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 « Rédemption » ft. Azalaïs

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Augustin de Roisnier
Aëlhim ☼ Staff

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✠ Je suis : Un ancien inspecteur de l'ULCM ♦ Un renégat en fuite ♦ Le fils de Kaliel ♦ Un chasseur d'Héloïse
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MessageSujet: « Rédemption » ft. Azalaïs    14.05.18 10:43



(@Azalaïs Lanhy & Augustin de Roisnier)


J’ai même pas appris la nouvelle à la télévision.
C’est en draguant une fille que je comptais bien me taper dans la ruelle adjacente au bar, que je l’ai su. Quoi, t’es pas au courant ? Non mais tu vis sur une autre planète ou quoi ? La marquée du Chambellan est morte ! T’as pas vu la conférence de presse tout à l’heure ? Franchement, le pauvre, je le plains, mais y’a des rumeurs sur le Parys Déchaîné, je le lis en ligne, comme quoi ce ne sont pas les républicains qui l’ont tuée, mais qu’elle se serait suicidée.
J’espère qu’un jour, ça te désespèrera assez pour que tu te tues.
Ce sont les derniers mots que je lui ai dit.
Putain…
… de merde.

Je dois rentrer.
Tout de suite.

C’est ce que je me suis dit, ouais.
Le temps de revenir, j’avais imaginé tous les scénarii possibles. Je ne pensais qu’à Lélio, à sa réaction, au mal qu’il ressentait probablement. Sa tristesse, sa douleur, je voulais le serrer dans mes bras, l’aider, tant pis pour le passé, tant pis pour l’avenir. Juste être là pour lui.
Rue du Bac. Des centaines de journalistes se pressent devant la porte. Je les entends discuter.
Putain, ça me fait chier d’être coincé là alors qu’on sait bien qu’il y est pas ! Mais mon patron veut rien entendre. Il veut des images exclusives du Marquis sauf qu’il s’est barré à Castlemore avec son giton depuis hier soir.
Et Dis s’ouvre sous mes pieds.
Putain, je me sens con.

J’erre une éternité dans les rues de Parys et je finis par remonter à mon appartement. Une pile phénoménale de courrier m’attend dans ma boîte aux lettres, que je récupère machinalement. Je la balance sur la table, tout s’étale et une feuille de papier tombe, plus légère que le reste. Je me penche pour la ramasser.
Merci de m’avoir donné le courage qu’il me manquait.
Je me fige.
Puis je froisse le bout de papier entre mes doigts, dévoré par la culpabilité.

J’ai jamais été un connard. Peut-être un fils de pute, au sens strict du terme, mais pas un salaud qui cherche à faire du mal. Peu importe à quel point je la détestais pour m’avoir volé Lélio, je ne souhaitais pas vraiment qu’elle meurt. Je lui ai balancé ça sous le coup de la colère, de la rage, pas pour qu’elle se plante vraiment.
Tu sais que si, et t’aime l’idée que ce soit ta faute. C’est normal, je suis fier de toi moi aussi.
Je tombe à genoux.
Je pleure.

Putain, tu comprends vraiment rien de rien de…

Et je reste prostré là, à la frontière entre deux mondes.
J’oscille une éternité, à essayer de repousser cette voix, ces sensations, cette rage, cette frustration. Alice, morte parce que j’ai pas su la fermer. Lélio, en vacances avec sa nouvelle moitié. Héloïse, que j’ai failli tuer alors qu’elle cherchait seulement à m’aider. À chaque fois, la voix trouve quelque chose à répondre : une petite pute qui ne sait pas ce qu’elle veut. Un minable cambion taré et destructeur. Une salope, une menteuse hypocrite qui ne voit que son profit.
Je n’en peux plus.

Notre-Dame, encore.
Cette fois, j’entre dans l’édifice et je m’assois sur le dernier banc, dans le fond. Mon aura vacille, mon corps tremble, mais je me dis qu’ici, la voix partira. Et c’est vrai que je l’entends moins fort, que je me sens un peu moins mal. La tête entre les mains, j’attends. J’attends des heures, une éternité, ou peut-être quelques minutes seulement. Puis je sens son aura et j’ai envie de recommencer à pleurer.

Je lève les yeux vers elle.
Ils sont rouges, le bleu disparait.

Sauve-moi… Sauve-moi… Je ferai tout ce qu’il faut, tout, mais je chute, je sens que je chute, j’entends Dis de ma tête, j’ai peur… j’ai peur. Je ne veux pas y aller. Empêche-moi d’y aller, je murmure, suppliant. Aide-moi, s’il te plait… Maman…



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Azalaïs Lanhy
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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    14.05.18 13:33

Je ne sais même pas par quel miracle je me trouve systématiquement dans Notre-Dame lorsque mon épine dans le pied préférée s’y aventure pour venir pleurer dans mes bras. Je suis en train de parler avec le Cardinal quand une aura trop reconnaissable pour moi se frotte à la lisière de mes perceptions.

— Votre Grâce…

Le nez levé vers le plafond par réflexe, les poings soudain crispés et mon pouvoir qui émane de moi – perte de contrôle inacceptable – je baisse un regard froid vers mon interlocuteur.

— Nous pouvons remettre ça à plus tard, dit-il aussitôt d’un ton prudent.

J’acquiesce d’un geste sec et quitte la pièce. Ma malédiction qui pointe le bout de son nez, condamnée à toujours dissimuler les traces de la honte qui m’afflige, en la personne d’un enfant que j’aime un peu trop, malgré moi.
Cordélia n’a jamais compris. Je suis certaine que si je lui demandais de l’effacer de la planète, elle s’y emploierait avec beaucoup d’entrain. Et échouerait peut-être bien. Malgré le soin tout particulier que j’ai pris à la former, elle… Tout comme Augustin, avant de disparaître. Si mon devoir ne m’avait pas appelée ailleurs, nous n’en serions peut-être pas là.
Je ne serais pas en train de contempler son aura en vrac, je ne serais pas obligée de combattre l’envie dévorante que j’ai de lui broyer le cœur et de brûler son corps. Je me rapproche d’un pas léger comme il m’appelle, regard d’argent là où le sien se teinte d’un rouge trop vif. Je le surplombe, assis comme il l’est. Je caresse sa joue, presque malgré moi, sans faire attention à la brûlure qui saisit la pulpe de mes doigts. Détails.

Pour quoi faire, petit ange ? Combien de fois vais-je devoir te sauver avant que tu ne retombes dans les mêmes travers, encore et encore ? Ne t’avais-je pas donné mes conditions ? Mais non, tu as préféré fuir après avoir détruit toutes tes chances de te rapprocher de ton foutu cambion, tu as reculé. Encore. Croyais-tu vraiment que je te laisserais partir sans même te surveiller, au vu de ton état ? Quelle ne fût pas ma surprise quand ta sœur m’a rapportée que tu avais continué ta marche dévastatrice avec la petite rouquine du Marquis.

Je le lâche et m’assois sur le dossier du banc du rang suivant, juste en face de l’angelot. Les mots sont durs, le ton glacé, tandis que j’énonce ma litanie de constats, comme autant de sentences qui pèsent sur son âme.

Et maintenant, la gamine s’est envoyée elle-même chez nos ennemis, et je me retrouve accusée d’un meurtre qu’aucun de nous n’a commis. As-tu idée d’à quel point je déteste voir mes efforts ruinés en une demi-seconde ? Des mois à sauver la veuve et l’orphelin, des mois à évacuer les lieux que nous visions avant de les détruire, des mois à construire une réputation qui plaise au peuple, gâchés en un claquement de doigts, par la grâce de Sa Majesté des Quenottes.

Je soupire et mes yeux se ferment d’eux-mêmes. Pendant que je parle, je sonde, je trie ce qui est corrompu de ce qui ne l’est pas, dans son âme, son cœur et son corps. Quel gâchis. Tic, tac, le temps tourne, et dans le cas de mon rejeton, le dernier grain de sable tombera bientôt.

Alors quoi ? Je te ramène une fois encore pour mieux te regarder te détruire, petit ange ? Est-ce vraiment cela que tu veux ?

Mon pouvoir fuit par tous les pores de ma peau, tandis que je nous isole du reste de la cathédrale par des boucliers solides.

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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    14.05.18 17:33



(@Azalaïs Lanhy & Augustin de Roisnier)


Je frotte ma joue sur sa paume, profite du contact qui me brûle délicieusement. Je sais que ça ne durera pas et effectivement, les reproches arrivent, nombreux. C’est vrai que rien ne s’est déroulé comme prévu. J’ai essayé, pourtant, et j’ai envie de me justifier, envie qu’elle comprenne que ce n’était pas de ma faute. Pourtant, elle comme moi, nous détestons ça.

Non, je murmure. Cette fois, je reviens sans repartir.

Et je geins doucement, parce que je sens son pouvoir s’échapper, me toucher, même s’il m’effleure seulement. Je tremble, grimace, comme le début d’une mauvaise grippe. Enfin, je n’ai jamais eu la grippe, mais de ce que je sais, ça y ressemble.

Lélio… Ne veut pas de moi. Il ne veut plus. J’étais décidé à faire ce qu’il faut mais il n’est même pas venu me voir… Après. Il est resté avec son vampire, il se foutait de savoir si j’allais bien, si personne ne m’avait arraché la tête. Ça m’a fait mal. Mais elle… Elle, elle s’est pointée, elle voulait que je lui fasse mal. J’ai refusé, je lui ai hurlé dessus, je l’ai insultée, et… Et regarde…

De mon poing tremblant, je sors le morceau de papier chiffonné pour le lui montrer. Cette unique phrase tracée à la plume.

Je lui ai dit de se suicider, si elle avait encore un peu de respect pour elle-même. J’ai trouvé ça dans ma boîte aux lettres en revenant. Quand… Quand j’ai appris sa mort, j’étais en Bretagne, je suis revenu pour Lélio, parce que… Parce qu’il allait avoir besoin de moi, hein ? je demande d’une voix pitoyable. Sauf qu’il est plus là. Il est parti, avec son vampire, à Castlemore.

Mes cordes vocales se brisent.

Tu peux pas comprendre… Ce lien, avec un prêtre. Je sais qu’il devait pas l’être mais… Mais j’ai l’impression qu’on m’arrache le cœur, l’âme, qu’on les massacre, qu’on les déchire, pour les réduire en bouillie. Ça me met tellement en colère, et quand j’essaie d’évacuer, je sombre. Y’a cette voix, une voix… J’entends une voix, putain, je suis complètement fou non ? Elle me dit que j’agis convenablement, que je dois continuer, qu’il est fier, fier ! J’y comprends rien… Je crois que Dis me parle, mais c’est pas possible, et j’ai peur, j’ai peur, j’ai mal, pourquoi j’arrive pas à ne rien ressentir comme toi ? Je lui ai tout donné, à ce cambion, et il s’en tape maintenant qu’il a son vampire, sa moitié de Dis. J’ai même pas réussi à le protéger de lui-même. Je suis un minable, un minable sur le point de chuter et je ne veux pas chuter. Je sais que t’es en colère, mais je te l’ai dit, je ferai ce que tu veux. Pour le Concilium, pour l’Assemblée, pour tout. Je veux me purger, arrêter les excès, redevenir bon, revenir à Elhà, me laisse pas aller à Dis.

Enfant en plein caprice, terrorisé par la perspective des ombres. Je les sens, elles sont là, paraissent s’agiter autour du dôme de pouvoir constitué autour de nos deux silhouettes.
J’hallucine, probablement.



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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    14.05.18 21:42

Revenir, pour rester. Ah petit ange, j’aimerais pouvoir te croire sans preuves, j’aimerais penser que tu es sincère, cette fois. Mais comment faire, quand tout pointe dans la direction inverse.
Je l’écoute dans un silence de mort.
Son cambion parti avec le vampire. Quelle surprise.
La gamine qui vient le voir. Ça, pour le coup, c’est étrange, mais soit.
Augustin qui lui hurle des horreurs à la figure. Prévisible.
Puis il me donne le morceau de papier. Je le fixe sans comprendre, au départ. Puis il continue et je réalise que je tiens les derniers mots d’Alice Delaunay pour lui. Ah, petite idiote. Se rendait-elle compte que la culpabilité saisirait leur destinataire ? Si oui, c’est effectivement une égoïste. Si non, elle pensait sans doute bien faire.
Dans un cas comme dans l’autre, le résultat est là.
Et l’aëlhim continue de cracher sa peine et ses peurs. Quand il se tait, je le regarde encore un peu sans mot dire. Et quand je reprends la parole, c’est au départ avec une voix teintée d’une douce ironie.

Je croyais que c’était le cambion, qui avait un pouvoir de suggestion, pas toi. Visiblement, tu as fait forte impression à la rouquine. Enfin, je ne suis pas assez bête pour cracher sur l’opportunité que ça représente.

Un sourire s’invite sur mes lèvres.

Je suppose que je devrais te remercier pour ça, j’ajoute d’un ton venimeux.

Et puis, comme elle est venue, ma colère s’évanouit. Je soupire, m’installe à côté de lui et l’attire contre moi.

Oublie ça, petit ange. La première chose à faire pour que tu cesses de plonger, c’est te débarrasser du souvenir de ce cambion. Il t’a aidé un temps, mais il ne reviendra pas. Et c’est grâce à cela que tu ne déchoiras pas.

Comme une promesse que je lui fais, doucement susurrée.

Oublie-le. Oublie la culpabilité que tu ressens. Pour tes échecs envers lui, pour la mort de cette gamine – au pire, si tu veux vraiment en prendre la responsabilité, tu lui as sans doute épargné bien pire souffrance, mais crois-moi quand je te dis que tu n’y es pour rien. Les humains sont comme ça, parfois.

Je hausse les épaules. Tout le monde ne peut pas se battre jusqu’au bout.

Prends tes distances avec ces émotions qui te parasitent. La colère est pour toi le premier pas vers les abysses. C’est quand tu enrages que tu sombres, petit ange. Tu dois apprendre à maîtriser ces penchants comme le reste. Apprendre à vivre sans ce traître de cambion.

Et j’ose espérer qu’étant au moins la moitié de moi, un peu de mon sang-froid survit quelque part dans sa tête de linotte. Je laisse mon pouvoir prendre un peu plus d’ampleur, maintenant que nous sommes coupés du reste. S’enrouler autour d’Augustin, pour chasser un peu de Dis qui s’attarde. Il y a des rituels, pour purifier, mais fonctionneraient-ils convenablement ? Probablement un temps, pas plus. En même temps que je lui parle, que je distille dans chaque mot ce don qui ferait de n’importe qui le plus courageux des hommes.

Si tu restes… Si tu es prêt à faire les efforts nécessaires, je ne te laisserais pas tomber. Je te l’ai prouvé, moi, n’est-il pas ? J’ai été là malgré tes errances, j’ai été là malgré la soif que tu avais de mon sang, j’ai été là et je t’avais prévenue avant que cette histoire ne devienne aussi ridicule… J’ai fait mes preuves, petit ange. A toi maintenant de faire les tiennes pour ce jour, et tous ceux à venir.

Une pause. Je cherche ses yeux rougis par l'ennemi sans dissimuler la haine instinctive que cela m'inspire.

Mais cette fois, si tu acceptes pour mieux trahir encore une fois, ce sera avec des conséquences, Augustin de Roisnier. Tente encore de reprendre la voie qui fut tienne, et je t'enverrais moi-même à Dis.

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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    15.05.18 14:32



(@Azalaïs Lanhy & Augustin de Roisnier)


Me débarasser du souvenir de Lélio ?
Et comment ?
J’ai son image gravée dans ma rétine, dans mon corps et même dans mon cœur. Vingt ans d’amitié, de proximité, vingt ans à se soutenir l’un l’autre pour avancer malgré les galères. Vingt ans de partenariat, vingt ans à ne faire presque qu’un. Vingt putain d’années…
S’il a tout balayé si facilement, je suppose que moi aussi, je devrais en être capable… Non ? Sauf qu’au lieu de me trouver un vampire, je retourne aux origines. La tête dans le creux de son épaule, j’écoute son cœur battre, je ressens la chaleur de son aura, puis sa brûlure, sans sourciller. Elle m’apaise, dans la douleur. Elle m’aide à aller mieux. Je m’agrippe à ma mère comme un naufragé à sa bouée.

Je te promets… Je ne vais pas te trahir. J’ai plus aucune raison de le faire, je souffle, une boule dans la gorge. Il ne reviendra pas. Et même s’il revient, c’est trop tard. J’aimerai pouvoir effacer ce lien entre lui et moi, mais je ne veux le remplacer par rien. Tu crois… Tu crois que je peux ne pas avoir de prêtre ?

Terrible ironie, moi qui ai cherché toute ma vie un moyen de combler mon vide, voilà que je supplie pour qu’elle ne me force pas à me lier à quelqu’un d’autre. Encore moins à Héloïse, mais pas pour son mensonge, non. Je me souviens de ma pulsion envers elle, celle de mort, celle de désir, aussi. Je ne compte plus me laisser aller dans mes travers. Je regrette de l’avoir presque harcelée pour coucher avec moi. Je ne veux pas la salir, je ne veux plus me salir, moi non plus.

Je me contrôlais si bien, avant tout ça. Mais depuis que c’est sorti une fois, j’arrive pas à le rentrer, j’arrive plus à l’enfermer. J’essaie mais c’est tentant, tu sais, de l’écouter. C’est facile. Est-ce que… Est-ce qu’il n’y a pas un exorcisme ? Ou des règles à suivre ? Ou… N’importe quoi. Je te jure, je ferai ce que tu demandes, sans protester. Pour le Concilium, pour ton Assemblée, pour tout ce que tu veux, mais ne me laisse pas.

Je remets ma tête dans son cou. Sans arrière-pensée, pas comme la dernière fois. Juste pour m’imprégner de son odeur, de son aura, comme un enfant terrifié par un cauchemar. Je sais qu’elle peut m’aider à les chasser, m’aider à aller mieux. Je suis accro à une drogue, à un cambion qui me fera chuter si je n’y prends pas garde. Tant qu’il existait la promesse que nous nous retrouverions à Dis, je m’en moquais, mais là… Là… Je ne veux pas y aller tout seul. Je ne veux pas tout perdre pour celui qui n’en a que faire. Au contraire, je veux récupérer ce que j’ai abandonné dans un accès de folie.

Kaliel a raison. Elle a été la seule à ne pas me renier. Jamais. Même dans le pire du pire.
Et moi, j’ai été le pire fils du monde.
J’ai envie de m’excuser.
Mais ça ne sert à rien.
Alors je me tais.



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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    15.05.18 22:59

Petit rire, que je ne peux retenir.

Pardonne-moi, petit ange, mais je vais prendre le temps de mesurer la valeur de cette promesse.

J’embrasse son front, prétexte pour insuffler un peu de mon pouvoir dans cette enveloppe un peu trop parasitée. Je ne suis pas exorciste, et je ne délivre du mal que par l’épée, mais je ne doute pas que quelqu’un puisse y faire quelque chose.
Temporairement.
Je cache mon trouble avec la force de l’habitude. Quoi qu’il arrive, il ne pourra jamais m’accuser d’avoir menti, l’aëlhim. J’ai juste savamment trié les vérités que je souhaitais lui offrir de celles que je garderais pour moi.

Je me contrôlais si bien, avant tout ça.
Ah, mon enfant, si tu savais ce que j’ai sacrifié pour que tu te contrôles si bien toutes ces années. Je me souviens du rituel, mené en secret, mais lui n’en aura jamais aucune réminiscence, comme j’ai fait en sorte de les lui dérober. J’ai offert mon pouvoir sur l’autel de sa tranquillité d’esprit, assez pour réduire les dégâts, trop pour que je survive à une nouvelle altercation avec Dis.

Je referme mes bras autour de lui avec un petit soupir. Par où commencer ? Que faire pour étouffer l’incendie qui le ravage, que faire pour repousser cette néfaste influence qui lui susurre de si mauvaises idées à l’oreille, que faire pour taire cette voix doucereuse qu’il est si facile d’apprécier ?
Nul doute qu’elle est des plus douées pour cajoler lorsqu’il le faut et détruire quand cela s’impose.

Il y a des rituels qui pourront t’aider. Je peux en mener certains. Je l’ai fait, avec mon sang et ma lame, mais c’est… Douloureux en plus d’être dangereux. D’autres nécessitent un type de pouvoir que je n’ai pas. L’un ou l’autre de mes frères qui arpentent Parys pourrait sans doute m’y aider. Ou bien certains prêtres… Certaines prêtresses.

Je ne modifie pas mon ton, pas un signe pouvant trahir que je pense à une prêtresse en particulier. Je suis certaine que je n’aurais qu’à demander pour qu’elle s’exécute. Mais je ne tiens pas à susciter d’émotions violentes chez Augustin, et mademoiselle d’Evreux serait un risque. Je déteste les risques quand celui-ci est concerné. Ça tend à finir terriblement mal.

Mais quoi que je fasse, le travail sera le tien avant tout. Je ne te forcerais pas à te lier avec qui que ce soit. De toute façon, nous n’avons pas tant de prêtres qui survivent à la perte de leur moitié.

Et Brivael, il me semble, a refilé un de ces fils à Héloïse, ou compte le faire.

Et le lien ne prendra pas tant que tu t’accrocheras à un souvenir.

Je caresse machinalement ses cheveux, songeuse. Le geste n’a sans doute pas grand chose de tendre, selon des critères humains. Je le fais car c’est qui se fait dans ce genre de circonstances.
Je ne suis pas vraiment réconfortante, en tant que mère.

Tu te soumettras à chacun des rituels que je t’imposerais. Tu t’entraîneras avec les personnes que j’aurais choisi au préalable chaque jour jusqu’à ce que je considère que tu as mis de côté tes manquements.

Retour de ce ton glacé. Je pose mes exigences telle une reine qui ne souffrirait d’être désobéie, qui sait qu’elle est en position de force. J’ai enfin cette occasion que j’attendais, pour de bon, mais je ne vais pas devenir pour autant un ange de miséricorde à son égard.
Augustin est trop faible quand il a tous les atouts en main pour être des meilleurs.

Pour aujourd’hui et pour la semaine à venir, ce sera moi. Je compte par ailleurs sur toi pour travailler tout ce que tu pourras seul. Outre le bien que cela fera à tes capacités martiales, ça occupera ton esprit. S’il s’avère que ton cas n’est pas irrécupérable et si tu le souhaites, tu me suivras dans l’Assemblée. Si c’est là ton choix. Si tu le juges trop difficile, trop risqué pour ton équilibre, je ne t’y forcerai pas.

Et dès que je le jugerais bon, ce cher petit angelot ira chasser Dis hors de Parys.
Je me relève et reprends mes distances sans pour autant sorti du cercle de mes boucliers. Je lui tourne le dos – comme un test, un de plus – tout en déambulant dans la rangée, machinalement, jusqu’à finalement lui faire face.
Bras croisés, mine neutre, je ressemble à ce que j’ai toujours été, une aël dans un corps qui n’est pas le sien et qu’elle n’apprécie pas tant que cela. Pourtant, quand je reprends la parole, c’est d’une voix étonnamment douce.

De toutes les émotions humaines, il y en a une que je comprends et ressens dans mon être, petit ange, et c’est le désespoir. Même au plus profond de ses abysses se trouve une chance de le fuir.

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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    16.05.18 15:02



(@Azalaïs Lanhy & Augustin de Roisnier)


Certaines prêtresses.
Je déglutis. Un nom me vient, un pouvoir aussi, je ne sais pas comment lui dire que ce serait une très mauvaise idée, pour elle comme pour moi. Héloïse me tente beaucoup trop et la dernière fois que je l’ai vue, j’ai failli commettre l’impardonnable. Je ne me fais pas confiance en sa présence. Mieux vaut pour elle qu’elle m’oublie définitivement.
Pour moi aussi, probablement.
Je ne veux plus jamais ressentir d’émotions aussi vives ou le moindre attachement. Sauf pour Kaliel, parce que je ne peux pas lui nuire, à elle. J’ai essayé ces vingt dernières années et j’ai lamentablement échoué. Ça prouve bien qu’elle me surpasse.

Merci, je murmure quand même.

Elle n’a pas tort. D’un côté, il n’y a pas tant de prêtres que ça qui colleraient à la situation. Peut-être même n’y en a-t-il qu’une, mais on a dû lui affecter quelqu’un de meilleur que moi. Elle le mérite.

C’est surprenant, de la sentir me caresser les cheveux. Le geste est mécanique mais au moins, présent. Il m’énumère ses exigences et finit par me laisser. Ne plus sentir sa peau, sa brûlure, provoque un manque. Au moins, quand elle est là, je n’entends plus la voix. Je ne ressens plus la noirceur. Là… J’ai l’impression de l’apercevoir, tout au fond, en attendant son heure. Je continue de hocher la tête, même si elle ne m’aperçois pas. Mon silence vaut approbation, de toute manière, non ?

Toi, tu ressens le désespoir ? je demande, incrédule, en relevant les yeux vers elle.

Je n’avais même pas conscience de fixer le sol, jusqu’ici.
Je ne l’imagine pas non plus ressentir véritablement du désespoir. Cela me parait presque inconvenant, rien que de l’imaginer. Elle, si froide, si forte, en proie à ce type de doutes ?

J’obéirai, je te le promets. Et je veux que ces vampires disparaissent. Tous. Jusqu’au dernier. Alors l’Assemblée… Ça me semble bien, je crois.

L’amertume perce dans ma voix. Dire que Lélio m’en avait tenu éloigné, m’avait menti là-dessus, quand il la dirigeait. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment il est passé de ça à giton du Chambellan de la Reine. Ça me dépasse, ça n’a aucun sens, je refuse de croire que Dis soit si puissante, si exigeante. Tout allait bien, avant. Quand est-ce que ça a commencé à partir en vrille ? À cause du fantôme de Liber ou Héloïse avait-elle raison ? Nous jouions déjà un drame programmé ?

J’ai besoin d’occuper mon esprit, j’ai besoin de m’épuiser jusqu’à ne plus savoir marcher. C’est ce que… J’essayais de faire, mais ça ne suffit pas. Je ne me rappelle plus comment me concentrer, me focaliser sur un seul objectif. Il faut que je reprenne le dessus. Tu veux bien… Qu’on essaie ? Sans rituel, d’abord ?

Je repense à la dernière fois que je suis tombé dans un état semblable, à ma visite chez Gaspard. Il m’a littéralement massacré en me baisant et ç’avait suffit à m’apaiser. Sauf que ce n’est plus possible, je veux me détourner de cette voie. Les coups devront suffire, j’espère. J’ose le croire. Si, plus jeune, ça m’allait, pourquoi pas maintenant ? J’ai assez baisé pour dix vies, de toute façon.
Et pour la première fois, je ressens la saleté dans chaque pore de ma peau.



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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    16.05.18 16:24

Un merci, dans la bouche de mon fils.
Glorieux miracle.
J’aurais envie d’en rire si je ne saisissais pas si bien l’étendue du défi qui nous attend tous les deux. Comme son incrédulité me tire un sourire un peu mauvais. Oh que oui, même les aëls peuvent parfois ressentir quelque chose.

Je l’ai ressenti, je corrige aussitôt. Crois-tu que nous vivons sans jamais connaître d’épreuves, petit ange ?

Je fais mine de m’étonner.
Nous avons simplement d’autres façons d’appréhender les problèmes. A travers le prisme de nos capacités, à travers l’habitude de surpasser ceux dont nous nous servons pour nos guerres. Cela sonne prétentieux à l’oreille des humains et des créatures qui s’y apparentent.
J’appelle ça la vérité, pour ma part.

L’Assemblée, Augustin, c’est un moyen de mettre à terre la Royauté, mais c’est devenu autre chose que quand ton cher ami écoutait Liber lui murmurer à l’oreille.

J’évoque le cambion à dessein, l’observant dans le même temps.
Attentive.
De petits gestes, des expressions furtives, en disent autant que ces discours qu’il m’a offert aujourd’hui

Ceux qui gravitent autour de moi savent faire preuve de discipline lorsque ça importe.

Lorsque ça importe.
On ne peut pas vraiment taxer Sofia ou Nathaniel d’être véritablement disciplinés au quotidien. La première parce qu’elle ne rentre dans aucun moule – même pour une démoniste – le second parce qu’il fait preuve d’un entrain bien trop exubérant à mon goût.

Maintenant que nous avons bien discuté, que mes conditions sont acceptées…

Je m’approche un peu. Souris encore.
La distance entre nous disparaît quand je me retrouve à califourchon sur lui, mon poignard enfoncé dans son épaule jusqu’à la garde. Mes genoux serrés sur ses jambes l’épinglent sur son banc, mais je le touche à peine, en réalité.

Si je vois ces jolis yeux se tinter de rouge, mon petit ange, je te ferais passer l’envie de recommencer. Crois bien que tu ne pourras plus marcher à la fin.

On pourrait croire l’agression gratuite. Mais en réalité, j’ai simplement besoin de poser des limites. De savoir ce qui risque de le faire basculer du mauvais côté. Je me dégage rapidement, recule jusqu’à l’allée centrale. J’observe autant avec mes yeux qu’avec les perceptions que m’offrent ma nature. Pas de pouvoir maîtrisé, j’expose volontairement l’aëlhim à la pleine mesure de ce que je suis.

Debout, petit ange. Ton arme est logée dans ton épaule, j’ajoute avant de déguerpir.

Une des salles d’entraînement ne se trouve pas très loin – un escalier et deux couloirs, au plus, à traverser. Histoire de ne pas profaner la cathédrale. Même lui peut me suivre à la trace jusque là. Ce n’est pas comme si j’essayais d’être discrète.

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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    18.05.18 10:11



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J’espère bien, que c’est devenu autre chose.
Je m’en doute. Je n’ai pas connu l’époque où Lélio la dirigeait mais je le connais, mon cambion. Enfin… Ce cambion, je corrige. Il a déjà du mal à gérer sa propre vie, alors mener une Révolution ? Ce Liber a vraiment mal pioché sur ce coup-là. Quelle histoire. Heureusement pour lui, il est tombé sur ma mère et malheureusement pour moi, ça a sonné le début de tout un tas d’ennuis. Enfin, non, tout ça a commencé avec Alice. Il serait toujours à la tête de cette mascarade, sans elle. Parce que pas d’Alice, pas de Marquis, et ainsi de suite.

Mon cœur bat plus vite, souffle un brin trop rauque. Je chasse ces considérations de mon esprit, elles ne m’apporteront rien. Impossible de revenir en arrière : pour quoi faire, de toute façon ? J’en suis là dans mes réflexions quand Kaliel me retourne et me poignarde, m’arrachant un glapissement de surprise pas franchement glorieux. Perdu dans mes pensées, je ne m’y attendais pas.
Mais ça fait du bien, je ne vais pas mentir.

Ah ouais ?

Je souris, sûrement un peu trop excité, un peu trop ravi. J’arrache la lame de mon épaule, sans sourciller cette fois. Le sang coule à peine, je sens mon pouvoir intervenir et ça apaise un peu mes tourments. Elhà est toujours présente, pour une raison qui m’échappe complètement. J’entends, dans mon esprit, la voix essayer de m’adresser la parole mais je la nie en bloc. Ses mots ne me parviennent plus, juste des impressions : déception, colère.

La main sur la garde de l’arme, je suis ma génitrice jusque dans une volée d’escalier. Je ne connais pas bien le Concilium de Notre-Dame, pour ne pas dire : pas du tout. Elle laisse son aura comme une trainée de miettes de pain et je n’hésite pas une seconde. Je débouche dans une salle d’entrainement où elle m’attend, en garde. Je ne réfléchis pas, je lui saute dessus et le combat s’engage. Mes mouvements, d’abord désordonnés sous le coup de l’émotion et de ce tourbillon impossible en moi redeviennent de plus en plus calculés, sûrs, intenses. Elle bloque mon poing, je tente de la blesser au flanc. Coup de genou, respiration coupée, elle me frappe, m’envoie valdinguer. Mon dos heurte le mur mais je me relève sans hésiter, même si l’air se fraie difficilement un chemin jusqu’à mes poumons. J’essaie de me rappeler comment je me contrôlais, plus jeune. Réponse simple : je me battais jusqu’à tomber d’épuisement.

Ne ressens plus rien. Ne ressens plus rien. Ne ressens plus rien.

Je m’oblige à me concentrer sur absolument chaque geste effectué, chaque muscle sollicité. Je récite leurs noms dans ma tête, je baptise les coups portés comme lorsque j’étais enfant et que les dénominations martiales m’ennuyaient. Je frappe, elle bloque. Parfois, je la touche, mais je pense qu’elle me laisse faire. Quand nos peaux entre en contact, la sienne me brûle et plus le combat avance, moins c’est le cas. Pour soigner ma blessure à l’épaule, je n’ai pas commencé à briller, ça venait de l’intérieur. Ce combat dure, et chaque seconde, chaque minute, je retrouve le contrôle sur moi-même.

Tant qu’elle se tait, évidemment. Tant qu’elle n’essaie pas de me pousser à bout.
Tant qu’elle ne prononce pas son nom.



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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    18.05.18 15:43

Augustin me suit sans difficultés. Il ne réfléchit pas avant d’attaquer. Gestes brusques, sans finesse, au moins au départ. Je retiens un soupir plein d’ennui.
Au nom des Sept, tout est-il vraiment à refaire ?
Et puis, alors que le temps s’écoule paresseusement au rythme de nos échanges, les mouvements de l’angelot se font un peu plus décisifs. Curieuse, je laisse des failles à peine perceptibles dans ma garde.
Contre toute attente, il les repère assez souvent pour que ça devienne un peu amusant. La lame fuse vers mon flanc, je relève mon genou dans son abdomen et y assortis un coup de pied qui l’envoie contre le mur.

Patiente, j’attends qu’il soit parfaitement en contrôle. Que Dis ne soit presque plus perceptible dans la pièce, voire plus du tout. Je le laisse se remettre d’aplomb, adorable comme je suis.
Puis je décide qu’il est temps de commencer le véritable test d’aujourd’hui. Je profite d’une de ses attaques pour crocheter sa nuque, le heurte front contre front pour le sonner. Juste une seconde, suffisante pour qu’il rencontre de nouveau la cloison avec violence. Je récupère le couteau enfoncé dans ma cuisse et en lèche machinalement la lame. La plaie se referme déjà.
Je le toise tandis qu’il secoue la tête. Dans une minute tout au plus, il sera de nouveau debout.

C’est bien, petit ange. On croirait presque que tu sais ce que tu fais, je me moque. Est-ce que tu sauras faire de même si tu te retrouves face à… Disons, face à Tomas de Batz ? Est-ce que tu pourras garder ton sang-froid devant le monstre qui a ravagé ton doux, ton tendre Lélio ? Hm ?

Je souris froidement. La lame fait un demi-tour entre mes doigts et je lui lance l’arme, garde en avant.
Trop aimable.

Est-ce que tu pourrais me regarder lui faire du mal, si cela s’impose ?

Je relève le menton, droite et sans ouverture, cette fois. Je me défie de lui, assez pour savoir qu’il risque d’exploser.

Est-ce que tu pourras supporter d’entendre encore ses cris, mon petit ange ? Moi, je sais que tu as en toi la volonté et le courage nécessaire pour cela, je susurre d’une voix douce.

Dans cette dernière phrase, j’insuffle un soupçon de pouvoir. Je ne suis pas si cruelle que cela. Je ne le laisse pas totalement seul face à ses démons. Ma bonté naturelle me perdra.

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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    19.05.18 17:22



(@Azalaïs Lanhy & Augustin de Roisnier)


Sonné après mon étreinte passionnée avec la cloison, je cligne des yeux et essaie de stabiliser le monde autour de moi. Pas facile comme exercice, mais je ne me laisse pas démonter, surtout que j’ai planté ma lame dans la cuisse de Kaliel. Du coup, j’ai gagné un peu de répit.

Puis elle commence à parler.
Je sais que c’est un test. Je ne suis pas idiot. Je m’humecte la lèvre inférieure, un éclat de haine dans le regard à la mention de Tomas de Batz. Je ressens à nouveau certaines pulsions. Mes poings se crispent, je déglutis et secoue la tête. J’ai envie de le tuer, de le tuer encore et encore jusqu’à m’en lasser. J’ai envie de lui infliger des sévices colorés qui hantent soudain mon esprit, sortis de je ne sais où.
Entendre le nom de Lélio n’aide pas.
La perspective de devoir encore la regarder le torturer…
Non plus.

Elle me rend mon arme, je l’attrape au vol d’un geste précis mais je ne bouge aucun autre muscle. Hormis mes poumons qui inspirent et expirent un brin trop vite.

Je ne sais pas, si j’ai la volonté pour ça.
Je serre la garde.

Tu ne peux pas juste le tuer, sans jouer ? je gronde.

Parce qu’il est déjà mort. Il est mort il y a des mois, après l’agression du vampire. Quelle ironique… C’aurait dû être ma mère, le monstre. Au moins, elle avait une raison. Non pas que je cautionne, mais je peux comprendre la démarche : à ses yeux, il est un traitre, traitre à l’Assemblée et à ses convictions. Qu’il paie, ça reste dans la loi naturelle des choses, même si je l’aurai défendu. Mais pour ce qui concerne le vampire et sa marquée…

La colère revient alors, pour la combattre, je lui cède. Je me jette sur elle, pour la frapper encore, sauf que mes gestes sont à nouveau désordonnés, plus facile à entrevoir, anticiper. Elle me colle une raclée, me brise le genou pour me garder au sol. Mon pouvoir fonctionne mais il le ressoude de travers, je le sens. Quand je me relève, je boitille comme un con et ça m’énerve encore plus.
Putain de colère ! Pourtant, ça ne me ressemble pas.

Le pire ?
J’ai envie de répondre « oui, j’en ai le courage ». Je crois qu’elle utilise son pouvoir sur moi mais mon esprit n’est pas malléable. Je suis prêt à beaucoup… Je n’ai pourtant jamais été d’un naturel cruel. Je veux que Lélio meurt, pas pour sa trahison mais parce qu’il aurait dû, de toute manière. Il n’est qu’un putain de cadavre en sursis et au moins, si je m’en occupe, il ne souffrira pas.
Je grimace.
Nos lames s’entrechoquent, bloquées l’une contre l’autre. Nos visages sont proches.

Tu veux quoi ? Que j’te dise oui pour te faire plaisir ? J’en ai envie, mais ça vient pas de moi. J’le déteste, j’lui en veux, mais j’veux pas le torturer. J’vois pas pourquoi ça s’imposerait, t’as juste à le butter, ou à me laisser le faire, et te concentrer sur le vampire. Y’a le Marquis, il a un infant aussi, un mousquetaire, Louis, toujours collé à son cul. Amuse-toi avec lui plutôt.

Le mec qu’ils ont nommé Chambellan de France, si j’ai tout compris.
Je brise soudain la pression, pour la déséquilibrer, mais elle le sent venir. J’arrive à lui égratigner la gorge avec mon poignard mais je récolte une blessure bien pire. Je pisse le sang, un sang un peu trop rouge là où il devrait être plus clair, plus argenté. Je m’arrête pour le contempler, la mine défaite.



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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    19.05.18 19:03

Augustin reprend pied. Ses yeux reflètent toute la haine qu’il tente de taire, toutes les insuffisances de sa nature trop flamboyante.
Si, je pourrais le tuer sans m’amuser avant. A vrai dire, je n’imagine pas le torturer de nouveau, parce que cela ne me servirait plus. Cruelle à dessein, jamais parce que je me laisse aller à quelques pulsions que ce soient. S’il me connaissait mieux, l’aëlhim saurait que son cambion ne risque rien d’autre que de rencontrer sa fin.
Mais alors, mon test serait bien moins significatif, non ?

Il respire plus vite, sa colère chatouille mes perceptions. Je la lis dans le retour de sa façon si brouillonne de combattre.
Non, petit ange.
Hors de question.
Je fais sauter son genou, désaxe les os, le regarde boiter avec le plus froid dédain. Rien qu’il ne puisse remettre d’aplomb par la suite. Son visage tout proche du mien. Je souris.

Bonne réponse, petit ange, je murmure.

Il lâche prise, sa lame trace une ligne ensanglantée dans le creux de mon cou pendant que je réoriente la mienne pour l’enfoncer dans son abdomen. Le sang n’est pas aussi clair qu’il le devrait, mais qu’importe. Je reprends une distance suffisante pour briser son autre jambe. Craquement sec, et je le rattrape contre moi lorsqu’il vacille.
Parodie d’étreinte, tandis que je me coule tout contre son dos. Je porte l’acier à ma bouche, goûte le liquide carmin du bout de la langue. Embrasse sa joue.

Préfèrerais-tu que je lui tranche la gorge, bien proprement ? Que je transperce son cœur comme Alice Delaunay a transpercé le sien ?

Pendant que je parle, le poignard mime ces gestes que j’évoque d’un ton clinique, distant.

Un mouvement et tout s’efface, pour de bon. Tu crois que tu sais ce que c’est, de le perdre, petit ange, mais ça n’a rien à voir avec ce que tu ressentiras lorsqu’il sera parti. Tu crois pouvoir le vaincre, mais je sens la faiblesse dans ton cœur. Tu crois le détester, mais quelque part au fin fond de toi doit bien se trouver l’espoir qu’il réalise ses erreurs. Alors même que tu sais qu’il est trop tard. Certains liens brisés ne se réparent plus.

Je le lâche. Il tient de nouveau sur ses deux pieds, quoi que la chose semble douloureuse.

Je ne veux pas d’à peu près, petit ange. Je veux des certitudes.

Quelques pas en arrière, souples. Ma gorge a déjà guéri, comme tout ce qu’il a pu m’infliger. Je claque la langue contre mon palais, agacée.

Où sont tes dons ? Pourquoi tes genoux ne se sont-ils pas ressoudés correctement ? Pourquoi saignes-tu encore ? Où est ta magie, où est Elhà lorsque tu combats ?

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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    20.05.18 11:17



(@Azalaïs Lanhy & Augustin de Roisnier)


Je le sais.
Je le sais.
Lélio et moi, c’est terminé.
Il existe toujours, ce lien entre nous. Il continue de pulser, de plus en plus faiblement, mais il restera quand même, peu importe ce qui nous arrive. Une petite partie de moi a envie de le sauver, de tout sacrifier pour ça et une autre, plus pragmatique, en a marre de souffrir. Marre de servir de carpette. Marre du manque de respect, de gratitude. Lélio n’a pas seulement échoué en tant que prêtre, il a aussi tout raté en tant qu’ami. Il m’a rayé de sa vie pour se vautrer dans la corruption distique. Je lui en veux pour cela, évidemment. Et d’un autre côté…
Tu savais que ça finirait comme ça.
C’est sa nature.
Résignation. Acceptation.
C’est douloureux quand même.

Toujours à genoux, haletant, je fixe le sol. Je ressens à peine son contact, tant j’essaie de contrôler mes sentiments. J’ai envie de pleurer, encore, mais j’en ai marre de chialer comme une gamine.

Je ne sais pas.

Murmure, confession, plainte.
Je mens, d’une certaine manière. J’ai perdu en puissance, ces dernières semaines. Mon pouvoir fait un peu n’importe quoi, je ne brille plus aussi fort. Dis me grignote, je le sens. Pas là, dans l’immédiat, mais un peu plus chaque jour.

Je ne sais pas.

Je frappe le sol avec mon poing, si fort que je m’explose les phalanges. Mon sang coule encore, j’en barbouille mes doigts.

Si rouge…

Pas noir, non, mais plus humain qu’aël. Électrochoc dans mon cerveau. Je comprends que Lélio doit mourir, doit disparaître, pour que je réussisse à faire mon deuil. Je comprends aussi qu’à l’heure actuelle, je ne suis pas assez fort. Pas moralement. Je manque de volonté, parce que j’espère toujours. Et je comprends surtout que s’il crève avant que j’y sois parvenu, j’aurai triché. Que ça ne vaudra rien.

Puis elle parle d’Alice. Je revois son visage, son expression. Et je suis content de ne pas avoir levé la main sur elle. Là, c’est juste sa faute, la leur, à tous les trois. Moi, j’y suis pour rien et ils vivront avec leur culpabilité qu’ils ne pourront décharger sur personne. Juste retour des choses.
Elle a rien compris et elle n’aurait jamais dû crever. C’est une victime, une innocente, mais tant pi. Tant pis pour eux, tant pis pour elle.
Après tout, elle a choisi.

Je préfère… que tu transperces son cœur. Non… En fait, je préfère le lui transpercer moi. C’est moi, qui dois le faire. Bientôt. D’abord je me sauve, puis je le tue, la boucle est bouclée.

Je tombe sur les fesses, brise mon genou à mains nues et le remet correctement. Une légère lueur s’en échappe, c’est presque trop beau. La dernière fois que j’ai brillé, je combattais Tomas de Batz. Je suppose qu’Elhà approuvait, foutu enfant de Dis à sa façon. Et qu’elle a essayé de m’aider. Peut-être… Je grince des dents, grogne un peu, puis je me relève.

Elle reviendra.

Je veux y croire.
Je ferme les yeux, j’inspire. Je la cherche. Elle doit revenir, chasser Dis, l’effacer, la réduire au silence, cette garce tentatrice. La voix reflue, c’est un début. Je souris et je répète « elle reviendra » avant de m’élancer une nouvelle fois.
Je ne brille peut-être pas, mais j’ai encore de la ressource.



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MessageSujet: Re: « Rédemption » ft. Azalaïs    20.05.18 21:33

L’ignorance.
Un aveu murmuré, un soupçon de désarroi confessé.
Augustin ne sait pas. Augustin ne veut pas savoir. Augustin ne peut pas savoir.
Et je ne dis rien tandis qu’il frappe le sol, en proie à des émotions qui prennent toute la place.

C’est à toi de le faire… Et tu le feras.

Promesse et menace qui s’unissent dans mes mots, l’une et l’autre clairement audibles. Lélio est sa faute, son péché, et c’est lui qui doit s’en défaire à présent. Je n’ai pas de réticence à cette idée. Simplement, je ne serais pas loin, prête à intervenir si d’aventure il faiblit.
Prête à assener le coup de grâce à ceux qui le mériteront alors.

Mais commençons par raviver un peu la lumière d’Elhà, veux-tu ?

Les os qu’il a réaligné achèvent de se souder comme il se doit. Quand il s’élance, je suis prête, évidemment. Je frappe machinalement, presque par automatisme. Parfois du poing, parfois de ma lame. Je le laisse approcher trop près pour mieux le repousser par après.
Et chaque fois qu’il faiblit, je le force à revenir.

Encore.

Un mot, un seul.
Encore.
Encore.
Et encore.
C’est amplement suffisant.
Lorsqu’il le veut, mon fils est doté de la volonté adéquate. Il en est capable. Il a ce qu’il faut pour ça, et au nom des Sept, cette fois, il réussira. Je répète encore et encore les mêmes mouvements, tant et si bien que Augustin finit par porter un coup que je n’ai pas vu venir. Je recule en inspirant entre mes dents serrées et sort le poignard d’entre mes côtés.

Il était temps.

Froideur, de nouveau. J’ai failli attendre.

Tu vois, petit ange ? Tu as encore ce qu’il faut en toi.

Je baisse les yeux, observe les chairs qui se referment puis l’aëlhim épuisé. Depuis combien de temps sommes-nous ici, à nous battre pour vider son esprit contaminé par Dis ? Impossible de se fier à la lueur du jour pour le dire, ici.
Je lui rends l’arme avec un discret sourire.
L’équivalent, pour moi, d’une félicitation.

Nous recommencerons demain, petit ange. Après le premier office de la journée. N’oublie pas d’y assister, surtout.

Je l’observe un instant.

Tu brilles un peu.

Constat tranquille avant que je ne sorte. J’ai à faire. Pas de sommeil réparateur pour moi. Je dormirais un autre jour. Un autre mois, sans doute. J’ai trop de choses qui couvent, trop d’ombres à peupler de mes républicains, trop de futurs à envisager et à dévier de leur joli chemin tout tracé.
Ah la vie d’aël.

Bonne soirée, je lance par dessus mon épaule.

A vrai dire, j’imagine qu’il s’agit déjà de la nuit, mais qu’importe ?

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