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 Le bruit des bottes. [Azalaïs Lanhy]

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Alexandre du Peyrer

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MessageSujet: Le bruit des bottes. [Azalaïs Lanhy]   Ven 9 Fév 2018 - 21:21


"Arrête ! C'est ici l'empire de la mort."
Jacques Delille
(@Azalaïs Lanhy & Alexandre du Peyrer)

Le bruit des bottes. Le bruit des talons qui claquent sur le sol en acier. Le bruit des cœurs. Le bruit de la peur qui se répercute en échos diffus autour de lui. Le bruit des ceintures qui cliquent. Le bruit des chargeurs qui s'enclenchent dans les fusils à répétition. Le bruit des gants que l'on enfile sur des mains moites. Le bruit de la gomme à mâcher qui éclate entre des dents fébriles. Le bruit du fourgon blindé qui transporte la mort dans les rues de Parys.

Un seul être reste silencieux. Son épée repose entre ses genoux. La tête basse, il vénère les croyances impies d'autrefois. Un égaré des vieux siècles réanimé par les fous du Louvre. La Réponse. La réponse au chaos, la réponse au changement, la réponse à une menace que le Royaume ne peut tolérer.


-Arrivée sur site : H moins une minute.

L'écran tactile affiche les données en rouge clignotant. Tous les mousquetaires lèvent les yeux vers le minuteur. Pas lui. Aucune diode, aucune voix crépitante dans les hauts-parleurs ne saurait le tirer de sa méditation.

-Aussi, je débusquerais les mauvaises graines, j'éliminerais les pires d'entre vous, j'élaguerais mon sombre arbre, à la manière où mon Père, Adam, me l'a appris.

Regards nerveux. Ils savent d'expérience que l'Ogre ne doit pas être dérangé. Peu sont ceux qui le croisent à la caserne. Mais les histoires se murmurent d'une oreille à une autre. Les humains parlent d'une macabre création de scientifiques délirants, née de chaires mortes. Les vampires croient en l'éveil d'un Père soucieux de faire querelle à des enfants impétueux. Des versions similaires filtrent dans les ruelles et les égouts. On parle de petits regroupement républicains attaqués par un mousquetaire fou, armé d'un hachoir. Des coups d'essais. Les prémisses de l'horreur. Si des arrestations sont effectuées, les prisonniers ne reviennent jamais. Derrière lui, il ne laisse que désespoir et corps en morceaux.

Ce soir c'est différent. Ce soir tout va changer. Ce soir ils vont comprendre. Ils n'auront pas de voitures pour s'échapper, pas de fumée pour se dissimuler, nulle coursive par laquelle s'échapper. Le Poing de Charlotte s’abattra sur eux avec la plus extrême sévérité. Le noir archange de la destruction arrivera par les sous-sols, arrachant les pierres pour en exterminer la vermine qui s'y cache.


-Nous y sommes messieurs !

Les portes s'ouvrent et vomissent les huit mousquetaires humains. L'autre fourgon est déjà sur place. Huit autres cœurs battent la chamade lorsque Alexandre sort finalement du véhicule. Les rares badauds quittent Denfert Rochereau en pressant le pas. Eux aussi savent reconnaître la mort quand ils la voient. Le vampire rejoint ses sbires rassemblés en haie d'honneur. Les explosifs sont placés sur vieille dalle en ciment, une pierre tombale coulée par les services de la voirie. Contrairement à ses hommes Alexandre ne détourne pas le regard, le souffle fait à peine danser sa cape. Il apprécie grandement ce genre de moment. Un combat annoncé par les tambours de la guerre.

La poussière retombe, une seconde s'envole. Les regards anxieux des mousquetaires se tournent vers celui qui est désormais leur meneur.


-Pas de quartier, ordonne l'Ogre avant de disparaître dans le gouffre.

***

-QG ici poste 1, répondez ! Ces fils de putes nous talonnent !

Hugo courre. Il courre comme jamais. La radio déconne et ses copains sont morts. Morts ou pire. Les mousquetaires ont enfoncé leurs bites dans les catacombes et les violent sans vergogne. Ça pétarade dans tous les coins. Les pierres s'envolent comme des feuilles mortes. Une explosion suivie d'un hurlement plaintif fait soudain ralentir le jeune homme. Un couloir empestant la lacrymo s'ouvre devant lui. Les lampes blafardes balancent sur la fumée une lueur inquiétante. Le bruit des bottes se rapproche dangereusement. Romain se jette derrière un vieux baril, son arme bien calée dans le creux de l'épaule.

Un homme équipé d'un masque à gaz surgit du corridor, sa main dressée devant lui.

-Tire pas !
Hugo soupire de soulagement en entendant Laurent. Quatre autres compagnons apparaissent, l'un d'eux saigne abondamment du bras. Laurent leur crie de presser le pas. Si peu de rescapés...
-Faut se barrer, Hugo. Il jette le masque derrière lui. Il est en nage. La sentinelle est perdue. On doit gagner le Passage. T'as prévenu le QG ?
-Ouais... Aucune réponse.
-'Chier. C'est la merde.
-Je comprends pas... Qu'est-ce qu'ils foutent ici ? Ils ont surgi de nulle part. Jamais ils ont risqué leurs couilles aussi loin dans les catacombes.
-Ils sont pas seuls, mec.

Le bruit des bottes rappelle Hugo et Laurent à la réalité. Un regard échangé et la débandade reprend.

***

Alexandre a la foi.

Il observe les humains qui le servent. Leurs visages sont dissimulés sous des lunettes à vision nocturne et un masque à gaz. Leurs armes étranges projettent des points rouges traversant la pénombre. Alexandre les préfère ainsi, tous identiques. Seuls leur parfum brisent l'illusion, les renvoyant à leur condition de Bétail. Primaires mais utiles. L'Ogre ne prend pas la peine d’enjamber les corps sans vie. Parfois une main suppliante se dresse, une voix plaintive troue les ténèbres pour implorer la fureur du bourreau. Certains demandent des choses, d'autres en promettent. La réponse du vampire demeure inchangée et sanglante.

Alexandre a la foi car Charlotte marche avec lui. Belle et nue comme Zillah sous la lune. Le sang qui lui recouvre les mains et les pieds contraste avec sa peau de porcelaine. Sa chevelure de jais tombe en une cascade sensuelle sur son dos, offert à la vue de tous. Ses yeux sont ceux d'une mère aimante et fier de son enfant. Alexandre verse une larme lorsque paume froide frôle sa joue.


-Monsieur, ils sont là.

La voix étouffée du soldat chasse la vision et Charlotte disparaît dans le brouillard de la guerre. Le vampire secoue la tête. Il regarde le petit écran que l'humain a placé contre la vieille porte en fonte qui leur bloque le passage. La magie de la technologique montre à Alexandre cinq formes distinctes de chaleurs corporelles. L'une d'elle, plus éloignée que les autres, semblent s'agiter au fond de la pièce.

Alexandre essuie sa lame sur les vêtements d'un cadavre tandis que l'humain s'emploie à plastiquer la porte.


***

-Putain, mais ouvrez !

Laurent a les poings en sang à force de frapper l'acier. Son visage est maculé de morve, de bave et de larmes. Le corps d'Hugo apparaît encore entre les dents de la porte coulissante ; deux jambes prises de spasmes dépassant du métal. Le prix à payer pour les retardataires. Le mécanisme est aussi obsolète que solide. Une chaîne crantée, un contrepoids et un levier. La dose d'explosifs nécessaire pour la fendre effondrerait le tunnel en entier. Une excellente défense... A condition de ne pas être à la place de Laurent.

-Aidez-nous !

Un hurlement muet adressé à caméra perchée dans un angle.

Une détonation viens d'ébranler l'autre porte. Laurent pivote, l'arme à la main. Le vieux morceau de fonte cède. Décroché de ses gonds, il s'écrase sur le sol dans un grincement sinistre, révélant une noirceur inquiétante derrière lui. Les républicains visent au hasard. Les balles perdues font parfois autant de dégâts que les autres. Au bout de trente secondes d'une torture auditive intense, Laurent intime à ses hommes de cesser le feu.

La grenade flash explose au milieu du groupe. Laurent titube. Les points rouges sont partout, les copains tombent comme des mouches. Crânes percés et hémoglobine intense. Alors les mousquetaires commencent à pénétrer dans le large couloir, s'échappant de l'ombre avec méthode et régularité. Au bout de ce qui semble être une éternité pour Laurent, un calme lugubre règne à nouveau sur les lieux. Il est assis contre la grande porte, son fusil n'a plus de balles ; il ne l'abaisse pas pour autant. Les lasers rendent son visage vermillon.

C'est alors qu'Alexandre apparaît, son épée à la main. Ce carnage ne l'émeut pas, ça se sent à sa démarche. Il est chez lui. Malgré le plomb qui lui déchire les entrailles, Laurent trouve la force de tressaillir.


-Comment passe-t-on cette défense, traître ? Demande sèchement le vampire. Parle et tu mourras dans la dignité.
-Fourre-toi un cric dans le cul et agite le manche.

Laurent hoquette. Il essaye de rire. Alexandre soupire. Cette réponse n'est pas celle qu'il attendait. Sans autre forme de procès, il attrape le républicain par la chemise et plonge ses canine dans le creux de son cou. Le sang gicle sur sa langue, plus doux que la mort elle-même. Un repas pris sur le pouce pour maximiser ses forces. Le cadavre s'écroule sur le sol comme un pantin désarticulé. L'épée d'Alexandre se dresse vers l'étrange appareil qui le fixe d'un regard vide, l'un de ses soldats tire sur la caméra. Sans se concerter, les autres mousquetaires se répartissent dans la pièce et détruisent néons et ampoules.

Alexandre a rengainé son arme. Il se tient désormais devant l'immense porte coulissante, les mains tendues. L'effort est intense, la charge à mouvoir est extrêmement lourde. Le mécanisme proteste de toute ses forces. Il cède dans un hurlement métallique, centimètre après centimètre. Libéré de la pression de l'acier, Hugo tombe sur le sol dans un bruit mat.

L'Ogre porte sa main gantée de noir sur le pommeau brillant. Il avance dans le noir le plus complet, entouré de haine.


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MessageSujet: Re: Le bruit des bottes. [Azalaïs Lanhy]   Ven 9 Fév 2018 - 22:35

Une grande partie des catacombes a fini abandonnée, depuis que Lélio nous a trahi et qu’Arthur de Saint Vaast s’est avéré plus embêtant que prévu.
Petit bâtard narakhe sans parole.
Je lève les yeux au ciel dans la pénombre tout en continuant de tisser mon sort, imperturbable.
Protège, arrête, corrompt, je souffle inlassablement dans ce qui ressemble à de l’hébreu. Mots de pouvoir, qui avec la volonté et le don adéquat imposent une réalité nouvelle. Dans mon esprit, je vois une nouvelle porte se former tandis que quatre de mes suivants tremblent de terreur.

Vous ne devez pas craindre la mort, je souffle aux deux humains.

Je me retourne vers eux, souveraine sans failles, et ma tranquillité les apaise d’autant. Ça, et le doux poison qui couve sous chacune de mes paroles, le pouvoir d’Elhà qui apaise leurs âmes effrayées et relève le nez de leur courage. Il y a les explosions, les cris lointains et les aboiements paniqués par nos canaux de communication. Et il y a mes mots, mon venin injecté dans leurs veines et jusque dans leurs esprits.

Vous avez une cause juste, mes amis. Je ne vous abandonnerais pas à votre fin. C’est ce que nous sommes : une seule et unique entité prête à tout pour que règne la justice et l’égalité dans notre beau pays. Que la France devienne enfin la démocratie qu’elle a toujours été destinée à être.

Il y en a pourtant, qui mourront ce soir sous mes ordres. Il y en a qui l’ont déjà fait. L’une d’elle était une âme que j’avais enfin réussi à marquer, et je siffle en sentant ma rune se modifier en conséquence.
Une de plus, Kaliel. D’une pierre deux coups, hein ?
Liber ricane en moi et me tire un sourire.

Pour ma part, j’arme la seule arme feu que je possède – bénie par le pouvoir d’un prêtre-guerrier, en cas de rencontre avec les narakhes, chargée à l’argent pour tout le reste. Puis j’enfile le baudrier qui maintient mon épée courte dans mon dos, redescend soigneusement mes manches sur les lames fixées dans le prolongement de mes poignets. A ma ceinture, il y a mes couteaux de lancer.
Tous gravés de runes, tous chargés de mon pouvoir.
Ce sont des extensions de mes bras.

Je désigne un autre couloir, dont la sortie est proche et dissimulée sous des trésors d’enchantements, les plus solides que je connaisse. Je hais la magie, mais comme tous les miens je la maîtrise depuis le début de mon existence.

Allez-y. Sortez, et envoyez-moi mon équipe.

Un sourire. Ils savent évidemment de qui je parle. Un sorcier, magie aëlique, qui s’accorde très bien à moi – et connaît ma nature, d’ailleurs. Un élémentaliste. Un vampire. Je n’y ai pas encore ajouté de garou, mais j’en ai bien un en tête. Nous nous entraînons ensemble précisément pour ce genre de situations délicates.
Ils me regardent, sans plus rien de vacillant dans leur regard, et partent sans se retourner au moment où la porte rend l’âme. Je souris quand elle s’ouvre sans cesser de faire les cent pas devant la sortie de secours que j’ai désignée.
Je souris quand je sens un vampire s’avancer.
Nulle peur. Ça le changera de tous ces esprits faibles qu’il a senti vaciller les uns après les autres.
Je ne suis pas comme eux. Je ne suis pas comme lui.

Je laisse le vampire passer. Lui et lui seul. Son équipe reste en arrière, piégée derrière la garde solide que j’ai tissé patiemment.
Et moi, qui sourit toujours.

Avec quelle violence vous peignez de carmin les murs de mon propre royaume. Charlotte a-t-elle perdu tout sens commun ?

Les mots sont à peine susurrés. Nul besoin d’user les cordes vocales quand le géant peut tout entendre. J’ai l’air calme, l’air seulement. Je déteste qu’on s’attaque à ce que j’ai décidé de protéger.
Ma fierté s’en accommode toujours très mal.
Juste une pensée, et les humains se retrouvent entre quatre murs d’énergie, piégés dans une garde solide qui se resserre. Le vampire, lui, s’il ne trouve pas le bon chemin, risque de déclencher un autre piège du même type droit devant lui.
J’arrête ma marche. Saisis l’un de mes couteaux entre deux doigts, me retourne, vise et lance. Mouvement assuré, sans la moindre trace de tremblements. L’arme file. Je ne serais pas seule bien longtemps. Et si mes pions meurent, il sera toujours temps d’en former d’autres.

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Stars arising, countless worlds colliding. Only one will take it all. Can we bring to fall the giants? Can we make the final call? We are the ones to ignite the darkened skies The champions of a world that we defy. A solemn reign of the few who rise up high. And we all fight at the last light. code© by anaëlle. Lyrics © nicki taylor.
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MessageSujet: Re: Le bruit des bottes. [Azalaïs Lanhy]   Aujourd'hui à 1:55


"Arrête ! C'est ici l'empire de la mort."
Jacques Delille
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-Impiété, siffle Alexandre. Il n'y a de Royaume que celui de notre Reine.

Le dégoût prend le pas sur la haine. Un aël est ici. L'Ogre le comprend en observant ses soldats se ratatiner comme des fruits trop murs. Au milieu des supplications des mains tendues, seule subsiste la déception. Il aurait aimé qu'ils aillent un peu plus loin. Il fera sans. Rien ne l'effraie dans les entrailles de la terre, surtout pas elle.

Ça respire. Ça parle. Ça se rebelle.

Ça doit mourir.

Alexandre entend la lame sortir du fourreau, puis siffler dans l'air. Il n'accorde pourtant aucun regard à Azalaïs. Il fixe les pauvres hères luttant pour leur espace vital. Sa main gigantesque est dressée devant lui, paume ouverte. Le poignard qui aurait dû lui trancher la gorge ralentit sa course, jusqu'à s'arrêter complètement. Un fil invisible le retient mystérieusement à quelques centimètres des doigts d'Alexandre. Ses yeux lui sont désormais dédiés.

Le dégoût. Une profonde et sincère exécration de ce qu'elle incarne. Une opprobre pour sa divine Charlotte. Une hérésie prononcée contre le Livre de Nod. Elle a osé... Alexandre ignore qui est cette femme, mais elle a tout l'air d'être aux commandes. Peut être qu'en exhibant sa tête aux traîtres qui fourmillent ici ils plieront le genou et se repentiront ?

Le poignard pivote, la pointe désigne Azalaïs. Retour à l'envoyeur. Les doigts se crispent légèrement et la lame fuse, aussi rapidement qu'elle est venue.


-Traître.

Le mot résonne contre les vieilles pierres. Un souffle chargé de fureur. Un souffle issu du passé. Un souffle d'horreur sur un avenir que certains espèrent glorieux et scintillant. Lui ne veut que détruire. Un aël est ici. Il le sait. Il le sent. Un des terribles envoyés de Dieu épaule les Républicains. Quelque part Alexandre se sent rassuré. Dans ce siècle incompréhensible l'ennemi reste le même qu'il a connu. Il se rappelle de 1710, et de son terrible hiver.

Les serfs mourraient de froid dans leurs masures et les vampires étaient affamés. De sombres et anonymes batailles secouaient alors les nuits. Juché sur un monceau de cadavre, le flanc percé, Alexandre tenait la tête d'un des rejetons de Sariel à bout de bras. Dans sa main brillait la lame qu'il avait dérobé à son propriétaire, l'Impugnable, joyaux des lames aëliques. Furie parmi les furies, une femme fonça droit sur lui, dans le but de venger son capitaine tombé au combat. Alexandre n'échappa à la mort ultime uniquement grâce à ses frères d'armes... Cette nuit là vit périr de nombreux guerriers. Cette nuit là ne couronna aucun vainqueur.

L'ennemi reste le même. La colère est inchangée. La croix d'Ank rejoint ses lèvres. Azalaïs peut enfin comprendre qui lui fait face : l'abomination d'un ancien monde. Une macabre création reniée par Ehlà elle-même. L'abjecte engeance servant le sacro-saint Ordre des Chevaliers Rouges. Celui qui aurait dû périr. Celui qui a été ramené.


-Caïn, Père de tous les pères, guide mon bras vengeur...

Un hurlement succède à la supplication. Un morceau d'âme purulente arraché à un tronc pourri par le mal. La complainte d'une bête sauvage perdue en pleine ville. Les murs des catacombes résonnent de sa douleur. Ils en tremblent même. Alexandre semble se recroqueviller sur lui-même, serrant ses poings contre sa poitrine. Alors les murs explosent, vomissant une nuée d'os et de briques rongés par le temps. Le sol est jonché de débris, les pièges magiques crachent quelques étincelles puis s'éteignent.

Alexandre se redresse, son regard transperce Azalaïs de part en part. Un étrange sourire semble flotter sur son visage. Son gigantesque pied se lève lentement au dessus du second piège, puis s'abaisse. Rien. Le sourire s'affirme. L'épée est tendue vers l'aël en signe de défit. Charlotte l'épaule, il sent sa présence derrière lui, son souffle sur sa nuque. Elle lui murmure des promesses de victoires. L'image ne dure qu'un instant, chassée par la silhouette de la femme.

Le Mousquetaire marche tranquillement vers sa cible. La lame racle tristement le sol. L'imposant chapeau à plume est le premier à tomber, suivi de la cape sombre qui couvre ses épaules. Dernier ajustement : il défait les lanières de son pourpoint de cuir, pour faciliter ses mouvements. Le voilà qui courre désormais, à la manière d'un taureau profitant de sa charge. Sa volonté ôte de son chemin les quelques débris qui lui barrent la route ; du combustible pour attiser sa rage. La vitesse augmente, l'aël ne peut compter que sur ses sens surhumain pour parvenir à suivre son adversaire du regard.

Le saut est exécuté avec maestria. L'épée est tenue à deux mains. Elle s’abat avec fureur. Alexandre poursuit son mouvement et porte un coup de taille circulaire, au cas où sa cible parviendrait à esquiver le premier. Juste de quoi la faire saigner un peu et instiller un peu de peur derrière ce masque de suffisance.


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Le bruit des bottes. [Azalaïs Lanhy]
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