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 such a scream l alice

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Arnaud de Hallewin
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MessageSujet: such a scream l alice   19.02.18 1:14



Oui, oui, bien sûr, mais il n'y a aucun problème, partez vivre votre histoire à la con égoïstement et laissez Arnaud tout seul avec des morts (mais vraiment morts, pas des vampires hein juste des gens qui ont perdu leur âme et la vie à l'intérieur de leurs regards) toute la journée, il le vivait déjà très bien quand vous étiez encore là, ça va être encore mieux comme ça !
Livré à lui-même. Enfermé seul au château, avec Ninon et Charlotte collées en permanence et l'impression d'être un enfant négligé à qui on oblige la séquestration dans sa chambre avec deux pauvres jouets pour passe temps. La solitude d'Arnaud n'a plus de limites. Ca ne s'appelle même plus de la solitude, ça frôle le gouffre absolu, et aucune sortie, aucun divertissement ne peut pallier à ça. Etre seul dans une maison remplie est pire que d'être seul dans une maison vide. Tomas et Alice sont partis. Alice, surtout. Il ne comprend pas quel manque d'empathie a pu la saisir pour qu'elle fasse une chose pareille sans même lui en parler. Alors oui, il y a de l'égoïsme d'un côté comme de l'autre, c'eut été gonflé de lui demander de rester rien que pour lui, et probablement qu'il l'aurait fait si elle lui en avait parlé avant de le faire, et probablement qu'elle ne l'a pas fait à cause de ça. Elle commence à le connaître trop bien. Est-ce qu'elle le connaît assez bien pour comprendre que c'est précisément la goutte d'eau qu'il fallait pour déclencher la rage chez lui ? Au dessus de la nonchalance, du je m'en foutisme, de l'ironie à toute épreuve, la rage, la vraie, qui sort. L'abandon perpétuel a usé toute couverture. Ca va chier et c'est tout.
Alors ce soir il sort pour voir si cette nouvelle chose qui le brûle est aussi anesthésiable à l'alcool ou à la drogue. Il sort, il trouve le chemin de son bar de tous les vices préférés, il s'accoude au comptoir, il commande tout et n'importe quoi et découvre que la rage étanche la soif. Qu'il n'a envie de rien, de strictement rien, et que là tout de suite, là ce soir, il est une cause perdue. Il scrute les environs, il cherche une tête connue, Noctis pourquoi pas - la rage s'assouvit bien dans la chair, de ce qu'il a entendu - ou Ira pour avoir une compagne de beuverie et rire jusqu'à la Révolution, Maxime pour faire n'importe quoi et avoir l'air d'avoir douze ans, n'importe qui, mais non. Personne. Ce soir tout le monde a décidé de laisser sa rage être la reine de la soirée.

Il quitte donc le bar. Qu'à cela ne tienne, il trouvera autre chose. Quelques lignes blanches pour augmenter les battements de son coeur le faire frapper pour peut être enfin le calmer un peu, un énorme joint pour au contraire tout tapisser d'anti bruit et mettre le feu de côté, un compagnon de lit d'infortune...Il arrête un type pour lui demander à peine poliment une cigarette - cigarette qui lui est donnée, il est Arnaud de Hallewin, on ne le sait pas forcément mais on le sent, au moins inconsciemment. Il sait pertinemment que ce n'est pas malin de sortir comme ça sa gueule au grand jour (ou plutôt à la grande nuit), particulièrement pas depuis qu'ils ont essuyé ce mini attentat avec Tomas qui a exacerbé la réalité de sa situation précaire, mais il le fait quand même. Pas par sa provoc habituelle, pas pour faire chier tout le monde ou parce qu'il sait que ça va rameuter Tomas qui va encore être obligé de le ramasser dans un bouge quelconque, non, il le fait juste parce que s'il reste au château il va finir par mourir. Vraiment mourir. Peut être se tuer. Peut être juste crever naturellement, s'il est possible de crever de désespoir. A l'heure actuelle, rien ne le rattache au monde. Aucune personne particulière qui a dans les yeux quelque chose qui lui donne envie de vraiment vivre, qui lui fait suffisamment de bien. C'est d'une misère infinie. Il tousse et jette la clope à peine entamée à terre. Il ne prend pas le temps de l'écraser et tourne les talons. Il a toujours détesté le tabac.
Alors quoi, où aller, comment gérer cette fébrilité insupportable qui s'est emparée de son corps ? Il n'a pas du tout envie de faire le malin, Arnaud. Aucune envie de faire son roublard habituel qui se sort de ses émotions par des pirouettes comme s'il était le mec le plus mentalement solide de la planète. Il erre dans les rues comme dans un film au ralenti. Il n'a aucun modèle de référence, n'arrive à penser à personne qui pourrait le conseiller sur comment faire pour se séparer de cette haine qui secoue sa carcasse, de cette rage aveugle qui ne connaît pas de cible précise. Alors, à défaut de quelque chose d'utile, ses pas le mènent inconsciemment rue du Bac, où il sait qu'il trouvera Alice. Et peut être que c'est exactement elle qu'il faut pour calmer sa rage. Par compassion, par explication peut être, ou peut être tout simplement en le laissant décharger sa colère.

"Compassion", "explication", "décharger sa colère", tout ça ce sont des mots de sentiments sincères de gens qui ont des vraies discussions. Arnaud n'a jamais vraiment eu de vraie discussion et c'est bien ça qui le perd. Tout ça a fini par lui sembler être une mascarade totale plutôt que le contraire. Il ne sait plus gérer le vrai. Il n'a aucune clé du non-jeu, personne n'a pris la peine de lui en donner - tout le monde a bien vu son petit jeu, il ne trompait personne, et néanmoins personne n'a fait l'effort de l'en sortir. Alors ouais, il frappe le pavé du talon, il résonne dans les rues sur les façades des grands immeubles vides et il s'en fout. Il marche droit jusqu'à l'hôtel particulier de Tomas, sobre une fois n'est pas coutume. Il veut du sang, il veut de la compensation, il veut du calme, il ne sait pas ce qu'il veut mais il y va. Il pourrait se passer n'importe quoi, il s'en fout du moment qu'il se passe quelque chose. Il arrive devant la porte et il frappe fort. Ils ont probablement des cerbères qui trainent, ou alors c'est Tomas qui garde la demeure accroupi en haut d'une colonne comme un connard de cliché, Arnaud n'en sait rien et s'en fout complètement. Il frappe et ultra frappe et quelqu'un a bien intérêt à lui répondre parce que tant que ce n'est pas le cas il continuera à frapper parce que ça fait du bien, parce que ça bleuit bientôt ses jointures, parce qu'on se sent vivant, parce que c'est adéquat avec sa fébrilité actuelle. Aliiiiice putain. Ooooh oui. Oh putain. Gueuler aussi ça fait du bien. Il n'a aucune crainte de bousiller leur couverture éventuelle (ils se sont bien réfugiés là pour se protéger aussi, il n'y a pas que l'amour, non ?) non pas parce qu'il s'en fout mais parce que les trois quarts féminins de Paris s'appellent Alice aussi de toute façon. Et il n'y a personne à la ronde. Et foutez lui la paix avec votre prudence, nom de Dis.

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Alice Delaunay
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MessageSujet: Re: such a scream l alice   19.02.18 20:50

Au départ, je n’avais pas vraiment su quoi penser d’Arnaud de Hallewin, notamment parce que j’avais l’impression que sa sœur ne m’aimait pas trop. A tort ou à raison, je ne peux guère le dire.
Bref. Celui que j’avais connu dès lors que j’avais emménagé chez Tomas, mais dont je ne m’étais rapprochée qu’au court de l’année écoulée, comme deux prisonniers du même palais tant haï, m’avait au départ laissée perplexe.
Il réagissait si souvent à l’inverse de mes propres façons d’être.
Néanmoins, nous avions en commun un certain nombre de choses. De malheurs, sans doute. Et les épreuves tendent à rapprocher les gens. J’avais donc fini par apprécier sincèrement le jeune homme, même si parfois j’avais cette impression d’être infiniment plus âgée que lui.

Pourtant, ces dernières semaines, je ne lui avais pas vraiment accordé de mon temps. Il faut dire que j’avais eu beaucoup à faire avec Lélio, Tomas, Lyséa qui revenait soudainement dans ma vie… Manquer de mourir, être attaquée en pleine rue ne représentaient jamais que la partie émergée de l’iceberg.
Tout le bordel émotionne la part immergée. Autant dire que le pauvre Arnaud était passé au second plan. Que je n’y avais pas repensé à deux fois avant de déménager rue du Bac. Il avait fallu que les choses se calment pour que je me demande ce qu’il devenait.
Enfin, se calment. Disons que j’avais de nouveau souci, simplement.
Je m’étais promis de passer un soir au Louvre, pour essayer de partager un petit moment avec celui que j’appelais mon ami la plupart du temps – même si je ressentais parfois une certaine envie de le secouer pour lui dire de se reprendre en main.
Une minuscule partie de moi-même était quelque peu frustrée de le voir gâcher ses talents comme il pouvait le faire.
Minuscule.
Mais réelle.

Je suis seule à la maison le soir où quelqu’un vient frapper à s’en briser les phalanges – en tout cas c’est comme ça que je le vivais, et Louis a quand même ressenti le besoin de venir vérifier si tout va bien.
Je ne sais pas où sont Lélio, Augustin ou Tomas. Probablement occupés à travailler ou autre chose. C’est la première fois depuis un bon moment. Même si ça ne dure pas.

Je crois bien que c’est Monsieur de Hallewin, mademoiselle Delaunay, finit par dire Louis du bout des lèvres.

Je le regarde, fronce les sourcils. Qu’est ce qui lui prend ?

Arnaud ?
Je crois, répète-t-il.

Il a l’air vaguement désapprobateur. Et depuis, Nora a dû aller ouvrir, parce qu’on a cessé de tenter d’enfoncer notre porte d’entrée.
Je vérifie que je suis présentable – j’ai mal au cœur, je suis crevée, je ne suis pas sûre d’être prête, mais je lui dois bien ça. Et au fond, j’ai besoin de varier un peu mes fréquentations. Je m’arrête à l’entrée, fait signe à la gouvernante de laisser entrer le jeune homme.

Arnaud ? Qu’est-ce que tu fais là ?

Il n’a pas l’air complètement bourré comme cela lui prend parfois, mais… Je sens qu’il y a anguille sous roche, confusément.

Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as l’air… Contrarié ? Tu veux boire quelque chose ? Thé, café, jus de fruits ?

Je reste à distance, ne sachant pas trop à quoi m’en tenir.[/color]

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   04.03.18 23:09


Mais bien sûr mais évidemment, of course comme disent les anglais, ça va de soi, qu'Alice la pure, la douce Alice qui n'est remplie que de bonnes intentions sous ses cheveux roux et sa peau très blanche, n'a jamais pensé à mal quand elle a suivi Tomas dans la tourmente, laissant Arnaud seul avec les deux harpies. Bien sûr, un être aussi pur et charmant ne cherche jamais à blesser ou abandonner qui que ce soit. Bien sûr que c'est Arnaud, le sale gosse capricieux et égoïste, qui s'est monté la tête tout seul. Tu ne te rends pas compte Arnaud, on pourrait lui dire tu ne te rends pas compte Arnaud, c'est dangereux en ce moment, Tomas n'a peut être même pas laissé le choix à sa protégée, peut être qu'il l'a juste embarquée comme ça du jour au lendemain sans la prévenir, sur un coup de sang incontrôlable, une peur pressante. Ou peut être qu'Alice se sentait vraiment en danger, que c'était le genre d'angoisse animale, d'instinct de survie qui fait qu'on n'est capable de prendre aucun recul et qu'on fonce tête baissée sans penser aux autres - à ceux un peu moins proches que Tomas, en tout cas. Peut être même qu'à frapper comme un malade sur leur porte à une heure pareille, il s'expose au risque de prendre une balle un croc un couteau dans la tronche parce qu'il sonne comme un de ces malades qui lancent les attaques sans répit et sans relâche. Il passe pour un de ces républicains ironiquement assoiffés de sang contre le régime, les vampires, peu importe : tous dans le même panier. Il se dit qu'au fond, ça arrangera peut être Tomas d'avoir une raison de lui bouffer pour de bon, et il arrête ses martèlements en entendant qu'on déverrouille le loquet, derrière. Du bout de l'index et du majeur, il caresse son poignet fin dont la pureté est désormais frelatée par la présence d'une cicatrice profonde, encore relativement fraîche, en forme de croissant de lune dentelé - les mâchoires de Tomas écrasant ses os dans un bruit sinistre lui reviennent parfois sous forme de sensation fantôme depuis cette nuit-là. Il se demande si Tomas mord régulièrement Alice, si c'est un truc entre eux, si c'est un truc entre vampires et marqués. Il se demande si elle aime ça ou si elle subit, comme elle semble subir tout et tout le monde. Bien évidemment qu'il y a une partie de lui qui se dit qu'elle n'y est pour rien, dans ce brusque déménagement. Bien évidemment, que comme une grande partie des gens qui connaissent la jeune femme, il a une forme de tendresse pour elle, pour sa vulnérabilité en tout cas apparente.

Ce n'est ni un garde armé jusqu'aux dents ni un Tomas toutes canines dehors qui ouvre mais Nora, la gouvernante du chambellan, qu'il connait vaguement puisqu'elle faisait partie de son paysage du Louvre. Il est surpris, presque déçu. Le couple serait soi disant partis pour se protéger d'une violente menace qui plane et ils laissent une petite femme sans défense ouvrir à n'importe quel braillard qui passe ? Ses envies de trouver des excuses à Alice s'amenuisant, Arnaud entre dans la cour comme un boulet de canon. Elle est où, il est où, ils sont où, sur qui je gueule en premier ? Son corps tellement habitué à être déjà dans un état d'ivresse avancé à cette heure là regorge d'une énergie survoltée de posséder autant ses moyens. Il écoute à peine Nora, se passant très bien de sa permission pour décider de passer le pas de la porte qui le sépare de sa cible.
Sa cible arbore une peau encore plus pâle que d'habitude, des cernes dantesques, des cheveux ternis par une étrange forme d'épuisement. Il n'en faut presque pas plus à Arnaud pour réfréner sa rage dans l'oeuf. Il sait que s'il prend le temps de la pause, du "bonjour", s'il prend le temps de vraiment la regarder, l'adrénaline va s'éteindre et l'élan qui l'a amené jusqu'ici aussi - il décide donc de ne pas le prendre, mais ça n'empêche pas l'innocente de baragouiner deux phrases. Mais oui, bien sûr ! Buvons du thé en mangeant des biscuits le tout dans un service en porcelaine en cancanant sur les rumeurs de la cour aussi pendant qu'on y est ! Est-ce que c'est la fatigue qui ralenti à ce point-là le cerveau des gens ? Je n'ai pas été suivi en tout cas, j'ai vérifié, au cas où tu aies envie de faire semblant que la sécurité vous intéresse. Pour quelqu'un qui n'a jamais exprimé sa rancoeur comme Arnaud, même à propos de choses aussi violentes qui lui broient autant l'estomac que sa propre soeur l'abandonnant par exemple, il était évident que le jour où elle sortirait même un peu, ce serait radical et sans appel. Injuste, peut être, froid et agressif, mais porté par la même rage qui le meut en permanence, et qu'il dissimule en permanence. Un café c'est pas mal, avec un peu de whisky dedans pendant qu'on y est. C'est plus par provocation que par réelle envie d'alcool. Il sait ce qu'on dit de lui. Il sait aussi que ce n'est pas infondé, ce qui lui permet d'autant plus d'en jouer.

Il regarde autour de lui, observe l'endroit pour lequel ils ont quitté le Louvre. S'il lui est arrivé de faire des frasques dans certains autres, il ne connait pas cet hôtel particulier de Tomas. C'est sobre, une fois n'est pas coutume. Ou plutôt, c'est beau, mais c'est vide. Nonchalant, il esquive Alice comme si elle n'existait pas pour aller s'asseoir dans un fauteuil qui trône. Jambe croisée, dos de la main sous le menton, comme le parfait petit parysien désinvolte qu'il est. Maintenant qu'il est là, il a presque envie de la tourmenter par des allusions pendant des heures sans foncer dans le tas directement. Trop facile la décharge à la russe, où l'on hurle directement et très fort pendant longtemps, on dit les choses les plus importantes, puis on s'égorge, puis on boit, puis on pleure dans les bras l'un de l'autre et tout va mieux jusqu'à la prochaine fois. Beaucoup plus attirante, la fourberie française qui tourne autour du pot assez longtemps jusqu'à ce que le noeud du problème apparaisse soudainement, comme un serpent qui attaque. Il ne répondra même pas à ses questions. Sale môme qui joue, blessure réelle. Il se tient là comme un prince, et attend sa tasse comme s'ils avaient décidé de se retrouver pour partager un sympathique après midi en dilettante autour de boissons délicieuses.

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   05.03.18 21:17

Mon instinct était visiblement bon. Arnaud transpire l’amertume et la rancœur par tous ses pores, à tel point que Louis, présence constante dans mon dos, s’agite et secoue la tête discrètement lorsque je lui fais signe de s’éloigner.
Je suis seule ce soir, Tomas est déjà parti pour le Louvre.
Seule avec un sorcier un peu trop immature parfois, seule avec mon épuisement et ma lassitude.

Même si on t’avait suivi jusqu’ici, toutes les entrées sont surveillées.

Qu’il s’en soit rendu compte ou non. Nous essayons juste de ne pas étaler notre équipe de sécurité à tout le monde, histoire de ne pas afficher notre présence ici.
Pas trop, du moins. Les allées et venues de Tomas sont difficiles à dissimuler, certes. Enfin…

Mais c’est… gentil de ta part de t’en soucier, je soupire.

Je sais que sa remarque se voulait agressive, mais je n’ai pas envie de rentrer sur ce terrain là. Et puis, il n’y a qu’une personne au monde capable de m’énerver vraiment. Elle est plus âgée qu’Arnaud, italienne, et passablement agaçante lorsqu’elle s’y met.
Je fais signe à Nora d’aller préparer le café d’Arnaud sans flancher une seconde devant sa demande d’y rajouter un peu d’alcool – c’est son problème, et j’ai un certain nombre de gens disponibles pour le raccompagner chez lui… Enfin, au palais, s’il s’avère qu’il boit trop au cours de la soirée.
Je le suis calmement dans le petit salon où a trôné un jour un lit d’hôpital et mon corps en miettes, aujourd’hui de retour à la normale. Et plus confortable que le grand salon. Je m’installe sur un fauteuil en face de lui, presque recroquevillée dedans.
Je n’ai pas la moindre envie de me faire sermonner.
J’ai d’autres problèmes.

Je m’excuse, je suis un peu partie sans prévenir mais… Tomas voulait quitter le Louvre, moi aussi, et depuis il s’est passé… Beaucoup de choses.

A commencer par le fait que juste avant cette proposition, Aequitas m’a poignardée en pleine rue et fait assassiner mon escorte.
Charmante aël s’il en est. Je l’observe un peu en silence, celui que je prends pour un ami, qui me paraît toujours infiniment plus jeune que je ne le suis, pourtant. Il vit mal l’abandon. Comme une répétition d’un autre plus important, plus blessant.
Nora apporte le café et me laisse un verre de jus de fruits avec un petit sourire, bien que je n’aie rien demandé. Ma mine défaite tend à l’inquiéter, adorable comme elle est.

Tu ne m’as pas répondu. Qu’est ce qui t’amène ici ? J’espère que tout va bien.

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   01.04.18 0:33


Ce qui est épuisant surtout, c'est la capacité d'Alice à tourner sans cesse autour du pot, à jouer les petites choses fragiles, à avoir toujours une bonne raison de faire des choix de merde. Comment veux-tu avoir un argument contre un être absolument pur ? Ce serait comme de molester un tout petit enfant ou un chaton. Alors quoi, il va encore devoir étouffer sa colère dans l'oeuf ? Est-ce que la vie a condamné Arnaud à ne jamais pouvoir exprimer sa douleur et sa rage sincèrement, directement ? Est-ce que le plan c'est plutôt de le transformer définitivement en alcoolique dont il n'y aura au bout d'un moment plus rien à tirer et tout le monde pourra dire "oh c'est triste je ne comprends pas pourtant il avait du potentiel ce garçon qu'est-ce qui s'est passé ?" oui tiens, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment est-ce qu'on peut avoir des vrais amis si les gens qui nous semblent proches ne veulent partager aucune discussion franche et profonde avec vous ?
Mais oui, bien sûr. Bien sûr on est d'une certaine manière en temps de guerre et la cicatrice qui lui barre le poignet est là en permanence pour lui rappeler. Il a vu la violence, Arnaud, ça y est, il ne peut plus faire semblant qu'elle n'existe pas. Il a entendu ses acouphènes et sa violence aveugle, reçu son sang dans la gueule, y a découvert le vrai visage de sa seule figure paternelle. Rien qu'à la pensée de sa soi-disant figure paternelle la peau du dos d'Arnaud se soulève en un frisson. Tomas. Il est là ? Peut être que c'est précisément ce qui empêche Arnaud de faire face à la réalité de la guerre civile qui s'est mise en place. L'Assemblée ne lui fait pas peur - Tomas, si. Terriblement. Et il se demande comment il a pu être assez con pour foncer tête baissée ici sans trouver le moyen de savoir s'il s'y trouvait. Sans se dire que si ça se trouve, cette enflure avait purement et simplement kidnappée et séquestrée Alice. Il est dur de se défaire d'habitudes qu'on a prises pendant vingt ans envers une personne. De réflexes, de comportements. Comme de préparer le petit déjeuner pour deux au lendemain d'une rupture douloureuse et se rappeler au moment où l'on s'assied à table qu'on est plus qu'un. Ça va super. Ton mec m'a fait un petit tattoo. Il brandit son poignet et il fait un peu le malin, mais c'est un ton pince sans rire qui n'appartient qu'aux grands blessés. Il ne serait pas tranquille tant qu'il ne sait pas si oui on non le marquis est là.

Il n'est pas aveugle, il voit bien que Louis fait des signes à sa maîtresse pour rester auprès d'elle. Ça l'amuse et le flatte, un peu. Le pauvre type s'imagine qu'il peut être une menace. Lui. Si on est rendu à cette extrémité ça veut probablement dire que Tomas n'est pas là, ce n'est pas possible que Louis brinquebalant insiste pour protéger sa maîtresse si un vampire sanguinaire vaque à je ne sais quoi à quelques mètres, dans le même bâtiment. Qu'est-ce qui a pu être communiqué pour qu'on puisse l'imaginer dangereux ne serait-ce qu'un tout petit peu ? Une colère de gamin blessé ne suffit pas à justifier une dévotion pareille. Alors si lui, Arnaud de Hallewin, peut paraître menaçant à quelqu'un qui le connait depuis un certain temps c'est que vraiment, oui, vraiment, les gens sont à cran. C'est qu'Aequitas réussit totalement sa mission, sur le plan de la violence comme sur le plan psychologique. Et si psychologiquement ses pressions marchent aussi bien, alors il va commencer à y avoir des mots internes à la royauté. Les gens frères d'idées vont commencer à se tuer à cause d'un sursaut, d'un bruit suspect dans le noir, d'un mot dit plus haut qu'un autre. Ecoute, franchement Alice, t'aurais pu me dire quelque chose. Je me suis retrouvé tout seul comme un con. Tu sais comment les choses sont à la cour en ce moment ? Je suis supposé tenir à moi tout seul l'image des réunions mondaines parce que si je commence à rater des événements, moi, Arnaud de Hallewin, tout le monde va se dire que c'est définitivement la merde. C'est sa malédiction à lui. Les deux femmes de glace qui l'entourent n'ont jamais vraiment pris en charge les apparitions mondaines, Etienne ne fait envie à personne, et voilà qu'il ne reste que lui, le petit dernier, beau gosse de surcroît, à qu'on a commis d'office à maintenir les apparences de la cour en toutes situations. Il n'est pas en train de dire "des gens meurent mais je m'en fous moi je suis obligé de rire et de boire du champagne tu comprends c'est horrible", ce n'est pas le problème. C'est juste qu'à force de perdre les gens avec qui il a un vrai lien de sympathie il se sent vraiment abominablement seul et vulnérable. C'est juste que oui, en effet, tout le monde l'abandonne. Certains parce qu'il fait trop la fête. L'ironique c'est qu'il fait trop la fête parce qu'on l'abandonne. Comment tu sors d'un cercle vicieux pareil ?

Nora revient en catimini avec un plateau richement décoré et Arnaud prend son café machinalement. Il avale une gorgée et la recrache aussitôt. Non, pas d'alcool, pas ce soir, ce soir c'est un gouffre plus profond qui se creuse. Je ne sais pas ce qui s'est passé et je suppose que vous aviez une bonne raison de partir Sauf si Tomas l'a kidnappée et violentée Mais peut être qu'à un moment on pourrait juste me dire les choses, non ? Peut être que je ne suis pas que le préposé aux unes de magasines people qui a quinze ans d'âge mental et qui doit regarder les choses s'agiter autour de lui sans avoir le droit d'en faire partie. Ça coûte combien, de dire les choses ? Manifestement très cher si c'est pour qu'il soit toujours laissé en dehors de tout. C'est quoi, c'est qu'il n'est pas digne de confiance ? C'est qu'il est tellement sur tous les magasines et réseaux sociaux qu'au bout d'un moment même pour ceux avec qui il vit il est devenu une façade en carton en 2D avec aucune vie ni cerveau à l'intérieur ? Il repose sa tasse sur le guéridon à côté de lui, très délicatement. Il est tellement lui-même perdu dans l'étiquette de la cour qu'il ne sait plus comment il bouge lui-même, comment il parle lui-même, naturellement. Il a envie de tout exploser et surtout lui-même. Si Tomas est là je pars. Je pars en courant. Je cours pour ma vie.

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   01.04.18 12:40

Le brusque changement de sujet me fait froncer les sourcils. Je secoue la tête. Je suis un peu perdue, et quand il me met son poignet barré d’une cicatrice que je reconnais bien sous le nez, ça n’arrange rien. Pourquoi se sent-il aussi blessé, aussi plein de rancœur ? Je suis certaine qu’il me manque tous les éléments pour réussir à comprendre de quoi il est question.

Il est au Louvre. Je suis seule. Dans quelles circonstances t’a-t’il fait ça et pourquoi ça a l’air de te révulser à ce point, Arnaud ?

Oui, c’est un peu brusque. Très brusque.
Disons que, démunie face à sa colère rentrée et incapable de vraiment saisir les tenants et aboutissants de l’affaire, j’applique la même méthode qu’en face de Lélio. Je mets mes deux pieds dans le plat et tant pis si je m’en ramasse une au passage. Histoire d’essayer de faire avancer les choses.
Je ne m’attendais pas à ce que Arnaud se lance de lui même dans une explication. Je le regarde. C’est stupide, parce que je sais que j’ai fait au mieux avec les cartes que j’avais en mieux, mais à l’entendre me blâmer de la sorte, j’ai une vague envie de pleurer qui me saisit. L’épuisement n’y est sans doute pas pour rien, et l’habitude que j’ai de dissimuler tout ce que je ressens en public, habitude que je pensais pourtant inutile en présence du sorcier, me permet de garder un visage neutre.
Je sais ce que c’est, de devoir paraître à la Cour pour d’autres, avoir l’air joyeuse, élégante, digne de son maître en toutes circonstances, être le visage d’un Chambellan qui ne daigne guère se montrer à tous ces évènements mondains, débordé par le travail comme il l’est. Je sais ce que c’est de se sentir seul contre tous.
J’ai enfin pu fuir cet univers merdique, je suis désolée que Arnaud n’est pas pu le faire, lui. Parce que sa sœur a fait le choix d’accepter les Marques de Sa Majesté, et que Charlotte, habituée qu’elle est à se regarder le nombril telle la souveraine qu’elle est, ne s’est pas rendue compte qu’elle avait oublié quelqu’un dans l’équation.

Arnaud… Ces dernières semaines, un révolutionnaire a tenté de m’utiliser pour renverser Tomas, un autre a fait sauter la chambre voisine de la mienne et manquer de nous tuer au passage, et cette salope d’Aequitas m’a poignardée en plein jour après avoir massacré l’intégralité des hommes chargés de ma protection. Enfin, après que son équipe de républicains à la noix s’en charge. Et ça, c’est seulement la partie officielle de l’histoire. Je commence tout juste à réussir à dormir plus de trois heures par jour, je suis malade sans que je ne comprenne pourquoi parce que ce n’est même pas censé être possible, j’ai découvert un nombre incalculable de choses qui se tramaient dans mon dos. Et j’en oublie. Excuse moi de ne pas avoir pensé quelque part dans le bordel ambulant qu’est devenu ma vie à passer dans ta chambre pour te dire « au fait, je vais très mal, j’ai besoin d’air, je m’en vais ».

Les deux pieds dans le plat, encore.

Je ne te dis pas ça pour que tu me plaignes. Je suis consciente que tu n’as pas la vie facile, je veux simplement que tu te rendes compte que tu n’es pas le seul. Ce n’est pas parce que je fais semblant que tout va bien que c’est réel.

Toujours blottie au fin fond de mon fauteuil, je ne fais même pas mine de boire ou manger quelque chose. Toute cette histoire m’a coupé l’appétit. Encore. Que de bonheur.

Je n’ai pas eu le temps de réfléchir, de me poser, de me rendre compte que, oui, je t’ai délaissé sans que tu ne le mérites. Je suis désolée pour ça, vraiment désolée, j’aurais dû être capable de gérer notre amitié de front avec tout le reste, je ne vois même pas pourquoi je t’ai oublié, je suis juste une sale petite ingrate qui délaisse ses amis pour le plaisir de le faire. C’est tout moi.

Bon. Peut être bien que tout ça me remue un peu plus que je ne veux bien l’avouer. J’ai horreur de jouer les princesses geignardes et insupportables. Alors je marque une pause, respire un grand coup, prend le temps de reprendre mes esprits.

Je dirais à Tomas que la Reine et Ninon doivent prendre leurs responsabilités et paraître un peu plus à la Cour. Et je me débrouillerais pour trouver le temps de me montrer aussi. Histoire de te soulager un peu.

Après tout, qui a besoin de dormir ?

Et la prochaine fois qu’on se servira de moi pour atteindre le Marquis, sois assuré que tu seras le premier au courant. Et arrête avec tes manières de Cour, on est en privé ici. Si tu as envie de m’engueuler, fais le, ça te fera du bien. Je ne vais pas m’effondrer.

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   24.04.18 18:38


Si Alice se recroqueville encore un tout petit peu dans le fauteuil, elle finira par disparaître. Blanche, translucide même, elle ressemble maintenant tout à fait à une gamine vulnérable. Et Nora et Louis qui se tiennent derrière, fétus de paille, poupées d'enfant incapable même de la rassurer du monstre imaginaire sous son lit. Si ça continue comme ça, si elle comme Arnaud continuent à blanchir comme ça, ils finiront peut être tout simplement par disparaître, et le problème sera finalement réglé. Mais elle l'annonce, elle lui dit : Tomas n'est pas là. Et quelque part dans son visage, ça reprend un peu des couleurs. Ses bras se détendent sur les accoudoirs du fauteuil. Pour se donner une contenance, même, il change de position. Un peu de travers, un peu plus décontracté. Il sait qu'Alice est la mauvaise cible. Il sait qu'il n'y a aucune raison qu'elle se prenne tout ce que les autres lui ont fait ou lui font dans la gueule. Il sait qu'elle se prend déjà tout le reste, qu'elle prend Tomas, la révolution, que sais-je encore, dans la gueule, à longueur de journée. Et de nuit, crient les cernes creusées de la jolie rousse. Et de nuit, aussi, surtout. Elle est exactement la seule qu'il peut frapper, et c'est parfaitement injuste. Il aimerait la toucher, poser une main tendre sur elle, mais il ne sait pas s'il sait faire, il ne sait pas s'il a jamais su faire. On ne se touche pas à la cour, pas vraiment, il faut aller dans les coulisses pour faire ça, et à Arnaud on a autorisé aucune coulisse. Il est l'inconnu oublié de l'équation, c'est exactement ça. Et peut être que s'il avait au moins cette coulisse de caresses tendres alors il pourrait s'accrocher à quelque chose. Il fait partie de la caste de ceux qui ont tout, et il n'a rien. L'amour qu'on lui donne est artificiel, juste rappelé ou ressenti parfois, en temps de crise. Ca ne suffit pas. Il ne reçoit ni ne peut donner. Il ne peut même pas se battre dans la guerre civile qui fait rage. Et Alice, qu'est-ce qu'on lui donne comme amour ? Est-ce qu'on lui donne de l'amour ? Il n'a jamais vu que la façade sociale du couple Marquis Marquée. Il ne les a jamais vus les deux à la fois dans l'intime. Il la voit bien, elle, qui donne, mais est-ce qu'elle reçoit ? Tu me poses cette question comme si ça semblait normal qu'il morde les gens comme ça, comme si c'était banal et quotidien. Il te boit, Alice, ou quoi ? Ou est-ce que la violence autour a atteint un niveau si haut qu'une morsure de Tomas est devenue une forme de réconfort pour elle ?

Et elle surgit, justement, la violence. Elle surgit d'entre les lèvres de la petite rousse. Il l'écoute, interdit, l'écoute longuement, bouche pincée, les ailes du nez qui se gonflent au fur et à mesure, et sa respiration qui se fait longue de colère. Comment est-ce que tout ça est possible ? Qu'il ne soit pas la seule cible qu'Aequitas, ça, il n'est pas con, il s'en doutait bien. Que ça finirait par arriver à Alice, que ça finira par arriver à absolument tous ses proches. Mais qu'une chambre explose à la cour et qu'on réussisse à lui dissimuler la chose ? On le prend pour quoi, un gamin de quatre ans qu'il ne faut pas offusquer ? On s'imagine que depuis l'attentat qu'il a subi lui même il est en PLS pouce dans la bouche dans son lit et qu'il ne faut plus lui donner aucune nouvelle de rien ? Alice...Alice...Je suis tellement désolé. Oui c'est une marquée, oui elle guérit plus vite, mais elle guérit physiquement plus vite, il ne se trouve rien dans le sang des vampires pour accélérer la convalescence des âmes. Je ne comprends pas pourquoi ils ont tout fait pour me cacher tout ça. Une chambre qui explose à la cour ? Et on me garde dans le noir ? Il est là, le risque que prend la monarchie de s'effondrer. Si ceux qui la composent et la soutiennent sont gardés dans le noir de la vérité du conflit, si on leur met des oeillères et si on les empêche par là même de s'entraider et s'unir, on n'obtiendra que des êtres apeurés, isolés dans le noir de l'ignorance, aucune carte en main pour survivre, et non pas une foule de combattants. C'est dans cette désorganisation des coeurs que réside la perte potentielle d'une guerre. Si je suis pas seul alors il faut que je le sente, et toi aussi, et tout le monde, parce que sinon on va pas aller très loin. Toi, moi, beaucoup d'autres, ne peuvent pas combattre, mais on peut communiquer, s'organiser, et c'est important. Beaucoup plus important que de se soulager en faisant des rondes aux cocktails. La monarchie mise sur l'apparence à maintenir, mais c'est trop tard, on est trop loin, trop profond dans le conflit, on ne peut plus continuer à perpétuer cette étiquette désuète. Il ne faut maintenir les apparences que si derrière tout le monde est conscient de manière aiguë de tout ce qui se passe, et fait partie du jeu à son échelle au même titre que les autres.

Comprends-moi bien, je suis pas en train de te dire organisons une contre révolution du peuple pro-monarchie, prenons les armes des mots contre les armes de métal blablabla. C'est juste que si on s'unit et qu'on communique on sera pas une foule de cibles isolées et donc plus faciles à abattre. Non ? Et puis au-delà de mes grands discours, tu me manques, c'est tout, tu me manques, toute la tendresse part en couilles dans ce conflit et je suis pas un bisounours hippie c'est pas la question mais c'est quand même un bon putain de moteur la tendresse, non ? On ne se bat pas uniquement pour des idées abstraites. On se bat aussi et surtout pour ceux qu'on aime, et pour soi. Vous voulez pas vous casser, là, c'est ridicule d'avoir une discussion sincère avec deux gargouilles qui écoutent. Ou alors participez, mais sinon franchement barrez-vous, vous avez bien compris que j'allai pas l'attaquer la princesse ? Il s'adresse à Nora et Louis. Ils n'y peuvent sans doute rien mais avec leurs airs leurs manières et leurs odeurs de Cour ils ne font que représenter le convenable dans une situation qui tente de s'en émanciper. Il a envie de cogner le monde, Arnaud. De tout changer précisément à un moment où le sens commun a envie de se dire "on verra plus tard". Et si le sens commun se trompait depuis le début ?

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   26.04.18 22:04

Malgré la retenue dont j’essaye de faire preuve – ce qui est un échec, au moins en partie – je ne peux pas dissimuler ma surprise lorsqu’il me demande si Tomas boit à ma veine. Le fait est que nos échanges sont particuliers mais, tout de même… Ignore-t-il tout de la relation entre Ninon et Charlotte ?

Oui… En tant que marquée, je dois boire son sang régulièrement pour ne pas dépérir, et l’inverse est vrai également. Et quand bien même ne serait-ce pas nécessaire, je le ferais avec joie si Tomas en avait besoin. Ce n’est pas si déplaisant, j’ajoute en haussant machinalement les épaules.

J’ai appris à apprécier la morsure de mon marquis, simplement parce que cela me permet de partager un moment d’intimité avec le vampire. C’est tout ce que je recherche, et je suis quelque peu stupéfaite de voir à quel point Arnaud semble… Désarçonné par cet épisode. Tomas l’a mordu par surprise, ou quoi ?
Mais qu’importe. Alors que je lui déballe la longue liste de mes déboires, je vois Arnaud s’agiter, je lis la colère sur ses traits un peu trop expressifs… Et j’ai le droit à des excuses. Ça m’aide à reprendre contenance, même si la lassitude revient aussitôt en force.

C’est passé au journal télévisé, après ça… Je suppose qu’ils n’ont pas voulu t’inquiéter.

Je hausse les épaules. C’est une fatigante rengaine que j’entends trop souvent, mais je suis trop épuisée, ce soir, pour m’en offusquer un tant soit peu.
J’observe Nora et Louis, derrière moi.

Sortez, s’il vous plaît.

Nora s’esquive aussitôt, mais Louis me lance un regard qui veut tout dire. La confiance règne. Il finit cependant par se poster à la porte, à défaut d’être mon ombre fidèle. Je comprends qu’il n’ait pas envie de me laisser seule avec un nécromancien contrarié, mais enfin… C’est Arnaud. Je ne le vois pas me faire de mal. Même si je grimace en songeant au fait que lui aussi me taxe de princesse.

Tout le monde est un peu à cran, je dis sur un ton d’excuse au sorcier.

Il faut dire qu’il y a de quoi.

Je ne sais plus si j’ai envie de m’organiser pour quoi que ce soit… Ces gens n’ont jamais voulu de moi, Arnaud. Ils ne voient qu’une humaine inutile, et c’est ce que je suis, finalement.

Je regarde ailleurs pour ne pas faire cet aveu qui me pèse les yeux dans les yeux. Tout est bon pour ne pas voir l’éventuel jugement dans les prunelles de mon compagnon. J’en ai assez de lire la commisération dans ces courtisans persuadés de valoir mieux que tout le monde.
Je me déloge de mon fauteuil, pour m’installer à côté du jeune homme. Lui aussi me manque. Bizarrement, c’est un peu de normalité dans un quotidien qui n’a plus aucun sens, de parler avec lui. Allez savoir.

C’est un bon moteur, la tendresse, je murmure. Mais contre ces gens là… ça ne suffira pas.

A tel point que je me demande parfois si mes jours sont comptés. Le manque de sommeil cruel que je vis en ce moment n’aide en rien à relativiser ces sombres rêveries.

Tu me manques aussi, Arnaud. Tu devrais venir plus souvent, d’autant que ça te fait changer d’air.

Rien ne peut être pire que le Louvre.

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   25.05.18 22:42


Petit à petit Arnaud s'aperçoit qu'il ne sait rien de rien, qu'il vit vraiment à travers une paroi et que ce qu'il s'imaginait d'ignorance de sa part n'était en fait qu'infime. Il croyait être mis à l'écart des événements, simplement ignoré et élevé même à trente trois ans encore comme un enfant qu'on épargne des violentes réalités du monde et il se rend compte qu'il était loin du compte. Il n'est pas traité comme un môme qu'il faut épargné : il est carrément élevé grandi et vivant dans un autre monde que le monde réel. Ce n'est pas une tour d'ivoire qui l'enferme, c'est un casque entier de réalité virtuelle. C'est un simulacre de vie. Et comment, alors, vraiment se connecter aux gens, ou comment pour les gens se connecter à lui, puisqu'il n'appartient pas à ce monde et qu'eux, si, eux le subissent perpétuellement ? La morsure de Tomas n'était qu'une demie forme d'éveil - la voix d'Alice le sort pour de bon de ce coma artificiel dans lequel on l'a maintenu depuis toujours. Il regarde ces mains fines, devenues presque translucide, guette les traces de morsures à ses poignets, son cou délicat, observe ses gestes machinaux et sa manière de s'adresser aux domestiques, observe les cernes qui creusent le visage d'Alice enfin comme s'il découvrait un être humain en face de lui pour la première fois. Elle agit comme si elle était fatiguée de tout, comme si elle était déjà passée ailleurs, comme si la carapace qu'elle s'était fabriquée contre le monde avait cédé pour ne laisser qu'une peau à vif, à la merci de toutes les brisures, en dessous. Il l'observe et il a l'impression qu'elle est déjà passée de l'autre côté, qu'elle fait les mouvements de la vie quotidienne comme un pantin en train d'essayer d'imiter la vie. Tu m'excusera, mais je ne vois pas très bien ce que ça peut vouloir dire, inutile. Il murmure presque, comme s'il était à une fenêtre en train de la convaincre elle pointe des pieds sur le bord de ne pas sauter. Franchement, à regarder mon existence, à regarder celle d'Etienne et de tant d'autres, de la Reine même, à regarder vraiment bien, profondément, elles sont toutes inutiles. Aucun d'entre eux ne sauve activement des vies, n'a inventé de vaccin contre la mort, n'a posé une marque vraiment significative dans le monde. Non, même pas Charlotte : une date de règne dans une bouquin d'histoire, une date de révélation et même de révolution ça n'a en soi rien d'utile. Faire l'histoire n'a, en soi, rien d'utile. Ce qui compte c'est le peu de chaleur qu'elle possède encore, et qu'elle vient déposer contre son épaule, contre son corps. Cette vie qu'elle frotte contre lui, qui vacille mais bat encore. On peut être parfaitement inutile au monde mais absolument utile pour quelqu'un. A ce stade d'irréelle violence de l'humanité, c'est peut être la seule chose qui peut compter encore. A ce stade où les trois quart de la population est impuissante face aux événements il n'y a que ce qu'ils peuvent faire à leur échelle qui importe.

Il ne se rappelle de pas grand chose de sa mère partie trop tôt pour marquer véritablement sa mémoire, mais il se rappelle une phrase qu'elle utilisait comme un mantra pour l'endormir le soir. "Quoi que tu fasses, débrouille toi pour toujours rendre dix personnes heureuses autour de toi." Ô, chère mère disparue, j'ai bien failli à appliquer le seul conseil qu'il me reste de toi. D'abord je n'ai jamais eu dix personnes autour de moi, et les cinq maximum qui l'était, je n'ai pas su m'acharner à les rendre heureuses. Contre moi Alice, ou plutôt les ruines d'Alice, en sont la preuve vivante. Quelque part dans Parys Tomas, dont les dents me lancent encore un peu dans le poignet, aussi. Et au Louvre, il y a Ninon qui trône, Ninon qui depuis des années maintenant ne me laisse pas et ne me laissera jamais plus essayer de la rendre heureuse. Je viendrai autant que tu voudra de moi. Il ne le dit même pas, l'autre bout logique de sa phrase, ce "et tant que Tomas ne sera pas là", il ne veut pas l'accabler, ne veut plus l'accabler, quel besoin d'ajouter des conflits sur des conflits sur des conflits sur des conflits ? Fabriquer des couches à la douleur ? Fabriquer un bon gros mille feuilles de douleur à la crème écoeurante ? Ca, ouais, ça ce serait parfaitement inutile. C'est parfaitement inutile. Entretenir la douleur des autres est aussi justifiable que de cuisiner un truc sophistiqué pour l'exploser par terre ensuite. Il faut que tu me dises, Alice, en quoi je peux t'être utile. Ce que je peux faire, maintenant, là, tout de suite, ou plus tard peu importe, mais si je peux faire quoi que ce soit il faut me dire. Il lève le bras droit et entoure les frêles épaules de la jeune femme. Pose son front contre son bras tiède. Savoure chaque parcelle de cette chaleur humaine qui lui a tant manqué.

Tu peux sortir ? Tu peux faire des trucs ou tu es parquée ici pour toujours ? Il la connait la réponse, mais il aimerait insuffler un peu d'espoir dans ce coeur qui bat si faiblement tout près de son oreille. On pourrait partir à la campagne faire un pique nique ou une partie de paintball. Ou s'installer dans une ferme et traire les vaches. Mettre Parys derrière nous avec des chapeaux de paille sur la tête. Il serait plutôt sexy Tomas avec un chapeau de paille. Ou en tout cas un minimum crédible. On pourrait avoir des poules qu'on appellerait Charlotte Ninon Etienne et Arthur ? Il s'enthousiasme, lui qui n'a jamais foutu les pieds hors de Parys. Il raconte n'importe quoi. Il ne sait pas comment l'atteindre, la rejoindre. Il assomerait un républicain armé jusqu'aux dents puis le déguiserait en Charlotte sur une place publique si ça pouvait la faire revenir à la vie.

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MessageSujet: Re: such a scream l alice   Aujourd'hui à 0:12

Inutiles, nous le sommes peut-être tous. Il n’a pas tout à fait tort. Parfois, j’ai l’impression que cette histoire de monarchie, ce n’est qu’une vaste mascarade, un jeu pour les vampires et autres créatures surnaturelles.
Aequitas, elle, en a bien fait un amusement, non ? Alors pourquoi pas d’autres. Sauf que moi, dans tout ça, je ne serais jamais qu’un pion, au contraire de ceux qui peuvent prendre les choses en main, armés de leurs pouvoirs et du reste. Je sais à peine me défendre, je ne risque pas de jouer les guerrières.
Et je déteste cet immobilisme forcé.

A peu près autant que j’apprécie le contact d’un ami. Arnaud passe son bras autour de moi, et je me laisse aller dans cette étreinte paisible. Je me sens un peu moins seule, l’espace d’un instant, peut-être un peu moins perdue. Même si j’ai conscience que ce n’est qu’une illusion, ça aide.

Tu es là. C’est déjà beaucoup. Parfois je me sens… Seule, alors que je ne le suis jamais vraiment. J’ai l’impression d’être une étrangère dans cette vie.

Et je sais que Louis entend tout, et qu’il doit s’en sentir désolé, adorable comme il est, mais c’est vrai. Tomas et Lélio ont tout chamboulé dans un quotidien que je n’appréciais guère, et j’essaye de retrouver mes marques tant bien que mal avec un vampire suicidaire sur les bras. Je hais l’idée même qu’il puisse me quitter de la sorte.
Elle me fait peur, même.

J’aimerais vraiment te voir plus souvent. Quitte à garder un jour dans la semaine pour nous deux. Je sais que nous avons des vies compliquées, mais tu comprends, toi.

Il comprend des choses que je ne saurais pas expliquer à quelqu’un d’autre et que je ne veux pas expliquer à Tomas. Il s’en attristerait, et j’évite ce genre de choses en ce moment, pour des raisons évidentes.

Je peux, théoriquement, mais j’ai toujours une personne sur les talons et c’est sans compter ceux qui se dissimulent mais nous suivent tout de même.

Je pouffe de rire en imaginant Tomas dans un accoutrement de fermier, cotte, bottes et chapeau de paille. Rien de très crédible. Je vois d’ici l’air déconfit qu’il afficherait sans doute, mon mousquetaire.

Pauvres poules, elles auraient un sale destin sur les épaules, j’ajoute avec un petit rire.

Je me blottis contre lui avec un sourire. Fatigué, mais sincère.

J’aime bien l’idée de sortir de Parys, cela dit. Juste… Pas maintenant. Dans quelques temps, quand les choses se seront un peu calmées.

Parce que je ne peux pas laisser Tomas derrière moi, pas même l’envisager.

Un pique-nique serait bien, pour commencer. Ou une randonnée, si tu arrives à suivre le rythme, je complète avec un air faussement inquiet.

Avantage de marquée, mon endurance est plutôt bonne. Doux euphémisme.

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