots sont les bons, je les sens résonner en moi. Je brûle d’embrasser ses lèvres, de le retourner sur le lit, de le prendre comme hier, de me laisser aspirer dans cette folie qui pointe le bout de son nez. Je tremble un peu, de pur désir.

Alors quoi… C’est vrai que tu veux me marquer ? Tu veux me sentir dans ta tête ? Tu veux que je sache tout de toi ? T’as envie… T’as envie de me montrer toutes les horreurs que tu as pu commettre ? je murmure, brûlant. Un ton indécent pour la conversation. Moi tu sais ce que j’ai envie de voir ? Notre première fois, par tes yeux, putain, ça devait être sublime mon amour distique. Sublime… Je souris, me frotte contre lui au point qu’il finit par basculer sur le matelas. Je le surplombe. Je crois que ça nous rendrait fous, toi comme moi. Je crois… Je crois que ce serait la plus grande erreur de ma vie et sûrement de la tienne aussi, même si t’en as plus vraiment. Non, je le crois pas, j’en suis sûr. Pourtant, Tomas, si je te dis… Si je te dis, fais-le, fais-le maintenant ?

Je suis dans un état second. Une part de moi sait à quel point l’idée est mauvaise mais une autre est obsédée par cette perspective, celle de me lier de manière indéfectible, pour le restant de l’éternité, à l’homme, au monstre, qui a brisé ma petite vie tranquille d’agent de l’ULCM. Cela me rend fou, j’ai rarement bandé si fort. Je déborde d’un désir insane, l’œil noirâtre plein de fièvre. Je veux voir, oui… Je veux voir, je veux sentir, je fonds sur ses lèvres dans un baiser de désespoir, égratignant mes lèvres.
Et déjà, mon sang coule.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    13.06.18 19:20

Il n’a pas tort, Tomas le lui accorde presque aussitôt. S’ils s’étaient rencontrés autrement, si, par exemple, il avait prêté plus d’attention à Lélio ce jour-là, avant la Révélation, s’ils avaient été amenés à collaborer ensemble, si Tomas avait perçu en lui quelque chose qui faisait vibrer son âme… Il n’aurait rien fait. Par respect pour Alice. Sans doute aussi qu’il aurait été torturé par cette envie de l’avoir aussi, sans doute qu’il se serait posé beaucoup de questions. Mais ce bel italien plein de charmes n’aurait fini par n’être qu’une possibilité qu’il n’aurait jamais effleuré.

Il ne veut pas vraiment oublié non plus. Ce qu’il reste de lui de purement humain voudrait, mais c’est une infime partie de lui. Lélio ne peut pas juste être son amant, ou son compagnon ou peu importe le terme qu’ils se choisissent. Il doit être son amour distique. Il le sait, même sans l’embrasser, seulement à la façon qu’il a de se frotter contre lui comme l’indécent qu’il est.

Il gronde, quand bien même quelques secondes auparavant, il se laissait docilement pousser contre le matelas. Tous les mots que prononce l’italien, il les a pensé, ou presque. Dans sa bouche, il y a toutes les mauvaises raisons de le marquer, toutes celles qui vont pousser au désastre. Oui, il voit toutes ces raisons qui justifient d’appeler ce geste une erreur monumentale.

Il voit aussi toutes celles qui lui feraient dire que c’était la meilleure idée de sa vie.

Lélio a toujours été ce paradoxe pour lui, et sans doute que lui a toujours été ce paradoxe pour le cambion aussi. A la fois la pire et la meilleure chose.

Mais Tomas est trop occupé par ses lèvres ensanglantées pour vraiment se soucier d’une réponse. Entre le baiser, loin d’être chaste, le sang teinté de Dis, l’Ardeur palpite au creux de son ventre.

Il le repousse pourtant. Le souffle de son cambion le brûle, il est court, aussi. Lui crève pourtant d’envie de l’embrasser encore, tout en suçotant ses lèvres, en les mordillant pour agrandir les plaies, mais Lélio est vivant, il a besoin de respirer, de temps en temps. Et quand il le repousse, il le fait d’une main sur la gorge. Il ne serre pas assez pour l’empêcher de respirer, mais assez pour qu’il sente la pression de ses doigts.

Nous ne le ferons pas ce soir”. D’une pression autoritaire du pouce, il l’oblige à plonger ses yeux noirs dans les siens. “Pas ce soir… parce que je ne te l’ai pas demandé dans les règles. Tu mérites mieux qu’une envie balancer comme ça mon amour distique. Et surtout… J’ai besoin que tu y réfléchisses. C’est trop beau mon amour, trop  beau pour le faire sur un coup de tête”.

Il cherche ses lèvres, les embrasse avec un peu trop d’insistance, pour le plaisir de faire couler le sang et de pouvoir le sucer en même temps. Quand il reprend la parole, sa voix est descendu d’une octave, il parle à mi-voix, les doigts toujours pressés contre sa gorge, et surtout, contre sa carotide palpitante.

Ce soir-là… oh, tu étais sublime mon Lélio, mon cambion… Tout en morgue, tout en arrogance… Tu venais de me prendre quelque chose, tu le savais et tu voulais me défier. Sentir tes os craquer… sentir ton sang… l’odeur de ton sang m’a rendu fou, pas seulement pour Dis. Je n’avais jamais senti le sang d’un cambion de la Colère. C’est ça qui m’a fait te vouloir encore plus, ça, en plus de tout le reste, ça, et la façon dont l’Ardeur réagissait. Tu souffrais et tu me tentais tout à la fois...

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    13.06.18 20:02

Je pousse un gémissement plaintif. Je ne suis pas d’accord mais je n’ai pas le temps de vraiment le lui dire. Rapidement, comme s’il sentait monter mes protestations, Tomas me raconte comment il a vécu notre première fois. Il avoue enfin la réalité de ses pulsions et ça me rend complètement dingue. Je souris, comme s’il rappelait une belle histoire alors que j’ai failli en crever.
Sans Augustin, je serais mort.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    14.06.18 20:51


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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    15.06.18 10:28


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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    15.06.18 19:14


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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    16.06.18 19:36



Haletant, le rythme cardiaque beaucoup trop rapide, la gorge sèche, le corps tremblant. Je m’écroule dans les draps, partagé entre l’envie de fermer les yeux pour dormir –ou perdre connaissance- et celle de sortir, loin, de prendre l’air.

Je me rappelle tout à l’heure, son regard face à mon hypnose, sa fuite aussi face à ces problèmes. Notre instant de folie, sa confession quant aux marques… Et là je trouve la force de me tirer de ce foutu matelas, de me lever. Il essaie de parler mais je lève une main dans sa direction, pour qu’il se taise.
C’est trop tard, maintenant.
Je retourne dans la salle de bain et je ferme la porte à clé derrière moi. Je sais que c’est stupide, parce que je ne vis pas ici, pas vraiment, et qu’en plus il la défoncerait d’une pichenette. Mais je sais aussi que Tomas est beaucoup trop respectueux quand rien ne lui embrouille l’esprit, pour s’y abaisser.

Je passe sous la douche, j’en ai besoin. Je suis poisseux de foutre et de transpiration, probablement déshydraté aussi. J’entrouvre les lèvres pour boire un peu, même si l’eau est chaude et qu’elle a un arrière-goût de calcaire. Je grimace au moment de passer ma main sur ma queue, histoire de la nettoyer. J’ai mal mais ça passera.
Ça passe toujours.

Faut que je sorte, mais j’ignore quoi lui dire.
Au bout d’une éternité, je coupe la douche et m’essuie superficiellement. J’enroule la serviette autour de ma taille puis je me rappelle que j’ai des fringues ici, vu que j’allais m’habiller tout à l’heure. Alors j’enfile un vrai pantalon même si j’ai pas de caleçon –et là pour le coup je le regrette, une vraie blouse. Mes cheveux ramenés en arrière sur mon crâne, mes mèches gouttent dans ma nuque mais je m’en moque.
J’ai même des chaussettes dans un tiroir, miracle.

Quand je rouvre finalement la porte, je m’attends à ce qu’il soit parti.
Au fond, je l’espère presque, parce que je ne saurai pas quoi lui dire.
Et d’un autre côté, je crois que je paniquerai, qu’il fasse une connerie.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    17.06.18 22:17



Évidemment. Il n’a rien avalé depuis un petit-déjeuner pris sur le pouce il y a une journée entière. Lui, en revanche, s’est nourri abondamment. Alors quand il ouvre la bouche, c’est autant pour lui demander comment il se sent que pour lui proposer d’aller chercher son petit-déjeuner, mais Lélio l’interrompt d’un geste de la main.

Tomas le regarde se lever mais ne cherche pas à l’arrêter, ni même à se glisser dans sa salle de bain à la suite. La suite lui donne raison puisque la serrure cliquette derrière lui, juste avant que l’eau ne se mette à couler. Le vampire se redresse. Pendant l’Ardeur… il perd pied, il ne voit plus rien d’autre que lui. D’une certaine façon, il suppose que c’est la même chose pour Lélio. Mais l’après…

Le pire reste l’après. Cet après-là est l’un des pires. Parce qu’il réalise qu’il a laissé l’Ardeur parler quand ce n’était pas le moment, quand il aurait pu la retenir.

Comment a-t-il pu louper qu’il s’hypnotisait lui-même? La réponse facile serait de dire qu’il a semble-t-il toujours pris soin de le faire avant son réveil, contre lequel il ne peut pas lutter… mais il aurait dû le percevoir, réaliser que ce n’était pas juste qu’il essayait d’être fort pour deux. De toute façon, il n’aurait jamais dû le laisser être fort pour deux aussi longtemps. Qu’il ne craque pas plus tôt aurait dû soulever des doutes.

A défaut de pouvoir et de vouloir le déranger dans sa bulle, Tomas se concentre sur son rythme cardiaque. L’eau chaude semble l’avoir apaisé, il bat moins frénétiquement. Même s’il ne va pas bien. Il se lève enfin et quitte ses vêtements en lambeaux pour d’autres tirés de l’armoire. Il n’est pas très propre, couvert d’une pellicule de sueur qui n’est pas la sienne, mais cela suffira, il ne compte pas sortir. Le temps qu’il passe un pantalon et un t-shirt, l’eau s’est arrêtée.

Est-ce qu’il a envie que la porte s’ouvre? Plus important encore. Est-ce que Lélio a envie qu’il soit là quand il le fera? La porte s’ouvre avant qu’il n’ait fait un geste pour sortir. Il reste là où il est, près de l’armoire, presque à l’opposé de la porte. Il ne fait pas un pas dans sa direction, pas un geste non plus. Enfin si, il fait un geste dans sa direction. Cette fois, c’est à son tour de lever la main pour l’inciter au silence.

Je n’aime pas l’idée que tu utilises ton pouvoir tous les jours pour tenir le coup. Une partie de moi, celle qui est lâche, celle qui s’est exprimée tout à l’heure, préférerait te laisser faire, mais ça n’est pas réel. Ca n’est pas… te rendre service. Même si je comprends pourquoi tu le fais. Je comprends… le confort de l’illusion face à la dureté de la réalité. Face à… face à toutes ces pertes”. Dont une bonne partie, en tout cas pour les plus récentes, lui reviennent. Il essaie d’ignorer ça, de l’enfouir profondément. Il gérera ça plus tard, seul. L’important, c’est Lélio. “Je vais bien. Je… j’en suis presque le premier étonné, de… de réussir à fonctionner aussi bien, aussi peu de temps après que… Mais je vais bien. Je ne vais pas me tuer, je ne vais pas me faire du mal, je vais… je vais bien. Je vais bien, parce que tu as pris soin de moi. Elle me manque, elle me manquera toujours, mais elle n’est plus là. Elle… elle est partie, elle est morte”. Cela lui fait bizarre de dire ses mots, en même temps que cela lui fait un bien fou. Elle est morte. Il est temps qu’il apprenne à se dire ces mots à voix haute. “Elle est morte, mais toi non. Toi, tu es vivant et tu as assez pris soin de moi. Il est temps que les rôles s’inversent, il est temps que ce soit moi qui prenne soin de toi, peu importe la forme que ça doit prendre. Que tu aies besoin de crier, de hurler, de frapper, que tu aies besoin d’un shoot de colère, peu importe. Je serais là”.

Aussi longtemps que tu voudras de moi promet intérieurement Tomas. Même si tu ne veux plus de moi, d’une certaine manière.

Tu n’es pas un lot de consolation. Je te le répéterais tous les jours s’il le faut, jusqu’à ce que cela s’imprime dans ton crâne dur d’italien. Tu n’es pas un lot de consolation et j’étais sérieux, pour la marque. Je serais honoré que tu l’acceptes mais tout à l’heure… ce n’était pas le moment, pas quand il y a l’Ardeur. Si cela se fait, ce doit être un moment pour toi et moi et je ne te parle pas d’une… d’une demande formelle avec genou à terre. Ce n’est pas nous ça. Si ça doit arriver… Ce sera… ce sera notre moment”.

Il est toujours concentré sur les sons de son coeur. Battement de coeur, respiration, gargouillis d’estomac au supplice. Il ne lui a rien cassé - miracle ! - mais le cambion fait peur à voir.

Je serais dans le petit salon. Si… si tu as envie de ma compagnie, j’en serais ravi. Si tu ne la veux pas, je ne m’en offusquerais pas, je n’en profiterais pas non plus pour me faire du mal. Tu m’as donné des semaines de ta vie, tu as le droit de t’accorder la même chose”.

Il bouge enfin, pour se diriger droit vers la porte, sans détour pour l’embrasser, même s’il en crève d’envie. Il s’arrête tout de même sur le pas de la porte et se retourne.

Ne le fais pas demain. Ne t’hypnotise pas. Essayons?

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    18.06.18 8:03

Il est là, évidemment.
C’est trop tard ! J’ai envie de le lui cracher au visage, mais il ne m’en laisse pas l’occasion. J’aurai dû lui mordre la main, lui cracher dessus, m’en aller quand même. Pourtant, je l’écoute. Peut-être parce qu’une faiblesse me prend, que mon crâne bourdonne, que ma gorge reste sèche ou que mon estomac est si tordu par la faim que je ressens le creux en moi, le vide.

Il veut prendre soin de moi, affirme que ça va. Je lui retourne un regard éloquent. Non, il ne va « pas bien ». La nuit dernière, c’était une exception mais Tomas n’est pas stable depuis le suicide d’Alice. Un jour, il sourit, il plaisante, il est câlin et il aime. Le lendemain, il suffit d’une contrariété pour qu’il s’écroule, soit en larmes, soit en rage, cycle immuable. Il croit aller bien, mais il se ment autant que je me mens.

Il reparle de la marque, mes lèvres se pincent. J’ai envie de lui dire d’aller se faire foutre, qu’il peut toujours espérer mais que jamais je ne l’accepterai, même si une partie de moi en a envie juste pour le côté expérience morbide. Il me met mal à l’aise, m’oblige à penser à certaines choses que je préfère ignorer. J’ai envie de me casser.

Moi, j’ai pas le luxe de semaines, je rétorque finalement.

Je n’arrive pas à savoir si j’ai craché cette phrase ou si c’était juste dans ma tête. Je le regarde avec une forme de rancune. Trois ou quatre jours peut-être, avant que l'Ardeur ne revienne me hanter, ne me ramène ici à genoux, parce que le seul vrai désir que je ressens depuis des mois, c'est pour lui. Et que je ne veux pas nourrir cette malédiction avec un autre. Je ne veux plus jamais qu'on me touche. Jamais.
Sauf lui. Parce qu'il est marqué dans ma chair.

Tu veux que je ne m’hypnotise pas demain ? Parfait. Parfait, je ne le ferai pas. On verra combien de temps tu mettras à me supplier de recommencer.

Je passe à côté de lui pour sortir, je le bouscule même. Je ne sais pas d’où me vient cette brusque colère ni cette envie de lui faire manger le chambranle jusqu’à ce qu’il se pète toutes les dents. Il y a encore une heure, je jouissais dans ses bras et je l’aimais. Là… Là je sens Dis qui tourne en moi, comme si ma colère jalousait l’attention portée à l’Ardeur. Ou, plus probablement, comme si j’avais trop intériorisé et que sa pseudo gentillesse, sa pseudo conciliation, menaçaient de réduire à néant ma carapace soigneusement élaborée.

Mâchoires serrées, je pénètre dans la cuisine et Nora s’y trouve. Je désespère déjà, mais la cuisinière a un sixième sens pour détecter les moments où elle ne devrait pas être là et s’éclipse après avoir babillé des « oh bonjour comment allez vous ce soir c’est incroyable ce qu’il a fait beau y’aura encore du soleil pendant une heure ou deux et… » sans obtenir la moindre réponse, si ce n’est un regard d’avertissement. Et ça n’a pas dû lui plaire, parce que le café n’est pas dans ma tasse.

Nourrir ma faim physique, ça aide un peu. J’essaie de ne pas manger trop vite, je grimace quand les premières bouchées de croissant tombent sur mon estomac. Je bois une tasse de café puis une seconde, mon corps tremble presque sous l’afflux de trop d’adrénaline.
Je sors dans le jardin.
Et du jardin, dans la rue.
Évidemment, les gardes du corps sont au taquet. Ils ont des ordres, de la part de Louis. Et ils ont dû recevoir un sacré sermon hier soir. J’en ai deux qui me collent aux basques et je passe une demi-heure à essayer de les semer. Sauf qu’il y a au moins un sorcier dans le lot alors je peux toujours me démener. Je reprends la direction de la rue du bac, de plus en plus furieux. Je leur ai gueulé dessus, bien entendu, mais ils n’ont pas bougé d’un pouce. Figés comme des saletés de statues, à attendre que bébé Lélio finisse sa crise, ce qui n’a rien arrangé. Mes pas me ramènent jusque dans le petit salon. Je ne sais pas si Tomas y est encore, je le sens confusément.
Les gardes m’ont enfin lâché.
J’ouvre la porte tellement violemment qu’elle heurte le mur derrière elle.

Tu vas dire à ton putain d’infant de me lâcher le cul avec sa garde rapprochée j’en veux pas, t’entends ? J’en veux pas, je veux être TOUT SEUL sans personne !

Sans témoins.
Je reconnais les signes, les prémisses. Augustin aurait compris, lui.
Alors c’est vrai, j’ai le numéro de Louis, j’aurai pu l’appeler moi-même, mais je me rappelle encore ses mots d’hier soir et je me rends compte que si je le croise, c’est sur lui que je vais me défouler et y’a encore une minuscule partie de moi qui sait que ce serait une mauvaise idée, pas après le chemin parcouru depuis le suicide d’Alice.

T’as dit que je pouvais les reprendre, mes semaines, mais je ne peux pas s’ils sont là. Alors tu leur dis de dégager, ils dégagent MAINTENANT t’entends ?! Tout de suite ! Eux tous, tous, eux, sinon je te jure, je les descends !

Plus probablement, je me jette dessus comme un enragé, comme je suis à deux doigts de le faire avec Tomas qui lit un livre. Un putain de livre ! J’hallucine. Je le lui arrache des mains et le jette dans un coin et finis par lui attraper l’avant de son t-shirt.

Donne l’ordre, donne le, DONNE LE !

Je le lâche aussi vite que je l’ai agrippé, conscient que même si ça me démange, je ne dois pas déverser la colère qui noircit mes yeux sur lui. Pourtant, c’est de sa faute, sa seule et unique foutue putain de faute mais…
Mais…
Mais quoi ?
Je secoue la tête plusieurs fois, comme pour chasser un moustique tenace, puis je tourne les talons. Sortir, je dois sortir.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    18.06.18 23:07

C’est vrai. Il ne tiendra pas des semaines loin de lui, pas quand l’Ardeur commence à le rendre fou au bout de… quoi? A peine une semaine? Au mieux… Lélio devra revenir vers lui une fois par semaine. Au mieux. S’il choisit de s’isoler, en tout cas. Dans le cas contraire, Tomas se pliera à ses volontés. Il se refuse à faire les mêmes erreurs qu’avec Alice, et pourtant, il s’y engage dangereusement.

Il ne répond rien à ses remarques cinglantes, surtout à la dernière, parce que c’est inutile. Lélio est déjà parti et il ne croirait sans doute pas ses paroles. Ce n’est pas grave. Il le lui prouvera demain. Qu’importe à quel point la nuit sera dure, qu’importe la quantité de larmes, les cris ou la rage. Il sera là et restera là. Quoiqu’il lui en coûte. Son cambion a passé des semaines à tout intérioriser pour lui. Il peut bien tenir une nuit. Et quand il aura passé cette nuit, il pourra bien en tenir une autre. En cela, l’italien sous-estime sa tenacité.

En attendant, il le laisse partir, car tous ses sens vampiriques lui indiquent qu’il est furieux. Le coeur palpitant, l’odeur piquante, sans parler de l’expression, fermée.

Pour cette fois, Tomas ne croit pas se tromper quand il se dit que Lélio ne veut pas le voir, pas tout de suite en tout cas. Même si ce n’est pas une semaine, une nuit pourrait lui faire du bien. Il quitte sa chambre, mais après quelques minutes seulement, comme une façon de lui laisser le temps d’atteindre la cuisine avant qu’il ne rejoigne le petit salon.

Il aimerait dire qu’il ignore ses signes vitaux… mais ça, ça n’est pas le cas. Il y a quelque chose de rassurant, dans ses battements de coeur, même s’ils sont empreints de colère. Lui aussi à peur, que Lélio fasse une bêtise, qu’à force d’intérioriser, il craque de manière irrémédiable, qu’il prenne le shoot de colère de trop, qu’il fasse la crise d’Ardeur de trop.

Alors même s’il prend un livre, il ne le lit pas, pas vraiment. Souvent, il relit les mêmes phrases, sans le réaliser et quand il tourne les pages, c’est plus par automatisme que par nécessité. Il lui faut une demi-heure pour atteindre la page dix, bien qu’il serait incapable de résumer le début de l’histoire à qui que ce soit. Ni même, simplement, de donner le nom du personnage principal.

Il relève le menton une seconde avant que Lélio ne déboule en faisant violemment claquer la porte. Il est dans un état encore pire que tout à l’heure, en partant. Deux gardes sont justement à la porte, il imagine qu’il s’agit justement de ceux que Lélio tient à chasser, il les empêche de franchir le pas de la porte d’un geste de la main, juste avant de se faire arracher son livre des mains.

Et dans le fond de ses yeux, il voit Dis.

Il sait ce qui va se passer. Pas dans le détail, mais il l’imagine.

Dehors”.

L’ordre claque, sec. Il s’adresse aux deux mousquetaires. Techniquement, Tomas n’est pas leur capitaine, mais les mots ont été dits avec l’intonation qu’il fallait et leur a fait oublié ce détail. L’un d’eux s'exécute, le deuxième suit. Sans aucune hésitation, Tomas s’avance vers lui et le rattrape avant qu’il n’ait atteint la sortie du petit salon.

Salle d’entraînement. Tu peux t’enfermer, tu peux hurler, crier, frapper, mordre, déchirer. Personne ne nous pourra nous y déranger”. Il ne le touche pas, ne pense pas que ce soit une bonne idée, à ce stade, tant il palpite. “Tu prends l’Ardeur, je prendrais la Colère”.  

Le ton est ferme, il ne flanche pas face à son regard noir et lui indique même le chemin de la salle en question d'un signe de tête. A moins qu'il ne choisisse de faire sa crise ailleurs, mais là... Tomas ne pourra pas le suivre. Pas avec le crépuscule encore aussi loin.

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MessageSujet: Re: Keep going - Lélio    Hier à 15:18

Il ne me touche pas mais se plante devant moi pour m’empêcher de sortir. Je gronde de rage, pour peu, je lui montre les dents. Il reste calme, beaucoup trop, et me montre le chemin de la salle. Je ne bouge pas, poings serrés.

Non. Non. Pas là.

Pas là où j’ai perdu Augustin.
Parce que c’est dans cette pièce que tout est arrivé la première fois. Dans cette pièce que mon aëlhim a craqué, agressé le vampire et manqué de le tuer. Dans cette pièce, que la situation a pris un tour incontrôlable. Oui, dans cette pièce… Je ne veux pas y aller, même si le sang a été nettoyé. Je ne veux pas y aller. Jamais.

Pas là.

Où alors ?
Je me jette sur lui et pas pour l’embrasser. Son dos heurte le mur, parce qu’il se laisse faire. Concrètement, à n’importe quel moment, il peut me balancer à l’autre bout de la pièce, d’une simple pichenette. Ou m’arracher la tête, le cœur, peu importe. Il n’a rien d’une victime sans défense mais j’essaie quand même de retenir mon poing. J’ignore pour quelle raison précisément.

C’est pas juste le Marquis, un inconnu ou un connard. C’est Tomas. Et Lélio aime Tomas.

Un cri m’échappe, mes phalanges heurtent sa chair. Je frappe tellement fort que je me fais mal, mais lui, à peine une marque qui disparaît en un claquement de doigt. Enragé, je recommence, mais ça n’apporte rien. J’ai conscience d’à quel point c’est vain, simplement je ne peux pas m’en empêcher. Je dois continuer, enchaîner, attraper n’importe quoi. Frapper, frapper, mutiler, tuer, je voudrai tant avoir une lame ou un flingue, pas en argent, non, juste… Juste arracher des lambeaux de chair morte.

Soudain, le frapper m’est intolérable. Presque aussitôt, je veux recommencer. Je recule, bute contre un meuble. Une lampe tombe. J’attrape la table légère et elle vole à travers la pièce, s’écrase contre un mur et vole en morceaux. Un nouveau cri.

PAS LA PAS LA PAS LA PAS LA PAS LA PAS LA !

Je jette tout ce qui me passe sous la main et que je suis capable de soulever. Mon cerveau semble opérer une sélection préalable, à moins que la décharge d’adrénaline ne me donne des ailes. Et tout ce qui est jeté n’a qu’une seule cible : le vampire trop stoïque.
Mes doigts se referment finalement sur une bouteille. J’ignore ce qu’elle contient, d’où elle sort. Elle se brise contre le fauteuil où il était assis et termine sa course dans la chair tendre de son ventre immortel. Un sourire dément éclaire ma face.

Tu saignes, tu saignes, c’est mon sang que tu saignes. T’as plus de tripes, plus rien, plus rien, ça fait mal ? Dis que ça fait mal, c’est mon sang que tu saignes, putain.

Mots fiévreux. J’arrache le tesson, l’enfonce à nouveau. Je ne vais pas le tuer avec ça, je ne sais même pas s’il souffre ou si ça le chatouille à peine. Je m’en moque, je continue, sans me rendre compte que je saigne aussi.

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