AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Alors on danse | Lyséa

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Trent Lacroix

avatar
✠ Je suis : Narakhe, vandale des bas-fonds irréels.
✠ J'ai : 27 ans d'un charnel reflet volé.
✠ Mon âme appartient : A la liberté anarchiste. Et au cercle des morfales.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : Boogey.
☉ Messages : 35
MessageSujet: Alors on danse | Lyséa   31.01.18 22:03

Dynamite | La rengaine, traîtresse rengaine.

J'ai sous le crâne des insanités peu catholiques qui se rejouent en boucle, des couplets profanes qui séduisent l'ultraviolence, un refrain obscène de post-grunge. Pourtant les lieux chantent d'autres mélodies, grattent les cordes différemment. Personne pour saccager des symphonies assagies. Ils sont là et je suis l'autre. L'Enfer c'est moi.
Bonne figure. J'ai fait le con, je reviens arrondir les angles comme cet orphelin que je surjoue. Sourires mornes, des affections qui mentent pour être comme eux et m'intégrer. Quelques regards perdus se posent un instant, repartent, et reviennent pour être certains de ce qu'ils ont vu. Les Lacroix survivent, grande tragédie pour une partie de la haute société de Parys. Les affaires persistent puisque l'argent, lui, ne crève jamais ici bas.
De l'autre côté d'un buffet garni de flûtes entre chaque plat, je croise le regard absent d'une autre bâtarde des beaux quartiers. Les yeux perdus, baissés sur le fond de Champagne que je tiens, je ne regarde pas l'objet de ses attentions pour saisir qu'elle n'a jamais vu d'aiguilles de sa courte vie. Les tatouages, ce tabou de la bienséance parisienne. La chemise de fils à papa ne parvient pas à masquer mes phalanges dermographées avec plaisir. C'est donc ça qui me trahit et me donne le sentiment d'être à l'intérieur et pourtant si externe à ce monde.

Dedans et dehors, fasciné et écoeuré à la fois.

Dans du Prada, hors de la foule. L'essentiel est d'être présent, qu'on soit vu, reconnu. L'important c'est cette preuve minime et minable qu'on appartient à ce milieu, le seul moyen pour que personne ne se tente à envoyer le FISC chez son ami, voisin, et investisseur. Quoique la monarchie actuelle doit bien se foutre des liasses éparpillées à l'étranger pour se faire plus misérable qu'ils ne le sont. Pourvu qu'on soit dans la bourgeoisie, pourvu qu'on soit loin des autres.
Un claquement léger des bulles dans mon verre me raisonne et ramène mon regard sur les étrangers que je connais si bien. Je me prends à éviter le regard d'un serveur tout endimanché que voilà, plein de bonnes intentions pour sa soeur encore au lycée et sa mère qui picole un peu trop. Je le sais parce que je le connais, il traîne loin des boulevards bien éclairés, lui aussi. Il a chopé ce taf parce qu'il en avait besoin et il doit penser que moi aussi j'ai un petit job dans les cabarets du coin pour que les fins de mois soient moins abruptes. Il est sympa. Il est clean. Il fume un peu. Chanceux que je suis, il me tourne le dos pour continuer son service dans une pièce adjacente. Je le plains parce que j'imagine que sous l'attitude impeccable, il les méprise tous, les fracasserait sur le pavé de Parys s'il le pouvait.

Bref. C'est une soirée comme les autres.

Le parfum hors de prix qui agresse vingt personnes autour de moi ne trompe personne. Vieille fortune qui se love dans son vison, me fait déglutir, remercier un dieu absent de ne pas avoir de cravate pour m'étouffer davantage. Sa voix terrible, aux aiguës dignes d'anciennes icônes du cinéma, m'alpague comme un véritable prince, avec ce sous ton qui ma ramène à cette condition de moins que rien.
Des interrogations se soulèvent alors qu'elle évoque une progéniture avec qui j'ai vraisemblablement étudié, ou plutôt avec qui l'autre a passé quelques années. Je mens si bien avec eux, gardant ce fier rictus qu'ils arborent également, improvisant. L'essentiel est de dire oui, comme s'il s'agissait d'une comédie sans scénario. Si elle le dit, c'est certainement vrai. Si ça ne l'est pas, je feindrais avoir confondu quelques visages. Peu importe.
Une minute meurt, une seconde, une dernière. Je perds mon temps, et ce masque d'impassibilité s'apprête à tomber. La politesse voudrait que je reste, que j'apprécie l'instant, car le Saint Esprit sait ô combien les personnes âgées sont fragiles et proches de la tombe. Il serait tragique de les voir s'éteindre sans avoir profiter de leur présence quand il en était encore temps. C'est vrai. Sans doute. Sauf quand on est plus ou moins immortel, ou éternel, et que les siècles ne peuvent plus se compter sur deux mains. Et ne nous mentons pas, je préférerais la voir crever dans sa pisse que de passer un moment de plus avec cette cinglée. Qu'elle s'étrangle dans son étoffe, je m'en tamponne.

L'autre gonzesse aussi.

"Justement, mon amie serait ravie d'entendre cette histoire."

Blonde et passant tout près, c'est d'une main assurée que j'entreprends de la ramener dans la discussion. Je ne sais pas qui c'est, je m'en fous, aussi, et je la plante là comme le dernier des goujats, improvisant des présentations avant de m'éclipser plus loin dans la foule. Un verre repris, un sourire en coin s'égare, je crois alors avoir échappé à la pire des soirées.

Raté.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t330-die-die-die-my-darling- http://chtonya-verse.forumactif.com/t340-like-breathing-in-sulfur-trent
Lyséa Elziré d'Harcourt

avatar
✠ Je suis : L'Héritière d'Harcourt | Une démoniste liée aux cercles de l'Envie & de la Luxure | Une princesse jusqu'au bout des ongles.
✠ J'ai : 25 ans
✠ Mon âme appartient : à la famille d'Harcourt
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : avatar (c) gone sign (c) bat'phanie lyrics (c) hollywood undead
☉ Messages : 186
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   01.02.18 10:27


Et la tu te dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort. Quand tu crois enfin que tu t’en sors, quand y en a plus et ben y en a encore. Est-ce la zik ou les problèmes, les problèmes ou bien la musique ? Ça te prends les trips ça te prends la tête et puis tu pries pour que ça s’arrête, mais c’est ton corps c’est pas le ciel alors tu te bouche plus les oreilles. Et là tu cries encore plus fort et ça persiste alors on… (c) lyrics stromae, (c) icons ithika.
(@Trent Lacroix & Lyséa Elziré d’Harcourt)


Le nom d’Harcourt est étrange.
Au Louvre, il ferme des portes, alors que beaucoup des vampires de la cour se servent de l’entreprise pour se fournir en pommes de sang jetables sous le manteau. Peu importe ces braves gens que la célébrissime Mélusine se soit liée à un révolutionnaire étranger pour le restant de l’éternité, tant que leur petit confort de vie n’est pas menacé. Dans certaines réceptions plus informelles, ce nom ouvre toujours beaucoup de portes. Entre les bourgeois avides de sensations fortes, ceux qui veulent passer des pactes avec des narakhes pour obtenir quelque chose et ceux qui veulent m’offrir (ou s’offrir) comme corps, je n’ai que l’embarra du choix.

Si je suis ici ce soir, c’est pour le travail. L’organisateur de cette petite sauterie coincée et un peu morne souhaite me parler, mais pas m’inviter officiellement de manière indépendante, parce qu’il se pense suffisamment important pour être surveillé par la Cour. Ah, s’il savait… Je souris, les lèvres contre la coupe de champagne contre laquelle je laisse une trace de gloss.

Desmeon est posé sur mon épaule, adorable boule ténébreuse qui peut prendre l’apparence d’une créature cauchemardesque, meurtrière et sans pitié. On n’en a pas l’impression, en le voyant ainsi, mais mon familier est dangereux et c’est tant mieux, puisqu’il constitue ma seule protection ce soir. Oh, j’ai bien une lame en argent attachée sur le haut de ma cuisse, mais c’est plus par excès de précaution qu’autre chose. D’autant que je n’aime pas sortir armée, c’est toujours incroyablement difficile de trouver une robe qui me va et qui ne révèlera pas ce que je dissimule. J’ai dû opter pour un bas de jupe bouffant, heureusement que le haut corseté de la robe dentelle noire sur fond rose pâle, suffit à mettre en avant la silhouette que je travaille si dur à garder alors qu’un pacte avec Dis suffirait.
Fierté personnelle, quand tu nous tiens.

Mon familier est agité, ce soir. Heureusement, il est invisible aux yeux de la plupart des gens, à l’exception de certains sorciers et des représentants de Dis. C’est cela, qui l’inquiète. Il tourne la tête en reniflant l’air, ce qui apparaît comme ridicule sous sa forme actuelle.

Je te dis que nous ne sommes pas les seuls, grogne-t-il en distique.

Je le sens, ce picotement caractéristique, mais j’ignore d’où il vient exactement et c’est la raison pour laquelle je louvoie dans la foule quand une main m’attrape le poignet pour me planter devant une vieille dame. La décharge d’énergie qui circule entre nous m’électrise et me laisse coïte, l’espace d’une seconde.

Charles-Eu… je commence puis je m’interromps.

Non.
Ce n’est pas ce crétin congénital de Lacroix qui se croyait assez bien pour m’incommoder de quelques avances et, une fois repoussées, de remarques qu’il pensait bien senties. Je n’ai jamais eu que du mépris pour lui, ce qui était déjà trop, mais j’ai toujours eu du mal avec le concept d’indifférence.

C’est qu’il fuit en plus, le salaud ! Avant même que j’ai pu terminer mon invective, ou lui poser la moindre question. Quel goujat ! Rustre ! Malappris ! Misérable ! Une attitude qui ressemble bien à l’hôte. Je plante la dame sans un regard, me rendant aussi impolie que lui, et je le suis en essayant de ne pas me faire remarquer. J’évite les grandes enjambées, la fureur, les cris pour l’interpeller, même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque. Je crois que je suis sous le coup de la surprise, que je m’attendais à tout sauf à ça et que je n’ai pas encore décidé comment j’allais réagir.
Heureusement, avoir des escarpins d’une hauteur indécente ne m’empêche pas de le rattraper.
Et de bousculer, au passage, une fille qui s’apprêtait à lui parler, pour une raison que j’ignore royalement.

Desmeon volète au-dessus de la tête de Charles-Eugène, ou peu importe son nom, et acquiesce avant de revenir se couler dans mon cou. Soudain, l’agacement se dissipe, remplacé par un sourire peut-être un poil trop prédateur.

Mon cher, vous m’en cachez des choses.

Pas besoin de laisser entrevoir mon énergie. Il a deux yeux, il voit l’un de ses semblables avec moi, j’espère juste que le narakhe n’est pas aussi crétin que l’hôte, ou que la bêtise ne soit pas contagieuse. Auquel cas, le pauvre est fichu. Dans ma tête, mon familier continue de parler, de le détailler. Ce n’est pas un de nos cercles, ni Colère, ni Luxure. Et ça tombe parfaitement, puisque j’envisageais d’élargir mes accointances.
Finalement, cette soirée promet, s’il se révèle assez aimable pour me parler.



_________________
oh my princess
I'm from a nightmare, but I'm living the dream. You need to back up if you're not with my team 'cause I do whatever it takes to make it. It's true, you gon' make me lose my patience 'cause victory is mine, and I'm take it.
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t344-lysea-princesse-de-dis# http://chtonya-verse.forumactif.com/t346-lysea-mademoiselle-d-harcourt
Trent Lacroix

avatar
✠ Je suis : Narakhe, vandale des bas-fonds irréels.
✠ J'ai : 27 ans d'un charnel reflet volé.
✠ Mon âme appartient : A la liberté anarchiste. Et au cercle des morfales.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : Boogey.
☉ Messages : 35
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   01.02.18 23:31

Dynamite | Et l'atroce musique qui n'en finit pas.

L'idée d'une fuite me semble bien agréable à imaginer. Quelques silhouettes bousculées, la sortie retrouvée, et je pourrais être dehors. J'ai bien assez fait acte de présence au milieu du tout Parys, s'esquiver d'ici ne serait plus perçu comme un manque de considération pour mes semblables, seulement une affaire urgente à régler. Une affaire à la profonde saveur âpre de la fumée illicite.
Les bulles avalées d'une traite, je relève les yeux vers les murs dorés à la main, y cherchant une entrée quelconque, une porte de sortie me conviendrait tout autant. Ne jamais s'enfermer dans une pièce n'ayant qu'une seule sortie, tout spécialement lorsqu'on est en danger. Jamais su en quoi c'était un problème. Un mur, c'est comme un bras, ça se casse quand on a le nécessaire.

En parlant de problème.

J'arque un sourcil devant la demoiselle vivement écartée par son traître opposé en terme de délicatesse. Je crois y reconnaître ma salvatrice échappatoire aux éternelles tirades de la vieille peau, sans véritable assurance. Je ne lui connaissais pas ce fragment de Dis collé à elle comme une pieuvre. J'ai mal choisi mon jour pour m'en prendre à la première gonzesse blonde venue.
Réflexion faite, c'est toujours un mauvais jour pour ça. Je préfère les brunes.
Perplexe, elle en a le masque. Mais ce n'est pas mon visage volé qui semble la perdre à ce point. Elle a sans doute croisé le pathétique merdeux qui était sous ces traits avant moi, elle aura connu l'héritier Lacroix avant qu'il ne crève dans mes doigts. A moins que je n'ai oublié ce faciès poupin qui m'agresse déjà par ses mots. La voix posée, je lâche ma réplique.

"C'est pas moi qui planque mon clébard distique devant tout le monde, ma jolie."

Des garces, j'en ai vu au cours de mon existence. Je n'étais pas encore mort que j'avais connu les pires femmes de l'époque. Elle suinte la suffisance, mais ce n'est pas ce qui dénote tant dans la foule bourgeoise de Parys. C'est plutôt l'aura au parfum de soufre qui se dégage de sa silhouette qui m'intéresse. L'immonde bestiole perchée sur elle termine de le prouver.
J'en ai croisé des incapables qui voulaient s'amuser en ouvrant grand les portes de Dis. Ca joue les marionnettistes avec les narakhes, nous prenant pour des pitbulls bons à se battre dans une cave qui vomit la sueur et le sang. C'est la gueule défoncée que l'un des deux se tire loin à chaque fois. On ne provoque pas plus fort que soi, sauf quand on est fou. J'ai hâte de savoir si elle est excellente dans son domaine ou juste du genre à jouer avec le feu.

Ou avec la gourmandise.

Je hausse le regard vers la sortie qui me semble soudainement bien lointaine. En déviant sur ma droite, je perçois un gouffre d'intimité. Ca s'appelle une terrasse et dans ce type de soirée personne n'y va jamais puisque les cigares se fument dans le bureau et que le vison ne sert que rarement à supporter le froid de l'heure tardive.

"Si tu veux parler, ok. Mais j'ai une réputation à tenir."

Et c'est pas celle d'un narakhe.
Ah, je les sens venir dès demain matin les ragot racoleurs. C'est ma dulcinée, perdue dans son palais à l'autre bout de Parys, qui va être ravie d'entendre que son cher et tendre a encore été vu éloignant une gonzesse hors de la soirée. Elle s'en fout peut-être depuis le temps. Je l'espère presque pour elle. Moi je m'en tape. J'aurais fait n'importe quoi pour aller prendre l'air loin de tous ces connards plein de fric. La baie vitrée refermée, j'oublie déjà les histoires tragiques dans lesquelles on m'impliquera. La donzelle écartée sera peut-être même jalouse. Ca va en faire des jacasseries pour la semaine.

"Laisse-moi deviner. T'as besoin d'un nom avec qui pactiser? J'espère que tu débute pas tes conneries d'abracadabra parce que je suis du genre salaud quand ça m'ennuie."


@Lyséa Elziré D'Harcourt

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t330-die-die-die-my-darling- http://chtonya-verse.forumactif.com/t340-like-breathing-in-sulfur-trent
Lyséa Elziré d'Harcourt

avatar
✠ Je suis : L'Héritière d'Harcourt | Une démoniste liée aux cercles de l'Envie & de la Luxure | Une princesse jusqu'au bout des ongles.
✠ J'ai : 25 ans
✠ Mon âme appartient : à la famille d'Harcourt
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : avatar (c) gone sign (c) bat'phanie lyrics (c) hollywood undead
☉ Messages : 186
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   04.02.18 12:10


Et la tu te dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort. Quand tu crois enfin que tu t’en sors, quand y en a plus et ben y en a encore. Est-ce la zik ou les problèmes, les problèmes ou bien la musique ? Ça te prends les trips ça te prends la tête et puis tu pries pour que ça s’arrête, mais c’est ton corps c’est pas le ciel alors tu te bouche plus les oreilles. Et là tu cries encore plus fort et ça persiste alors on… (c) lyrics stromae, (c) icons ithika.
(@Trent Lacroix & Lyséa Elziré d’Harcourt)


Desmeon n’apprécie que modérément le qualificatif « clébard » d’autant qu’il n’a pas l’apparence d’un chien. C’est habituel, pour les familiers, d’être mal considérés par les autres narakhes même si, paradoxalement, sans ce lien fort pour nous ouvrir la voie jusqu’à Dis, des gens comme Charles-Eugène ne deviendraient jamais hôte de qui que ce soit.

C’est ta gueule que tu devrais planquer, rétorque mon familier dans leur langue d’origine.

Que je comprends très bien, mais que j’ai du mal à parler. Ma tante m’a expliqué un jour que c’est à cause de nos cordes vocales, qui ne sont pas adaptées à ces grondements. Pourtant, elle s’en sort parfaitement bien, elle, et ça m’agace d’y repenser.

Je prends quelques secondes pour observer cette nouvelle version du lourdingue connu jadis. Plus grand-chose en commun, j’en viens à être surprise de l’avoir reconnu. Je n’ai pas le temps d’ajouter un mot qu’il me propose de l’accompagner dehors, sur la terrasse. Je sais ce que représente ce type d’endroit, je me demande si je peux me le permettre. D’un autre côté, je ne suis engagée nulle part et le Baron ne risque pas une crise de jalousie pour si peu. Je n’aime pas beaucoup qu’il m’ait si facilement percé à jour, même si ce n’est pas bien difficile. Une démoniste et un narakhe, forcément, ils parlent affaires.

Je le suis et je le laisse refermer la baie vitrée. L’air de ce début février est assez froid et je regrette mon manteau, laissé au vestiaire. Heureusement, la configuration architecturale de l’endroit nous protège au moins du vent glacial.

Je lui adresse un sourire avec un brin de condescendance, en guise de réponse à sa question.

Vous êtes tous salauds quand vous vous ennuyez, à croire que c’est une caractéristique génétique. Même quand vous ne vous ennuyez pas, d’ailleurs, si on veut être un peu honnête.

Desmeon, avec ses yeux rouges posés sur sa boule de ténèbres, fixe le narakhe en face de moi avec un air mauvais et m’informe par notre lien mental qu’il est issu du cercle de la gourmandise. J’en prends bonne note, en espérant qu’il ne va pas jouer à déclencher en moi une faim dévorante, impossible à combler. Normalement, on ne berne pas si facilement un praticien distique, mais qui est ce narakhe en face de moi ? Un ar’narakhe ? Un petit joueur qui se donne de grands airs ?

C’est vrai qu’on ne travaille pas avec ton cercle, mais je suis toujours curieuse de savoir qui s’essaie à l’invocation, dans ma ville.

Je le tutoie aussi, puisqu’il ne se gêne pas. Tant pis pour la politesse et pour ma bonne éducation.

Au fait, tu as gardé Charles-Eugène ou… ?

Pas son âme, son nom. Je me doute qu’il l’a dévoré en arrivant et le monde n’y a pas perdu grand-chose.



_________________
oh my princess
I'm from a nightmare, but I'm living the dream. You need to back up if you're not with my team 'cause I do whatever it takes to make it. It's true, you gon' make me lose my patience 'cause victory is mine, and I'm take it.
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t344-lysea-princesse-de-dis# http://chtonya-verse.forumactif.com/t346-lysea-mademoiselle-d-harcourt
Trent Lacroix

avatar
✠ Je suis : Narakhe, vandale des bas-fonds irréels.
✠ J'ai : 27 ans d'un charnel reflet volé.
✠ Mon âme appartient : A la liberté anarchiste. Et au cercle des morfales.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : Boogey.
☉ Messages : 35
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   04.02.18 22:17

Dynamite | Je souris.

Sympa son rat. Jamais pu saquer ces petits cafards distiques qui trainent par chez moi. Néanmoins cette raclure a deviné sans peine mes affiliations. J'aurais eu bien du mal à m'en défaire quoiqu'il en soit. Fidélité, loyauté, j'ai de l'affect pour mon cercle et le rôle que j'y tiens. Elle, elle appelle ça du travail. Dans ses yeux, c'est moi la paperasserie à terminer avant lundi. Qu'elle est étrange, la race humaine. Perçus comme des divinités et puis finalement comme des jouets. Tous les rôles sont bons à tenir pour les déchets rampants de Dis.
Mon épaule se presse doucement contre la pierre blanchâtre du mur adjacent. Les doigts dans mes poches, j'y reconnais mon briquet sans même détourner mes yeux de la conversation. Je persiste, l'écoute avec attention alors qu'elle s'égare sur une question. Elle a mentionné son travail, sa ville, cette significative peur d'une possible concurrence meilleure qu'elle. Je ne m'étonne plus de savoir qu'elle ait pu connaître l'héritier Lacroix avant moi. Le personnage en face de moi se dessine avec détail.

"Quelques jours. Mais j'arrivais pas à simuler le balai dans le cul aussi bien que Charlie."

Un instant mes yeux divaguent, observant ma compagnie comme pour évaluer le niveau possible de ses talents. Plus jeune, ou avec une hygiène de vie moins déplorable. Sans doute le compte agréablement fourni par un parent ou un héritage, le genre de passé similaire à celui que je me suis octroyé. A la voir, je ne lui donnais que très peu de crédit. Je reste perplexe tant l'écart est immense entre ce physique de princesse caricaturée et ses amitiés avec Dis.
Mais, me concernant, c'est sa relation avec l'humain perdu dans les limbes qui caresse ma curiosité. J'ose croire que, dans sa fidélité sans borne pour sa propre bourgeoise, Charles n'a jamais eu le culot de s'éprendre d'elle. D'autant que j'aurais reçu une réaction plus vive si jamais elle avait eu tant d'intérêt pour lui. Une voisine peut-être, collègue serait plus probable.

"J'en déduis que tu l'as connu. Il te manque? J'te le souhaite pas vu où il est maintenant."

Mon sourire se rehausse, moqueur. Elle sait mieux que moi qu'elle ne reverra jamais ce fringuant connard. Je ferais honneur à son minois mieux qu'il ne l'aurait fait. Je prends tout ce qu'il était pour le remodeler. Michel Ange moderne qui ne travaille que du matériau désacralisé.
Je me redresse, mon dos se tend à nouveau alors que je roule une épaule déjà endolorie par le contact avec le mur.

"Ton corniaud a du me flairer à des kilomètres, pas vrai? J'ai pas une gueule à filer des orgasmes à répétition ou à capitaliser sur mes millions. On me l'a déjà dit."

Trop égoïste pour l'un, trop de gauche pour l'autre. J'ai perdu ce goût pour tous les vices, la haine pour toutes les vertus. Je ne trouve plus cette rédemption ironique dans les horreurs d'une vie, seulement dans ce semblant d'adrénaline. Un mal sans nom revient m'arracher la trachée. La décadence douloureuse d'une désintoxication involontaire. Je tuerais pour de l'ecsta.
Mon briquet est toujours sous ma prise, un rappel à l'ordre pour allumer une autre sublime dose de nicotine entre mes phalanges. C'est pas ça qui va me faire oublier le manque atroce qui me prend les tripes toutes les deux minutes. Je savoure pourtant mon placebo, appréciant la cendre sous le palais comme un cannibale privé de bidoche. Ca n'a pas le même effet. Ca n'aura jamais le même effet. Mais putain comme ça détend.

"Toi par contre, t'as bien une tête à sympathiser avec des cercles de tapettes comme ça. Les trous d'balle comme eux t'ennuient, hein? M'étonne pas."

Soufflant ma fumée, je lâche un rire en roulant des yeux, un mélange hautain de clope et de mépris. Fierté d'être avec l'éternelle famine dans ce gouffre de bouffe avariée. Tant pis si mes addictions me refilent un amer goût pour ravaler cette vérité.
Je cendre entre deux doigts en rebaissant mon regard vers la donzelle. Une nouvelle fois je la jauge dans un instant de silence avant de lâcher presque à contre coeur des banalités de présentations propices lors de ces soirées à chier.

"Trent. Et tu es?"


@Lyséa Elziré D'Harcourt

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t330-die-die-die-my-darling- http://chtonya-verse.forumactif.com/t340-like-breathing-in-sulfur-trent
Lyséa Elziré d'Harcourt

avatar
✠ Je suis : L'Héritière d'Harcourt | Une démoniste liée aux cercles de l'Envie & de la Luxure | Une princesse jusqu'au bout des ongles.
✠ J'ai : 25 ans
✠ Mon âme appartient : à la famille d'Harcourt
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : avatar (c) gone sign (c) bat'phanie lyrics (c) hollywood undead
☉ Messages : 186
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   05.02.18 18:20


Et la tu te dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort. Quand tu crois enfin que tu t’en sors, quand y en a plus et ben y en a encore. Est-ce la zik ou les problèmes, les problèmes ou bien la musique ? Ça te prends les trips ça te prends la tête et puis tu pries pour que ça s’arrête, mais c’est ton corps c’est pas le ciel alors tu te bouche plus les oreilles. Et là tu cries encore plus fort et ça persiste alors on… (c) lyrics stromae, (c) icons ithika.
(@Trent Lacroix & Lyséa Elziré d’Harcourt)


Pas vraiment, non, je rétorque avec condescendance.

Parce que franchement, je n’ai jamais apprécié son genre, sa façon d’être ou même son physique. A mes yeux, ce garçon n’avait rien pour lui, alors son âme peut bien avoir fini en dîner pour un narakhe du cercle de la gourmandise, cela m’importe relativement peu. A une autre époque, avant de me découvrir ces capacités, peut-être aurais-je été émue ou horrifiée par son sort. Mais cette Lyséa n’existait plus. Mon humanité était morte huit ans plus tôt, pendant une soirée au Cirque des Damnés.

Je souris poliment devant sa vulgarité. Je suis habituée. Je ne pratique pas, toutefois il y a des moments où il vaut mieux choisir ses batailles. Celui-ci en fait partie. J’ai bien envie de lui expliquer que les orgasmes ne sont pas une question de physique et que l’Envie ne se limite pas aux placements juteux, mais il le sait aussi bien que moi. Peut-être me teste-t-il ou peut-être est-il con de naissance. Peu m’importe, c’est son pouvoir que j’ai envie de jauger, pas ce qu’il a entre les jambes. Parfois, l’un ne va pas sans l’autre mais, heureusement, il n’a rien d’un incube.
Non pas qu’il y ait vraiment une vertu à sauver, chez moi.

Je ne relève pas sa cigarette ni la fumée qu’il ne prend pas la peine de souffler ailleurs que dans ma direction. Comme je prends un soin obsessionnel de mon corps, j’ai bannis le tabac et ne consomme l’alcool qu’à petites doses.

Lyséa d’Harcourt, je réponds, du ton qui signifie que les tapettes ne sont pas forcément où on le croit.

J’ai une confiance aveugle en la force de mon nom de famille, même si je n’ai été reconnue qu’à partir du moment où mes pouvoirs se sont réveillés, assez tard même. J’ai tendance à croire que, à Dis, tout le monde connaît les d’Harcourt, qui exercent depuis des siècles, qui ont élevé l’invocation au rang d’art puis d’industrie quand le monde s’y prêtait le mieux. Dans ces deux mots, ces deux noms, il y a toute la fierté possible, toute l’assurance aussi, d’être reconnue, que l’attitude change… Prélude à une amère désillusion ?

Les cercles de tapette, c’est intéressant comme point de vue, je relève, toujours avec un sourire un peu suffisant. Explique-moi en quoi la gourmandise les surpasse ? Je suis curieuse. Et c’est une vraie question. Je n’avais encore jamais eu l’occasion d’échanger avec un représentant de ce cercle.

Ce qui est la pure vérité. Pas qu’ils soient moins nombreux, simplement on ne peut pas connaître tout le monde, encore moins quand on n’a que vingt-cinq ans et qu’on n’a pas encore tenté d’invoquer un ar’narakhe. Ma tante, la célébrissime Mélusine, l’a fait en étant plus jeune que moi et l’a amèrement regrettée. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un problème.

Et sinon, Trent, Parys te plait ?

Manière détournée d’en apprendre plus sur ses objectifs. Parfois, ça se résume à ramener des âmes, mais pas seulement. Puis, j’ai toujours du mal à le classer dans la hiérarchie distique, même si la mauvaise foi de Desmeon affirme que c’est « un petit troufion de bas étages ».



_________________
oh my princess
I'm from a nightmare, but I'm living the dream. You need to back up if you're not with my team 'cause I do whatever it takes to make it. It's true, you gon' make me lose my patience 'cause victory is mine, and I'm take it.
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t344-lysea-princesse-de-dis# http://chtonya-verse.forumactif.com/t346-lysea-mademoiselle-d-harcourt
Trent Lacroix

avatar
✠ Je suis : Narakhe, vandale des bas-fonds irréels.
✠ J'ai : 27 ans d'un charnel reflet volé.
✠ Mon âme appartient : A la liberté anarchiste. Et au cercle des morfales.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : Boogey.
☉ Messages : 35
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   05.02.18 23:08

Isolated | "C'est petit, mais on s'y fait."

Petit. Et pourtant si vide. Le néant complet. Et comme une vive sensation d'être en plein centre de cet absolu trou noir. Mais je ne saurais dire si je préfère ça à l'étouffant sentiment que me procure Dis. Blasé. Blasant.
Je soupire ma fumée vers le haut, Lyséa n'a pas l'air d'être du genre à fumer et même si une accro de la nicotine de plus à Parys ne ferait aucune différence, je vois bien que je la fais chier. Sympathie rare ou empathie soudaine, je me soucie suffisamment de ses poumons pour cracher ma cendre plus loin après ces quelques présentations.
Son nom de famille m'évoque des vieilleries du passé, je reste dubitatif pourtant, j'ai le sentiment d'une pièce qui manque à ce début de réponse. J'imagine sans mal qu'un de ses collègues distiques a du m'en parler, et comme un con j'ai pas écouté. Tant que ça concerne pas mon cercle, j'ai la liberté de m'en battre royalement. Mais je ne remets aucun visage sur la quelconque créature m'ayant susurré ce nom. Encore un patronyme qui va tourner un moment contre mon crâne jusqu'à retrouver sa place.

"D'ailleurs, d'Harcourt t'as dit? Ca me dit un truc. Mais je te confonds sûrement avec tes parents ou une connerie du genre. T'oublies vite quand..."

T'es défoncé constamment. Et que tu fais tout pour éviter les autres erreurs de la nature comme toi, pour pas choper d'âmes, et pour devenir n'importe quoi plutôt qu'un salaud de narakhe. Ouais. T'oublies vite les gens, les noms, le reste. Je ravale ma fin de phrase et rempile sur la suite.

"Peu importe. Gourmandise, t'as visé juste. Mais si tu crois que je vais te rendre boulimique ou anorexique, c'est pas ma branche. Et même si ça l'était, j'ai aucun raison de saloper la descendance d'Harcourt alors ton Pokémon peut arrêter de me fixer comme si j'étais Charles Manson."

Toujours pareil, on change pas une équipe qui gagne. Et dire qu'il m'arrive encore de me demander pourquoi je peux pas saquer les types comme moi. On est tous les mêmes. Des petits cons qui jouent comme des gosses avec la vie des plus faibles. parasite qui se battent pour devenir le meilleur collectionneur de ces bijoux qu'on appelle âmes. Je l'ai eu mon numéro gravé dans la peau, ma rune qui frôlait la perfection enviée par plus minable que moi. Et puis j'ai arrêté, j'ai lâché l'affaire, j'ai trouvé mieux à faire que collectionner pour un titre auquel je ne crois pas. Ils sont rares les narakhes anarchistes parce que c'est rare de ne pas vouloir faire mieux que les autres, parce que c'est rare de se croire à égalité avec les plus forts et les plus faibles, parce que c'est rare d'arrêter ce petit jeu de collection morbide.
Dernière taffe et mégot sous la semelle. Y'aura bien un domestique pour ramasser. Je marque une pause, le regard ailleurs. J'ai le sentiment traître de devoir chercher mes mots pour décrire simplement ce qui m'a pris des siècles à capter. Mais elle est plus proche que moi de la catégorie des petits génies alors elle comprendra sûrement.

"Disons que c'est un avis perso. On n'est pas tous des saints, mais on n'est pas tous des salauds non plus. Et mon cercle a pas un gros quota de fils de pute. C'est clair qu'on est les premiers à se marrer quand un diabétique veut un Coca. Est-ce que c'est sympa? Non. Est-ce que c'est le pire? Non plus. Ouais, y'a que nous à blâmer pour les cannibales et autres nécrophages, mais on peut appeler ça la loi du plus fort. 'Fin bon. T'as choisi ton camp, mademoiselle envie et luxure."

Ca me revient ce nom. Le genre de lignée qui dresse sa progéniture avec la même sévérité que des chiens de guerre, comme beaucoup trop de vieilles familles de sorciers. Mais je saisis soudainement beaucoup mieux d'où vient sa prétention naturelle. Elle a été élevée pour régner, ce qui n'est pas sans me rappeler le passé triste à en mourir de la carcasse que j'ai volé. Gosses de riches tous les deux, la facilité ancrée dans les veines grâce à un don de généreux géniteurs. Au fond ça me rappelle aussi mes histoires et ce don pour l'addiction que je préfère garder pour moi quitte à me taper le manque, l'atroce manque.
Le briquet encore entre les doigts, à jouer avec contre mes phalanges, j'ai le regard fuyant en ramenant la discussion sur la ville. Les lumières contre la façade du bâtiment au luxe infâme, ces lampadaires qui - étrangement - fonctionnent tous par ici mais qui restent brisés pendant des mois à l'autre bout moins fortuné de Parys. On ne voudrait pas que les héritiers du grand monde se fasse agresser en sortant de chez Chanel mais les autres peuvent bien se faire enculer contre un mur tagué de slogans haïssant la monarchie.
Amer, encore, amer pour ce petit jeu auquel j'ai trop longtemps joué.

"C'est plus petit que Dis Parys. Mais moi je trouve ça mieux."


@Lyséa Elziré D'Harcourt

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t330-die-die-die-my-darling- http://chtonya-verse.forumactif.com/t340-like-breathing-in-sulfur-trent
Lyséa Elziré d'Harcourt

avatar
✠ Je suis : L'Héritière d'Harcourt | Une démoniste liée aux cercles de l'Envie & de la Luxure | Une princesse jusqu'au bout des ongles.
✠ J'ai : 25 ans
✠ Mon âme appartient : à la famille d'Harcourt
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : avatar (c) gone sign (c) bat'phanie lyrics (c) hollywood undead
☉ Messages : 186
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   07.02.18 10:08


Et la tu te dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort. Quand tu crois enfin que tu t’en sors, quand y en a plus et ben y en a encore. Est-ce la zik ou les problèmes, les problèmes ou bien la musique ? Ça te prends les trips ça te prends la tête et puis tu pries pour que ça s’arrête, mais c’est ton corps c’est pas le ciel alors tu te bouche plus les oreilles. Et là tu cries encore plus fort et ça persiste alors on… (c) lyrics stromae, (c) icons ithika.
(@Trent Lacroix & Lyséa Elziré d’Harcourt)


D’Harcourt, ça lui dit un truc ? J’ai du mal à ravaler ma bile, quand il me balance ça la bouche en cœur. Dans mon petit monde, on ne peut pas ne pas connaître ce nom magique qui ouvre bien des portes. C’est la première fois de ma courte existence que je suis confrontée à la terrible réalité –non, tout le monde ne connaît pas ma famille- et cela me laisse un peu pantoise.
En partie parce que j’ignore comment négocier avec un narakhe sans cet appui. En général, c’est simple et je me repose sur la réputation de Mélusine. Je commence à comprendre un peu mieux ses dernières leçons, avant son départ pour Valachya…
J’insiste quand même un peu, ravale au mieux la pointe de désespoir.

Ma tante, probablement. Mélusine.

Orianna, de son prénom, mais elle a longtemps utilisé un pseudonyme, justement parce qu’elle connaît la puissance d’un nom véritable. Il n’est pas difficile de savoir qu’on l’a nommée Orianna, mais personne ne connaît les autres prénoms entre celui-là et le « d’Harcourt », deux précautions valent mieux qu’une.

Ne prend pas ombrage de son attitude protectrice, c’est sa raison d’être après tout. Il n’est gentil qu’avec les filles, je confie sur le ton de la plaisanterie même si ça n’en est pas une, en réalité. Quelle est ta spécialité, si tu ne tourmentes pas les gens avec de la nourriture ?

Cela aussi, c’est une vraie question. J’ai beau savoir, sur le papier, que le cercle de la gourmandise ne se limite pas aux aliments, j’ai quand même tendance à les imaginer obèses, ou squelettiques, atteins de psychoses alimentaires qu’ils transmettent à leurs victimes. C’est ridicule et cliché, j’en ressens presque de la culpabilité.
N’empêche, ce narakhe est étrange. Ils le sont tous à leur manière mais lui, il tient un discours… Pas distique. Je fronce les sourcils. Il se moque de moi, forcément, ce narakhe qui affirme ne pas « être un salaud ». C’est vrai que, si on se place de leur point de vue culturel, ils sont simplement normaux…

Mon nom choisit mon camp, je corrige. Les accords conclus l’ont été au début du Moyen-Âge.

Même avant, mais le plus vieux livre manuscrit en notre possession date de cette période, donc on ne peut que supposer.

Moi, tu sais, plutôt que de perpétuer bêtement une collaboration, j’ai envie d’élargir mes horizons.

J’ignore pourquoi je me montre honnête, peut-être parce que j’ai l’impression qu’il l’a été… Desmeon me met en garde : c’est probablement une tentative de manipulation, pour mieux me mettre dans sa poche. D’autant que l’Envie, c’est Mélusine qui a passé son existence entière à négocier avec Bélial en remontant petit à petit la chaine alimentaire de ce cercle. Moi aussi, j’ai envie qu’on retienne mon nom pour un exploit de ce genre. Est-ce que j’ambitionnais la gourmandise ? Pas vraiment. Je me voyais plutôt avec l’orgueil ou la colère, mais je n’ai pas envie de cracher sur les opportunités.

Je jette un regard désapprobateur au mégot qu’il laisse sur le sol de la terrasse. Certes, les domestiques sont là pour ça, mais tout de même.

Mieux ? j’arque un sourcil, surprise. Pour les âmes à moissonner, je présume ?

Je ne me suis jamais rendue à Dis, je n’y marcherai pas avant ma mort. Ce que j’en connais, c’est à travers les souvenirs de Desmeon et ça se limite au cercle de l’Envie. Un endroit chaotique, où les désirs de chacun se matérialisent. Desmeon y vivaient encore à l’époque de Bélial, je connais donc mieux l’ancienne architecture que la nouvelle, difficile à appréhender pour un esprit humain. J’essaie de ne pas trop y songer, en général, parce que ça me conduit toujours à une migraine horrible. Finalement, mes rapports avec cette dimension se limitent à un échange fabuleux d’énergie. C’est ça, qui m’attire : son goût, sa force, les picotements qu’elle provoque en moi quand je prononce le Nom Véritable d’un narakhe pour l’invoquer dans un corps humain. Échange de bons procédés, nous sommes une entreprise. Ils paient, soit avec de l’argent, soit avec des services, et nous tenons des comptes.

Simple.
Basique.

Peut-être que Dis me fascine justement parce que je n’y vis pas. Peut-être que, lorsqu’on y est tout le temps, Dis lasse, Dis fatigue, Dis dégoûte. Un peu comme les humains dépressifs qui sont exténués de leur existence et de leur univers. Existe-t-il des narakhes dépressifs ? L’idée fait franchement marrer Desmeon, qui tressaute sur mon épaule sans produire le moindre son. Je sais qu’il a envie de le corriger, ce narakhe, mais qu’il n’est pas assez con pour attaquer le premier, encore moins quand il ignore la puissance exacte de l’adversaire.

Je tremble de froid. Sans mon gloss, je crois que mes lèvres commenceraient à bleuir à vue d’œil. Mes bras serrés autour de ma poitrine ne suffisent pas et je ne peux pas vraiment envoyer Desmeon, supposé rester invisible, pour me ramener mon manteau. J’imagine d’ici les réactions, oh, un habit volant ! Au mieux.
Puis je ne veux pas qu’il traine par terre, rien de pire que du rose pâle poussiéreux.
Chacun son sens des priorités.



_________________
oh my princess
I'm from a nightmare, but I'm living the dream. You need to back up if you're not with my team 'cause I do whatever it takes to make it. It's true, you gon' make me lose my patience 'cause victory is mine, and I'm take it.
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t344-lysea-princesse-de-dis# http://chtonya-verse.forumactif.com/t346-lysea-mademoiselle-d-harcourt
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Alors on danse | Lyséa   

Revenir en haut Aller en bas
 
Alors on danse | Lyséa
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chtonya Verse ::  :: Rive gauche-
Sauter vers: