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 Little Rascal – Aaron

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Ira Abisheva
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MessageSujet: Little Rascal – Aaron   20.01.18 4:03


You’re a little rascal
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Et soudain, il vacille. Un genou qui lâche, s’effondre sur la cheville comme si ses muscles s’étaient subitement liquéfiés. Il tente maladroitement de se rétablir, trébuche sur deux pas avant de s’écrouler pour de bon. Dans mon ventre, un sursaut d’excitation. Je sens les commissures de mes lèvres tressaillir involontairement vers le haut. J’ai bien cru que ce moment n’arriverait jamais. Au point d’en venir à douter du narakhe qui devait s’occuper de son cas. Plus de trois semaines que je le piste, de loin en loin, en attendant mon heure.

Je l’ai souvent perdu, parce que je prenais garde de toujours rester à bonne distance. Les vampires et leurs sens, c’est une plaie. De toute façon, la plupart des nuits j’étais tranquille : il travaillait. Et je ne suis pas dingue au point de traquer un mousquetaire jusque dans son nid. Pour tout dire, je ne me suis même jamais approchée de la rue du Bac. Les types de la garde de nuit me foutent les jetons : ce sont presque tous des vampires ou des garous, des yeux brillants dans l’ombre qui patrouillent en silence, comme des fantômes, prêts à tomber sur le premier clampin venu. Petit tagueur ou dangereux révolutionnaire, ils ne font pas de différence, ils embarquent tout le monde. Surtout en ce moment. Il va sans dire que je n’ai aucune envie de tomber entre leurs doigts crochus.

Ce soir, c’était un coup de chance. Peu avant l’aube, je m’étais planquée à quelques rues de ce repère de vipères, dans l’espoir de le surprendre à la fin de son service. J’y croyais pas vraiment. Ça faisait deux jours que je répétais ce manège, sans résultat. Soit il se volatilisait dans le ciel d’encre, comme une foutue chauve-souris, soit il ne bossait pas, soit il empruntait un chemin différent, auquel je n’avais pas encore pensé.

En tout cas, ça commençait sérieusement à jouer sur mes nerfs. Je ne supportais pas de n’avoir rien à rapporter à l’Assemblée, depuis le lancement officiel de ma mission. Et d’autant plus ces derniers temps, avec tout ce bordel. Personne ne dit rien, mais après le coup que nous a fait Justice, un membre qui ne prouve pas son engagement et sa valeur peut vite attirer la suspicion des autres. Et puis c’est pas comme si Aequitas était du genre doux et compréhensif. Ce qui me convient très bien, notez.

Mais je dois avouer que quand je l’ai vu apparaître au détour de la ruelle, j’ai ressenti une belle vague de soulagement. Au moins, je pourrais dire honnêtement que je progressais. Non, je n’étais pas encore entrée en contact avec ma cible, pas à proprement parler, mais c’était pour bientôt. J’étais scrupuleuse dans mon approche, voilà tout. Je l’ai suivi en préparant d’avance mon petit réquisitoire, persuadée que je finirais par le perdre dans un bar ou un autre, ou qu’il ne se produirait strictement rien, comme les autres fois.

Mais il faut croire que les démons veillaient sur moi, cette nuit...

Parce qu’il est là, maintenant, étalé sur le trottoir, s’escrimant à ramper vers l’abri d’un porche. Pathétique. Jouissif. Je ne peux m’empêcher de l’observer quelques instants. Je sais que je dois intervenir, que c’est l’occasion rêvée, celle que j’attendais depuis le début, mais je ne veux pas bouder mon plaisir. Sorti de son uniforme, il n’a plus l’air aussi flippant. Enfin, c’est peut-être aussi parce qu’il est en train de se tortiller par terre. En tout cas, il a toujours une gueule bizarre. Et puis c’est quoi le deal avec toute cette encre ? Je croyais que l’institution avait gardé un côté très « vieille France »…

Je sais bien que je suis en train d’essayer de gagner du temps. Pour ne pas me lancer. Pour ne pas avoir à ravaler la haine qui me ronge à la simple mention de son nom — leur nom — et endosser un rôle d’agent double pour lequel je n’ai aucune disposition. J’en viens presque à regretter de l’avoir mentionné à l’Assemblée. Je tenais tellement à faire mes preuves… Avec cette idée un peu conne qu’ils ne m’accepteraient que si j’avais déjà une offrande à leur faire. J’avais pourtant d’autres moyens de leur prouver mon utilité.

Je finis quand même par réagir, avant qu’il ne m’échappe en se traînant comme un lombric, dans un coup de fouet intérieur à ma volonté. Je prends une inspiration et le rejoins en trottinant, comme si j’avais accouru en découvrant mon malheureux concitoyen en si fâcheuse posture. L’air soucieux, je m’accroupis près de lui et coupe court à toutes protestations potentielles en adoptant le ton que j’utilise au travail. Je le retiens d'une main sur le bras.

« Ça va ? N’essayez pas de bouger, ça pourrait être grave. Je vous ai vu tomber… vous souffrez d’un trouble neurologique ? Vous voulez que j’appelle une ambulance ? »

Ce serait une très mauvaise idée, mais je doute qu’il l’approuve, et c’est bien pour ça que je l’ai proposé. Je reprends aussitôt, sans lui laisser le temps d’en placer une.

« Bon sang, vous êtes gelé… Oh. Excusez-moi, je n’avais pas… Vous êtes… » Un vampire. Surprise feinte avec autant de naturel que possible, mais je ne perds pas de temps à me faire passer pour une gourde d’humaine. Ce serait un plan stupide, puisqu’il ne mettrait pas longtemps à me démasquer. « Je savais même pas que ça pouvait vous arriver… Vous avez été blessé ? » Toujours sans demander, j’attrape son bras et le soulève, comme pour l’examiner. « Je suis pas médecin, mais… kiné. J’ai quand même de bonnes connaissances en anatomie. Un corps reste un corps, non ? Humain ou… autre. » Hameçon posé, je reprends de plus belle. « Bon, je peux pas vous laisser ici. J’appelle un taxi et je vous accompagne. Vous voulez rentrer chez vous ? Chez un ami, peut-être ? Quelqu’un qui saurait vous aider avec votre euh… problème ? »


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Aaron de Pernstejn
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MessageSujet: Re: Little Rascal – Aaron   26.01.18 16:24

Little Rascal
Oui, ce qui m'atteint est plutôt grave, Beautiful, je suis mort. Et j'aimerais tellement réussir à bouger, si tu savais, mais il m'est désormais impossible de contracter les muscles de mes jambes, celles-ci sont flasques et insensibles, aussi mollassonnes que celles d'une poupée de chiffon.

Si je m'astreins à ignorer la beauté qui a accouru à mon secours, c'est en pure perte que je tente de me débrouiller seul. L'engourdissement se propage et s'intensifie le long de mes cuisses, jusqu'à atteindre mon bassin puis mes bras. Et si je parviens encore à les étendre, pour me hisser sur mes mains, je me fais l'effet d'être un phoque, spécimen plutôt rare dans les rues de Parys. A bout de force, je m'étale de tout mon long, grimaçant sous l'horreur de mon impuissance. Plusieurs jours se sont déroulés sans le moindre problème depuis les débuts de cette étrange maladie qui m'assaille et j'avais fini par espérer qu'elle se soit évanouie d'elle-même. Par malheur, mon excès d'optimisme se voit aujourd'hui réduit à néant, alors que je ne parviens même pas à atteindre seul ce porche où j'aurais pu profiter d'ombres bienvenues pour y dissimuler ma faiblesse. Ne me reste plus qu'à consentir à redresser la tête vers cette inconnue penchée vers moi. Du moins, je tente de le faire, arquant mes épaules, comme un félin faisant le gros dos.

« Nan, je.. » Sa main tiède est posée contre mon bras, comme dans une caresse, mais sa voix s'agite dans tous les sens, m'empêchant de bafouiller quoique ce soit. Mon regard s'obscurcit sous mes sourcils épais. « Je suis, oui. » Probablement a-t-elle deviné à la froideur de ma peau que les médecins humains ne peuvent plus rien pour me ranimer. La révélation de l'existence des immortels a cela de bon que je ne risque plus d'être envoyé à la morgue ou au cimetière, ni de me retrouver le corps rempli de liquide d'embaumement. Dans une vague grimace, je m'abstiens de lui confier que j'ignorais moi aussi que ce genre de tracas pouvait m'arriver. Mon angoisse est écrasante et les multiples questions de cette jeune humaine ne m'aident pas à l'apaiser, bien loin de là. Blessé ? Ais-je été blessé ? Ma foi non, pas à ce que je me souvienne et je ne souffre même pas, ce qui n'est pas sans m'alarmer davantage parce que c'est bien là qu'est mon problème : je ne sens plus rien.

« Je vais très bien. Maintenant, si vous voulez bien me laisser, j'aimerais... hého ! » C'est quand même un monde, on ne peut plus ramper tranquillement maintenant ? J'aurais pu être un militaire en train de s’entraîner, un détective sur une piste, un scientifique à l’affût des fourmis des villes cheminant sur les trottoirs, et que sais-je encore ? Mais non, voilà que cette donzelle se permet de m'attraper le bras et de me tripoter, alors que je suis dans l'incapacité de protéger ma pudeur. Mon corps est trop ankylosé pour lui résister, même si je tente de me dégager mollement, dans un mouvement bien trop faiblard. Une révélation me fait pourtant dresser l'oreille alors que je retourne vers elle un regard farouche. Une kiné. Ceci explique sans doute son insistance à me venir en aide, telle mère Térésa au secours des démunis. Sa profession l'a habituée à soigner les indigents et à leur témoigner assez de compassion pour ramasser ceux qu'elle croise au coin des rues, tout vampires soient-ils. « Vous vous vendez très bien en tous cas. Mais si c'est la curiosité qui vous pousse, j'aime autant vous prévenir que je ne suis pas un garçon facile. » En fait si. Mais tout de même, pas au point de servir de cobaye à une kiné chercheuse en anatomie vampirique. Quoique. Mon regard la caresse un moment, appréciant son visage étroit aux yeux en amandes, plus noirs que le charbon, pour suivre enfin la courbe trop douce de ses lèvres rosées. Ah oui.

« Pas besoin de taxi, je n'habite qu'à deux rues d'ici, ce n'est vraiment pas très loin. »Dis-je d'un ton cordial. « En fait, si je pouvais réussir à prendre appui sur ma jambe gauche et m'accrocher ensuite à ce réverbère là bas, je n'aurais plus qu'à traverser la route et rejoindre cette petite côte. La rue est en pente, je n'aurai aucun mal à rouler et... » Et merde. Oui merdasse et crotte de bourrin. Énoncé dans mon esprit, ce plan me paraissait d'une simplicité enfantine mais une fois prononcé tout haut, il me semble aussi pathétique que monstrueusement complexe. Ne serait-ce que traverser la route sans me faire renverser par une voiture tiendrait déjà du miracle. J'imagine que la demoiselle en est consciente et qu'elle consentira à m'escorter jusque là. Et accepter un verre, peut-être bien. Il doit sans doute me rester une bouteille d'une boisson humaine quelque part. « Hum bon. Je veux bien vous faire confiance, après tout c'est vrai vous êtes kiné et vous devez être habituée à soulever des poids morts. »

Douce ironie. Je constate en effet que sa poigne contre mon bras est plutôt coriace et je l'imagine assez musclée. Athlétique. Dynamique. Le genre de personne à commencer toutes ses journées par un footing de plusieurs kilomètres avant de prendre un petit déjeuner équilibré et vitaminé. « Je crois donc possible qu'on ne s'écrase pas tous les deux si jamais je m'appuyais sur vous. » En tous les cas, si ça devait arriver, j'aurais au moins essayé. « Je n'irais pas jusqu'à vous proposer de me prendre sur votre dos, vous n'avez pas trop le profil d'un cheval de trait, oh peut-être une jeune jument de Kabardin, vu votre chevelure ! Savez-vous que grâce aux grandes qualités de ces cheveux, le peuple Tcherkesse a pu résister pendant plus d'un siècle au grand Empire Russe, en semant les cavaliers cosaques, dans les pentes et des torrents a priori infranchissables ? Ça vous irait plutôt bien, enfin si on devait vous comparer à un cheval en tous cas. Ils sont très beaux. » Et bien-sûr que oui, c'est un compliment.

Dans un sourire cynique je m'essaye à me redresser avant de m'interrompre. Offrant à la demoiselle un regard hésitant, je soupire. « En général, ça me passe au bout d'un certain temps, on peut aussi attendre. Vous me direz bien votre prénom en attendant, autant que je sache qui remercier. Je m'appelle Aaron. »
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Ira Abisheva
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MessageSujet: Re: Little Rascal – Aaron   18.02.18 23:53


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« Ne résistez pas, vous voyez bien que vous n’êtes pas en état. »

Mon ton est une teinte trop brusque, mais je ne m’en aperçois pas à temps pour l’adoucir. Nous mettrons cela sur le compte de l’urgence. D’une sévérité toute professionnelle. La vérité est qu’il me crispe. Son existence même est une insulte et je ne parviens pas à passer au dessus de ce sentiment trop longtemps ressassé. Je n’aide pas à son redressement avec la douceur qu’on attendrait d’une zélée soignante... Ce qu’il me fait peut-être remarquer de son exclamation outrée.

Dans une exhalaison contrôlée, je relâche légèrement ma prise sur son bras. Mais je suis incapable de me contraindre à rire à sa petite boutade. On pourrait saluer son flegme en pareille situation, mais je ne suis pas d’humeur à saluer quoi que ce soit venant de lui. Lèvres pincées, je m’escrime à insuffler un peu de chaleur à ma voix.

« Ne dites pas de bêtises. »

C’est pas comme ça que je vais réussir à lui inspirer confiance. À m’immiscer dans sa vie. À dérober les secrets de son camp couronné. Rien que d’y penser, l’ampleur de la tâche me donne le vertige. C’est pas possible, j’y arriverai jamais... Pour résister au malaise, je tâche de me concentrer sur le présent. Pernštejn — oh, ce nom… — est parvenu à relever la tête et m’observe avec attention. Un frisson me parcourt. Et s’il m’avait reconnue ? Et si, pour une raison inconnue, il connaissait mon existence ? S’ils nous surveillaient, ma mère et moi, pour s’assurer que nous ne tentions pas de leur nuire ? J’ébauche un léger mouvement de recul avant de me reprendre. Non, c’est impossible. Ridicule. Et même si c’était le cas, ce Pernštejn-là en particulier doit être mort depuis un bail. Je doute qu’il connaisse notre histoire, même si ça ne l’en affranchit pas pour autant.

À cette pensée, je m’interroge pour la première fois sur lui. Lui, singulier. Étrangement, ça ne m’était jamais venu à l’idée jusqu’ici. Il me suffisait de savoir qu’il était des leurs, rien d’autre ne m’importait. C’est toujours le cas, bien entendu, mais l’avoir enfin face à face, en chair et en os, vient soudain de catapulter l’image distante et haineuse que je me faisais de lui dans une réalité beaucoup plus tangible. De quel ventre de la famille a-t-il été expulsé ? Et quels liens entretient-il avec elle, maintenant qu’il n’est plus qu’un cadavre animé ? Il m’observe et je lui rends son regard, cherchant dans ses nervures des virages connus.

Et je les trouve sans mal.

Dans la forme du nez, l’arc de la mâchoire, le tracé des sourcils. Il y a des reflets de mon père. C’est troublant. Je m’attendais à deviner, plus que je ne les distinguerais, quelques caractéristiques familiales. Mais pas aussi évidentes, pas aussi tape-à-l’œil. Quel peut bien être notre véritable lien de parenté ? Et depuis combien de temps est-il trépassé ? Il n’a pas l’air trop poussiéreux, pour un vampire, mais on ne peut jamais vraiment savoir. Probablement un genre d’arrière-arrière-grand-oncle au troisième degré, la génétique est parfois facétieuse. Mais tout de même. Cette brutale familiarité me confond. Gênée, je détourne le regard, incapable de soutenir le sien plus longtemps.

L’homme babille, je ne retiens que ce qui importe : il habite près d’ici. Je ne dois pas me laisser distraire par mon ressentiment ou toute autre considération personnelle, ma mission passe avant tout… Si je veux pouvoir ensuite profiter de ma revanche comme il se doit. Alors je me reprends, coule un sourire appréciateur à sa boutade et hoche la tête.

« Si vous y mettez un peu du vôtre, je suis sûre qu’on s’en sortira. »

J’allais m’empresser de mettre sa proposition à exécution, mais le maréchal semble plus enclin à rester étalé dans la rue pour tailler une bavette. Il se lance dans une analogie douteuse qui me perd un peu. Est-ce qu’il lui manque une case ? Est-ce qu’il est défoncé ? Ou est-ce que cette référence soudaine aux tribus nomades d’URSS peut-être un vicieux moyen de me signifier qu’il sait exactement à qui il a affaire ? La paranoïa me prend de nouveau à la gorge, je ne parviens qu’à lui renvoyer un regard confus, paupières plissées sous des sourcils inquisiteurs. S’il est au courant de quelque chose, il ne va pas s’arrêter à de vagues allusions. J’attends, dans l’angoisse, la menace voilée qui pourrait suivre.

Mais rien ne vient. Il se contente de tenter un redressement, auquel je l’aide par réflexe, affermissant ma poigne sur son bras pour lui permettre de reposer son poids sur moi. Il s’immobilise pourtant dans son élan et je me raidis, sur le qui-vive. Mais il se contente finalement d’une présentation tardive, à laquelle je n’avais pas même songé, puisque je connais déjà son nom. Je relâche un soupir imperceptible avant de pousser sur mes jambes pour me relever, entreprenant avec difficulté de l’entraîner dans le mouvement.

« Vous ne souffrez peut-être plus du froid, mais moi si. Je préfèrerais vous emmener ailleurs. Et peut-être vous examiner, si vous le permettez ? Ou au moins appeler un vrai médecin… »  

Une proposition sans réel danger. Un médecin ordinaire ne pourrait rien pour lui, et je sais pertinemment qu’il en a conscience. Je secoue la tête dans un sourire contrit, comme si j’avais manqué à la plus élémentaire des politesses en oubliant de me présenter.

« J’aurais sûrement préféré vous rencontrer dans d’autres circonstances, Aaron. »

Le prénom m’écorche les lèvres. J’hésite une seconde à lui donner une fausse identité, mais je dois prendre ce risque pour m’assurer de son ignorance à mon sujet. Si ma mission est déjà compromise, mieux vaut en avoir le cœur net le plus tôt possible, je ne tiens pas à perdre mon temps. Une partie de moi l’espère presque. L’Assemblée m’assignerait à un autre projet, et je pourrais me consacrer à sa destruction de loin, sans avoir à le côtoyer.

« Je m’appelle Ira. »

Les secondes qui suivent sont employées à analyser la moindre de ses réactions, en quête d’un signe qui m’élude. Évidemment, ça aurait été trop simple. À défaut, je convoque un nouveau sourire aux arrières-tons d’espièglerie, tout en m’escrimant une nouvelle fois à le soutenir.

« Vous me remercierez une fois en sécurité chez vous, et je serai intransigeante sur la qualité de l’accueil… J’espère que vous avez quelque chose à boire. »


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MessageSujet: Re: Little Rascal – Aaron   21.02.18 17:33

Little Rascal
Le froid. Je n'y pensais même plus. Ce froid qui recouvre Parys d'une pellicule de givre en ces matins d'hiver et qui rend chaussées et trottoirs aussi glissants qu'une patinoire. Me raccrochant à ma bienfaitrice, je ressens l'exhalaison tiède de son haleine contre ma joue et j'aperçois son souffle se muer en vapeur blême dans l'air du soir. Je me souviens des sensations que procuraient les chutes brutales de température autrefois, de ces frissons qui recouvraient mon corps, de la manière dont mes poils se hérissaient, de ces picotements qui engourdissaient mes mains et mes pieds lorsque je m'étais aventuré trop longtemps dans les champs neigeux. Oui, je me souviens parfois encore de mon humanité, même si la plupart du temps, ces ressentis me sont inaccessibles, perdus dans l'abîme de l'oubli. Pourtant, alors que mes membres ankylosés me paraissent si gourds et que je suis obligé de me reposer contre cette inconnue, sans être capable de contenir ma lourdeur, je me souviens. Je me souviens de ce jour de neige où je m'étais perdu, enfant, dans la forêt qui entourait le domaine familial. Le froid m'avait tant gelé les os qu'au bout d'un moment la douleur avait disparu, au point de ne plus être capable de rien ressentir. Mes joues et mes doigts étaient insensibles, anesthésiés par le froid. Et lorsqu'on m'avait retrouvé, il avait fallu me plonger dans une bassine d'eau chaude pour que progressivement les sensations reviennent.

« Je... Non, pas de médecins. » Mon regard se redresse vers elle, si proche, plongeant mes yeux noisette dans les siens avec incertitude. Jusqu'à ce que son sourire me réchauffe, appréciant avec une lueur d'intérêt le prénom qu'elle m'offre. Ira. « Enchanté de vous connaître. Je pense qu'on pourrait toujours rattraper le coté un peu embarrassant de notre rencontre si on fait des efforts. » Quoique cela me paraisse très optimiste au vu de la manière dont je l'écrase de mon poids, mes jambes se voyant incapable de me soutenir. Le ton de la demoiselle me parait un peu trop autoritaire pour être honnête et sa façon de m'imposer un sauvetage, comme si je n'étais qu'un pitoyable oisillon tombé du nid, me désespère un peu. Suis-je si pathétique ? J'avais nourris le fol espoir de la convaincre à discutailler à même le sol un petit moment, ce qui aurait pu se faire en toute cordialité si elle n'avait pas mis autant de cœur à me relever. Chose que je n'ai malheureusement pas réussi à l'empêcher de faire. Et quoi ? Très bien, j'ai retrouvé ma verticale mais mon équilibre est aussi précaire que celui d'un girafon à peine sorti du ventre de sa mère. Juste ciel pourquoi suis-je si grand, le trottoir me parait si lointain désormais. J'ai eu beau dire, je ne me vois pas grimper sur le dos de cette jeune personne, quelle que soit la douceur de sa crinière.

« Comme vous y allez. Si je n'étais pas si mal fichu, je croirais presque que vous tentez de flirter avec moi. » Mais oui, tiens, est-ce que c'est le cas ? Sa manière de me proposer de m'examiner laisse envisager pas mal de choses, bien qu'en réalité, on ne peut être sûr de rien. Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à me faire accoster de la sorte autrement que par des professionnelles : des arpenteuses d'asphalte aux lèvres rouges qui me rendent la vie bien plus simple et m'épargnent de me poser la moindre question. Néanmoins le charmant sourire d'Ira me dispense dans l'immédiat de m'en poser davantage et je reprend d'un ton rustre, bien que sincère. « Si vous exigez un accueil chaleureux avec un bon cognac, je suis tenté de vous conseiller le bar du coin. Mais si vous désirez à ce point m'accompagner, il vous faudra rabaisser vos exigences, j'en ai bien peur. Mon canapé et ma bouteille d'Absinthe sont à vous. Du moins si on arrive à les atteindre.» Ah ma fée verte, elle se vend encore légalement dans les auberges pragoises et c'est avec nostalgie que j'en ai ramenée une, lors de mon dernier séjour sur les terres de ma naissance. Devenue illicite à cause de la thuyone connue pour sa toxicité et pouvant provoquer troubles de la sensibilité et hallucinations, l'élixir de la bohème parysienne est néanmoins légendaire. Fera-t-il peur à Ira ? Probablement. Et je suppose que c'est avec une certaine ambivalence que je la lui propose, espérant autant que redoutant de l'attirer dans mes filets.

Nous marchons alors, du moins je clopine lamentablement, mes bras engourdis accrochés à son cou alors que mes jambes se traînent, trébuchant contre les pavés. Je ne suis pas bien gros mais ça ne m'empêche pas de peser un certain poids et celui ci m'attire inexorablement vers le sol, à cause de cette maudite gravité. Pourtant, j'essaie de réunir mes faibles forces pour aider un tant soit peu ma béquille humaine et avancer, vaille que vaille vers mon chez moi. Ma baraque n'est pas loin, je l'aperçois déjà et la désigne du regard à la courageuse kiné qui semble déterminée à me porter en dépit des difficultés. « Nous y sommes. » La maison est précédée d'un petit jardin entouré d'une clôture. « Si j'étais galant, je vous ouvrirais bien la porte mais malheureusement, il va vous falloir vous débrouiller vous-même. Et comme j'ai encore égaré mes clefs, je vous propose de l'enfoncer gentiment. Un simple coup d'épaule devrait suffire, elle ne tient plus très bien sur ses gonds. » Mon ton se veut presque compatissant alors que nous traversons l'allée, profitant de la beauté du givre qui brille sur les hautes herbes. Il n'y a personne pour m'attendre chez moi, en dehors du chiot qui a probablement massacré encore une fois l'une ou l'autre de mes affaires personnelles. Les lueurs des réverbères enveloppent cette ambiance misérable d'un halo orangé. Morbide poésie.
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MessageSujet: Re: Little Rascal – Aaron   27.02.18 17:21


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Faire des efforts. N’est-ce pas là une excellente idée ? Je hoche sobrement la tête à son refus de voir un médecin, comme si je comprenais qu’il s’agit de son choix et lui signifiais ainsi ma volonté de le respecter. En réalité, j’aurais été bien emmerdée s’il avait accepté. Mon sourire est donc naturellement une teinte plus chaleureuse lorsqu’il évoque ces potentiels efforts. Je prends sa remarque comme un conseil dont je ferais bien de me rappeler. Mais ceux que je dois fournir en cet instant sont surtout physiques, oblitérant toute autre résistance instinctive de mon esprit. Il plaisantait pas quand il parlait de poids mort. Le poids de ses péchés, sans doute.

Je chancelle sous sa grande carcasse et écarte un peu les jambes pour décaler mon centre de gravité et éviter de m’effondrer avec lui. Un grognement m’échappe alors que je rajuste la position de mon bras sous le sien afin de mieux le soutenir. Je commence à douter de ma capacité à le ramener jusque chez lui, et lui même n’a pas l’air certain de trouver l’entreprise raisonnable. Mais a-t-on vraiment d’autre choix ? Si mon cher Cesare n’a pas menti, il devrait mettre encore un moment à retrouver l’usage de ses jambes. Je serais un peu déçue si ce n’était pas le cas. Je ne me suis pas fait avoir dans ce deal hasardeux pour que Pernštejn s’en sorte comme une fleur au terme d’une petite faiblesse passagère. Il est là pour souffrir, quand même.

Dans un nouveau grognement d’haltérophile, je tente un pas dans la rue, vacille dangereusement avant de nous rétablir. Harassant, mais pas impossible. Lui, il en profite pour marivauder. C’est bien un truc de vampires, ça. Nécrosés jusqu’au cœur, et toujours en train de jouer les Don Juan. Mais sa remarque ne manque pas de mettre mon cerveau en branle. J’en ai peut-être fait un peu trop, dans ma volonté de me montrer sympathique. Mais s’il est réceptif, est-ce que je pourrais utiliser ça ? Jouer de mes charmes, comme on dit. C’est un truc qui ne m’est jamais venu naturellement, le flirt. Généralement, quand je croise quelqu’un qui me plaît, je lui fais comprendre sans tourner autour du pot pendant trois plombes. Mais les jeux du chat et de la souris, de la séduction-sans-y-toucher… Pas mon point fort. Pourtant, c’est ce que je devrais mettre en pratique si je voulais être le bon petit agent-double qu’on attend de moi. Dans les films, c’est toujours ça qu’elles font les meufs, non ? Jouer les vamps. Ah ! On y revient.

Alors je prends mon courage à deux mains. Lève légèrement la tête, juste assez pour faire glisser le rideau de cheveux qui m’obscurcissait le visage. Traîner un semi-paralytique dans Paris en plein mois de février n’est peut-être pas le meilleur moment pour être sexy, mais je tente quand même un sourire futé.

« Apprenez que je ne flirte jamais avec mes patients, même temporaires. J’attendrai donc que vous soyez rétabli… »

Est-ce que c’est trop ? Pas assez ? J’en sais rien, mais au pire je pourrais toujours faire semblant que je plaisantais. Je me reconcentre sur mes pas, notre équilibre précaire, la direction qu’il m’indique. Sa réponse à ma petite provocation sur l’accueil attendu me ferait presque rouler des yeux dans mes orbites. Je ne me retiens qu’au dernier moment. De l’absinthe ! Qui boit encore ça de nos jours ? Les snobinards torturés, peut-être... Et les rescapés d’une autre époque. Je m’interroge fugacement sur la sienne. Est-ce qu’il traînait à Saint-Germain-des-Prés avec un moleskine dans une main et une cuillère trouée dans l’autre ? Depuis combien de temps a-t-il bien pu quitter la demeure ancestrale de notre noble famille commune ? Un rire étouffé lui répond.

« Vous avez décidé de coller à la réputation de votre race d’être tous de vieux macchabées coincés dans une autre ère ? Vous dormez aussi dans un cercueil ? » Presque sans effort, cette fois, mon sourire remonte jusqu’à mes yeux. « Je vous charrie… Je crois bien que j’en ai jamais goûté, et je ne voudrais pas mourir ignorante. Mais folle, pourquoi pas ! »

Mes mots sont hachés, rendus sourds par l’exercice imposé. Son geste du menton est un véritable soulagement. Effectivement, il habite juste à côté, mais les quelques centaines de mètres parcourus m’ont paru être un triathlon. J’ai bien senti qu’il avait fait ce qu’il avait pu pour m’aider, mais manifestement mon narakhe a fait du bon boulot. Ça reste une bonne consolation.

J’avise l’adorable petit jardin assoupi devant la façade cossue. Ça paye, de ramper à la Cour. Ça paye d’être un Pernštejn. Je dois lutter contre la moue aigrie qui menace de déformer mes traits. Dire que ma mère a dû enchaîner les boulots au noir et les plans foireux pour qu’on ait de quoi manger… Sales rats. L’annonce du maréchal m’interrompt dans mes sombres réflexions, et j’en oublie une nouvelle fois d’être agréable.

« Non mais vous êtes sérieux ? »

Enfoncer la porte, il manquait plus que ça… Au vu de sa formulation, on dirait qu’il fait ça régulièrement, mais il oublie peut-être que je n’ai pas une force surhumaine, moi. Je pousse un soupir résigné, mais radouci.

« Votre absinthe à intérêt d’être bonne… Bon ok, mmh… Je vais avoir besoin de mes deux bras. Si vous vous appuyez contre le mur, vous pouvez tenir un peu debout ? »

Si il peut pas, il n’aura qu’à patienter par terre, le cul dans la rosée, et ça lui fera pas de mal. Je l’adosse tant bien que mal près de l’entrée, savourant ma légèreté retrouvée. Si la maison est huppée, la porte semble effectivement un peu branlante, et même lézardée sur un coin. J’avise la mezouzah accrochée au chambranle et passe par réflexe deux doigts dessus, une caresse en forme d’excuse avant de profaner son seuil. Je ne prends qu’un pas de recul pour me lancer contre le bois. Comme promis, la porte cède presque aussitôt, manquant de me faire culbuter à l’intérieur. Je me retiens de justesse, l’épaule meurtrie.

À l’intérieur, il fait sombre. Je ne distingue pas grand chose, si ce n’est le cliquetis de pattes accourant dans ma direction. Je me raidis, ne sachant si je dois m’attendre à un rottweiler ou un bichon maltais. Mais c’est un petit museau brun et bâtard qui débarque en trottinant, un bout de tissu entre les dents et la queue battant l’air. Mignon, mais un peu trop enthousiaste. Je recule pour récupérer mon paquet échoué à l’entrée, la bestiole sautillant entre mes jambes, comme montée sur ressorts. Si il nous fait tomber, j’en fais du hachis.

De la même manière que nous sommes parvenus jusqu’ici, je mène tant bien que mal le vampire dans le couloir sombre vers ce qui semble être un salon. J’aurais dû penser à allumer la lumière quand j’avais encore deux mains. Avisant la silhouette d’un canapé, je l’y dépose avec relative douceur, autant que la brutale attraction de la gravité me le permet. À peine me suis-je redressée, que l’autre animal le rejoint d’un bond, léchant ses mains et son visage avec entrain. Touchant. J’en profite pour m’étirer, remuer un peu mes épaules endolories. Enfin, je me retourne en quête d’un interrupteur, sans manquer de souffler dans un sourire.

« Par pitié, dites-moi que vous ne vous éclairez pas à la chandelle… »

Visiblement non, puisque je finis par trouver le bouton, et la pièce s’éclaire soudain, me faisant plisser les yeux. Je m’étais habituée à cette pénombre. Je me retourne vers lui.

« Ça va ? Je peux vous chercher quelque chose ? Un verre d’– Ah, ben non… »

Je termine platement. J’ai beau me moquer de lui depuis tout à l’heure, on oublie vite qu’ils sont vraiment morts depuis des lustres.


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MessageSujet: Re: Little Rascal – Aaron   01.03.18 20:41

Little Rascal
Alors ainsi, Ira - la professionnelle qui ne flirte jamais avec ses patients - supporte mon poids avec courage. Je n'ai pas pris la peine de relever ses commentaires désobligeants sur les vampires et me suis contenté d'une œillade farouche. Mieux valait cela que de lui répondre la vérité puisqu'en l’occurrence, je dors bel et bien dans un cercueil, dissimulé au fond de ma cave. La maison est ancienne et je n'ai pas encore pris la peine de refaire les volets des chambres qui laissent malencontreusement filtrer la lumière du jour. De plus, je n'ai personne pour veiller sur mon sommeil, pas le moindre serviteur... La cave me parait donc un abri plus sûr. Quelle image ridicule de vieux macchabée se ferait-elle de moi, si elle savait. Oh par Dis, je n'ai en vérité rien à faire qu'elle me considère comme un croulant passé de mode ! Même si j'ai noté qu'elle compte attendre que je sois rétabli pour éventuellement déroger à sa règle de non-flirt. Une pensée qui flotte un moment dans mon esprit pendant que je hume son odeur. Je suis si proche d'elle, son parfum est bien envoûtant... Je n'avais pas pris la peine de faire attention à son aura, trop complexé par ma propre déchéance pour songer à autre chose. Quoiqu'il en soit, j'ai préféré lui offrir un sourire grinçant dans une tentative de haussement d'épaules. « Mourir dans la folie, en voilà un projet d'avenir réjouissant. » Je n'aurais sans doute pas proposé mieux.

Je perçois bien l'effort que je lui impose dans le raccourcissement de son souffle et les battements trop rapides de son cœur. J'en suis navré mais c'est elle qui a insisté, après tout. Sa réponse m'attire une moue blasée. Il est évident que je suis sérieux en lui expliquant la manière de rentrer sans clefs. Pour quelle raison l'encourager à défoncer ma porte gratuitement ? « J'en ai bien peur. » Néanmoins, mon absinthe semble la motiver assez pour se résoudre à l'exercice et je m'essaie à me passer de son appui, avançant ma main pour m'effondrer contre le mur. Mais évidemment, mes jambes paralysées ploient aussitôt sous mon poids et je glisse doucement, jusqu'à m'asseoir au sol, adossé à la façade. Redressant vers elle un regard déconfit, j'aperçois alors son geste discret contre la mezouzah, un geste qui allume aussitôt un regain d'intérêt dans mes yeux glauques. Il y a bien longtemps que je ne suis plus pratiquant et pourtant, je garde malgré moi l'envie de conserver certaines habitudes, par nostalgie sans doute. Souvent, je me reproche de n'être qu'un idiot supersticieux ou trop sensible au passé et pourtant... Pourtant, en la voyant faire, mon coeur se serre malgré moi.

Je pense forcément à ma famille, à ma communauté, à tout ceux que j'ai laissé derrière moi. Les lèvres serrées, je la regarde enfoncer la porte sans difficulté et distingue la présence du chiot qui l’accueille. Il ne me reste qu'à tendre les bras vers elle, dans un plissement de front résigné, pour qu'elle redresse ma carcasse pitoyable d'indigent et m'escorte à l'intérieur. Mon regard effleure la mezouzah au passage. Le carrelage de pierre glisse sous mes pieds et nous manquons plusieurs fois de chanceler dans le couloir avant d'enfin rejoindre le salon. Je m'étale alors dans mon canapé, m'enfonçant mollement dans les coussins, juste avant de me faire assaillir par l'enthousiasme du chiot. Une ombre de sourire se pose sur mes traits alors que je le gronde à mi-voix avec une indulgence chaleureuse. « Croquette, combien de fois je t'ai dit d'éviter de bouffer mes... » slips ? Ôtant avec empressement le bout de chiffon des dents de l'animal, je le dissimule entre deux coussins, dans un effort de pudeur. Espérons qu'elle n'ait rien vu, je garde encore une bribe d'espoir de sauver ce qui me reste de dignité pour ce soir.

A sa question, je retourne vers elle un regard oblique. Oh, elle se moque, encore. « Cherchez bien, au pire vous trouverez bien deux silex à frotter l'un contre l'autre. » Dis-je d'un ton sobre. J'aime le romantisme des chandelles, il y en a d'ailleurs plusieurs, sur la table basse et la cheminée. Néanmoins, je profite bien sûr des moyens modernes, encore heureux. La lumière éclaire mon salon qui apparaît alors avec plus de précision à l’œil humain. Le chien posé sur mes genoux insensibles, je dresse un sourcil à la répartie de la demoiselle. Si je vais bien ? « Ma foi, ça pourrait être pire, j'imagine. » Je m'astreins à ne pas réagir à sa maladresse. Que devrais-je dire ? Apportez-moi donc votre gorge, vous seriez bien aimable ? « Hum. Pouvez-vous ouvrir l'armoire murale près de la fenêtre ? Vous y trouverez sans peine une caisse contenant ma fameuse Absinthe et le matériel approprié. Je suppose que vous devriez dénicher du sucre dans la cuisine, elle se trouve au fond à gauche. Je vous en prie, servez-vous si la folie ne vous fait pas peur. » J'ai posé une mezouzah sur pratiquement l'ensemble des portes qui m'appartiennent, celle du salon, de la cuisine, du bureau, des deux chambres et de la salle de bain à l'étage, bref toutes, à l'exception des petits placards. Tout en l'observant déambuler dans la maison, je poursuis, d'un ton que j'aurais voulu léger.

« Mon oncle demandait souvent aux gens en proie à des problèmes de santé ou à d’autres difficultés de faire vérifier leurs mezouzah, pour s’assurer que chaque parchemin était toujours correct et fixé convenablement au montant. »

Nos sages enseignent en effet qu’une mezouzah à la propriété unique de protéger les habitants de la maison, qu’ils se trouvent à l’intérieur ou à l’extérieur de celle-ci. La mezouzah peut être comparée à un "casque", quelque chose qui nous protège des dangers qui nous entourent dans la vie. Il faut croire que les miennes n'ont absolument pas remplis leurs rôles. Mais est-ce que je crois encore à tout ça ? Je n'en suis pas bien sûr.

« Vous êtes juive ? J'étais presque résolu à consulter un rabbin suite à mes petits ennuis. Mais vous voilà, armée de votre savoir de kiné - ou d'autres - et de votre force de cheval. J'ai admiré votre élan pour enfoncer la porte, c'était de toute beauté. La clef était sous le pot de fleurs, je m'en suis souvenu un peu tard. » Peut-être devrais-je ressentir une bribe de culpabilité pour sa pauvre épaule meurtrie mais ça paiera bien le coup du vieux macchabée. Écartant les bras, je laisse Croquette s'échapper pour aller renifler les pieds de mon invitée. Des pieds que je devine délicats et fins. Tout autant que ses jambes graciles. Dire qu'elle a dû me porter sur son dos, j'en concevrais presque un élan de malaise, que je dissipe par un rictus en apercevant le chiot japper autour d'elle. « Vous n'avez pas peur des chiens, j'espère... enfin, après avoir transporté un vampire, vous n'êtes plus à ça près. » De toute évidence. Mais dans mon état, elle n'aurait probablement pas trop de mal à échapper à mes crocs et elle doit en être consciente.
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MessageSujet: Re: Little Rascal – Aaron   24.03.18 4:36


You’re a little rascal
And you're bitter sweet
It’s a lovely little game that we were playing

(c) quote Absynthe Minded (Little Rascal), icons Impossible Soul.
(@Aaron de Pernstejn & Ira Abisheva)

Son clebs s’appelle Croquette. Je répète, son clebs s’appelle Croquette. Ce vampire est une blague, mais le genre de plaisanterie tellement déconcertante que vous ne savez plus comment réagir. En pleine nuit, dans son uniforme sombre, avec sa gueule un peu tordue, il avait la tête de l’emploi. Celui de la créature ténébreuse, enveloppée de l’aura de mystère et de danger qui a fait la réputation littéraire des siens. Je sais bien que ce sont des clichés, mais ils font partie de mon imaginaire, comme tout le monde : on peut pas dire que j’ai croisé beaucoup de vampires dans ma courte existence.

Toute sorcière dotée d’un minimum de bon sens les évite, à moins de donner dans la magie du sang. Une branche qui m’avait d’ailleurs attirée, à l’époque où je me cherchais encore. Comme la magie distique, elle ne se révèle pas aisément à ses porteurs. Alors je m’étais dit que peut-être… Mais trois poulets égorgés et quelques scarifications plus tard, j’avais dû me rendre à l’évidence. Ce n’était toujours pas ça. Les rituels étaient sombres et intéressants, mais leur coût, l’énergie dont ils me drainaient… Je n’étais pas prête à donner autant de ma personne pour le pouvoir. D’aucuns argueraient que risquer son âme est un plus grand prix à payer, mais tout tient justement à cette nuance : c’est un risque, et donc un jeu dont tout l’intérêt est de gagner. En plus faut voir leur tronche, aux pratiquants des arts du sang… Presque tous des junkies, les yeux hagards et les joues creuses, complètement accros à leur mana. Mais je m’égare.

J’avais donc une image assez précise de ce à quoi un vampire est censé ressembler, et ce n’était pas du tout celle-là. Ce n’était pas ce grand mec en train de fourrer je ne sais quoi dans son canapé, avec un chiot surexcité et un joli petit jardin et une maison… Je prends finalement le temps de découvrir mes alentours. C’est… joli. Confortable, chaleureux, certainement lumineux en journée, avec ces grandes fenêtres — ce qui est à peu près la dernière chose qu’on attendrait d’un être nocturne, on en conviendra — meublé et décoré avec goût. Propre et rangé. Charmant, en somme. Le genre d’endroit dans lequel on imaginerait plutôt une gentille petite famille. Pas… Un de ces horribles cafards de la garde de nuit. Cafard dont la répartie m’a fait sourire dans le noir, quelques instants plus tôt, avant que je ne trouve ce fameux interrupteur.

Il répond maintenant à ma question d’un ton quelque peu fataliste, confirmant ce qu’il avait laissé entendre plus tôt : la malédiction l’a déjà frappé plusieurs fois. Bien. Je songe à prendre un air concerné pour approfondir ce point, mais il a déjà enchaîné sur la location de son fameux tord-boyaux. Un sourire amusé lui répond. C’est que ça commencerait presque à me venir naturellement.

« Ok, droit au but… J’aime votre style. »

Avec diligence, je m’emploie donc à extraire ladite caisse de son armoire, pour la poser sur la table près de lui, avant de repartir vers la cuisine en quête du sucre. Il est probablement bien trop tard — ou trop tôt — pour se mettre à boire un truc comme ça, mais ce genre de considérations ne m’a jamais arrêtée. À l’entrée de la cuisine, je remarque une seconde mezouzah. Un puriste, celui-là… Même à la maison, on n’en avait qu’une seule à l’entrée, et pourtant Papa était assez traditionnel. Maman aussi, d’ailleurs, mais dans un autre genre.

Comme s’il lisait dans mon esprit, il se lance dans une réflexion sur l’utilité de l’objet. Son oncle… Je me demande si c’était un Pernštejn, celui-là aussi. Je me demande aussi s’il en parle parce qu’il a remarqué mon geste, tout à l’heure, et m’en mords la lèvre. J’aurais dû y penser, j’aurais dû me retenir… Ça ne fait que lui donner un indice de plus sur ma personne, et qui sait s’il ne finira pas par comprendre ? D’un autre côté, ça nous fait aussi un point commun, ce qui peut toujours être utile pour me rapprocher de lui. Indécise, je choisis pour l’instant un silence prudent et fais mine de ne pas l’avoir entendu.

Je jette un coup d’œil par la porte fenêtre qui donne sur une cour intérieure enténébrée avant de fouiller sans vergogne tous les placards à la recherche d’une boîte de sucre, que je déniche rapidement. Forcément, tout ça est un peu vide. Quelques boîtes d’aliments non-périssables, sûrement destinées à ses invités, un peu de vaisselle dont la fonction doit être identique, et puis de la bouffe pour chien. Le sucre trône sur une étagère vide, au dessus d’un paquet de biscuits sûrement rancis depuis longtemps. Ça a quelque chose d’un peu… glaçant.

Je m’en empare rapidement et reviens au salon, dépose mon butin sur la table à côté de la caisse, puis m’agenouille devant le tout. Le maréchal reprend alors par une question beaucoup plus directe. Cette fois, impossible de me dérober… Je hoche la tête en guise de confirmation. J’allais faire diversion en questionnant son étrange obsession pour les chevaux, lorsque sa dernière phrase manque de me faire bondir. Ça doit se voir à ma tête, estomaquée par son impertinence. Putain, je me suis démonté l’épaule pour rien !

« Vous l’avez fait exprès ? C’était pour le coup du cercueil, c’est ça… Dites, pour un homme dans votre position, vous êtes un mauvais plaisantin. Je pourrais décider de me venger. Jeter un sort sur votre absinthe, ou un truc du genre. »

Ouais, ouais. Je joue avec le feu. Mais c’est lui qui a commencé ! Tandis que je soulève délicatement le couvercle du coffre au trésor, Croquette bondit hors du canapé pour me renifler. La bestiole est mignonne, je dois en convenir. Et mon geste d’impatience à son encontre se transforme en caresse quand il commence à me lécher les doigts. D’une main, je lui gratouille la tête, et de l’autre, je sors tout l’arsenal. Deux verres finement ouvragés une cuillère trouée, une petite carafe… Et la fameuse bouteille verte, probablement coûteuse. Sa remarque au sujet des chiens me tire un sourire grimaçant.

« Pas de celui-là, en tout cas. Mais pour ce qui est des vampires… Je dois dire que j’y ai pas réfléchi, sur le moment. Et une fois que j’ai compris… J’allais pas vous laisser moisir au milieu du trottoir, quand même. »

En réalité, j’y aurais pris un plaisir tout particulier. Peut-être que c’est ce que j’aurais dû faire, au fond. Attendre tranquillement le lever du soleil… J’aurais menti à l’Assemblée, j’aurais dis que je l’avais pas trouvé. Mais la mort est une punition trop courte et définitive pour cette famille. Et j’ai pas risqué tout ce que j’avais dans cette malédiction pour qu’elle ne dure que quelques mois. Je débouche donc la bouteille et redresse la tête, fixant mon hôte d’un œil sérieux.

« Passons un accord. Vous m’expliquez comment on boit ça, je nous prépare un verre, et ensuite vous me laissez vous examiner. Ça vous convient ? Je suis pas sûre de pouvoir faire grand chose pour vous, mais on perd rien à essayer, non ? »

Gagner du temps, gagner sa confiance, gagner l’estime de l’Assemblée et ma revanche sur cette famille de meurtriers. C’était un objectif clair et simple, il devrait être tout aussi simple de ne pas le perdre de vue.


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MessageSujet: Re: Little Rascal – Aaron   30.03.18 15:02

Little Rascal
Elle aime mon style, ce compliment flotte distraitement dans mon esprit tandis qu'elle s'active à préparer la table. L'ambiance de mon chez moi m'a cruellement manquée depuis que je séjourne dans l'hôtel particulier de Tomas. De mon regard attentif et si aiguisé, je suis capable de constater la fine pellicule de poussière qui a eu le temps de se poser sur mes meubles ainsi que sur les objets d'art que je collectionne. Anne-Marie Cheval et Marie-Anne Mouton se sont succédées en tant que femmes de ménage, jusqu'à être trop âgées pour travailler efficacement et je n'ai pas encore eu le cœur à ce jour de les remplacer. Pourquoi me suis-je résolu à engager ces femmes de plus de soixante ans, c'est probablement une question que je devrais me poser. Dans l'espoir qu'Ira n'ait pas trouvé la cuisine dans un état trop déplorable, j'en viens à lui confier quelques paroles dont les dernières la font réagir avec une certaine vigueur. C'est en levant les yeux au ciel que je lui répond, d'un ton sobre.

« Les gens de mon âge ont souvent des pertes de mémoire, vous n'allez pas m'en vouloir pour ça. Et puis, ce serait triste de gâcher un alcool de cette qualité, tout de même. »


Bien-sûr, je ne la pense pas sérieusement capable de me lancer un sort, surtout pas après s'être donné tout ce mal pour me mettre à l'abri. De toute façon, c'est surtout elle qui va la consommer cette absinthe, puisque l'alcool à l'état pur ne me fait plus le moindre effet. Tout en admirant les pieds que Croquette se plait à renifler, je me demande néanmoins de quel coven elle provient - si du moins elle est affiliée à l'un d'eux - et surtout, de quelle manière elle a choisi de modeler la mana. En tous cas, elle ne semble pas craindre les petits chiots trop enthousiastes, pas plus que les vampires. Je hausse un sourcil perplexe à ses affirmations avant de dodeliner de la tête.

« Impulsive et altruiste. Des qualités qui peuvent vous valoir de fameux ennuis de nos jours. Cela dit, je ne devrais pas m'en plaindre, je suppose... D'autant plus que vous devez dissimuler bien d'autres compétences dans votre sac à malice, je serais assez curieux de connaître votre orientation. Juste pour connaître le style de vengeance qui risquerait de s'abattre sur moi, au cas où.»


Bien que je n'avais pas quémandé son aide, je dois reconnaître qu'elle m'a été utile pour m'abriter. Pourtant, j'avais déjà eu bien du mal à semer les serviteurs de Tomas qui s'obstinaient à me suivre sur ordre de leur maître, pour me prêter main forte en cas de besoin. Non pas que je sois ingrat mais quand même, il y a des moments où un homme à besoin de se promener librement, seul avec ses pensées, sans garde-chiourmes à ses basques. Toujours est-il que maintenant, me voilà chez moi avec une inconnue qui me propose un accord des plus original. Une moue songeuse se dessine sur mes traits pendant que j'évalue sa proposition. Elle souhaite donc réellement m'examiner, dans un professionnalisme des plus grave qui me laisse pantois. Sous son insistance, je ne trouve rien à lui objecter dans l'immédiat et j'incline donc la tête. On ne perd rien à essayer, dit-elle. Ma foi...

« Soit. On ne sait jamais que l'absinthe vous inspire après tout, je suis prêt à parier qu'une kiné ivre et folle est la personne idéale pour me soigner. » Un sarcasme que je lui offre pacifiquement avant d’enchaîner d'un ton didactique. « Il existe plusieurs rituels, plus ou moins dangereux selon les goûts et surtout l'audace du consommateur. Le rituel bohémien avait ma préférence, puisqu'il s'agit de ma région d'origine, mais le rituel français est sans doute plus sage pour une débutante. Alors, voilà : comme vous le voyez, ces verres ont un fond spécial, légèrement renflé, qui indique la quantité d'absinthe à verser. Placez une cuillère à absinthe perforée à plat sur le rebord du verre, et placez-y un seul morceau de sucre. Ensuite, vous versez goutte à goutte de l'eau glacée dans l'absinthe avec un petit pichet. » Tout à mes explications, je constate qu'effectivement, ce dernier manque à l'appel. « Ah... il vous faudra aller en chercher en cuisine, vous connaissez le chemin. Dans l'espoir qu'on ne m'ait pas coupé l'eau courante... A vrai dire, je ne suis pas certain d'avoir payé mes factures, ces temps-ci...» J'ajoute ces mots pensivement en lançant un regard vague dans la direction de ma cuisine. Je l'avais bien prévenue après tout, que la qualité de mon accueil ne serait pas celle d'un quatre étoiles. Mes yeux se posent à nouveau sur elle, dans un froncement de sourcils.« Oh, ne me jugez pas hein, je vous vois venir avec votre regard moralisateur. C'est que je ne suis pas souvent chez moi ces derniers temps, je loge chez un ami. » Pourquoi me sentir obligé de me justifier ? Je n'en sais rien. Peut-être parce que dans le fond de moi-même, je regrette d'être un hôte aussi médiocre pour cette charmante brune aux yeux en amandes...
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