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 My god is the sun ☩ Taïsya

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Arthur De Saint Vaast
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✠ Je suis : Vampire | Lieutenant Mousquetaire | Specialiste du Renseignement - Contre-Espionnage
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MessageSujet: My god is the sun ☩ Taïsya   05.02.18 12:38



My god is the sun
Far beyond the desert road, Where everything ends up, So good the empty space, mental erase, Forgive, forgot

TAÏSIYA VARGA ☩ ARTHUR DE SAINT VAAST
My God Is The Sun ☩ QOTSA


La douleur, une constante depuis des jours, il ne les compte plus. Le mal être et la folie qui ont conduit le Mousquetaire à commettre des actes répréhensibles même pour le Lieutenant qu'il est. Pendre des Républicains avérés aux lampadaires de Montmartre fut un coup de folie pure. Une descente brutale aux Enfers après que son équilibre tant recherché fut bafoué par l'homme qu'il considérait comme un frère, par celui aussi qu'il était prêt à marquer. Un don qui n'est pas anodin pour un vampire. Puis il s'en était prit à la Marquée, puis au Marquis, perdant complètement pied sans compter l'Aël, la tête pensante de l'Assemblée elle-même. Une spirale infernale, abyssale noyée dans l'espoir à nouveau vain entretenu par le Marquis.

Ce fut dans la même nuit où il plongeait sa lame dans les côtes de son « frère » que la révélation lui vient. Euphorie étrange, démente. Arthur avait retrouvé ce nom qui ne voulait plus sortir de l'oubli. Ce nom sur un visage tant aimé qu'il a crû revoir en Taïsiya. Peintre dont il louait les services, entretenait l'art sans compter, gardienne malgré elle de son salut.  Après leur rencontre au Louvre et ce qui en avait découlé, le Baron avait tenté de la revoir malgré son interdit. Ses derniers mots tournaient encore toujours dans son esprit tout comme ce qu'il avait pu voir dans son sang. Étranges voix inconnues sans l'être, masques et noirceur, un goût dangereux de déjà-vu...et pour cause... Dans le propre sang d'Azalaïs, Lelio avant elle.

La réponse qu'elle lui avait donné n'était clairement pas ce qu'il attendait, c'est indéniable. Elle avait été prononcé avec certes, un aplomb apparent mais une hésitation tout de même présente. Arthur avait ressenti à la fois les dernières effluves de plaisir mais aussi de trouble chez la jeune femme, le cœur qui battait de manière étrange tandis que le corps reprenait ses forces. Le Baron avait froncé légèrement les yeux, hochant la tête alors qu'elle se défilait déjà pour disparaître comme une petite souris dans la salle de bain de cette si luxueuse cellule. Lorsque cette dernière avait daigné sortir de son abri, l'Immortel était déjà parti.

Peut-être aurait-il dû s'acharner, se montrer un peu combatif ? Car de cette réponse dépendait son intégrité mentale. Arthur était sûr de l'avoir trouvé, il était sûr, trop même, d'échapper à cette malédiction qui grignotait ses souvenirs, sa mémoire et sa vie à chaque jour qui passent. Un espoir vain peut-être ? Il n'en savait rien à cet instant mais ce qu'il savait en revanche c'est que la louve allait changer d'avis, tôt ou tard.

Confiant ? Absolument. Il devait se montrer convaincant sans se rendre compte que cela allait bien au delà du désir, de l'envie, de la présence mais que les convictions, que les choix et les sacrifices de chacun avaient une part importante dans cette histoire à peine naissance. Une histoire malsaine, tordue aussi qu'inattendue qui les précipiteraient tous les deux dans des chemins bien tortueux et douloureux.

Un jeu du chat et de la souris, des appels restés sans réponses, le silence qui le rendait fou ou impatient. Mais il gardait un atout dans sa manche, un atout dont il aurait pu se servir bien avant mais dont les effets ne l'avaient pas laissé lui non plus indemnes. La magie se paye sur tous les fronts, encore plus quand elle n'est pas sous votre contrôle. Cependant, le pragmatisme, la rationalité du Baron n'était plus vraiment de mise quand l'obsession prend le dessus, quand il a tant besoin de la revoir après cette révélation. Le sommeil nocturne d'une louve qui se mêle à celui de l'Immortel et le monde des songes s'ouvrent de nouveau. Ce n'est pas sans appréhension de la part de l'instigateur de cette manigance mais ses scrupules et cette peur dont il n'est pas coutumier lorsqu'il la retrouve.

Elle se tenait là, grande silhouette frêle presque malingre, pieds nus dans l'herbe grasse qui surplombe les falaises de craies battues par le vent marin et estival venu de l'est. Un paysage qu'il sait reconnaître, sur ses terres baignées d'un soleil bienfaisant qui lui réchauffe la peau. Ce lien qui unissait leur songe devenait un peu plus prégnant, il le sentait. Tout s'imbriquait, s'emmêlait. Un battement de cil et le voilà près d'elle, à chercher sa main.

- Je t'ai cherché...

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Taïsiya Varga
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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   07.02.18 9:57


Do not fall in love with people like me.
I will take you to museums, and parks, and monuments, and kiss you in every beautiful place, so that you can never go back to them without tasting me like blood in your mouth.
I will destroy you in the most beautiful way possible. And when I leave, you will finally understand, why storms are named after people. (c) Caitlyn Siehl


Paupières qui papillonnent, offrent aux prunelles un spectacle qu'elles connaissent sans l'avoir jamais vu. Elle sent l'herbe tendre sous ses pieds. L'air doux qui fait gonfler la robe autour de ses chevilles. Qui vient glisser sur sa nuque, soulevant ses cheveux. Elle s'en rappelle de ce vent, de ces odeurs qu'il apporte avec lui. Elles ont bercé sa fausse première nuit avec Arthur.

- Arthur...

Sa présence répond comme à un appel. Ou peut-être qu'elle a envie de croire qu'elle l'a senti arriver avant qu'il ne soit là, juste derrière elle. Elle lie ses doigts aux siens. Si facilement. Mais elle ne se retourne pas tout de suite vers lui. Il y a ce vide qui s'ouvre à ses pieds, qui l'attire de manière presque irrésistible. Machinalement son pouce vient caresser le dos de sa main.

- Je n'ai jamais vu la mer d'aussi près, en vrai. Dans ma tête... il y a des images qui veulent me faire croire le contraire. Un peu comme... des souvenirs. Oui, voilà. On dirait des souvenirs. Ce n'est pas possible n'est-ce pas ? Parce que nous som... je suis déjà dans ma tête. Tous les trois. Je crois que ça vient d'elle... Je crois qu'elle veut prendre ma place parce que tu es là. Elle est si malheureuse...

Sa voix s'était faite murmure. Voilà qu'elle divaguait dans ses propres rêves. Le sommeil ne lui apporte guère de repos. Elle est si fatiguée en ce moment, à fuir cette menace qui a fait tomber de nombreux républicains. A le fuir lui dans la vraie vie. Ici elle n'a pas à le faire, parce que ça ne compte pas. Parce que tout ne dépend pas d'elle, même si l'idée a germé dans un recoin de son esprit.

Son grand corps se tourne enfin vers lui. Elle a le regard un peu perdu. De ce qu'il se passe ici, et de l'autre côté. Elle le dévisage dans le brouillard clair de ce drôle de rêve. Comme si la réponse se trouvait là. Mais la réponse pour qui.
Lasse, elle vient se blottir contre lui. Elle a l'air d'une gamine, sa main toujours dans la sienne et l'autre qui vient triturer le col de sa chemise. Le nez dans son cou. Elles y retrouvent cette odeur rassurante, qu'elles connaissent toutes les deux.

- Je sais que tu m'as cherché... mais j'te l'ai dis. On ne peut pas se revoir. Pas comme ça. Puis tu me connais pas. Si c'était le cas, tu me chercherais toujours mais pas pour me croquer entre deux draps. Tu arrêterais de croire que je te fais du bien. Que je suis ton petit pansement. Et moi... je ne peux pas découvrir que parfois, t'es quelqu'un de bien. T'as pas le droit d'être gentil. T'as pas le droit de me faire ça.

En-dehors de ce rêve elle s'interdirait même jusqu'à l'idée de faire ça. Peut-être même qu'elle s'en voudrait d'éprouver ce qu'elle éprouve là, maintenant. Elle se rassure en disant que ce n'est qu'un rêve. Que dans la réalité tout est différent. Qu'elle n'y ressent rien de plus qu'avant. Pas l'ombre d'un recoin d'un début d'attachement à son égard. Le sexe et les sentiments, elle sait faire la différence. Elle n'a rien d'une midinette qui s'amourache pour un rien. Elle n'est pas non plus celle qui se repose sur les autres. La plupart du temps c'est le contraire. Auprès de qui pouvait-elle se laisser aller de toute façon. Auprès de lui. Auprès de lui tu peux. Non. Non elle ne pouvait pas. Ou alors, juste ici... Là, dans ses rêves qu'elle fait de lui. Où il ne la jugera pas. Maintenant qu'elle peut lui associer de vraies sensations, et de vrais souvenirs. Ces rêves pourront presque lui apparaître comme réels.
Et au réveil tout ira mieux. Tout sera comme avant. Elle continuera de le fuir, persuadée que c'est ce qui est préférable de faire. Au grand jour, elle tirera un trait sur les cadeaux de Morphée. Elle ira jusqu'à nier ce qu'ils ont partagé dans cette cellule du Louvre s'il le faut. Le goût de sa peau. Son regard couleur de nuit, tellement humain, où le chagrin a frôlé la surface avant de céder face à quelque chose de plus tendre.

A cette simple idée une créature s'insurge.

- Arthur... Mon Arthur. Je t'ai attendu, moi. Toutes les nuits. Tu n'es pas venu me retrouver dans ses rêves. Est-ce que tu m'aimes moins ? C'est elle que tu aimes plus ? Je ne veux pas. Tu restes à moi. Si j'étais encore vivante je voudrais passer chaque seconde avec toi, pas comme elle. Tu l'as bien vu, elle ne veut pas de toi. Ou seulement ici. Je ne la laisserais pas faire tu sais. Ce monde-là, il est à moi. Il n'y a qu'ici que je peux être avec toi. Tu ne peux pas m'abandonner Arthur. Pas encore...

Leur voix s'étrangle dans cette gorge unique. L'égoïsme de la petite créature l'envahit. Taïs ne lui en veut pas. Elle ne peut pas la comprendre, parce qu'elle n'a jamais aimé personne comme elle l'aime lui. Douce petite humaine. Son désespoir lui noue la gorge. Sanglot qui l'étouffe et vient faire briller les prunelles.




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Le jour je suis ce rayon de soleil, et la nuit je deviens cette terre sombre et obscure. Faite de romance et de poussière dansante. Tel un loup garou, je me métamorphose. Ou plutôt devrais-je dire : je deviens ce que je suis.
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Arthur De Saint Vaast
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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   07.02.18 13:35

@Arthur De Saint Vaast a écrit:


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- Je peux te la montrer. Je te l'ai proposé. Tu la verras de tes yeux, pas à travers les siens. Je la porte encore dans un coin de mon cœur, je le ferais toujours, mais ma malédiction ne doit pas m'empêcher d'espérer voir devant moi. Avec toi.

Cette petite main se glisse alors dans la sienne et les doigts de l'immortel se serrent tout autour avec douceur. Quelques pas et les voilà au bord des falaises. Arthur se sentait serein, calme, comme à chaque fois qu'elle était là avec lui, que ce soit réel ou pas. Cette sensation traversait les réalités sans qu'il ne s'en rende compte. Le regard perdu alors vers la mer d'huile, d'un bleu sombre qui rappelle celui de ses prunelles. Au loin, les côtes anglaises se dessinent sans mal à l'horizon, ils ne sont qu'à trente bornes à vol d'oiseau. Si loin et si proche de la perfide Albion qui a causé tant de tord aux différents rois et Empereurs qu'il a eu à servir.

Il l'écoute, les mots de la louve sonnent étrangement à ses oreilles. Arthur sent cette présence lui aussi, ce fantôme qui ne se montre pas car il s'incarne, se superpose sur celle qui vient alors se lover dans ses bras.

- C'est irrationnel, je ne me comprend pas moi-même. Je sais que je n'ai pas besoin de savoir, connaître pour sentir ma peine, ma douleur, mes tourments s'effacer à ton contact. J'ai besoin de toi, qu'importe ce que ça peut me coûter.


Sa main se serre un peu plus, un bras passe autour de ces épaules frêles, le nez dans cette chevelure dorée, inspirant alors ce parfum, les yeux mi-clos. Tout n'était que rêve mais tout paraissait si réel car les souvenirs et les actes se fondaient les uns dans les autres. Ce parfum, il le connaissait, la chaleur de sa peau, la finesse de ces courbes, le Baron les avait parcouru dans un autre monde, cette réalité dont ils tentent de s'émanciper pour des raisons plus que personnels pour se retrouver ici.

- Tu n'es pas un pansement, tu es mon salut. Unique et irremplaçable.

Est-ce que ça compte ? La louve se persuade que non, pourtant, ce moment est tout aussi important que ce qui s'est passé au Louvre. Arthur le sait, sauf que ce secret, cette vérité, il ne peut la révéler au risque de la voir partir, fuir définitivement. Ses lèvres se posaient sur la tempe de la jeune femme, son souffle chaud contre son cou, tellement humain à cet instant.

Les mots qu'il prononçait là, Saint Vaast sentait qu'ils venaient d'atteindre celle qui se cachait là, toute proche. Est-ce que c'était Taïsiya qu'il serait tout contre lui avec une douceur qu'on ne lui soupçonnerait pas ou alors celle qui s'était jetée en contrebas, ici-même, il y a quatre cents ans. Arthur commençait à croire que cet endroit n'était pas choisi au hasard par son mental, leur esprit à eux trois. Ce spectre du passait prenait possession des mots de la louve. Un battement de cil, un battement de cœur tandis qu'elle parlait à travers la bouche de la peintre et Arthur frissonne. Exit la chaleur et la douceur du vent marin.

La pièce est sombre, plongée dans une lumière bleutée, froide voir même glaciale. Il reconnaît ces murs de marbre blanc et de granit gris. Une statue au visage compatissant penché avec tristesse sur la dépouille qui trônait au centre de l'endroit. Cet endroit était une nouvelle réminiscence incontrôlée de son esprit, induite par son fantôme, cette femme tant aimée. Elle était là, les yeux clos. C'est comme si elle dormait, vêtu d'une robe élégante d'un noir d'encre, tenant entre ses doigts, un chapelet. Arthur se tenait là, l'uniforme des Mousquetaire arboré voilà quatre cent ans.

- Je t'ai veillé deux nuits durant, Delphine. Je suis arrivé trop tard. Je le regretterais toute ma non-vie, c'était un sacrifice bien trop grand, j'en suis conscient. Si tu étais encore vivante, nous serions mort tous les deux depuis longtemps, je n'aurais pas fait ce choix devant Arras.

Ses propres songes lui échappaient, filaient entre ses doigts, sa main se posant sur celle de sa dépouille, aussi froide que sa carcasse, lui qui venait de rejoindre le monde de la nuit.

- Pas une journée sans que je ne pense à toi, à ce que j'ai perdu, à la douleur d'un choix que je n'ai su faire. Ton souvenir ne me quittes pas mais...

Il relevait les yeux vers la peintre qui se tenait là, comment ? L'explication serait superflue dans un tel monde.

- Je dois avancer, tant que j'en suis capable, avec mes regrets, avec ton nom mais aussi avec elle. Qu'importe ce que ça me demandera, j'ai besoin de ça.

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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   08.02.18 11:03


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- C'est ce que tu dis maintenant... Mais qu'est-ce que je raconte... C'est ce que tu dis ici parce que ce n'est qu'un rêve. Tu es dans ma tête. C'est moi qui te fais dire ça. Voilà pourquoi tu ne comprends pas. Ce n'est pas réellement toi qui me fais ces drôles de promesses.

Elle vient chercher son regard de ses grands yeux clairs qui s'agitent trop vite. Est-ce qu'il y avait du chagrin dans cette voix ? C'est un rêve. Tout ceci n'est pas réel qu'elle se répète encore et encore. Et pourtant sa bouche se retient de donner corps à cette réalité qui les séparera toujours. Toujours.

- Quand tu sauras, parce que tu sauras, qui je suis vraiment. Ce que je fais quand personne ne me voit. Tu me sacrifieras. Et bien plus facilement que tu n'as eu à le faire avec elle. Je ne serais plus ton salut. Mais toi tu deviendras mon châtiment.

Dans ce monde onirique, cette vérité la dévaste. Elle lui fait courber l'échine quand elle semble réjouir la petite créature qui prend le pas sur elle. Taïs devient de nouveau spectatrice et actrice d'une pièce macabre. Elle se fait l'impression d'être de trop. Elle est de trop. Ses mains viennent enserrer ses bras en quête d'une chaleur qui fait défaut dans cette immense mausolée qui sert de décors à ce nouvel acte. Le lieu est dépourvu de cette quiétude que viennent chercher les survivants. Ses pas la guident vers la seule âme vivante présente. Elle reconnaît la ligne de ses épaules dans l'uniforme. La ligne de la nuque sur cette tête basse. Taïs voudrait poser une main réconfortante sur son épaule. Aspirer un peu de son chagrin en elle. Mais elle n'est déjà plus maîtresse de son corps.

C'est faux... C'est faux et tu le sais. Si tu devais tout recommencer tu ne changerais rien. Tu avais l'honneur plus grand. Plus grand que tout. On en fait des sacrifices en son nom. Ils sont beaux ces idéaux qui ne valent plus rien quand ce sont les autres qui en paient le prix.

Petite voix douce presque perfide quand s'y mêlent la jalousie et l'amertume. C'est son corps froid qu'il touche avec révérence, et pourtant elle sent sa main venir se poser sur la sienne.

- Nous serions peut-être morts depuis longtemps mais j'aurais vécu. Nous aurions vécu ensemble. On aurait même pu être heureux. Moi je l'étais déjà, bercée par cet avenir contenu dans tes promesses. Je t'aurais donné des enfants qui auraient porté ce nom dont tu es si fier. Nous les aurions regardés grandir avant de nous éteindre. Sauf que tu en as décidé autrement, pour nous deux. C'est ce choix-là qui m'a conduit dans le vide. Je ne m'y suis pas jetée. C'est toi, qui m'y as poussé.

Ce n'était pas vrai. Elle ne le pensait pas. Elle voulait simplement qu'il ressente une infime partie de cette douleur qu'il lui infligeait de nouveau. Il était venu dans ces rêves pour la retrouver, et maintenant il lui annonçait qu'il l'abandonnait encore. Pour vivre avec une autre ce qu'il aurait dû partager avec elle. Non, elle ne méritait pas ça. Lui non plus ne méritait pas sa dureté. Quelques siècles à errer dans des souvenirs qui s'étiolent avaient érodé les bords de ce cœur trop tendre. Pas assez pour qu'il ne se brise pas de nouveau. Depuis quand la Mort n'absout plus de la douleur.

- Je croyais que tu étais revenu ici pour moi. Une fois encore tu ne l'as fait que pour toi. Tu veux simplement que je t'aide à te sentir moins coupable de lui offrir ce qui aurait dû être à moi, parce que tu as besoin de ça. Et moi, ce dont j'ai besoin, est-ce que tu t'en es déjà soucié ? Est-ce que ça a compté pour toi ? La réponse nous la connaissons tous les deux. Cela n'a pas compté assez.

Elle le regarde se perdre dans ce chagrin. Elle l'en accable un peu plus. Grande silhouette qui l'observe de l'autre côté de cette stèle où gît son propre corps. Elle le sait brisé en bien d'endroits sous cette élégante robe noire qu'on lui a choisi. Son visage est paisible, endormi. Auréolé de longs cheveux blonds qui ne dissimulent pas entièrement ce crâne enfoncé.

- Je ne m'inquiète pas. Tu la feras souffrir elle aussi. Tu ne sais pas faire autrement avec les gens que tu aimes.

Taïs s'était écartée, dévastée par cette douleur qu'elle ne ressentait déjà que trop bien. Il n'y avait que de la souffrance dans ce petit cœur mort. De la souffrance et des regrets pour cette vie qui ne lui avait jamais vraiment appartenu. Elle y avait mis fin dans cet unique et infime acte de rébellion, mais surtout de désespoir. Elle se l'était réappropriée dans l'abandon.
La louve se demandait comment elle pouvait comprendre tout cela. Comment un rêve pouvait être aussi clair. Elle avait presque cette sensation de ne pas dormir. Se rappelait-elle s'être couchée dans son lit ? Tout ceci frisait le surréalisme. Elle reprend un peu possession d'elle-même, venant poser sa main sur celle d'Arthur qui repose toujours sur celle de la défunte.

- Arthur...

Ses yeux cherchent les siens et les trouvent ravagés de cette même tristesse qu'il a laissé transparaître cette fameuse nuit au Louvre. La petite créature a déversé le poids du monde sur ses épaules. Il lui apparaît plus abattu qu'il ne l'était alors, comme si tout ça était vrai. Comme si ce rêve était l'explication qu'elle n'attendait pas. Ce qui était parfaitement impossible.

- Elle ne le pense pas vraiment... Elle est juste malheureuse.

Ils le sont tous deux. Elle se détache de ce visage abimé de chagrin, pour venir recueillir celui de cette femme qui parle à travers elle. Elle l'imagine jeune, délicate, se demande à quoi elle ressemble derrière son ire. Elle s'attend à voir tant de choses sur ses traits figés. Tant de choses qu'elle ne verra pas tout de suite. Visage indistinct qui lui échappe. La louve se penche avec révérence et la dépouille semble alors reprendre vie. Ses paupières s'ouvrent. Sous le coup de la stupeur Taïs se redresse vivement. Sa bouche s'arrondit pour émettre un son qui ne sort pas. Ses yeux qui la scrutent, la jugent, ce sont les siens. Ce visage trop pâle comme étendard à son ressentiment, lui ressemble trait pour trait. Saisie d'une peur qu'elle ne s'explique elle pas recule trop vite. Sa cheville s'accroche et elle chute, sans rien à quoi se raccrocher.


C'est en sursaut qu'elle se redresse dans son lit, le dos moite et les mains tremblantes. Comme possédée, elle se lève sur ses jambes engourdies qui ne tiennent pas bien. Ses mains viennent trouver les murs de sa chambre. Elle se fait l'impression d'être sur le pont d'un navire battu par les flots. Elle avance à tâtons dans le noir jusqu'à son atelier. De ce chemin qu'elle connaît par cœur. Ses doigts la démangent. Sa mémoire lutte pour conserver des images qui lui échappent déjà. Et cette nécessité de peindre, de les retranscrire avant qu'elles ne disparaissent pour toujours. Elle ne comprend pas. Pour autant elle ne cherche pas à le faire. Demi transe exigeante dont elle se fait toujours l'interprète obéissante. Plus tard elle réalisera son caractère impossible. Il ne peut y avoir de vrai chagrin à apaiser dans un rêve. A cet instant il n'y a que ce besoin impérieux qui l'habite, la pousse à se saisir des fusains. Immense feuille blanche qui appelle à être souillée de noir.


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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   08.02.18 15:02



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Il y a de quoi se perdre dans les méandres de ces deux mondes qui se mélangent, s’emmêlent de manière inextricables. Des nœuds où les songes et la réalité se croisent, se heurtent même avec violence. Les promesses, celle de vouloir d’une vie, d’un salut avec elle, Taïsiya n’ont qu’un écho de méfiance, de défiance. Elles rencontrent l’espoir que ce soit vrais mais la perception que le tout cela s’évanouira à son réveil. A la fois, cela provoque bonheur oublié puis frustration et déception d’un coup. La descente est brutale, elle abîme un peu plus encore.

- J’ai fais l’erreur une fois, j’ai fais le mauvais choix de choisir mon honneur plutôt que ma vie. Mon devoir ne peut pas avoir autant de valeur que toi. Je ne le supporterais pas. Je deviendrais fou… définitivement.

Le message de la peintre était subtil, implicite. Quelque chose de presque irréconciliable les séparaient, quelque chose qui déterminait ce qu’ils étaient, leur avenir, leurs convictions. L’entendre parler de châtiment aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. L’info ne tombe cependant pas dans l’oubli. Mais devait-il prendre tout ça pour dit ? Au Baron de se demander ce qui était réel ou non.

Arthur aimerait tant lui dire que tout ce qui sort de sa bouche est réel, que tout cela était une manigance créée de toute pièce pour avoir accès à son esprit, le manipuler de l’intérieur quand à l’extérieur, elle s’érigeait une forteresse qu’il lui aurait été impossible à prendre. Conscient de cette faute mais si cela était à refaire, le Baron n’hésiterait pas une seule seconde. Il n’hésiterait pas dans le simple espoir, dans le désir vain de sentir sa main dans la sienne, ce visage et cette voix qu’il peut de nouveau entendre, la chaleur de son corps qu’il étreint. Elle avait les traits de celle qu’il aimait tant, de celle qu’il a sacrifiée sur l’autel de l’honneur et de la guerre. Mais elle n’était pas Delphine, cette dernière était morte, il espérait même qu’elle ait trouvé la paix et le repos depuis tout ce temps. Arthur s’était lourdement trompé.

- Tais toi, TAIS TOI !

Il secouait la tête puis sa voix claque, se brise en écho contre les murs noirs et ternes de ce mausolée. Un peu de répit, de repos alors que le fantôme du passé le tourmentait. Delphine le hantait depuis toujours, il n’aurait jamais crû l’entendre dans ces rêves. Ce n’était pas vrai, ça ne pouvait pas être vrai. Tout cela n’était que les réminiscences de sa culpabilité, de ses propres tourments, de ses propres questions qui prenaient vie dans ce corps mort dont il tenait la main.

L’ambiance presque sinistre des lieux, il s’en rappelait comme si c’était hier. Comment pouvait-il accomplir ce miracle lorsque l’on sait que son esprit se délite jour après jour, que les souvenirs s’effacent pour ne plus réapparaître. Le Baron se souvenait de cette atmosphère, de ce silence presque monacal de cette chapelle qui trônait sur le domaine qu’il possédait.

- J’aurais voulu avoir une famille, avoir des enfants. Mais est-ce que la guerre nous l’aurait permis ? C’était mon devoir de protéger mon pays, mes terres, ma famille. Je t’avais promis de revenir mais tu ne m’as pas attendu. Tu as choisi pour nous deux, toi aussi. Tu as choisi pour moi ce que je suis maintenant.


Il avait été rappelé du front par une lettre écrite de la main même d’un aïeul de Jehan. Un retour précipité depuis la Hollande espagnole vers les côtes, vers leur manoir. Il venait d’accéder à la Non-Vie et à cette époque, la douleur pouvait encore faire trembler son corps et son âme, lui déchirer ce cœur mort. Ce sont ces mêmes sensations qui s’emparent alors de son être, faisant de ce sommeil, un véritable cauchemar.

- Tu n’es pas là, tu n’es pas réelle, tu n’es qu’un rêve.

Finit il par souffler, ses doigts s’étaient crispés sur le marbre de l’autel. Puis vient la présence de Taïsiya qui agissait toujours comme un baume sur cette âme malmenée par le regret, le seul et unique dont il s’était confessé la dernière fois au Louvre. Sa main quitte celle de la dépouille, se serre dans celle de la louve, son regard se perd dans ses prunelles claires. La peintre peut y voir cette humanité perdue, malgré l’uniforme qu’il porte sur le dos, celui qu’elle a vu d’elle-même… Quand est-ce que le temps a défilé si vite ?

- Je suis malheureux, elle parle pour moi, je le sais maintenant. Je ne veux pas te faire souffrir. Je ne veux pas.

Cette petite voix perfide, acerbe perdait petit à petit en puissance, en assurance. Elle accusait, elle accablait et lui hochait simplement la tête. Cela la mettait dans une rage folle tandis que la louve venait se poser à ses côtés. La ressemblance était frappante, surprenante presque malsaine. C’est cette ressemblance qui a nourrit les prémices de cette obsession, Arthur le consent volontiers mais petit à petit, au gré des rencontres, des discussions mordantes et franches, il se rendait bien compte d’une nouvelle vérité. Le Baron supporterait l’accusation première et il saurait se défendre de la seconde, de cette effet de bonheur, d’humanité qu’elle apporte. Taïsiya est bien vivante, elle est réelle, elle est là et ce dont il a besoin.

A son tour alors de devenir simple spectateur de cette scène clairement surréaliste. Deux âmes séparées de quatre cents ans, d’une incarnation différente et qui se retrouvent dans un monde qui n’a rien de réel mais qui le semble tellement. Le cadavre ouvre les yeux, prêt à se jeter alors dans une vision d’horreur sur la louve mais il s’interpose et tout s’arrête. L’immortel se réveille en sursaut, dans cette mansarde de Montmartre, un goût de fer dans la bouche, d’amertume et de peur dans le corps.

Un violent frisson le prend alors que cette carcasse morte ne pouvait plus rien sentir d’autre, ni même la douleur physique. La nuit était tombée, le noir couvrait Parys comme le reste de sa Non-Vie. Assit sur le rebord du lit, Arthur peine à reprendre ses esprits. Les mots tournent dans son esprit, criant de vérité, se disputant à sa propre volonté. Il voulait lui poser un question avant que tout s’arrête. Le besoin impérieux de chasser le traumatisme qui s’empare de lui. Le besoin de la sentir tout contre lui, qu’elle l’apaise, calme sa douleur, qu’importe les jugements et la morale qu’elle pourrait lui envoyer à la figure, Arthur la voulait, maintenant.

Oubliant même d’enfiler un manteau dans cette nuit froide d’hiver, le Baron marche presque au radar, arpente le quartier, cherche l’atelier de la peintre qu’il n’a jamais cherché à investir jusque là. Hagard, paumé, il y débarque presque en trombe pour la retrouver face à une toile noircie, la silhouette malingre courbée tout contre, dans une demi-transe. Deux esprits épuisés au bord de l’implosion, de la folie commune. Il n’aurait jamais dû jouer avec ça. Mais il n’avait plus de regret. Comment expliquer sa présence ? Il avouerait…

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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   09.02.18 20:08


As time goes on, I cannot help but wonder if you were real if you were really here.

Were your arms always so welcoming? Was your light always so blinding? Were your colors really so brilliant, was your voice really so soothing, were our days really so gentle and beautiful?

Did I really know my way back to you as easy as breathing, as dreaming, all those years ago before skies grew dark and I forgot how to navigate by the stars?

Or maybe, perhaps, I have made you up every glittering radiant bit of you, inch by small sparkling inch.

Maybe you are just the painted figurine of a desperate heart. Nothing more than the wispy imaginings of a wandering soul lost in the wild. A glorious statue gilded in gold only found in the twisted entrails of a tired memory steeped in longing for something that never existed.

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La transe c'est ce drôle de moment où Taïs n'est qu'une coquille. Vide de sa propre conscience mais pleine de tellement d'autres choses qui ne lui appartiennent pas. Colère, désespoir et chagrin s'amalgament en une masse informe et malléable qui s'insinue comme les cellules malignes d'un cancer qui s'étend. Jusqu'au moment où son enveloppe devient trop petite pour la contenir et se mue en un instrument soumis à l'unique volonté de peindre.
Sa conscience oblitère tout le reste, l'espace de quelques minutes, quelques heures qu'elle ne voit pas passer. Qu'importe ce qui pourrait se passer autour d'elle. Qu'importe ce qu'on pourrait lui faire. Elle ne le réaliserait même pas. Dans ces moments elle est plus vulnérable que jamais, incapable de se défendre. Absente. Elle en ressort apaisée mais totalement épuisée. C'est donc exclusivement chez elle qu'elle peut se permettre de les vivre. Avec le temps elle a appris à décrypter les symptômes qui les précèdent. Craignant de les revivre enfermée au fond d'une cave, ou à la merci de n'importe qui.


Le nez sur sa toile elle ne voit pas ce qu'elle fait. Elle n'en a pas besoin. Ses yeux où ses prunelles se sont voilées de blanc fixent le vide. Ses doigts ont des gestes vifs et assurés. Accentuant l'arrondi d'une joue paisible. Estompant l'angle d'une mâchoire. Dans cette transe se mêlent la nécessité vitale à l'exigence de la peintre. Seule leur entière satisfaction mettra fin à cet épisode étrange au regard inconnu.

C'est alors que son corps tendu tout entier vers l'effort se relâche, cœur lourd apaisé de sa souffrance. L'œil hagard se pose enfin sur la toile noircie d'une scène d'où se dégage une certaine sérénité. Le repos de la promise a déserté le stèle sinistre pour faire ployer l'herbe tendre sous sa mince silhouette. Un sourire éternel se dessine sur ses lèvres pleines et un bouquet de fleurs légères repose entre ses mains.  
Pour te faire une idée.:
 
Taïs revient sur ce visage qui est le sien. Et pourtant ce n'est pas elle sur cette toile. Elle le sait. Son cerveau note l'incohérence, sans lui offrir une réponse qui pourrait faire plus de mal que de bien.

- Ce n'est pas moi...

C'est alors qu'elle remarque cette présence dans son dos. Elle relève enfin son parfum dans l'air. Et cette vague de tristesse qu'il dégage encore. Arthur... Compagnon d'infortune d'un Morphée capricieux et cruel à son encontre.

- ...est-ce que je rêve encore ?

Elle le doit. Forcément. Dans le cas contraire elle sait qu'il ne pourrait être là, vêtu de cette tenue improbable qu'il aurait eu au saut du lit. Il n'aurait pas pu venir si vite de chez lui à ici. Elle avait été seule. Le temps d'un battement de paupière et il était là, avec elle.
Rien ne lui semblait plus cohérent dans un moment tel que celui-ci, où toute logique, toute compréhension rationnelle lui échappait. Elle ne pouvait pas se fier au temps qui passait. Il lui semblait qu'elle n'avait pas la moindre prise dessus. Ils avaient déserté cette grande plaine herbeuse surplombant la mer et sa douceur, avalés par l'encre d'une nuit glaciale qui semblait s'éterniser. En quelques battements de cœur. Peut-être même... avait-il été dans son dos pendant qu'elle dessinait et qu'elle ne l'avait pas remarqué.

Le petit minois se fronce, cherche à comprendre. Mais à comprendre quoi ? La pulpe de ses doigts glissent sur la toile, en caresse le grain. Son visage se redresse et elle prend une grande inspiration. Ses poumons s'emplissent de cette merveilleuse odeur de cire qui enduit le parquet sur lequel ses pieds glissent. A bouger ainsi, elle a l'air d'une ballerine. Automate à l'apprentissage maladroit, hésitant à faire un pas de plus. A l'odeur mielleuse se mêlent celles de la peinture, du bois et tellement d'autres infinies nuances que son odorat aiguisé perçoit. Elle se tourne sans le voir vers la plus piquante, la plus suave de toutes. L'écho de paroles douloureuses dans un mausolée onirique lui revient. Sourire bientôt absent, contrit sur les lèvres.

- Arthur...

Elle avance au radar. Pied qui butte sur une latte. Elle trébuche et se rattrape contre lui. Ses yeux encore trop blancs l'observent sans le voir. Il a l'air si vrai sous ses doigts tâtonnant, la peau fraîche de cette neige qui tombe dehors. Ses songes lui semblent si réels quand il est là. Non... non ce n'est pas totalement vrai. Ce qu'elle perçoit, ce qu'elle ressent, lui apparaît comme bien plus aigu. Les bonnes comme les mauvaises sensations, créant ainsi des souvenirs de ces moments qui ne sont jamais vraiment arrivés. Elle a encore en tête chaque mot partagé. Ce sont ces derniers qui l'aident à reprendre contact un peu plus avec le moment présent.

- Je suis désolée... Elle, elle n'est plus là, mais je sais qu'elle l'est aussi. Ce n'était pas vraiment Delphine, tu le sais ça. La colère, les ressentiments, ça ne venait pas d'elle. Je l'ai senti dans ma tête. Comme une petite voix en sous-titre. Elle me l'a dit, qu'elle voudrait te garder pour elle. Tu lui manques... Je l'ai senti quand elle t'a serré dans mes bras.

Ses mains ont trouvé ce visage qu'elles encadrent avec une tendresse dont il ne se souviendra pas, comme tout ce qui s'est passé, tout ce qu'elle est en train de lui dire. Parce que rien de tout ceci n'est réel. Taïs ne s'explique pas cette nécessité qu'elle ressent de devoir le faire quand rien ne compte vraiment.

- Tu ne vis qu'à moitié Arthur, et t'as pas le droit de faire ça. Pas après tous ces sacrifices. Tu lui dois d'être plus heureux que ça. Elle voudrait que tu te saisisses de toutes ces choses que tu as laissé glisser entre tes doigts. Je ne comprends pas pourquoi elle ne revient pas pour te le dire...

La louve se retourne brusquement, s'attendant presque à trouver l'autre jeune femme à ses côtés. Elle ne s'explique pas cette absence qu'elle cherche aussitôt à combler, en quête d'un moyen pour l'attirer dans sa tête.

- Pourquoi tu n'es pas là...

Elle se perd à nouveau dans une absence, comme si elle était seule. Nan... Elle secoue doucement la tête, laissant échapper un petit rire. Bien sûr qu'elle est toute seule. A la recherche d'une morte tourmentant le cœur mort d'un vampire qui à cette heure doit être à des lieux de toutes ces considérations qu'il doit juger ridicules. Est-ce qu'elle va s'arrêter pour autant de le faire ? Absolument pas. Déjà ses doigts se referment sur le loquet de l'une des nombreuses et immenses fenêtres qui font le tour de son atelier. Le froid vient lui mordre la peau. Elle tend sa main comme une gosse le ferait pour récolter quelques flocons. Personne n'aurait pu le voir venir, ce quart de seconde où elle a décidé de passer une jambe dans le vide, se hissant sur le rebord de la fenêtre.

- C'est bizarre tu sais... tout à l'heure elle a montré le bout de son nez quand je me suis rapprochée du bord de la falaise. Je l'ai senti son attraction pour le vide... C'était plus fort qu'elle. Je n'ai pas compris de suite... avant de voir ce trou béant à l'arrière de son joli crâne... Le vide c'est l'oubli, et elle voulait seulement oublier ton absence...

Elle parle... elle parle... Voix frôlant le murmure, visage levé vers le ciel et jambes dodelinant dans le vide.


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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   12.02.18 10:30



My god is the sun
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TAÏSIYA VARGA ☩ ARTHUR DE SAINT VAAST
My God Is The Sun ☩ QOTSA


Le Baron s’était emparé des premiers vêtements qui lui tombaient sous les mains, des atours que l’on n’imaginait pas sur le dos d’un Vampire de sa classe, et pourtant. Parfois, il fallait passer inaperçu dans la société Parysienne quand on cherchait informations et indices de soit-même. Il faisait en sorte que son visage ne soit pas connu, parfois de la plus sinistre des manières comme ceux qui sortaient de la Bastille, l’air perdu. C’était un atout non négligeable. Ne pas perdre de temps, faire aussi vite que le pouvait sa nature pour la retrouver en pleine transe. Ses lourdes chaussures font crisser le parquet ciré et tendre, il ne dissimule pas sa présence à la louve qui ne l’aperçoit pas.

Elle est plongée dans son œuvre, ses doigts s’agitent sur la toile pour la couvrir de couleurs pastels, douces puis petit à petit, il distingue le visage, ce visage si connu. Le sien ? Delphine ? tout pourrait se mélanger dans son esprit à son tour. Mais il reconnaît la scène, cette expression si apaisée alors que l’âme est tant tourmentée. Ses paroles lui reviennent, intensifient de nouveau cette culpabilité qui l’étreint, le rend à la vois mélancolique, fou de douleur et en quête désespérée d’un peu de calme. Cette quête qui l’avait amené ici, tout simplement.

L’immortel ne la dérange pas pour autant, absorbé par cette scène inédite. Il lui a passé tant de commande sans avoir eu l’occasion de la voir faire. Et ce qu’il voit – non pas l’œuvre, mais l’artiste – le subjugue et les noires pensées s’évanouissent le temps d’un instant. La peintre murmure puis se tourne alors vers celui qui attendait patiemment, perdu dans la contemplation silencieuse. Arthur remarque alors le léger voile blanc qui couvre ces prunelles azurs d’ordinaires si éclatantes, si empreintes à la fois de douceur et de détermination.

Il fronce légèrement les siennes, la question qu’il se pose à cette instant est donc évidente. Seulement, il n’a pas le temps d’en faire part à sa vis-à-vis que celle-ci se lève de son siège, les mains couvertes de couleurs, évanescente sur le parquet, se dirigeant d’un pas à la fois léger et chancelant. La louve trébuche, il fait un pas vers elle aussitôt, la rattrape d’une poigne forte mais sans mal, accompagnant sa chute avec légèreté pour la redresser sur ses pieds.

Arthur se trouve alors absorbé par cet étrange éclat pâle qui couvre ces yeux. C’est comme si elle était là sans l’être réellement, coincée entre deux eaux, entre le rêve et la réalité. Est-ce un effet indésirable de ces artefacts ? Il se croque la joue pour ne pas pester dans ses dents, se morigène de plus belle en priant tous les Dieux que ce ne soit qu’un effet temporaire, sans comprendre alors qu’il ne voyait là que le pouvoir caché de la peintre, l’un des secret de ce talent si particulier qu’il aime tant et pour lequel il dilapiderait son immense fortune. Comme un somnambule que l’on ne veut pas réveiller, le Mousquetaire ne la brusque pas. Briser cette bulle étrange, qui sait les effets que cela pourrait engendrer.

Ses mains viennent prendre ce visage en coupe, l’attirer contre le sien, posant la tête sur la sienne, fermant les yeux. Une vague d’apaisement venait s’emparer de lui, ce simple contact avait un effet à la fois si reposant mais aussi dévastateur. Qu’importe, le Baron n’est plus à un comportement auto-destructeur près.

- Taïsiya. Je suis venu pour toi.

Souffle t’il, la berçant presque alors au creux de ses bras. Il l’écoute et sa gorge pourrait se serrer si son corps pouvait encore exprimer l’humanité.

- Je suis désolé moi aussi. Désolé de t’avoir montré ça. Je n’aurais pas dû. Ce n’est pas elle qui ressentait ça, c’était moi. C’est mon regret, c’est mon fardeau, ce qui se cache sous mon uniforme. La question que tu m’avais posé, au Louvre. C’est ça la réponse. Je ne veux plus vivre ça…


Voilà pourquoi, Saint Vaast est le dernier de sa lignée, voilà pourquoi ce nom qui remonte à si loin s’éteindra. Un choix fait il y a quatre cents ans pour l’honneur. Un choix qui aura altéré ses sentiments, ses perception, réduit l’Humanité au profit du monstre qu’il deviendra si il ne sait pas préserver cet équilibre qu’il tente de remettre sur pied. Un choix qui le pousse petit à petit remettre en cause les fondements même de ses convictions. Il ne refera pas les même erreurs. C’est inconcevable.

- Delphine n’est plus là. Elle est partie. Tu ne rêves pas.

Les mots de la louve le perçaient de part en part tandis que la petite louve s’échappait de son étreinte. Il a vécu, pour son devoir, pour la France, pour la Reine parce qu’il ne lui restait désormais plus que ça. Folie, violence, sang, guerre, mélancolie, noirceur. Il ne connaissait plus que ça jusqu’à ce que Taïsiya ne vienne à lui. Qu’elle ne le houspille, le défie, se batte contre lui par la violence des mots et qu’il s’en amuse, s’en abreuve, y répondre avec ce détachement feint. L’obsession s’en mêlant puis tant d’autres choses sur lesquelles il ne sait plus donner de nom.

- Je ne peux pas vivre tout ça sans toi. Taïsiya. C’est toi qui m’apporte ça.

Tandis qu’elle montait alors sur le rebord de la fenêtre, attirée par le vide, Arthur aurait pu jurer le temps d’un instant, sentir un battement de son propre cœur mort cogner contre sa poitrine. Evidemment, c’est impossible, mais la vision qui s’offrait à lui était indéfinissable. Elle amenait avec elle la peur, la perte, la douleur, la colère aussi et le désespoir chez l’Immortel. La peur de la perdre, la peur de sa déliquescence qui en serait induite. Car il sait… à l’instar d’Alice pour Tomas, la louve est unique, irremplaçable pour Arthur.

Sa main se referme aussitôt sur son bras, l’attire de nouveau sèchement vers lui avant que le vide ne fasse son œuvre une nouvelle fois. Ses bras l’enferment tout contre sa peau froide que le froid de l’hiver n’aura même pas écornée. Elle devait se réveiller maintenant, c’en était trop, il fallait la sortir de cette torpeur dangereuse dont il se pensait responsable. Ses doigts caressant ses joues, repoussant ces mèches blondes qui venaient barrer le visage rosi par le vent cinglant qui s’instille dans la pièce.

- Tu ne rêves pas ! Ecoutes moi Taïsiya, je suis là ! je suis vraiment là ! Ce que tu as vu c’était un rêve mais tu es dans la réalité maintenant. Tu es là, avec moi. Tu m’entends, réveilles-toi, ma louve.

Premier possessif prononcé. En avait-il simplement le droit ? Non, elle n’était pas à lui, elle ne le voulait pas, Delphine lui a dit mais… Qu’importe. Ca changera.

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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   14.02.18 12:37


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Corps qui s'acharne et conscience qui disparaît pour que le cœur s'apaise. Descente à l'euphorie douce qu'elle passe dans un coin de son atelier, parfois baignant dans sa toile, peau et vêtements recouverts de penture. Quelques fois elle se réveillera dans son lit, à la faveur du bon cœur d'un petit loup passé là par hasard. Elle fait en sorte d'être seule la plupart du temps, inconsciente de ce qu'elle pourrait faire, de ce qui lui arrive. C'est comme la chute inévitable d'un addict', le manque et la douleur en moins.
Ce soir c'est autre chose. C'est l'imprévu d'un rêve trop réel. Surcharge de colère et de désespoir que son cœur a absorbé comme une éponge jusqu'à la saturation. La frayeur onirique a résonné comme un réveil salutaire. Mais le moment où la réalité l'a rattrapée a été trop bref. Ses grands yeux se sont ouverts brusquement sur un coin de ciel. Un quart de seconde avant que le voile ne vienne prendre la place de ses paupières. Elle a troqué une réalité biaisée contre une autre. Passant d'une scène de théâtre à une autre où elle perdait un peu plus le contrôle d'elle-même. Aussi pragmatique et raisonnable soit-elle, il lui a été impossible de se raccrocher à ce faible moment de concret. Poupée de chiffon aux mains liées dans le dos, qui n'a rien pu faire d'autre que de couler.

- Il est venu pour moi...

L'idée la fait doucement rire. C'est fou comme les mots la percutent avec un train ou deux de retard. Ses jambes se balancent et elle tangue sur le fin rebord. Jamais le vide ne l'a attiré. Ni la mort. Mais elle ne risque rien puisqu'elle rêve. Elle pourrait se laisser glisser sans être accueillie par l'étreinte trop dure de l'asphalte, qu'elle troquerait pour les bras douillets de son lit. Doucement, elle se laisse partir en avant.

Elle bascule brutalement, mais pas dans le sens escompté. Retrouvant la chaleur d'un foyer à la sérénité désormais entachée. Elle a le corps engourdi d'un froid trop intérieur pour être réchauffé aussi facilement. Sa conscience lutte, se débat d'être réveillée si tôt, trop brutalement. Elle saisit l'urgence, la nécessité et pousse la louve dans un ballet-pantomime. Le regard se dégage du rideau blond. Les mains retrouvent ce col, se resserrent autour en quête d'une ancre physique, espérant que ses pensées retrouveront le chemin d'une réalité qu'elles n'ont pourtant pas quitté. Elle s'accroche à la voix. A chaque mot. Ma louve. Incompréhensions. Incohérences. Qui font naître bien plus de questions qu'elle n'apportent de réponses. Il y a de la détresse dans ses prunelles à l'azur presque retrouvé.

- Je ne comprends pas... Je ne comprends pas ce que tu dis... Je ne rêve pas... plus. C'est réel. Tu es vraiment là... et c'est réel aussi. Mais comment... comment est-ce que tu peux savoir ce que j'ai rêvé... et comment est-ce que tu pourrais en être responsable... Tu ne peux pas savoir ça. Tu ne peux pas...




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Le jour je suis ce rayon de soleil, et la nuit je deviens cette terre sombre et obscure. Faite de romance et de poussière dansante. Tel un loup garou, je me métamorphose. Ou plutôt devrais-je dire : je deviens ce que je suis.
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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   14.02.18 16:56



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Il la rattrape de justesse, bien avant que le vide n’engloutisse à nouveau ses espoirs, son humanité et tout le reste comme il l’a déjà fait autrefois. Ses mots sortent sans retenue, ce qui est inhabituel pour le Baron. Par sa simple présence, elle le sort d’une routine pluri-centenaire, d’une non-vie terne et froide où il n’y a que son devoir, son travail qui prime. Bien sûr, l’Immortel sait se trouver de la distraction mais en dehors d’une certaine personne, sans compter la louve, tout lui parait si fade.

Cette même louve au regard perdu qui s’accroche à son col, voguant encore quelques secondes entre réalité et onirisme feint. Elle sait lui redonner le goût et les couleurs de ce monde qui l’entoure pour lequel il n’avait plus aucun intérêt. Ce bref moment d’Humanité, d’apaisement, de calme intérieur est entrain de s’étioler. Arthur le sent, il le voit venir au fur et à mesure que les questions de la jeune femme le heurtent. Inconsciemment, ses mains se serrent alors autour de cette taille fine voir frêle, ses bras enveloppent les épaules saisies de froids par l’escapade précédente.

Il la retient déjà alors que sa réponse n’a pas encore franchit la barrière de ses lèvres. Le voilà placé face à un dilemme, mue par une peur silencieuse, pernicieuse, plus fourbe encore que les mots de sa propre culpabilité. La gorge se serre, lui doit-il la vérité ou alors la lui cacher encore. La seconde option serait si simple, si il choisit alors de ne plus user des artefacts qu’il a pu lui offrir. Cette peur de la voir coincée dans ce monde qui n’est pas le sien, qui n’est pas le leur et dont pourtant il a réussi à biaiser la vérité, est trop tenace. Il y repense encore.

Arthur ne peut pas la perdre, il ne veut pas la perdre. Il se sait capable de bien des égarements si cela viendrait à arriver. Saint Vaast a bien trop perdu pour rester passif et laisser la douleur s’emparer de ce cœur-mort à nouveau et laisser la folie lui prendre un nouveau pion. Il a assez donné pour toute une autre vie d’immortel. Il n’en peut plus, il est fatigué… las.

- Me serrerais-tu ainsi si tu es encore persuadée que je suis un monstre sans âme et sans honneur ?

C’est presque un murmure bien que le ton soit finalement plus déterminé à révéler la vérité. Son regard bleuté se fige dans le sien, sa gorge lui fait plus mal encore. Tout ne partait finalement d’une simple obsession, un besoin unilatéral et intéressé pour se muer en quelque chose de plus complexe et oublié. La louve ne devait pas savoir, rien de tout cela ne devait se savoir. Mais manipuler les rêves des autres c’était s’exposer à ce que ses propres songes subissent le même sort.

- Je ne savais pas comment te le montrer. J’étais là, dans tes songes. Ces mots, ces gestes que j’avais pour toi, ils étaient réels. J’ai…

Le Baron fronce les yeux, ne les détourne pas, il ne faillit pas à avouer sa faute.

- Je… Je te l’ai dis la dernière fois. Tes peintures ont un effet bienveillant et reposant pour moi, elles l’avaient avant que je ne te vois, toi. J’ai… fais en sorte de pouvoir te rencontrer sans ta défiance, ta méfiance à mon égard. Il le fallait. C’était plus fort que moi. Ton anniversaire, les pinceaux, c’était l’occasion.

Il la voyait tenter de percer ses paroles qui dans son esprit sonnaient tout de même plus logiques et cohérentes que ça.

- Pas de malice, pas d’hostilité. J’ai tendu la main, maintes fois repoussées. Je ne pouvais pas m’y résoudre. Taïsiya… j’avais besoin de toi. J’ai besoin de toi.

Pourquoi ? Ce serait compliqué pour la louve à l’heure actuelle, de le comprendre. Arthur avait desserré son emprise, il attendait le jugement.

- Tu voulais voir ce qu'il y avait sous l'uniforme et les costumes hors de prix. Je te l'ai montré.

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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   15.02.18 2:06


As time goes on, I cannot help but wonder if you were real if you were really here.

Were your arms always so welcoming? Was your light always so blinding? Were your colors really so brilliant, was your voice really so soothing, were our days really so gentle and beautiful?

Did I really know my way back to you as easy as breathing, as dreaming, all those years ago before skies grew dark and I forgot how to navigate by the stars?

Or maybe, perhaps, I have made you up every glittering radiant bit of you, inch by small sparkling inch.

Maybe you are just the painted figurine of a desperate heart. Nothing more than the wispy imaginings of a wandering soul lost in the wild. A glorious statue gilded in gold only found in the twisted entrails of a tired memory steeped in longing for something that never existed.

—   a letter home with no address


Elle pourrait croire qu'il la serre dans ses bras pour la rassurer, la réconforter. Si la conscience humaine frôle encore la torpeur, la louve perçoit une toute autre odeur qu'elle connaît bien. La peur. Ce constat la dégrise. C'est invraisemblable. Impossible venant de lui. La peur c'est lui qui l'inflige. Elle doit se tromper. Même si son instinct lui dit le contraire. Même si il l'agrippe, non plus pour l'empêcher de vaciller mais pour tenter de la retenir encore un peu. Est-ce que ce sont ses questions qui l'effraient, ou les réponses qui vont avec. Qu'est-ce qui rend son visage de nouveau si humain ?

- Je le sais déjà... Je sais ce que tu es.

La fatigue rendait l'aveu imprudent mais elle ne s'en rendait pas compte.

Avant qu'elle n'intègre l'Assemblée, il n'était qu'un nom, un visage parmi tant d'autres dans cette métropole. Les circonstances de leur rencontre n'ont été que le fruit du plus pur des hasards. Le goût du Baron pour l'art et l'attrait qu'il avait eu pour son coup de pinceau. Elle avait été récalcitrante à accepter sa proposition de mécénat. Il représentait ce monde que son père avait passé son existence à vouloir retrouver. Ce nom, ce rang pour lesquels il avait été capable de tout. Si l'esprit de la gamine qu'elle était alors n'était déjà pas épris de liberté, la façon dont il l'avait traité l'aurait poussé à se rebeller contre les principes de ce pseudo tyran. Et par extension elle aurait repoussé ce drôle de contrat qui la liait avec Arthur. Mais Taïs n'avait jamais été sectaire, à se contenter de ranger chacun dans une case trop pratique. Elle s'était dit qu'une personne aimant l'art au point de vouloir le protéger, ne pouvait pas être foncièrement mauvaise. Puis elle avait dû admettre qu'elle ne pouvait pas vivre de liberté et d'eau fraîche. Pas quand elle avait des personnes à sa charge.

Elle avait découvert qu'il était mousquetaire au service de la Reine, au service du Marquis depuis plus de quatre siècles. Si elle admirait la fidélité, qu'elle fut tournée vers la couronne l'avait quelque peu effrayé.
Puis Taïs avait intégré les rangs de la Révolution et elle avait découvert les véritables talents du lieutenant des mousquetaires. Elle se rappelait de quelques récits racontés à la faveur d'une liberté brièvement redonnée avant d'être reprise. Des heures, des jours passés maintenus en vie, suspendus au fil d'un esprit retors et ingénieux dans ce que l'Homme avait créé de plus terrible. Tous ces gens biens, ces pères, ces mères, ces amis au corps mais surtout à l'esprit ravagés de stigmates. Terreur et douleur déformant encore leurs traits. Chaque torture infligée, chaque mort avaient réduit peu à peu les bons sentiments qu'elle avait eu à son égard. L'espionner était alors devenu tellement facile. Elle n'avait plus eu le moindre scrupule. Dire qu'elle savait ce qu'il pouvait être quand cela s'avérait être un secret connu de ses plus proches amis comme des pires ennemis de la Monarchie, c'était lui faire un aveu qu'elle ne réalisait pas encore.


A quel moment ce qu'elle pensait de lui avait suivi le processus inverse ? A aucun. Elle restait persuadée qu'il était un homme capable des choses les plus monstrueuses. Sur le chemin elle avait découvert qu'il n'était pas que ça. Dans ce rêve, elle l'avait supplié de ne pas lui montrer qu'il pouvait aussi être quelqu'un de bien. Elle aurait plus de mal à trahir quelqu'un de bien. Elle aurait moins de mal à s'attacher. Parce qu'elle est comme ça Taïs, elle s'offre de bon cœur à la gentillesse parce que le sien est tendre. S'était-elle fourvoyée ?

Elle a les yeux, le cœur et le reste suspendus à ses lèvres. Elle boit chaque parole dans l'espoir de trouver un sens qui lui échappe encore, ignorant qu'elle devrait bénir ce bref instant de répit avant que la vérité ne lui explose à la figure. Avant que cette bulle dont elle n'avait pas conscience n'éclate. Les mots s'emboitent dans sa tête, comme un puzzle qui tente de se reconstituer de lui-même au fur et à mesure qu'il lui donne les pièces manquantes. Sa bouche s'entrouvre mais aucun son n'en sort. Elle comprend sûrement mal ce qu'il lui dit. ça ne peut pas être vrai, n'est-ce pas ?

Elle est toujours autant silencieuse, quand lui tente de justifier chacun de ses choix. Comme si c'était sa faute à elle. Qu'il n'en serait jamais arrivé là si elle s'était montrée moins récalcitrante. Alors il s'était donné le droit de violer son intimité, de rentrer dans sa tête pour tenter de défaire ce qu'elle croyait savoir de lui. Elle devrait être en colère. Elle devrait rentrer dans une rage folle, lui hurler à la figure, le frapper et le mettre dehors. N'importe qui en ferait tout autant. Mais c'est une autre sensation qu'elle ressent. Vous la connaissez cette petite pointe insidieuse qui se faufile dans votre poitrine et rend chaque respiration douloureuse ? Elle en est là. Non, elle n'est pas en colère. Elle a mal. Elle lui a peut-être menti, mais elle se sent trahie. Ses grands yeux s'écarquillent, soudain trop brillants. Elle repense à ce premier rêve où ils ont fait l'amour. Où elle n'était pas totalement maîtresse d'elle-même. Où pourtant tout était vrai pour lui. Elle prend une grande inspiration, difficile. Comme ces tremblements qui vous secouent la carcasse à la fin d'un sanglot. La douleur ne reflue pas. Ses doigts se sont desserrés petit à petit, glissant le long de son torse au rythme de sa confession. Elle en est là, les bras ballants, reculant lentement. Se demandant pourquoi ça fait si mal.

- J'voulais pas savoir... J'avais pas envie de découvrir qui t'étais en-dessous de ton uniforme, derrière ton nom... Pas avant le Louvre. Mais c'était déjà trop tard... t'avais déjà abusé de ma confiance pour rentrer dans ma tête... pour te glisser dans mes rêves et dans mes pensées... Alors ton prétexte, tes excuses ne valent rien. C'est juste toi-même que t'essaies de rassurer...




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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   16.02.18 10:52



My god is the sun
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TAÏSIYA VARGA ☩ ARTHUR DE SAINT VAAST
My God Is The Sun ☩ QOTSA


« Je sais déjà ce que tu es »
D’ordinaire, Arthur ne se préoccupe nullement de ce que l’on peut penser de lui. Que ce soit vrai ou faux, une constante domine lorsque l’on parle du Baron de Saint Vaast : la méfiance. Il dresse entre lui et les autres, un mur, une distance, qui le rend insondable aux yeux des autres quand lui, les percent à jour. Puis dans la fantaisie collective, on l’appelle Le Voleur de Pensées, surnom qui n’est finalement pas usurpé mais les histoires qu’on y lie sortent tout droit de l’imagination démesurée ou alors d’une peur primaire. La peur, c’est le sentiment qu’il exerce sur les ennemis de la royauté, une aura qui va au-delà de Parys, l’ombre du Chambellan. Une ombre dont peu connaissent le vrai visage, entretenant l’inconnu pour plus d’impact lorsque l’on se retrouve entre ses doigts. Autour du Lieutenant des Mousquetaires, maître du renseignement royal, planent des sentiments négatifs dans lequel finalement il se complait.

Mais à cet instant, Arthur de Saint Vaast redouterait presque la véritable réponse aux quelques mots qu’elle prononce faiblement. Ce qu’elle pense, ce qu’elle dit, cela lui a toujours importé. Leurs joutes verbales n’étaient jamais balayées d’un simple revers de la main comme il aurait pu le faire avec un autre interlocuteur. Cette jeune femme savait le piquer, savait viser parfois à côté mais avec pertinence. C’est ce qu’il avait aimé en premier chez elle. Elle faisait fi de l’aura, de la réputation pour lui tenir tête à sa manière. Taïsiya devait être l’une des rare personnes qui le côtoient à avoir vu un sourire sincère, bref certes, mais présent. Et c’était de son fait. Bien vint cet amour de l’art, ce que ses œuvres savent soutirer de son esprit déliquescent, ce sentiment de vivre de nouveau.

- Dis le moi. Je dois l’entendre. S’il te plait.

Que cela fasse du bien ou atrocement mal, le vampire poussait le vice à vouloir tout entendre de sa part, cela lui semblait presque être une nécessité, une obligation. Aucun instinct de protection quant à ce qu’il pourrait apprendre alors qu’il avait desserré son emprise, laissant la silhouette malingre lui échapper. Un éloignement somme tout ridicule au vu de la pièce, mais terriblement douloureux pour le Baron qui sent de nouveau ce flot de noirceur, de froideur se disputer à cette humanité retrouvée. Semblable à une éclipse abyssale qui venait recouvrir son âme séculaire, damnée par son immortalité, la malédiction inhérente à sa nature. Quelques centimètres à peine de distance et c’est un vide immense qui s’empare de lui.

La louve avait une certaine avance sur le Lieutenant. Elle connaissait tout de lui, de sa vocation, de conviction profonde qui le pousse jour après jour à combattre dans l’ombre pour une idée personnelle de l’ordre et de la loi. Des convictions qu’ils ne partageraient jamais, seulement, Arthur ne s’en doute pas. Lors de leur rencontre onirique, Taïsiya avait bien laissé sous-entendre son appartenance. Un message en substance, il serait son châtiment, son bourreau. Mais à y repenser, tout prenait tant de sens, tout s’emmêle. Apprendre qu’elle l’espionnait, qu’elle profitait de ses largesses pour nourrir un camp qu’il veut détruire avec sa hargne habituelle, tout cela l’anéantirait… dans un premier temps.

Cette supposition, son esprit retors mais d’une intelligence terrible, l’occulte purement et simplement. Finalement, son instinct de protection n’est pas si bancal que ça. C’est tout le bonhomme qui l’est, plus qu’il ne le pensait. Elle recule et il avance, il ne supporte pas ce qu’il ressent en lui à cet instant. Comme un insecte insignifiant attiré par une source de chaleur et de lumière. Des sentiments profonds nourris par l’obsession première, malsaine, il en était conscient. Ses doigts frôlent les siens mais il ne s’impose pas. Pas encore. Ses explications peuvent donner l’impression que tout cela est la faute de la louve finalement, mais pour le Baron, le cheminement est tout autre. Il n’est pas question de faute, de responsabilité simplement…la volonté de comprendre. Seulement, les manières n’y sont pas.

- Je ne sais pas ce que j’essaie de faire en te disant tout ça.

Son regard fuit le sien, il se perd dans ses propres sensations.

- Alors quoi. Tout cela n’importe plus ? Est-ce que tu as été aussi honnête que j’ai pu l’être, à ma manière, avec moi ? Ces mots, c’était les tiens… Je n’ai pas manipulé tes actions ou tes paroles, je me suis contenté que d’être présents. Je…je n’avais pas prévu tout cela. Que ça prenne ce genre de tournure. J’aurais pu me servir de ça à d’autres fins, tu sais lesquelles. Et pourtant, je suis là.

Il caressait presque ses doigts avant de se résoudre à les quitter, redressant le visage vers celui de la jeune femme.

- Tu n’as pas idée de l’effet que tu as sur une âme aussi vieille que la mienne, condamnée à la folie et l’oubli. J’ai oublié ce que ça faisait d’être humain et tu me l’a rappelé. Humain et tout ce que cela induit. Je ne pouvais pas te cacher la vérité, ni même continuer tout ce manège plus longtemps.

Le Baron se détourne alors, ses boots à peine lacées faisant à peine crisser le parquet de l’atelier. Il referme la fenêtre et se perd dans l’observation du quartier, plongé dans la pénombre.

- Tout était vrai. La perception était juste différente. Je…je vais y aller.

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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   18.02.18 0:03


“I’ve been taught that love is beautiful and kind, but it isn’t like that at all. It is beautiful, but it’s a terrible beauty, a ruthless one, and you fall - you fall, and the thing is —
The thing is you want to. You don’t care what’s coming you just want who your heart beats for.”

— Elizabeth Scott, The Unwritten Rule


- Je sais... je sais que dans les sous-sols du Louvre on te craint. Je sais que tu y es capable d'obtenir ce que tu veux, de n'importe qui. Que pour ça tu pousses le supplice au rang d'art, pendant des heures interminables qui font souhaiter une mort qui ne vient que quand tu l'as décidé.

Les prunelles s'agrandissent sous l'effet de la déclaration. C'est la première fois que ces mots franchissent la barrière de ses lèvres. Les entendre prononcés à voix haute leur donne un poids tout à fait différent. Comme si jusque-là cette réalité qui n'avait fait que l'effleurer, la percutait de plein fouet. Taïs n'avait jamais été ignorante de la personne qui lui faisait face, de ce qu'il lui ferait s'il apprenait qui elle était en réalité. Bien sûr que son instinct de conservation s'en était effrayé, mais cela ne l'avait jamais empêché de faire ce qu'elle devait faire pour l'Assemblée. C'était presque trop froid, trop chirurgical pour la personne excessivement sensible qu'elle est. Refouler, brider son ressenti, c'est contre-nature pour elle. C'est aller à l'encontre de son parfait équilibre entre empathie et pragmatisme.

Il n'y avait pas que ça. C'était autre chose qui la choquait bien plus. On ne pourrait pas appeler ça à proprement parlé du déni. C'est juste qu'elle ne l'avait pas réalisé jusque-là. Il y avait chez lui des aspects de sa personnalité qui en faisait un monstre sadique et cruel, des comportements qu'elle ne comprendrait ni n'excuserait jamais. A son âge, il serait aussi peu prompt à changer qu'elle-même ne l'était avec ses vingt-cinq printemps. Seulement... seulement elle l'avait accepté. Et quand on accepte le pire de quelqu'un ça nous rend prêt à découvrir son meilleur. A découvrir ses faiblesses et dévoiler les siennes. C'était exactement ce qui s'était passé au Louvre ou dans ses rêves. C'était exactement ce qui était en train de se passer. La peintre n'avait rien d'un cœur de glace, mais elle n'était pas non plus du genre midinette prête à s'amouracher du premier très mauvais garçon venu. Grandir entourée de mâles prêts à vous engrosser dès vos premières règles l'avait rendu réticente à baisser sa garde trop vite. Entre ça, ses multiples obligations et sa passion tellement prenante, elle avait peut-être même laissé passer quelques hommes qui en valaient la peine. Comment en était-elle venue à le faire avec une personne telle que lui... Qu'est-ce que cela signifiait sur elle. Avait-elle changé ? Ou est-ce qu'il y avait autre chose.

- Tu me demandes si j'ai été aussi honnête avec toi que tu l'as été avec moi ? Tu me demandes donc si je t'ai menti. Si j'ai abusé d'une confiance que tu ne m'as jamais vraiment donné. Oui. Je t'ai menti.

Elle s'enfonce un peu plus dans un aveu, non en ignorant les conséquences possibles, mais en s'en moquant totalement. La mauvaise foi ne faisait pas partie de ses défauts. Elle était vraiment persuadée que ses propres mensonges étaient bien moins graves que la trahison d'Arthur. En fait c'était ce mot là qui lui posait problème. Trahison. Il s'était faufilé par cette petite porte qu'elle n'avait pas eu conscience d'ouvrir, et il l'avait trahi. Il s'était glissé dans l'intimité de ses rêves, de ses pensées. Si elle avait vu des pans de sa vie, il en avait fait de même avec des souvenirs de son enfance qu'elle n'était prête à partager avec personne. Du moins pas de cette façon. Et c'est peut-être pour ça que ça fait si mal, qu'elle lui en veut. Parce qu'il a sali cette confiance incertaine, la faisant apparaître comme une faiblesse.

- Oui je le sais. Mais moi aussi, je veux te l'entendre dire.

Le regard était lucide désormais. La voix, monocorde. Retenue par cette boule qui ne quittait pas sa gorge. Elle la connaissait la réponse. L'entendre n'en ferait pas disparaître la possibilité. Elle avait juste envie de se faire bien mal, pour couper court à tout ce qu'elle pouvait ressentir d'autre. Comme ce qui la poussait à ne pas reculer plus. A ne pas écarter sa main sans pour autant saisir l'appel implicite et muet de ses doigts. Cette vérité-là ferait pourtant moins de mal que celle qu'elle se refusait à dire. Qu'il avait raison. Que personne d'autre qu'elle ne l'avait poussé à dire ou faire ce qu'elle avait dit et fait dans ses propres rêves. Elle était restée maîtresse d'elle-même malgré tout.

Elle le laisse s'éloigner et bon sang ça fait aussi mal que le reste. Elle avait l'impression de troquer une douleur contre une autre et elle ne savait pas quoi faire pour que ça s'arrête. Il faudrait qu'il se barre. De chez elle. De sa vie. Elle était certaine que ça arrangerait tout. Mais tout ce qu'elle fait c'est cracher une autre accusation, une autre vérité pour le retenir encore un peu, même si elle ne l'avouera pas.

- Essaie d'être un peu plus honnête avec moi. Ce n'est pas que tu ne pouvais pas me cacher la vérité plus longtemps. Tu n'avais simplement plus le choix après ce tout ce qui s'est passé cette nuit. Ici comme dans mon rêve.

Elle détourne son regard vers lui. Entre eux il y a quelque chose qui se dresse. Ce tableau qu'elle a peint pendant sa transe. Ce n'est pas moi...

- Ce n'est pas ton humanité que je t'ai rappelé. C'est elle... ta vie avec elle.

Nouvelle réalité qui l'étouffe un peu plus. Elle a envie de se dire qu'elle a tort mais elle n'est pas aveugle à ce point alors qu'elle se tient là, juste sous ses yeux. Qu'elle est sortie de sa tête pour éclater sur sa toile. Alors elle n'est que ça. Qu'un vulgaire substitut qui mérite d'être manipulée à loisir parce qu'elle lui fait du bien, en lui rappelant un passé dont elle n'est qu'une pâle copie.



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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   18.02.18 10:21



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Il voulait une réponse et elle le lui avait donné. Alors elle restait encore et toujours sur ses positions, faisant de lui le simple monstre dévoreur de souvenirs et de pensées. Il n'en montre rien, il accepte et hoche même la tête car finalement, le Baron avait une réponse toute faite dans sa tête. Son regard terne remontait alors vers le sien, s'était fait le temps d'un instant, froid, dur. Comme si les différentes facettes qui composent cette personnalité complexe prenaient tout à tour leur place pour lui répondre. Scène irréelle mais à quoi s'attendre de plus lorsque que deux créatures surnaturelles telles qu'une loup-garou et un vampire se tiennent tête ?

- Une mort que je ne dispense pas. Un supplice nécessaire pour connaître la vérité. Quant à mes motivations, elles ne t’intéresserons pas. Nous en avons déjà parlé, rappelles-toi, chez moi. Le monstre que tu vois est une partie de mon être. Si tu vois en moins un tel mal, alors je l'accepterai.

Impossible de faire disparaître une partie de son être même si Arthur ne se considère pas de la sorte. La paix, l'ordre, la loi royale et sanguine est à ce prix. Celui des cris de détresse, de douleur qui animent ceux qui passent entre ses doigts. Le dernier recours pour les traîtres à la nation car les plus fragiles auront déjà craqués bien avant de le rencontrer. Des traîtres que le Baron n'a aucun scrupules à briser que ce soit mentalement ou physiquement pour les plus récalcitrants. Mais la louve à raison sur un point. Il arrive toujours à obtenir ce qu'il souhaite. Si la louve le voyait de cette manière, qu'il en soit ainsi après tout.

Car il sait, elle aussi, qu'il est plus que ça en sa présence. Cette fierté qu'il retrouve le temps d'un instant, dans ces grands yeux clairs qui le scrutent, l'observent sans ciller, presque figés dans les siens, Arthur lit bien des choses. Les signaux de ce corps malingre étreint par deux fois, qu'importe les réalités, il les entends, les comprends, les interprète aussi. Le Baron ne cherche plus la guerre, la confrontation, il est passé bien au dessus de ça et la louve aussi. Sinon, qu'est-ce qui explique encore sa présence dans son antre ? Arthur se tenait alors dos à elle, sans méfiance alors que la louve pourrait très bien attenter à ses jours. Qu'elle le fasse si elle s'en sent l'envie. Il passe tellement près de la perdre que finalement, Saint Vaast ne craindrait plus rien après ça, simple sa malédiction.

Les vérités étaient prêtes à éclater dans cette petite pièce baignée de pénombre maintenant que la nuit s'installe. Les petites lumières orangées donnent une ambiance étrange à l'endroit, deux silhouettes qui s'y découpent, se tenant loin l'une de l'autre alors que la distance presque minime les éprouve. Le Baron avait croisé les bras sur le torse comme un mécanisme de défense, fermant les yeux, tournant toute son attention vers la louve. Elle passe aux aveux aussi facilement qu'elle lui avait donné son ressenti. D'ordinaire, une personne autre que la jeune femme se retrouverait clouée au mur, la main sur la gorge, une lame d'argent creusant la paume de la main pour en faire sortir les mots. Mais Arthur se contente de hocher la tête.

- Je serais ton châtiment. C'est que tu as dis. Comprendre le sens de tes mots lorsque l'on remet toutes les pièces dans le bon ordre depuis le début n'est pas bien compliqué pour le Mousquetaire que je suis.


Le Baron ne dit rien, son aura se fait presque sombre, il ne prononcera pas sa conclusion.

- Alors nous nous sommes trahis mutuellement. Et je n'ai rien vu, aveugle que j'étais. Je t'en félicite.


Il pourrait presque sourire à ses mots.

- J'aurais pu voir tes inclinations, j'aurais pu deviner tes convictions et ton combat. D'ailleurs je l'ai presque vu sans vouloir l'accepter sans avoir à toucher tes rêves. Et je suis toujours là.

Ses épaules se soulèvent comme dans un ersatz d'un profond soupire. La louve acceptait cette part de monstruosité, s'ouvrant au reste de sa personne bien que Saint Vaast n'en soit conscient. Mais ce dernier acceptait cette hérésie à ses yeux pour les même raisons. Des raisons qu'il a touché du doigt, qu'il a entendu, qu'il a lui-même prononcé sans ambages, avec franchises et presque désespoir. C'est à se prix que se tient alors son équilibre, sa lucidité et repousser les maléfices qui le guette ? Saint Vaast était déjà prêt à ce sacrifice en apprenant que le Cambion était du même bord, même si sa possession l'avait aider à comprendre. Ici, c'était différent. Pourtant, pas de haine, de colère, de mépris... Rien. L'information demeure.

Depuis lors, Arthur n'avait pas reposé les yeux sur la toile. Un bref rire, étrange dans ces circonstances, lui échappe. Décidément, cette peintre savait toujours poser les bonnes questions.

- Voilà ce que j'aime chez toi, ce que j'ai aimé du premier coup. Tu sais viser juste presque à tous les coups cela dit.

Le Baron se tourne vers la louve, toujours cette même posture défensive. Une expression presque douce sur le visage, qu'elle a déjà vu dans d'autres contextes.

- Au début j'ai crû que j'étais devenu fou bien avant l'heure. Je pensais même qu'elle revenue, que tu étais cette femme dont j'avais perdu le prénom. Je l'ai cherché des semaines durant, j'ai vu tes songes et j'ai compris que ce n'était pas elle que je recherchais réellement mais toi. Du concret, ce qui me maintenait ancré dans cette réalité. Je te l'avoue, je pensais retrouver Delphine, un peu d'elle peut-être.,,


Il tourne la tête vers la toile.

- … mais elle est morte. Je ne veux pas vivre dans le passé, je n'en ai pas le droit. C'est devant moi que je regarde, et c'est toi que je vois.


Depuis quand la distance s'était rétrécie à nouveau ?

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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   26.02.18 8:53


“I’ve been taught that love is beautiful and kind, but it isn’t like that at all. It is beautiful, but it’s a terrible beauty, a ruthless one, and you fall - you fall, and the thing is —
The thing is you want to. You don’t care what’s coming you just want who your heart beats for.”

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- Comment puis-je attendre de toi que tu acceptes la façon dont je te vois, quand tu dispenses des supplices nécessaires à ceux qui partagent mes opinions. Peut-être devrais-je attendre que cette nouvelle lubie me concernant te passe, pour pouvoir juger sur pièce par moi-même le moment venu.

Ses opinions et ses engagements ne sont pas de ceux qui s'évanouissent la première bourrasque venue. Si cela fait d'elle une personne têtue, et bien soit. Elle avait toujours été prête à tous les sacrifices pour faire de ce monde un repère d'idéaux et de légèreté propices à une paix non pas imposée ou prise avec force, mais offerte à tous à part égale. Sous le règne de Charlotte de France, pour être libre il fallait apprendre à courber la tête pour ne pas la perdre. La royauté n'était pas du genre à souffrir la moindre dissonance. La République n'était pas toujours parfaite certes. L'individu est une donnée bien trop faillible, incertaine. Mais elle fonctionnait au nom de la méritocratie, ce que Taïs jugeait bien plus satisfaisant.
Il n'y avait bien que ceux situés en haut de la chaîne de ce royaume, comme ceux trop effrayés pour oser dire quoi que ce soit, pour accepter que le monde puisse tourner de cette façon. La jeune femme avait toujours été, et serait toujours de ceux qui refusaient toute règle archaïque comme parole d'évangile. Elle était bien trop portée sur la réflexion. C'était donc fidèle à elle-même qu'elle avait quitté sa meute d'origine, refusant de vivre sous la coupe d'un pseudo tyran paranoïaque et lorgnée comme un utérus à louer. Il en avait été de même pour celle de François. Bien que ce dernier lui avait fait la promesse qu'elle pourrait disposer de son corps comme bon lui semblerait, elle n'avait plus été en mesure de lui prêter allégeance quand il avait donné la sienne à la Reine. Demeurer au sein de cette meute l'aurait forcé à obéir à ses ordres contrevenant à sa morale. De même, elle aurait été obligée de mentir à l'alpha en intégrant l'Assemblée.
Peut-être que tout ceci faisait d'elle une personne plus intransigeante qu'elle n'aimerait l'avouer. Et aujourd'hui il faudrait qu'elle tire un trait sur tous ses choix pour accepter dans sa vie quelqu'un qui lui serait toujours absolument opposé sur des valeurs fondamentales ? Elle n'était pas certaine qu'il le mérite plus que François, ou que sa mère. Non, elle ne pouvait pas se laisser amadouer par des considérations plus charnelles ? Sentimentales ? Bon sang, rien que l'idée que cela puisse être possible la laissait estomaquée. A quel moment s'était-elle égarée sur le chemin de la compréhension et, pire encore, de l'acceptation. C'était bien la première fois qu'elle regrettait son ouverture d'esprit.

- Finement déduit, monsieur le mousquetaire. J'imagine que tu as poussé plus loin tes conclusions. L'un comme l'autre, nous ne changerons jamais. Je ne changerais jamais pour qui que ce soit. J'ose croire que vu ton âge, tu n'es pas prêt de le faire non plus. Voilà donc ce que j'appelle une impasse. Nous savons tous les deux qu'à un moment, tu ne pourras plus te contenter de simplement demeurer dans ma vie.

Ce qu'elle pouvait être dramatiquement pragmatique parfois. Le réalisme était bien son seul trait de caractère qui l'empêchait de verser dans l'idéalisme insensé. Elle s'infligeait bien plus cette tendance à elle-même, s'interdisant les élans utopiques qu'elle préférait accorder à autrui et dont l'art se faisait un parfait véhicule.

Il n'y avait pas plus d'amertume dans la voix que dans sa façon de le dévisager. Elle attendait simplement cet instant où il prononcerait l'unique sentence possible entre eux. L'équation n'était pas insoluble. Il n'y avait qu'un résultat unique et il n'était pas en faveur de la peintre.

- Je ne suis pas certaine que dans la balance de la trahison, quelques informations récoltées pèsent aussi lourdement qu'une intrusion dans l'inconscient, l'intimité d'une personne. Là où sommeillent ses désirs et ses craintes, s'éveillent parfois quelques souvenirs. Mais après tout est-ce qu'il y a deux poids deux mesures dans le mensonge ? Tant que nous y sommes, il y a-t-il autre chose que je devrais savoir à ce sujet ?

Toujours pas de colère. Tout au plus une froideur mordante. Voilà qu'il avançait la carte de la double trahison, comme si ce qu'elle avait fait été comparable au viol de son intimité qu'il avait perpétré. Son visage au sourire blessé faisait naître une pointe de culpabilité qu'elle se refusait à éprouver.

- Et je suis censée te croire, après tout ce que tu as fait, en dépit de ce que tu es ? Je devrais acquiescer, sans me demander si ce n'est pas là un mensonge de plus pour que tu puisses te complaire dans ce pâle reflet d'humanité que tu crois retrouver. Je suis censée accepter l'idée que je ne suis pas qu'une simple copie dont tu te contentes, et même, je devrais oublier que je n'étais que ça, qu'un véhicule pour que tu puisses la retrouver...

S'il c'était s'agit d'une autre personne, peut-être qu'elle aurait pu comprendre, accepter cette entreprise folle dans le but de retrouver un être aimé. Peut-être qu'elle n'aurait pas trouvé ça égoïste et d'une certaine façon... blessant. Taïs avait de l'estime pour elle-même. C'est certainement ce qui l'empêche de se laisser flouer par ses apparentes belles paroles. Ses doigts viennent masser un point douloureux dans sa poitrine et elle lui tourne le dos. A lui. A ce tableau qui semble la narguer. Difficile de ne remarquer que dans cet aveu-ci, il y a quelque chose qui la heurte bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. On se contente d'elle parce que l'autre est morte. ça ne devrait même pas l'atteindre. Mais c'est le cas. Elle se sent démunie face à cette vérité, face à l'insolubilité de leur situation.


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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   26.02.18 16:03



My god is the sun
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TAÏSIYA VARGA ☩ ARTHUR DE SAINT VAAST
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- Peut-être en effet. Mais j’ai vu la Révolution, cette République éphémère et ce qu’elle a engendré. J’ai vu la Terreur, les exactions de ceux qui, comme toi, croyait en la liberté et la fraternité. Les corps flottants dans la Loire, les mains dans le dos, les têtes sur les piques et les granges brûlées avec les paysans à l’intérieur. Etait-ce tout aussi nécessaire ? massacrer des innocents, des intellectuels, des prêtres ? République… Monarchie… rien ne distingue l’un de l’autre si ce n’est la légitimité imposée par l’Histoire et le temps…

Le timbre de sa voix s’était fait plus sombre, neutre et sans émotion le temps d’un instant.
La louve aussi se se fait plus froide, plus distante alors qu’elle se tenait à même pas quelques dizaines de centimètres de sa personne. Une distance différente mais toute aussi douloureuse. Le Baron fronce légèrement le regard, son expression change car la jeune femme comprend pertinemment que ni l’un, ni l’autre ne changeront de camps ou de convictions. Arthur à servit des rois et des Empereurs pour finir par contribuer a en renverser un et placer à la tête de feu l’Empire, une Bourbon.

Ainsi devaient aller les choses, ce n’est pas plus le droit divin et sanguin que la logique depuis que la France est ce qu’elle est. Il a combattu la Révolution avec férocité, gardant ses terres et ses gens à l’écart de ces utopies toutes aussi dangereuses et violentes que le pouvoir qu’elle était censée combattre. A ses yeux, ce ne sont que des rêveurs anarchistes qui sèmeront le chaos. Tout au pire, des profiteurs hypocrites qui dénoncent le pouvoir et ses travers pour commettre les mêmes exactions. Arthur l’a vu, de ses propres yeux. Il inspire profondément, ersatz d’humanité alors qu’il n’en a même plus l’utilité.

- Je ne suis qu’un maillon de la justice qui garantit l’ordre et le droit dans ce pays, qui le maintient debout, qui l’empêche de connaître à nouveau l’anarchie et le massacre chez les Humains ou chez les nôtres. Un mal nécessaire pour que cette justice que tu méprise ne juge que les coupables et laisse les innocents en paix. Tu as raison, j’ai vu des choses que tu n’as jamais connu et pour cela, je ne changerais jamais mon point de vue. Mais…

Et le ton s’adoucit de nouveau, comme une accalmie en pleine tempête, la marée montante qui descend doucement pour laisser émerger des plaines de calme, paisibles. Un incessant ballet d’émotions, de sentiments que la simple présence de la peintre suffit à agiter, une brise de « désordre » dans l’esprit déjà torturé du Lieutenant.

Elle remettait en cause quasiment tout, comme d’ordinaire mais Arthur pouvait sentir que ces tentatives de pragmatismes, de garder la main sur ce genre de débat comme ils en ont eu tant par le passé, cache une autre facette de sa personnalité. Celle que la louve lui a toujours refusé et qu’il a pu entre apercevoir au détour d’un songe, d’un souvenir qui ne lui appartenait pas, dans son sang ce jour là au Louvre. Quant à lui, il se tenait droit, faisait face contre ces aveux de trahison qui a d’autres leur aurait déjà coûté la vie. Sa phrase était restée en suspens.

- … Tout cela n’a aucune espèce d’importance pour moi. Ce n’est pas ce en quoi tu crois qui me pousserais à faire un trait sur le reste.

De la part d’un dévoué à la couronne tel qu’Arthur de Saint Vaast, cette simple phrase est une nouvelle trahison à mettre à son actif après ce qu’il a dû faire pour Lélio. Pourtant, il ne vacille pas, il ne tremble pas et n’hésites même pas tandis qu’il prononçait ces mots. Taïsya lui tournait le dos, elle imprimait le doute et la méfiance quant à sa manière de la percevoir. Fondés, il pouvait le comprendre.

- La trahison n’a pas degrés, de niveau ou d’importance selon l’acte. Elle est tout aussi douloureuse dans tous les cas. Tu ne crois pas ? J’ai vu dans tes rêves mais tu as aussi vu les miens et ça… je ne l’ai pas demandé. Je ne m’en offusque pas. Si il faut ça pour que tu puisses comprendre, avoir toutes les pièces que tu souhaites.

Le Baron brise de nouveau la distance, se tient dans son dos, son regard argenté obliquant vers sa nuque, s’arrange pour ne même pas voir du coin de l’œil, le visage d’encre endormi sur la toile.

- Tu ne vois que ce qui t’arranges pour ne pas avoir peur, pour ne pas avoir mal, pour ne pas être déçue ou mise devant tes choix. Ce n’est pas son nom que je prononçais, c’était le tien…Taïsiya, même cette nuit là.

Même dans la réalité.
Puis son ombre cesse de planer sur cette silhouette frêle. Le vampire tournait les talons, lui laisser le temps de cogiter à tout ça. Il battait pas en retraite. Bien loin de là.

- Si j'ai encore un secret pour toi ? je ne vois pas que dans les songes. Je vois dans le sang et les larmes.

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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   27.02.18 10:03


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- « Peut-être en effet. »

Peut-être en effet, elle n'était qu'une lubie passagère et sa survie dépendrait du temps qu'elle durerait et de son talent à aviver son intérêt pour elle. Elle n'avait aucune volonté de se transformer en une sorte de Shéhérazade des temps modernes. Elle n'arrivait toujours pas à déterminer ce que cela lui faisait de devoir sa survie à ce qu'elle préférait encore qualifier d'intérêt. Si elle n'avait pas eu la chance de ressembler à une personne morte depuis plus de quatre siècles, elle serait déjà morte. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle n'arrivait pas encore à déterminer ce qui la blessait le plus. Son manque de compétence à mener à bien la mission la plus simple ou de découvrir qu'elle n'avait été qu'un simple pis-aller de Delphine, et que ce dernier point faisait mal à autre chose que son simple ego.

- Le comportement de certains n'a pas à salir des idéaux qui sont au-dessus de simples considérations personnelles et égoïstes. L'Humanité ne se rappelle pas des exactions de quelques parvenus indignes de ce qu'ils prétendent protéger, mais du libre-arbitre qu'on leur offre. Tu parles de légitimité... mais qu'est-ce qu'il y avait de légitime à obéir aux commandements insensés dictés par un pouvoir en place par ce qu'on appelait le droit divin ? Quand on sait qu'il n'y a rien de divin au-dessus de nos têtes. La monarchie n'est rien de plus qu'un jeu de roulette russe. On espère que la génération suivante ne sera pas un simple tyran engorgé dans sa simple suffisance et son incapacité à diriger un pays. La République elle, offre la vérité à cette Humanité à qui tout le monde ment malgré la Révélation. Elle est encore plus asservie que ce qu'on a voulu lui faire croire. La République elle, offre le choix. L'Histoire ne se rappelle que ce que les vainqueurs ont bien voulu relater...

Voilà ce qu'on pouvait appeler un vrai dialogue de sourd, où chacun avançait les mêmes arguments que l'autre pour son camp. Aussi obtus et loyal l'un que l'autre. Il y avait de fortes chances pour qu'aucun des deux ne s'en rendent compte.

- Tu oses appeler ça de la justice... Qu'est-ce qu'il y a de juste à tuer, à torturer ceux qui pensent autrement ? Je serais presque curieuse de savoir ce qui différencient les coupables des innocents pour toi. Quel monde merveilleux n'est-ce pas, que celui où on ne peut même pas énoncer une minuscule pensée à voix haute, quand celle-ci peut vous coûter la vie.

Cette conversation frôlait les strates supérieures du surréalisme. C'était encore une catégorie différente de celle qu'elle avait eu avec le Marquis. Déjà parce que c'était une conversation et non un interrogatoire. Qu'elle était toujours en vie pour la mener et que ce simple constat corroborait les dires du Baron. Ou alors...

- Ou alors tu es encore en train de me manipuler, de me mentir différemment mais dans le seul but de soutirer à ton tour des informations... Pourquoi devrais-je te croire cette fois-ci... et ne pas croire que tu as glissé tout ça dans ma tête comme tu y as rendu indissociable le rêve de la réalité...

Comment ne pas ignorer cette petite voix à laquelle elle tentait tant de s'accrocher. Bien sûr qu'il était possible, parce qu'il en était capable, de tenter de la manœuvrer comme une petite marionnette. Et parce qu'elle était jeune, qu'elle était sensible, il pensait pouvoir y arriver. Il était en train d'y arriver. Terrassant au passage ses principes, ses sacrifices. Taïs ne se reconnaissait plus. Quelque part en chemin elle avait dévié, sur une voie minuscule où le possible avait rencontré l'irréel, la sensibilité et la détresse du vampire. Une douleur à laquelle même inconsciemment, elle avait été incapable de ne pas répondre...

- Alors pour toi un enfant qui n'avoue pas avoir volé un bonbon chez le boulanger est à ranger dans la même catégorie que celui qui n'avoue pas un meurtre qu'il a pourtant commis ?  Ne prétends pas que ma trahison te blesse... ça voudrait dire que tu as du cœur... que je suis capable de le malmener et de m'en vouloir pour ça...

Ses petits poings se crispent quand ses épaules s'affaissent légèrement. Il avait réveillé en elle la culpabilité, le regret de l'avoir blessé alors que jusqu'à cette nuit au Louvre, elle était persuadée qu'il méritait ce qui lui arrivait. Taïs n'avait pas envie de reconnaître qu'il avait raison, que sans son intrusion dans ses rêves, elle ne lui aurait laissé aucune chance de l'approcher d'aussi près à bien des égards. Peut-être aussi qu'elle n'assumait pas la déception qu'elle éprouvait, qu'elle était blessée bien plus qu'elle ne l'aurait été si elle n'avait pas été un peu... attachée ? à lui.

- Tu es en train de me dire que tu savais qu'en pénétrant mes rêves, je serais aussi confrontée aux tiens, à tes propres souvenirs ?

Ses propos baignaient dans la contradiction une nouvelle fois. Le ton flottait entre l'envie de croire qu'il en était conscient et s'était ouvert volontairement à elle, et le besoin de l'accabler de toutes les accusations possibles pour se conforter un peu plus dans son déni.

- Comment veux-tu que j'oublie que même en sachant qui tu étais, je n'ai rien tenté contre toi, alors que toi, si tu avais découvert qui j'étais réellement avant... avant cet attachement que tu prétends avoir pour moi, je ne serais plus là aujourd'hui.

Taïs avait peut-être les épaules larges pour son jeune âge, elle était à cet instant épuisée de toutes les manières possibles. Son être tout entier hurlait à la clémence avant l'implosion imminente. Elle avait besoin de faire taire le monde autour d'elle, de dormir vraiment, loin de ces pinceaux, loin de son appartement dont il avait rendu précaire le sentiment de sécurité qu'elle y ressentait. Ce dernier aveu résonne comme un coup de semonce qui vient l'achever. Elle se retourne vers lui, le visage défait, ravagé parce que ce chagrin et ce maelstrom d'émotions qu'elle ne peut plus contenir plus longtemps.

- Alors au moment où j'ai cru apercevoir quelque chose de différent, au moment où j'ai baissé ma garde... tu as trouvé un autre moyen d'obtenir ce qu'il y avait dans ma tête.

Elle porte la main à son cou, frottant nerveusement là où il l'a mordu. Elle s'en souvient encore avec exactitude. Taïs pourrait même jurer les sentir encore en elle. Ce n'est plus seulement son visage qui cède. C'est toute sa peau qu'elle sent se craqueler, comme avant la mutation ou la transe. On dirait que son petit corps est incapable d'en supporter davantage. C'est là qu'elle le ressent, que quand elle est à deux doigts de s'effondrer, il n'y a personne pour la retenir. Le pire... le pire dans tout ça, ce qui l'achève, c'est que le seul dont elle souhaite le réconfort est celui qui l'a mis dans cet état.


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MessageSujet: Re: My god is the sun ☩ Taïsya   27.02.18 11:45



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Les argumentaires s’enchaînent et s’annihilent purement et simplement. La discussion à ce sujet est stérile, ne mènera à rien. Si Tomas avait été à sa place, peut-être aurait-il apprécié ce genre d’échange. Devoir deviser des heures durant avec arguments, contre-arguments, hypothèses et rhétorique. Si la discussion qu’elle a pu avoir avec le Marquis dans les geôles crasseuses et humides du Louvre a pu être enrichissante pour les deux parties, pour le Baron tout cela est une perte de temps, voir ennuyeux car cela ne mène à rien.

Il n’y a pas de volonté de se montrer supérieur, de démontrer par A plus B la véracité, le bien fondé des convictions de l’un à l’autre, cela ne l’intéresse pas, plus encore au vu de la tournure des choses. Car ce n’est pas pour ça qu’il a quitté son antre en pleine nuit, à peine un songe volé qui s’évanouit, sans même prendre le temps d’arborer le style du Lieutenant, se confondre dans un rôle. Le Baron était venu dans la suite logique de ces rencontres oniriques, sans artifices, pour elle, le reste lui importe peu.

- Je te dis qu’en pénétrant tes rêves, tu as vu les miens ce qui n’était absolument pas prévu dans le plan d’origine. J’ai appris à mes dépends que les songes ne sont pas une chose qui se contrôle. Tu es entré aussi dans mon esprit, et je n’ai pas pu fermer la porte. J’aurais pu en m’en rendant compte, du moins essayer mais finalement je ne l’ai pas fais. Tires-en les conclusions que tu souhaites.

Il lui tournait toujours le dos, l’écoutant alors d’une oreille discrète dans ses interrogations philosophiques qui balayait d’un simple regard oblique et d’un silence lourd de sens. Cependant, l’évocation de ce secret si bien gardé qui tourne autour de la lignée à laquelle il appartient peut faire pencher la balance de la défiance à son égard. La louve ne possédait pas toutes les pièces sur sa personne même si elle en est convaincu. Les épaules du Baron se mettent à tressaillir légèrement, trahissant un rire muet, discret.

- Tu ne vois que ce que tu veux voir.

Pas de moquerie, pas d’amusement, seulement un peu de dépit peut-être, du découragement ? certainement. Mais aussi de la tristesse. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, quoi qu’elle ait pu voir et sentir, la peintre reste sur ses positions.

- Te piéger ? Oui, ça pourrait me ressembler quand on y pense. Tu sais parfaitement cerner le « monstre » que je suis à tes yeux. Mais tu est totalement aveugle au reste, ou tu veux t’en convaincre. Penses-tu réellement que je suis venu ici pour ça ? Penses-tu réellement que je perdrais mon temps à tenter de te convaincre de mon désintérêt pour tes convictions maintenant que j’ai des preuves suffisantes ?

Puis finalement il se tourne vers la jeune femme, recroquevillée presque sur elle-même. Silhouette malingre qui se superposait étrangement, dans un effet d’optique, sur la toile peinte derrière elle. Le regard terne du Mousquetaire va de l’un à l’autre, comme si son esprit tentait de trouver les différences, comme dans les jeux pour enfants. Et plus il se perdait dans cette analogie, plus il en voyait des contrastes. Elle n’était pas Delphine, il le savait depuis le premier songe. Delphine était morte, depuis quatre siècles, même cette voix qu’il aurait juré entendre n’était pas la sienne. Elle reposait paisiblement dans l’esprit torturé du Vampire, avec la même expression que sur cette toile, vision qui provoquait ce regret qui le traquerait toute sa vie.

- Depuis le Louvre, depuis que j’ai pu sentir ton sang sur ma langue, je savais. Des voix, des visages, les souterrains, une vision flou mais mon esprit a décidé de mettre ça de côté. Puis tu as parlé de châtiments, puis j’ai repensé aux discussions que nous avions eu, que nous avons toujours d’ailleurs. Et vois-tu l’ombre d’un Mousquetaire, as-tu des fers aux poignets ? Le piège aurait pu marcher depuis longtemps, simplement, je n’y avais même pas songé.

Elle était loin, trop loin, et plus le temps passe, éloigné de cette présence gracile, plus il sentait la noirceur poisseuses de la tristesse et de l’impuissance s’emparer de lui. Arthur tentait de se montrer pour le moins stoïque mais l’exercice devenait de plus en plus compliqué pour le Lieutenant.

- C’est comme cela que je sais voir qui est coupable ou non. Pas de torture sanglante, pas de cris de douleur… Une simple goutte de sang. Imagine alors pour une créature qui ne se nourrit que ça, ce qu’elle peut voir, subir, sans le vouloir. C’est un don ou une malédiction pour ceux de ma lignée. Ne plus discerner ce qui nous appartient ou pas dans ce tas de visions que l’on voit défiler à chaque gorgées. Pour moi, ce…don, s’élargit aussi aux larmes.

Qu’attendait-il finalement pour prendre ce qu’il voulait, pour réclamer cette part de bien-être ? La force pourrait s’exercer aussitôt, esprit de possession incontrôlable dont d’autres ont pu faire les frais. Seulement, Taïsiya par sa simple personne, la main sur la gorge, l’en empêche. La pensée ne germe même pas dans son esprit.

- Ce jour là, j’ai repoussé ce que je voyais en toi. Je ne voulais pas le voir. Crois-le ou non. Tu n’es pas Delphine, tu es Républicaine et je suis toujours là, pas foutu de pouvoir passer cette porte.

Le Baron la sentait faiblir, vaciller, il s’était approché, prit doucement le poignet frêle de la peintre pour l’attirer vers lui.

- Je suis là, parce que je voulais être avec toi, tout simplement.


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