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 Au cœur de la nuit (Tomas)

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Aaron de Pernstejn

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MessageSujet: Au cœur de la nuit (Tomas)   12.01.18 14:02

Au cœur de la nuit
[La solitude, c'est quand personne n'a besoin de toi ;
la mort, c'est quand tout le monde parvient finalement,
malgré les pleurs et les promesses
des premiers émois pourtant sincères,
à se passer de toi.


Romain Guilleaumes]


Ma conscience nage dans un simulacre de rêve, celui que m’offre la came dont je me remplis, encore et encore. Je me trouve allongé au sein d’une couche sordide, un pieux malencontreusement inconfortable dans je ne sais quelle foutu lupanar. Je me situe au cœur d’un bordel ouais, tu sais, le genre de ceux que tu juges glauque à souhait. Une musique hante mon esprit, avec leurs paroles qui augmentent en intensité avant de se perdre dans un borborygme incompréhensible. J’entend des sonorités basses et lugubres qui résonnent dans ma tête et mon corps me parait léger, léger… près à s‘envoler. Mais peu importe, moi je suis mort, alors quelle importance ont ces délires qui dansent en moi ? Je suis un monstre. Je n’existe pas. Je suis un cauchemar. Tous ces salauds m’ont rêvé. Un sourire flotte sur ma face, alors que mes yeux s’entrouvrent, le gauche demeurant désespérant sombre, une lueur trouble y dansant. J’ai entendu le bip de mon portable, ouais, je ne suis pas assez camé pour en faire abstraction, d’autant plus qu’il vibre contre ma peau comme s’il était vivant.

C’est un genre de grognement qui s’échappe de ma gorge mais à peu de chose près, on pourrait le traduire par : « Mon capitaine… hmmm c’est toi… » Tout bonnement.

Ouais c’mon pote. Non plus que cela, c'est mon mentor. Un compagnon sanglant, l’un des mecs les plus érudit que j’ai jamais rencontré de toute mon existence et ce n'est pas peu dire. On s’étonne que je m'entende merveilleusement avec lui, au vu de nos différences de tempéraments. Toujours est-il que je matte l’écran de mon joujou, une splendeur de technologie, tu en conviendras. Et ce sont tes mots que je déchiffre, bien qu’ils me paraissent troubles et difficilement reconnaissables, c'est bien ton blase qui est apposé en signature. Pourquoi mon portable n’est pas assez perfectionné pour répondre à ma place ? Je n’aime pas pianoter sur ces petites touches, ça me gonfle, et tu le sais très bien. Alors je décide de te rejoindre sans aucune réponse, si tu pèches ma gueule soudainement, ça ne sera qu’une jouissive surprise de plus pour toi ! Vois comme je suis bon.

Je m’échappe de ces lieux écœurants, traînant encore cette odeur de luxure qui me colle à la peau. Mais je ne m’extirpe pas pour autant du brouillard qui flotte tout autour de moi, ni de cette impression douceâtre d’être à moitié éveillé. A moitié en torpeur. Ma bécane fend l’air de la nuit et derrière moi s’évadent mes ricanements sordides, ceux que m’inspire notre prochaine rencontre. Ouais, je conduis en me marrant, derrière mon casque personne ne s’en rend compte, et alors ? Faut dire que, même quand je suis à deux doigts de me foutre en l’air, la simple perspective de croiser ton chemin et de mirer ta face de joli cœur me fait rire. Alors ça vaut bien la peine que je zigzague dans ces rues délabrées, manquant de peu de provoquer un carambolage alors que cet immense camion klaxonne dans un boucan tonitruant. Quoi, j’ai grillé le feu rouge? Ouaip, c’est bien possible.

Bientôt les contours d’une grande bâtisse m’apparaissent, derrière les vapeurs floues de mon esprit perturbé. C’est grand, certes, on dirait presque un monstre géant dont la grande porte cochère serait une gueule béante, prête à me bouffer. J’ai de ces idées… Mais ça ne m’empêche pas d’entrer, franc battant, dans la gueule du monstre, faisant résonner les semelles de mes bottes sur le béton sale. Les ténèbres enveloppent les lieux de leur douceur bienveillante et mes yeux de nyctalope les sondent, plongeant au cœur de l’invisible. Je les ressens. Lui et son aura, perceptible et reconnaissable entre toutes. Et je me souviens de la première fois que je l’ai ressentie, il y a de cela près de deux ans à présent.

Il était le tout premier vampire à m'inspirer un sentiment de sincère respect, juste après ma foutue sire, cette connasse qui me traite de romantique. Nous venions de trouver une place honorable au sein de la cour nocturne à ce moment là et Tomas avait suffisamment cru en moi pour me permettre de m'engager dans le corps des mousquetaires de la reine. Il m'avait offert ce titre que j'avais recueilli comme une sorte de rédemption. Que penserait-il désormais, s'il avait connaissance de cette étrange maladie qui me ronge ? Il a fallu que je me soigne ce soir, à grandes goulées de sang corrompu, pour espérer que ces épisodes de paralysie me laissent en paix.

Quoiqu'il en soit. Si mon capitaine m'offre le plaisir d'un message amical, je ne pourrais avoir d'autre désir que de me présenter à lui aussitôt, paré à discuter avec lui de ce qui lui plaira, et cela même si je ne suis pas censé travailler en cette nuit. En ces temps difficiles où la dignité de mon capitaine a été récemment blessée, en ces temps où l'Assemblée Républicaine multiplie les attaques violentes, le moindre salut que Tomas m'adresse - ne s'agirait-il même que d'un vulgaire smiley - agit sur moi comme un appel à le rejoindre et m'enquérir de la situation avec empressement. Comment évolue-t-elle ? Je le saurai sans doute rapidement.

Dans la grande salle commune de la caserne, les conversations vont bon train entre les membres de la garnison mais dans ce léger brouhaha, je détecte sa voix qui s'en détache et s’élève, dans un coin sombre qui ne m'apparaît pas encore. Je m’avance en me fiant à ma seule intuition, celle qui m’est inspirée par mes sens surnaturels. N’est-ce pas prodigieux. Je le vois sans le voir, comme un nuage vaporeux de couleur sombre, d’une luminosité ombrageuse.

«Ô mon capitaine, tu sens la mort, on te l’a jamais dit ? »

J’ai la tête lourde et ma voix au ton inégal est vaguement porteuse de mon état d’esprit embrumé. En gros je suis sacrément camé. Bien entendu, mon état vampirique apaise les effets de la drogue mais du coup j’ai tendance à en consommer davantage. Oh certes, il est malaisé d'arriver dans son lieu de travail l'esprit ainsi souillé, mais cette nuit était censée m'appartenir. Pas de risque d’overdose, c’en est presque dommage.  
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   12.01.18 18:03

Tomas a toujours préféré les salles communes surpeuplées d’une caserne à l’atmosphère feutrée des bureaux. De son vivant, il était un gascon un peu sanguin, et cochait toutes les cases du cliché : aventureux, impatient, toujours en mouvement et en train de se battre pour mieux se réconcilier autour d’une bière. Pendant des siècles, il a été un homme d’action. Main armée et protecteur de Louis XIV, ambassadeur de Louis XV, soldat de Louis XVI, espion de Charlotte auprès de l’Empereur, meneur de la Révolution. Dans tout cela, il y avait bien sûr des gestes éminemment stratégiques, des manœuvres politiques, mais cela reste de l’action. Qu’il s’encroûte, à parapher des actes, et des mémos, et des décisions. Il a l’impression que cela entretient la décrépitude de son esprit.

A la caserne, auprès de ceux qu’il considère affectueusement comme “ses” mousquetaires en revanche, tout est différent. L’exercice physique lui fait du bien, en partie parce qu’il peut affronter ses égaux, au moins en terme de forces. Enfin, nul joute d’exercice pour ce soir, ni manoeuvres d’entraînement, mais une discussion échangée entre une demi-douzaine de vampires. Ils font partie de ceux qui ont l’entière confiance de leur capitaine. Pas forcément les plus anciens, mais les plus loyaux, les plus dévoués ; ceux chargés de la protection de sa marquée. Trois autres sont absents, car en poste au Louvre. Tomas leur parlera demain. Loin de lui l’idée d’espionner sa douce Alice, il la respecte trop pour ça, mais il pose des questions à ses gardes du corps malgré tout. A-t-elle besoin de quelque chose ? Doit-il réfléchir à une nouvelle organisation plus confortable pour sa marquée? Il sait qu’elle déteste cette surveillance constante, alors même qu’il a choisi ces mousquetaires pour leur discrétion.

Celui qui n’est pas discret en revanche, c’est Aaron, qui s’est glissé derrière lui. Aaron, a qui il a demandé de venir pour lui confier une mission. Aaron, qui semble plus drogué que le pire des junkies, et qui l’interpelle en le tutoyant dans une salle commune bondée. D’ordinaire, il a pour son cadet une affection sans doute un peu déplacée, en tout cas inhabituelle. Celle que ressent l’aîné à qui on a confié le soin du plus jeune. En temps normal, il ne met entre eux aucune barrière, le laisse l’appeler Tomas, et le tutoyer. Enfin, quand ils sont en privé, bien entendu. En public, en revanche...

Cette familiarité, venue de la bouche de l’un des leurs, interpelle les mousquetaires qui l’ont entendu. Tomas est ici un capitaine admiré, respecté, dur, mais juste. Il prend soin de ses hommes, comme il prendrait soin de ses frères, en échange, il ne leur demande que deux choses. Loyauté à la couronne, et respect. Dans le regard que le Marquis de Batz retourne à Aaron, il n’y a pas l’habituelle étincelle d’affection.

Vous vous oubliez, monsieur de Pernstejn”.

Avant qu’il n’ait le temps d’ouvrir la bouche, Tomas est debout, lui a pris le bras, et a reniflé son odeur. Il n’aurait pas dû. Il empeste.

Qu’est-ce que tu as fait” gronde-t-il dans un murmure.

Son Maréchal des Logis a l’air sur le point de s’écrouler au premier coup de vent. Si on ajoute à ce sentiment d'inquiétude, la colère causée par son comportement… Autant dire qu’il va passer un sale quart d’heure. Relation privilégiée ou non, Tomas met un point d’honneur à être juste avec ses hommes.

Nous reprendrons plus tard messieurs”.

Il traine l’intéressé par le bras, sans se soucier qu’il puisse protester ou se débattre. Il le traine à travers la cour, il le traine jusqu’aux écuries, il le traine jusqu’à un abreuvoir où il lui enfonce sans pause la tête sous l’eau. Et il la maintient. C’est un vampire. Il est peut-être drogué, mais il n’a pas besoin de respirer pour rester en vie.

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   19.01.18 13:08

Pardonne-moi, mon capitaine, mais par moment en effet j'oublie qui je suis. Je m'abîme, je me ruine, je me gâche. Est-ce la honte ou la fièvre qui me cause cette chaleur extrême ? Un rire léger m'assaille en endurant la froidure de ton regard, ce regard auquel je m'accroche malgré tout sans le relâcher. Inerte, inconscient, volatile. Profondément meurtri.

« Hey ! Depuis quand on se renifle pour se saluer ? Ma foi, si ça peut te faire plaisir, faisons comme ça mais... »

Retombant mollement contre l'épaule de mon supérieur, je m'astreins à conserver une mine parfaitement innocente, feignant de croire qu'il en encore possible de le détromper. Ce que je tente de faire dans de vagues grognements, qui s'accentuent tandis que je me fais entraîner d'un pas chancelant, escorté par la poigne solide de Tomas. L'endroit où il m'emmène m'est un mystère complet mais mes questions péniblement ânonnées ne trouvent aucune réponse. Quelle est cette surprise mystérieuse qu'il souhaite si ardemment me montrer ? Ce n'est que l'eau froide d'un abreuvoir qui me surprend tandis que je m'y vois soudainement plongé.

Mes yeux écarquillés s'ouvrent sous l'eau alors que je tente vainement de me débattre, sans qu'il me soit possible de me dégager. L'extrême fraîcheur de ce bain forcé me tétanise à la manière d'un électrochoc, des flashs s'animent devant mes prunelles et mes pensées se disloquent confusément. Pour mieux se réunir. Vais-je mourir ? Me noyer ? Les anciens réflexes de mon esprit humain sont encore profondément ancrés en moi et je panique, sursautant dans ce bassin où l'on me maintient si obstinément. Ce n'est qu'au terme de longues minutes que je constate que la noyade ne m'atteint pas. Mon corps n'est qu'une tombe vide où résonnent des échos funestes, une grotte sombre, probablement envahie de toiles d'araignées poussiéreuses. Et je prends alors conscience de la magie qui maintient mon enveloppe corporelle éternellement fraîche et jeune. Cette magie obscure. Cette damnation. Mon corps cesse ses soubresauts et j'expulse doucement un profond soupir qui émerge à la surface en une myriade de bulles d'air, qui y éclatent dans un bruit léger.

Sans doute a-t-il fini par me relâcher. Sortant la tête de l'eau, mon visage est aussi pâle qu'à l'accoutumée, mes cheveux ruisselant et dégoulinant. Si je tousse, c'est probablement par pure formalité. Je n'ai nul besoin d'aspirer une goulée d'air et pourtant, c'est ce que je fais avec avidité, crachant et toussant, le regard explosé. Ce regard qui se redresse vers le vampire, debout à mes cotés, quand je gis comme un moribond sur le sol. Nulle autre chose que l'étonnement le plus complet ne s'inscrit dans mes billes glauques pendant que je dévisage Tomas de Batz, mon capitaine dans le corps des Mousquetaires, celui que j'aime et respecte au plus haut point.

« Où sont les ennemis, faut-il se battre ? »

Mon interrogation se dirige vers le plus urgent tandis que je m'empresse de me redresser, jetant autour de nous des regards remplis de vigilance. Mais nous sommes seuls et j'ignore ce que je fais là, dans les écuries de la caserne, complètement trempé et sans mon uniforme ni aucune de mes armes. Les souvenirs des derniers événements me sont flous, même si je crois me remémorer l'urgence avec laquelle je désirais rejoindre Tomas. Le danger couve en permanence dans la ville de Parys et je me tiens sur mes gardes, prêt à foncer comme un taureau sur le premier qui tenterait de nous attaquer. Peut-être ais-je rêvé cette attaque mais si je ne vois rien autour de nous, je ne cesse de fouiller les alentours du regard. Quelqu'un m'a pourtant bien jeté dans ce maudit abreuvoir !

« Mon capitaine, j'ai accouru aussi vite que j'ai pu. » Tout en l'évaluant, je me rassure moi-même en grande partie, le voyant entier, sans membre amputé et sans blessure apparente. Pourtant, j'ajoute, plus bas, comme pour une confidence, une légère inquiétude s'inscrivant dans mes yeux expressifs aux prunelles dilatées, tandis que je le dévisage. « Comment te portes-tu ? Ta santé ? Ton moral ? » Une messe basse où je m'autorise à utiliser des termes plus familiers pour m'adresser à lui, en l'absence des autres hommes de la garnison. Quelques secondes de battements de paupières avant que je n'ajoute, toujours un peu sonné, dans une interrogation plus personnelle, bien que je sois conscient qu'elle paraisse étrange. « Peux-tu me dire ce que je fais là, au juste... ? »
 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   19.01.18 17:41

Aaron a trois siècles de moins que lui. Même s’il le voulait et le pouvait, il ne pourrait sans doute pas se libérer de la poigne de Tomas, qui refuse de le lâcher. Le marquis est tout autant encouragé par l’absence de respiration de son mousquetaire et ami que par les commentaires désobligeants tout juste sorti de sa bouche.

Il le lâche quand des bulles remontent à la surface, et ne cherche même pas à le retenir quand il se vautre lamentablement à la sortie de cette quasi noyade. Heureusement pour sa tenue, Tomas a l’habitude de relever les manches de sa chemise jusqu’au coude quand il porte son uniforme. Par-dessus, il porte un plastron en cuir brun, brodé d’une fleur de Lys du côté gauche. Et à l’heure actuelle, le capitaine des mousquetaires n’est pas content. Alors quand Aaron semble s’inquiéter de subir une attaque, tout au plus lui décoche-t-il un regard glacial, la tête légèrement penchée sur le côté.

Je vous serais gré de ne pas vous montrer aussi familier, Monsieur de Pernstejn. Ici, je ne suis pas votre ami, je suis votre capitaine, encore plus quand vous êtes en présence de vos camarades, et cette petite démonstration dans la salle commune est intolérable”.

Il l’attrape par le col et le remet debout. Tomas le soulève même du sol, tout en le plaquant contre le premier mur qu’il trouve. Sa colère rend les chevaux nerveux, ils trépignent et piaffent dans leur box, bel étalage de bêtes magnifiques, à la robe grise ou noire.

Etre mon ami ne te donne pas tous les droits, loin de là. Un autre manquement, et tu perdras autant ta place ici que mon amitié, c’est clair?

Il ne serait pas tout à fait exact de dire que Tomas reste humain, malgré tout. Il ne peut s’empêcher d’apprécier certains de ses hommes plus que d’autres, de se lier d’amitié avec certains parfois. Sauf que cela ne le rend pas moins exigeant à leur égard, plus souple. Au contraire. Il accepte encore moins d’erreurs de leur part. Avec Louis de Sanez, un mousquetaire prometteur, il est intraitable, à la limite d’être injuste parfois. Avec Aaron, il est presque pire. Enfin, il le lâche.

Et par Dis, tu empestes réellement. Je peux savoir ce que tu as fait pour te mettre dans cet état?

La colère est toujours présente dans sa voix. Est-il utile de préciser qu’il est autant en colère parce qu’il est aussi inquiet? Aaron est jeune, en est-il déjà rendu au stade où il perd pied ? Il n’a pas répondu à ses propres questions, et ne compte pas le faire. Il préfère éluder que dire la vérité, sur ce point. En revanche, Tomas ne compte accepter aucune autre réponse que la vérité de la part de son protégé, quitte à y passer toute la nuit. Il ne compte pas non plus se montrer indulgent sous prétexte que son maréchal des logis était de repos cette nuit. Si en théorie, ses mousquetaires peuvent bien faire ce qu’ils veulent de leur temps libre, en pratique, le marquis refuse de les voir dégrader ainsi leur compagnie. Une attitude bien pensée en toute circonstance…

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   26.01.18 15:59

Qu'ais-je fait ? Qu'ais-je dit ? Quel acte irrespectueux ais-je pu commettre pour mériter la colère qui brille dans les yeux de mon capitaine ? Je n'en sais plus rien exactement, l'eau ruisselle entre les mèches de mes cheveux, que je redresse d'une main molle, le regard confus. Plaqué rudement contre la paroi d'un des box, je perçois le hennissement des cheveux, dérangés par ces éclats de voix. La réalité prend toute la place dans mon esprit lorsque je m'aperçois soudainement que je suis seul avec Tomas et que c'est bien lui le scélérat qui m'a enfoncé la tête sous l'eau. Pas d'ennemi, rien que lui et moi, moi qui me vois soumis à son courroux. Choqué par ses mots, j'écarquille les yeux. Intolérable ? Mon regard désorienté se pose sur mes vêtements, sur ce t-shirt trempé qui me colle à la peau. Point de ceinturon, point d'uniforme, je n'ai même pas avec moi les galons qui symbolisent mon rang, et je me suis présenté à la caserne avec ma face hilare de drogué en guise de salut. Lentement mes pensées se remettent en place alors que je subis la poigne de Tomas. Tomas dont la menace me transperce le cœur de part en part.

« Oh... Je sais, capitaine, mon capitaine. Bien, oh bien. C'est très clair... »

Le regard que j'ai arrêté sur lui s'est brisé l'espace de quelques secondes avant que je me rembrunisse, restant adossé contre le mur où il m'a abandonné. Sans doute aurais-je préféré qu'il me batte à mort plutôt que de m'imposer cette cruelle vérité. Tomas est prêt à mettre à terme à notre amitié tout autant qu'à me bannir du corps des mousquetaires. Et si j'ignore laquelle de ces deux sentences m'atteint le plus, elles achèvent de me réveiller tout à fait. Devrais-je tout perdre à cause de mon inconséquence ? Si je suis à nouveau le chemin qui m'a mené à la déchéance totale, il n'y aura pas de troisième chance, je le crains. J'en frémis d'avance, mon enthousiasme retombant comme un soufflet, sous le poids qui pèse avec plus de lourdeur sur mes épaules. Car j'ai peur soudainement, peur qu'il soit trop tard pour moi. Et cette incertitude a tôt fait de rouvrir la plaie béante qui entaille mon cœur symbolique, tout au fond de ma carcasse vide.

J'empeste, c'est ce qu'il me dit et j'essuie mes cheveux d'un geste résigné, le front lourd. « Un sang vicié m'a sans doute corrompu, je le crains. » Et par ma faute seule car personne ne m'a contraint à m'en abreuver. Je garde cette vérité pour moi, cherchant une bribe d'amitié dans le regard de Tomas sans y détecter autre chose que la fureur qu'il me voue. Dans un soupir, je vais au bout de ma confession. « J'ai échoué dans les égouts de Parys avant-hier soir. Une droguée m'en a tiré. Très jolie... Bref. Puis espérer que cela reste entre nous ? » Car je n'aimerais pas qu'Eleonore en vienne à savoir que j'ai replongé. Ma créatrice m'a présenté à Tomas il y a plusieurs années et s'est portée garante de moi. Ma honte serait la sienne. Et si je perçois toujours la déception dans le regard de mon capitaine, cette torture me pousse à tenter de me justifier, sans doute en vain. « J'avais grand soif en sortant de ces égouts, il n'y avait pas lieu de faire le difficile et quand Jessica m'a emmenée dans son bordel, et bien... » J'y suis resté. Un peu. Le temps que ma paralysie se dissipe. Mais cela, mieux vaut que Tomas l'ignore car je n'ai pas la moindre envie de lui paraître encore plus pitoyable et détestable que je ne le suis.

Aussi, je rectifie ma posture, retrouvant une allure plus digne, mes épaules redressées en arrière, la mine rassurante, le sourire radieux. « Ce bain m'a requinqué. Grâce à toi j'ai l'esprit vif à nouveau. Grâce à vous, mon capitaine. Mes oreilles sont donc largement ouvertes pour accueillir vos ordres, vos confidences, vos préoccupations, vos tourments ou tout ce que tu voudras. C'est bien pour cela que j'ai accouru vers toi, après tout, même si j'aurais mieux fait de rincer ma grande gueule à l'eau de javel avant, je le reconnais. Toutes mes excuses pour ces manquements, capitaine, je vous assure sur l'honneur que cela ne se reproduira plus, oh non, par Dis, plus jamais. » Je parle, je parle, je parle. Trop, je sais.
 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   26.01.18 22:07

Le comportement d’Aaron est de plus en plus étrange, à chaque seconde qui passe. Certes, il a eu le malheur de rencontrer un baquet d’eau froide d’un peu trop près, mais cela ne peut pas tout expliquer. Au moins, cette douche forcée semble avoir eu le mérite de le réveiller. Tomas le scrute, cherche un indice dans ses yeux pour comprendre, comme s’il pouvait lire son esprit de cette façon. Sauf qu’il n’a pas ce don, évidemment.

Sa colère commence peu à peu à se muer en inquiétude, sauf que son maréchal des logis a la bêtise de lui raconter sa soirée de débauche comme si de rien n’était, et Tomas gronde. Un vrai grondement, qui ferait presque trembler sa poitrine. Aaron est-il vraiment stupide au point de mordre le premier humain drogué venu, même en ayant faim? Quel crétin. Même le premier des nouveaux-nés saurait que c’est une idée stupide. En temps normal, il saurait faire preuve d’indulgence, le vampire est jeune, il n’a pas le contrôle de l’un de ses aînés, mais Tomas n’a aucune envie d’être indulgent. En fait, sa colère revient, alimenté par les constants sauts entre le tutoiement et le vouvoiement, entre les “mon capitaine” et cette amitié.

Surveillez… votre...langage” lui rétorque Tomas en distinguant bien chaque mot. Ils sont pourtant seuls, mais le marquis essaie de lui inculquer une leçon. Ici, ils sont à la caserne, il est son capitaine, et Aaron est son subordonné. Si l’un ou l’autre a envie de déverser ses états d’âme sur les épaules de l’autre, ils feront ça ailleurs. “Et j’espère pour vous que cela ne se reproduira plus. Vous êtes un mousquetaire ! Un représentant de la couronne !

Le vampire doit presque se retenir de le frapper. Ce n’est pas l’envie qui lui manque, mais il a aussi vaguement conscience que ce serait injuste. Et puis il ne punit pas ses hommes comme ça. Il leur donne des corvées, des avertissements, mais le seul qu’il a jamais frappé, c’était en tant que Tomas. Il palpite encore de colère et il doit là aussi faire un effort pour se contrôler. Ses épaules se soulèvent, comme s’il inspirait à fond, sauf qu’il ne respire plus, n’est-ce pas? Il essaie d’autant plus fort qu’il a bien conscience que son amitié le rend injuste. Encore une fois, Aaron n’était pas en service ce soir, mais il est venu.

Si tu as besoin que je sois ton ami, si tu as quelque chose à me dire, saisi l’opportunité maintenant. Dans le cas contraire, tu devras être mon maréchal des logis, tu devras faire preuve de sérieux et de dignité, tu devras faire ton travail. Alors je te pose clairement la question. Veux-tu que je sois ton ami, ou es-tu prêt à discuter avec ton capitaine?

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