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 Au cœur de la nuit (Tomas)

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Aaron de Pernstejn
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MessageSujet: Au cœur de la nuit (Tomas)   12.01.18 14:02

Au cœur de la nuit
[La solitude, c'est quand personne n'a besoin de toi ;
la mort, c'est quand tout le monde parvient finalement,
malgré les pleurs et les promesses
des premiers émois pourtant sincères,
à se passer de toi.


Romain Guilleaumes]


Ma conscience nage dans un simulacre de rêve, celui que m’offre la came dont je me remplis, encore et encore. Je me trouve allongé au sein d’une couche sordide, un pieux malencontreusement inconfortable dans je ne sais quelle foutu lupanar. Je me situe au cœur d’un bordel ouais, tu sais, le genre de ceux que tu juges glauque à souhait. Une musique hante mon esprit, avec leurs paroles qui augmentent en intensité avant de se perdre dans un borborygme incompréhensible. J’entend des sonorités basses et lugubres qui résonnent dans ma tête et mon corps me parait léger, léger… près à s‘envoler. Mais peu importe, moi je suis mort, alors quelle importance ont ces délires qui dansent en moi ? Je suis un monstre. Je n’existe pas. Je suis un cauchemar. Tous ces salauds m’ont rêvé. Un sourire flotte sur ma face, alors que mes yeux s’entrouvrent, le gauche demeurant désespérant sombre, une lueur trouble y dansant. J’ai entendu le bip de mon portable, ouais, je ne suis pas assez camé pour en faire abstraction, d’autant plus qu’il vibre contre ma peau comme s’il était vivant.

C’est un genre de grognement qui s’échappe de ma gorge mais à peu de chose près, on pourrait le traduire par : « Mon capitaine… hmmm c’est toi… » Tout bonnement.

Ouais c’mon pote. Non plus que cela, c'est mon mentor. Un compagnon sanglant, l’un des mecs les plus érudit que j’ai jamais rencontré de toute mon existence et ce n'est pas peu dire. On s’étonne que je m'entende merveilleusement avec lui, au vu de nos différences de tempéraments. Toujours est-il que je matte l’écran de mon joujou, une splendeur de technologie, tu en conviendras. Et ce sont tes mots que je déchiffre, bien qu’ils me paraissent troubles et difficilement reconnaissables, c'est bien ton blase qui est apposé en signature. Pourquoi mon portable n’est pas assez perfectionné pour répondre à ma place ? Je n’aime pas pianoter sur ces petites touches, ça me gonfle, et tu le sais très bien. Alors je décide de te rejoindre sans aucune réponse, si tu pèches ma gueule soudainement, ça ne sera qu’une jouissive surprise de plus pour toi ! Vois comme je suis bon.

Je m’échappe de ces lieux écœurants, traînant encore cette odeur de luxure qui me colle à la peau. Mais je ne m’extirpe pas pour autant du brouillard qui flotte tout autour de moi, ni de cette impression douceâtre d’être à moitié éveillé. A moitié en torpeur. Ma bécane fend l’air de la nuit et derrière moi s’évadent mes ricanements sordides, ceux que m’inspire notre prochaine rencontre. Ouais, je conduis en me marrant, derrière mon casque personne ne s’en rend compte, et alors ? Faut dire que, même quand je suis à deux doigts de me foutre en l’air, la simple perspective de croiser ton chemin et de mirer ta face de joli cœur me fait rire. Alors ça vaut bien la peine que je zigzague dans ces rues délabrées, manquant de peu de provoquer un carambolage alors que cet immense camion klaxonne dans un boucan tonitruant. Quoi, j’ai grillé le feu rouge? Ouaip, c’est bien possible.

Bientôt les contours d’une grande bâtisse m’apparaissent, derrière les vapeurs floues de mon esprit perturbé. C’est grand, certes, on dirait presque un monstre géant dont la grande porte cochère serait une gueule béante, prête à me bouffer. J’ai de ces idées… Mais ça ne m’empêche pas d’entrer, franc battant, dans la gueule du monstre, faisant résonner les semelles de mes bottes sur le béton sale. Les ténèbres enveloppent les lieux de leur douceur bienveillante et mes yeux de nyctalope les sondent, plongeant au cœur de l’invisible. Je les ressens. Lui et son aura, perceptible et reconnaissable entre toutes. Et je me souviens de la première fois que je l’ai ressentie, il y a de cela près de deux ans à présent.

Il était le tout premier vampire à m'inspirer un sentiment de sincère respect, juste après ma foutue sire, cette connasse qui me traite de romantique. Nous venions de trouver une place honorable au sein de la cour nocturne à ce moment là et Tomas avait suffisamment cru en moi pour me permettre de m'engager dans le corps des mousquetaires de la reine. Il m'avait offert ce titre que j'avais recueilli comme une sorte de rédemption. Que penserait-il désormais, s'il avait connaissance de cette étrange maladie qui me ronge ? Il a fallu que je me soigne ce soir, à grandes goulées de sang corrompu, pour espérer que ces épisodes de paralysie me laissent en paix.

Quoiqu'il en soit. Si mon capitaine m'offre le plaisir d'un message amical, je ne pourrais avoir d'autre désir que de me présenter à lui aussitôt, paré à discuter avec lui de ce qui lui plaira, et cela même si je ne suis pas censé travailler en cette nuit. En ces temps difficiles où la dignité de mon capitaine a été récemment blessée, en ces temps où l'Assemblée Républicaine multiplie les attaques violentes, le moindre salut que Tomas m'adresse - ne s'agirait-il même que d'un vulgaire smiley - agit sur moi comme un appel à le rejoindre et m'enquérir de la situation avec empressement. Comment évolue-t-elle ? Je le saurai sans doute rapidement.

Dans la grande salle commune de la caserne, les conversations vont bon train entre les membres de la garnison mais dans ce léger brouhaha, je détecte sa voix qui s'en détache et s’élève, dans un coin sombre qui ne m'apparaît pas encore. Je m’avance en me fiant à ma seule intuition, celle qui m’est inspirée par mes sens surnaturels. N’est-ce pas prodigieux. Je le vois sans le voir, comme un nuage vaporeux de couleur sombre, d’une luminosité ombrageuse.

«Ô mon capitaine, tu sens la mort, on te l’a jamais dit ? »

J’ai la tête lourde et ma voix au ton inégal est vaguement porteuse de mon état d’esprit embrumé. En gros je suis sacrément camé. Bien entendu, mon état vampirique apaise les effets de la drogue mais du coup j’ai tendance à en consommer davantage. Oh certes, il est malaisé d'arriver dans son lieu de travail l'esprit ainsi souillé, mais cette nuit était censée m'appartenir. Pas de risque d’overdose, c’en est presque dommage.  
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Tomas de Batz
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   12.01.18 18:03

Tomas a toujours préféré les salles communes surpeuplées d’une caserne à l’atmosphère feutrée des bureaux. De son vivant, il était un gascon un peu sanguin, et cochait toutes les cases du cliché : aventureux, impatient, toujours en mouvement et en train de se battre pour mieux se réconcilier autour d’une bière. Pendant des siècles, il a été un homme d’action. Main armée et protecteur de Louis XIV, ambassadeur de Louis XV, soldat de Louis XVI, espion de Charlotte auprès de l’Empereur, meneur de la Révolution. Dans tout cela, il y avait bien sûr des gestes éminemment stratégiques, des manœuvres politiques, mais cela reste de l’action. Qu’il s’encroûte, à parapher des actes, et des mémos, et des décisions. Il a l’impression que cela entretient la décrépitude de son esprit.

A la caserne, auprès de ceux qu’il considère affectueusement comme “ses” mousquetaires en revanche, tout est différent. L’exercice physique lui fait du bien, en partie parce qu’il peut affronter ses égaux, au moins en terme de forces. Enfin, nul joute d’exercice pour ce soir, ni manoeuvres d’entraînement, mais une discussion échangée entre une demi-douzaine de vampires. Ils font partie de ceux qui ont l’entière confiance de leur capitaine. Pas forcément les plus anciens, mais les plus loyaux, les plus dévoués ; ceux chargés de la protection de sa marquée. Trois autres sont absents, car en poste au Louvre. Tomas leur parlera demain. Loin de lui l’idée d’espionner sa douce Alice, il la respecte trop pour ça, mais il pose des questions à ses gardes du corps malgré tout. A-t-elle besoin de quelque chose ? Doit-il réfléchir à une nouvelle organisation plus confortable pour sa marquée? Il sait qu’elle déteste cette surveillance constante, alors même qu’il a choisi ces mousquetaires pour leur discrétion.

Celui qui n’est pas discret en revanche, c’est Aaron, qui s’est glissé derrière lui. Aaron, a qui il a demandé de venir pour lui confier une mission. Aaron, qui semble plus drogué que le pire des junkies, et qui l’interpelle en le tutoyant dans une salle commune bondée. D’ordinaire, il a pour son cadet une affection sans doute un peu déplacée, en tout cas inhabituelle. Celle que ressent l’aîné à qui on a confié le soin du plus jeune. En temps normal, il ne met entre eux aucune barrière, le laisse l’appeler Tomas, et le tutoyer. Enfin, quand ils sont en privé, bien entendu. En public, en revanche...

Cette familiarité, venue de la bouche de l’un des leurs, interpelle les mousquetaires qui l’ont entendu. Tomas est ici un capitaine admiré, respecté, dur, mais juste. Il prend soin de ses hommes, comme il prendrait soin de ses frères, en échange, il ne leur demande que deux choses. Loyauté à la couronne, et respect. Dans le regard que le Marquis de Batz retourne à Aaron, il n’y a pas l’habituelle étincelle d’affection.

Vous vous oubliez, monsieur de Pernstejn”.

Avant qu’il n’ait le temps d’ouvrir la bouche, Tomas est debout, lui a pris le bras, et a reniflé son odeur. Il n’aurait pas dû. Il empeste.

Qu’est-ce que tu as fait” gronde-t-il dans un murmure.

Son Maréchal des Logis a l’air sur le point de s’écrouler au premier coup de vent. Si on ajoute à ce sentiment d'inquiétude, la colère causée par son comportement… Autant dire qu’il va passer un sale quart d’heure. Relation privilégiée ou non, Tomas met un point d’honneur à être juste avec ses hommes.

Nous reprendrons plus tard messieurs”.

Il traine l’intéressé par le bras, sans se soucier qu’il puisse protester ou se débattre. Il le traine à travers la cour, il le traine jusqu’aux écuries, il le traine jusqu’à un abreuvoir où il lui enfonce sans pause la tête sous l’eau. Et il la maintient. C’est un vampire. Il est peut-être drogué, mais il n’a pas besoin de respirer pour rester en vie.

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   19.01.18 13:08

Pardonne-moi, mon capitaine, mais par moment en effet j'oublie qui je suis. Je m'abîme, je me ruine, je me gâche. Est-ce la honte ou la fièvre qui me cause cette chaleur extrême ? Un rire léger m'assaille en endurant la froidure de ton regard, ce regard auquel je m'accroche malgré tout sans le relâcher. Inerte, inconscient, volatile. Profondément meurtri.

« Hey ! Depuis quand on se renifle pour se saluer ? Ma foi, si ça peut te faire plaisir, faisons comme ça mais... »

Retombant mollement contre l'épaule de mon supérieur, je m'astreins à conserver une mine parfaitement innocente, feignant de croire qu'il en encore possible de le détromper. Ce que je tente de faire dans de vagues grognements, qui s'accentuent tandis que je me fais entraîner d'un pas chancelant, escorté par la poigne solide de Tomas. L'endroit où il m'emmène m'est un mystère complet mais mes questions péniblement ânonnées ne trouvent aucune réponse. Quelle est cette surprise mystérieuse qu'il souhaite si ardemment me montrer ? Ce n'est que l'eau froide d'un abreuvoir qui me surprend tandis que je m'y vois soudainement plongé.

Mes yeux écarquillés s'ouvrent sous l'eau alors que je tente vainement de me débattre, sans qu'il me soit possible de me dégager. L'extrême fraîcheur de ce bain forcé me tétanise à la manière d'un électrochoc, des flashs s'animent devant mes prunelles et mes pensées se disloquent confusément. Pour mieux se réunir. Vais-je mourir ? Me noyer ? Les anciens réflexes de mon esprit humain sont encore profondément ancrés en moi et je panique, sursautant dans ce bassin où l'on me maintient si obstinément. Ce n'est qu'au terme de longues minutes que je constate que la noyade ne m'atteint pas. Mon corps n'est qu'une tombe vide où résonnent des échos funestes, une grotte sombre, probablement envahie de toiles d'araignées poussiéreuses. Et je prends alors conscience de la magie qui maintient mon enveloppe corporelle éternellement fraîche et jeune. Cette magie obscure. Cette damnation. Mon corps cesse ses soubresauts et j'expulse doucement un profond soupir qui émerge à la surface en une myriade de bulles d'air, qui y éclatent dans un bruit léger.

Sans doute a-t-il fini par me relâcher. Sortant la tête de l'eau, mon visage est aussi pâle qu'à l'accoutumée, mes cheveux ruisselant et dégoulinant. Si je tousse, c'est probablement par pure formalité. Je n'ai nul besoin d'aspirer une goulée d'air et pourtant, c'est ce que je fais avec avidité, crachant et toussant, le regard explosé. Ce regard qui se redresse vers le vampire, debout à mes cotés, quand je gis comme un moribond sur le sol. Nulle autre chose que l'étonnement le plus complet ne s'inscrit dans mes billes glauques pendant que je dévisage Tomas de Batz, mon capitaine dans le corps des Mousquetaires, celui que j'aime et respecte au plus haut point.

« Où sont les ennemis, faut-il se battre ? »

Mon interrogation se dirige vers le plus urgent tandis que je m'empresse de me redresser, jetant autour de nous des regards remplis de vigilance. Mais nous sommes seuls et j'ignore ce que je fais là, dans les écuries de la caserne, complètement trempé et sans mon uniforme ni aucune de mes armes. Les souvenirs des derniers événements me sont flous, même si je crois me remémorer l'urgence avec laquelle je désirais rejoindre Tomas. Le danger couve en permanence dans la ville de Parys et je me tiens sur mes gardes, prêt à foncer comme un taureau sur le premier qui tenterait de nous attaquer. Peut-être ais-je rêvé cette attaque mais si je ne vois rien autour de nous, je ne cesse de fouiller les alentours du regard. Quelqu'un m'a pourtant bien jeté dans ce maudit abreuvoir !

« Mon capitaine, j'ai accouru aussi vite que j'ai pu. » Tout en l'évaluant, je me rassure moi-même en grande partie, le voyant entier, sans membre amputé et sans blessure apparente. Pourtant, j'ajoute, plus bas, comme pour une confidence, une légère inquiétude s'inscrivant dans mes yeux expressifs aux prunelles dilatées, tandis que je le dévisage. « Comment te portes-tu ? Ta santé ? Ton moral ? » Une messe basse où je m'autorise à utiliser des termes plus familiers pour m'adresser à lui, en l'absence des autres hommes de la garnison. Quelques secondes de battements de paupières avant que je n'ajoute, toujours un peu sonné, dans une interrogation plus personnelle, bien que je sois conscient qu'elle paraisse étrange. « Peux-tu me dire ce que je fais là, au juste... ? »
 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   19.01.18 17:41

Aaron a trois siècles de moins que lui. Même s’il le voulait et le pouvait, il ne pourrait sans doute pas se libérer de la poigne de Tomas, qui refuse de le lâcher. Le marquis est tout autant encouragé par l’absence de respiration de son mousquetaire et ami que par les commentaires désobligeants tout juste sorti de sa bouche.

Il le lâche quand des bulles remontent à la surface, et ne cherche même pas à le retenir quand il se vautre lamentablement à la sortie de cette quasi noyade. Heureusement pour sa tenue, Tomas a l’habitude de relever les manches de sa chemise jusqu’au coude quand il porte son uniforme. Par-dessus, il porte un plastron en cuir brun, brodé d’une fleur de Lys du côté gauche. Et à l’heure actuelle, le capitaine des mousquetaires n’est pas content. Alors quand Aaron semble s’inquiéter de subir une attaque, tout au plus lui décoche-t-il un regard glacial, la tête légèrement penchée sur le côté.

Je vous serais gré de ne pas vous montrer aussi familier, Monsieur de Pernstejn. Ici, je ne suis pas votre ami, je suis votre capitaine, encore plus quand vous êtes en présence de vos camarades, et cette petite démonstration dans la salle commune est intolérable”.

Il l’attrape par le col et le remet debout. Tomas le soulève même du sol, tout en le plaquant contre le premier mur qu’il trouve. Sa colère rend les chevaux nerveux, ils trépignent et piaffent dans leur box, bel étalage de bêtes magnifiques, à la robe grise ou noire.

Etre mon ami ne te donne pas tous les droits, loin de là. Un autre manquement, et tu perdras autant ta place ici que mon amitié, c’est clair?

Il ne serait pas tout à fait exact de dire que Tomas reste humain, malgré tout. Il ne peut s’empêcher d’apprécier certains de ses hommes plus que d’autres, de se lier d’amitié avec certains parfois. Sauf que cela ne le rend pas moins exigeant à leur égard, plus souple. Au contraire. Il accepte encore moins d’erreurs de leur part. Avec Louis de Sanez, un mousquetaire prometteur, il est intraitable, à la limite d’être injuste parfois. Avec Aaron, il est presque pire. Enfin, il le lâche.

Et par Dis, tu empestes réellement. Je peux savoir ce que tu as fait pour te mettre dans cet état?

La colère est toujours présente dans sa voix. Est-il utile de préciser qu’il est autant en colère parce qu’il est aussi inquiet? Aaron est jeune, en est-il déjà rendu au stade où il perd pied ? Il n’a pas répondu à ses propres questions, et ne compte pas le faire. Il préfère éluder que dire la vérité, sur ce point. En revanche, Tomas ne compte accepter aucune autre réponse que la vérité de la part de son protégé, quitte à y passer toute la nuit. Il ne compte pas non plus se montrer indulgent sous prétexte que son maréchal des logis était de repos cette nuit. Si en théorie, ses mousquetaires peuvent bien faire ce qu’ils veulent de leur temps libre, en pratique, le marquis refuse de les voir dégrader ainsi leur compagnie. Une attitude bien pensée en toute circonstance…

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   26.01.18 15:59

Qu'ais-je fait ? Qu'ais-je dit ? Quel acte irrespectueux ais-je pu commettre pour mériter la colère qui brille dans les yeux de mon capitaine ? Je n'en sais plus rien exactement, l'eau ruisselle entre les mèches de mes cheveux, que je redresse d'une main molle, le regard confus. Plaqué rudement contre la paroi d'un des box, je perçois le hennissement des cheveux, dérangés par ces éclats de voix. La réalité prend toute la place dans mon esprit lorsque je m'aperçois soudainement que je suis seul avec Tomas et que c'est bien lui le scélérat qui m'a enfoncé la tête sous l'eau. Pas d'ennemi, rien que lui et moi, moi qui me vois soumis à son courroux. Choqué par ses mots, j'écarquille les yeux. Intolérable ? Mon regard désorienté se pose sur mes vêtements, sur ce t-shirt trempé qui me colle à la peau. Point de ceinturon, point d'uniforme, je n'ai même pas avec moi les galons qui symbolisent mon rang, et je me suis présenté à la caserne avec ma face hilare de drogué en guise de salut. Lentement mes pensées se remettent en place alors que je subis la poigne de Tomas. Tomas dont la menace me transperce le cœur de part en part.

« Oh... Je sais, capitaine, mon capitaine. Bien, oh bien. C'est très clair... »

Le regard que j'ai arrêté sur lui s'est brisé l'espace de quelques secondes avant que je me rembrunisse, restant adossé contre le mur où il m'a abandonné. Sans doute aurais-je préféré qu'il me batte à mort plutôt que de m'imposer cette cruelle vérité. Tomas est prêt à mettre à terme à notre amitié tout autant qu'à me bannir du corps des mousquetaires. Et si j'ignore laquelle de ces deux sentences m'atteint le plus, elles achèvent de me réveiller tout à fait. Devrais-je tout perdre à cause de mon inconséquence ? Si je suis à nouveau le chemin qui m'a mené à la déchéance totale, il n'y aura pas de troisième chance, je le crains. J'en frémis d'avance, mon enthousiasme retombant comme un soufflet, sous le poids qui pèse avec plus de lourdeur sur mes épaules. Car j'ai peur soudainement, peur qu'il soit trop tard pour moi. Et cette incertitude a tôt fait de rouvrir la plaie béante qui entaille mon cœur symbolique, tout au fond de ma carcasse vide.

J'empeste, c'est ce qu'il me dit et j'essuie mes cheveux d'un geste résigné, le front lourd. « Un sang vicié m'a sans doute corrompu, je le crains. » Et par ma faute seule car personne ne m'a contraint à m'en abreuver. Je garde cette vérité pour moi, cherchant une bribe d'amitié dans le regard de Tomas sans y détecter autre chose que la fureur qu'il me voue. Dans un soupir, je vais au bout de ma confession. « J'ai échoué dans les égouts de Parys avant-hier soir. Une droguée m'en a tiré. Très jolie... Bref. Puis espérer que cela reste entre nous ? » Car je n'aimerais pas qu'Eleonore en vienne à savoir que j'ai replongé. Ma créatrice m'a présenté à Tomas il y a plusieurs années et s'est portée garante de moi. Ma honte serait la sienne. Et si je perçois toujours la déception dans le regard de mon capitaine, cette torture me pousse à tenter de me justifier, sans doute en vain. « J'avais grand soif en sortant de ces égouts, il n'y avait pas lieu de faire le difficile et quand Jessica m'a emmenée dans son bordel, et bien... » J'y suis resté. Un peu. Le temps que ma paralysie se dissipe. Mais cela, mieux vaut que Tomas l'ignore car je n'ai pas la moindre envie de lui paraître encore plus pitoyable et détestable que je ne le suis.

Aussi, je rectifie ma posture, retrouvant une allure plus digne, mes épaules redressées en arrière, la mine rassurante, le sourire radieux. « Ce bain m'a requinqué. Grâce à toi j'ai l'esprit vif à nouveau. Grâce à vous, mon capitaine. Mes oreilles sont donc largement ouvertes pour accueillir vos ordres, vos confidences, vos préoccupations, vos tourments ou tout ce que tu voudras. C'est bien pour cela que j'ai accouru vers toi, après tout, même si j'aurais mieux fait de rincer ma grande gueule à l'eau de javel avant, je le reconnais. Toutes mes excuses pour ces manquements, capitaine, je vous assure sur l'honneur que cela ne se reproduira plus, oh non, par Dis, plus jamais. » Je parle, je parle, je parle. Trop, je sais.
 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   26.01.18 22:07

Le comportement d’Aaron est de plus en plus étrange, à chaque seconde qui passe. Certes, il a eu le malheur de rencontrer un baquet d’eau froide d’un peu trop près, mais cela ne peut pas tout expliquer. Au moins, cette douche forcée semble avoir eu le mérite de le réveiller. Tomas le scrute, cherche un indice dans ses yeux pour comprendre, comme s’il pouvait lire son esprit de cette façon. Sauf qu’il n’a pas ce don, évidemment.

Sa colère commence peu à peu à se muer en inquiétude, sauf que son maréchal des logis a la bêtise de lui raconter sa soirée de débauche comme si de rien n’était, et Tomas gronde. Un vrai grondement, qui ferait presque trembler sa poitrine. Aaron est-il vraiment stupide au point de mordre le premier humain drogué venu, même en ayant faim? Quel crétin. Même le premier des nouveaux-nés saurait que c’est une idée stupide. En temps normal, il saurait faire preuve d’indulgence, le vampire est jeune, il n’a pas le contrôle de l’un de ses aînés, mais Tomas n’a aucune envie d’être indulgent. En fait, sa colère revient, alimenté par les constants sauts entre le tutoiement et le vouvoiement, entre les “mon capitaine” et cette amitié.

Surveillez… votre...langage” lui rétorque Tomas en distinguant bien chaque mot. Ils sont pourtant seuls, mais le marquis essaie de lui inculquer une leçon. Ici, ils sont à la caserne, il est son capitaine, et Aaron est son subordonné. Si l’un ou l’autre a envie de déverser ses états d’âme sur les épaules de l’autre, ils feront ça ailleurs. “Et j’espère pour vous que cela ne se reproduira plus. Vous êtes un mousquetaire ! Un représentant de la couronne !

Le vampire doit presque se retenir de le frapper. Ce n’est pas l’envie qui lui manque, mais il a aussi vaguement conscience que ce serait injuste. Et puis il ne punit pas ses hommes comme ça. Il leur donne des corvées, des avertissements, mais le seul qu’il a jamais frappé, c’était en tant que Tomas. Il palpite encore de colère et il doit là aussi faire un effort pour se contrôler. Ses épaules se soulèvent, comme s’il inspirait à fond, sauf qu’il ne respire plus, n’est-ce pas? Il essaie d’autant plus fort qu’il a bien conscience que son amitié le rend injuste. Encore une fois, Aaron n’était pas en service ce soir, mais il est venu.

Si tu as besoin que je sois ton ami, si tu as quelque chose à me dire, saisi l’opportunité maintenant. Dans le cas contraire, tu devras être mon maréchal des logis, tu devras faire preuve de sérieux et de dignité, tu devras faire ton travail. Alors je te pose clairement la question. Veux-tu que je sois ton ami, ou es-tu prêt à discuter avec ton capitaine?

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   21.02.18 17:24

Il gronde, mon capitaine, et son allure charismatique me frappe alors que j'écarquille légèrement mes yeux embrumés. J'ai la sensation d'avoir devant moi une montagne alors que je redresse les yeux vers ses prunelles qui me transpercent, comme deux lames acérées. Une montagne ou plutôt un volcan, sur le point d'entrer en éruption. Je ne peux m'empêcher d'admirer cette force qui se dégage de lui, même si je ne suis pas certain de comprendre la raison de sa fureur. Certes, ma langue agitée a la fâcheuse tendance à être trop volubile lorsque je suis nerveux et même quand je ne le suis pas. Une question d'excès d'enthousiasme peut-être. Je n'ai pu m'empêcher de lire les mots si parfaitement articulés par ses lèvres avec une fascination de camé. Ah oui, il faut que je surveille mon langage. « A vos ordres. » Dis-je sobrement, décontenancé par les palpitations qui font vibrer le corps de Tomas tant il semble mécontent.

Je n'ajoute donc rien, recevant sans broncher les rappels de ma fonction qu'il me précise. Mon dos reste droit, mon regard fixé vers un point à l'horizon, et même si je tangue un peu, je m'attache à conserver un visage neutre et concentré, ainsi que l'exige le cadre officiel de la caserne. J'ai reçu une éducation soignée à l'école militaire depuis mon plus jeune âge, je suis conscient du protocole à respecter avec mes supérieurs hiérarchiques, du respect et de la rigueur qu'on attend des soldats envers les plus hauts gradés. Mais peut-être ais-je trop changé pour réussir encore à rester dans le moule. Peut-être mon esprit a-t-il été trop corrompu par ma vie de débauche pour avoir encore envie de me plier aux règlements et aux lois. Peut-être la révolte a-t-elle trop enflammé mon cœur, au point de m'enraciner dans un rôle d'adolescent attardé, constamment prêt à se rebeller contre la discipline et l'ordre.

Les paroles de Tomas font tinter mon oreille et je retourne alors vers lui un regard incertain. Un silence nous oppose pendant les quelques secondes où mes pensées confuses se tordent, alors que je fais un effort désespéré pour aligner mes neurones encore valides. Qu'est ce donc cela, une question piège ? L'un de mes sourcils se hausse pendant que j'hésite un léger moment, visiblement déconcerté par le choix qu'il me propose. Si je lui répond "la réponse D", va-t-il mal le prendre ? Il est à craindre que oui, au vu du regard dont il m'écrase. J'ouvre la bouche, la referme, puis fronce les sourcils avant de me décider à prononcer, d'une voix basse et méfiante. « C'est que... nous sommes encore dans la caserne. Je suis toujours prêt à discuter avec l'ami autant que le capitaine mais il faudrait que je sache lequel est en face de moi en ce moment. » Non, je ne me moque pas de lui. Ou peut-être un peu, dans les tréfonds de mon âme corrompue, mais c'est parfaitement inconscient. Je suis capable d'obéir aux ordres de mon capitaine avec loyauté et dévouement sincère. Mais un ami ne donne pas d'ordres, il n'impose pas la confiance, celle-ci se mérite. Et je ne suis pas sûr d'avoir envie de me confier à quelqu'un qui menace de me retirer son amitié au moindre malentendu. La blessure saigne encore tandis que je le scrute du regard, reprenant d'un ton prudent.

« Il est possible que j'aie besoin d'un ami mais je ne suis pas certain qu'il soit disponible, mon capitaine. Je vous demande donc la permission de me retirer. Dignement »

Chose que je m'apprête à faire la tête haute, en m'ébrouant légèrement pour me débarrasser des gouttelettes d'eau inconfortables. Et bien malheureusement pour moi, c'est à ce moment précis que la malédiction opère, s'imposant dans mes jambes qui ploient doucement sous mon poids. Effaré, je m'essaie à quelques pas avant de perdre l'équilibre, la paralysie raidissant mes membres au point d'être incapable de me tenir debout. Voilà que je tombe, dans un juron, aux pieds de Tomas. Voilà que je m’effondre lourdement, aux pieds de mon capitaine.
 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   21.02.18 19:37

Son maréchal des logis subit son remontage de bretelles sans broncher. Peut-être que ce n’est qu’une comédie, mais cela suffit en tout cas à calmer Tomas, comme si cette manière d’encaisser était une façon de dire “j’ai compris que j’ai merdé, je regrette”.

La colère du capitaine gronde toujours, mais parce qu’elle cache autre chose, l'inquiétude de l’ami. Tomas n’est pas très bon pour exprimer ce sentiment, ni pour dire aux gens qu’il tient à eux, qu’il les aime.

Ce face à face avec Aaron dure quelques secondes avant que ce dernier ne se décide à lui formuler une réponse qui rallumerait presque sa fureur, peut-être parce qu’il a ce vague soupçon que son subordonné se fiche de lui. D’un autre côté, c’est aussi de bonne guerre, n’est-ce pas? Il vient d elui dire qu’à la caserne, il parlait au capitaine, pas à Tomas.

Le concerné ferme les yeux, comme une supplique silencieuse à… sa patience, disons, de lui donner la force de ne rien lui rétorquer de caustique. Ses doigts pincent l’arête de son nez. S’il pouvait, il prendrait une profonde inspiration. Mais il a vomi ses poumons, avec tout le reste, près de quatre cents ans auparavant. Outre cette étincelle furieuse, les mots d’Aaron provoquent autre chose en lui. Comme un gamin, Tomas se sent blessé au coeur par ce qu’il sous-entend, lui qui se perçoit comme loyal, fidèle en amitié.

A l’heure actuelle, votre capitaine monsieur. J’ose espérer que vous savez que l’ami n’est qu’à une dizaine de mètres, à la sortie de la caserne. Demandez-le et il vous suivra”.

Dans l’instant, si cela doit être absolument nécessaire, et Tomas a cette intuition que ça l’est. Il connait Aaron, il ne lui a jamais failli. Qu’une crise survienne ainsi est l’indice qu’il se passe quelque chose de grave, même s’il ignore à quel point.

Le jeune vampire ne lui a toujours pas répondu, l’aîné rouvre la bouche avec dans l’idée de ne pas lui laisser le choix, de le convier chez lui, dans l’hôtel particulier du bout de la rue, qui accueille ses jours de sommeil quand il reste trop tard à la caserne pour se permettre de regagner le Louvre. La première syllabe n’a même pas le temps de s’échapper de ses lèvres qu’Aaron tombe à ses pieds.

Aaron?

Non, il s’effondre, comme pris d’une faiblesse soudaine. Quand Tomas se penche au-dessus de lui pour le retourner, il trouve ses muscles raides comme des piquets. Il est un vampire depuis assez longtemps pour savoir que sans être invulnérable, ils ne sont pas non plus des petites choses sans défense, au contraire. Leur nature entière est celle d’un prédateur. Des canines surdéveloppées aux ongles tranchants, en passant par cette aura de séduction qui semble émaner de chacun d’eux pour mieux attirer les proies.

Quelque chose de cette ampleur doit forcément être magique.

Aaron, je suis là, je suis là”.

Son esprit tourne à toute vitesse, autant pour éliminer les causes de ce mal que pour déterminer qui saurait l’aider. Sans être certain du mal qui l’afflige, cette deuxième réponse est délicate.

Mauvais sang? Drogue? Magie?” énumère Tomas en le fixant dans les yeux, comme si ses prunelles pouvaient lui donner un indice, à défaut qu’il puisse parler. Il a parlé de sang vicié tout à l'heure. Si c'est la cause de ce mal, il doit connaître la drogue exacte.

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   23.02.18 15:42

Si mon cœur battait encore, il se serait emballé à une cadence effrénée. Si mon sang circulait encore librement dans mes veines, la honte m'aurait imposé le rouge aux joues. Mais je ne suis capable que de courber un front accablé vers le sol en pestant à mi-voix contre cette déchéance qui m'assaille, les yeux clos, les poings serrés. Le ton impérieux de mon fier capitaine m'a frappé par sa vivace spontanéité. En dépit de sa colère, Tomas serait donc là pour moi, si j'appelais l'ami en lui. Je n'ai pourtant pas eu l'opportunité de lui répondre, contraint de mordre la poussière des écuries, chancelant sous mon propre poids. Et j'entends à présent qu'il m'appelle, je perçois sa poigne contre mon corps engourdi qui se fait retourner, m'épargnant de rester face contre terre. La mort dans l'âme, je suis obligé d'ouvrir les yeux à nouveau, fuyant les siens, ne sachant où poser mon regard.

« Mes excuses, capitaine, j'ai foiré mon garde à vous. »


Un murmure plein d'amertume que j'articule faiblement, une boutade à laquelle je me raccroche confusément, pour tempérer l'excès d'émotions qui me bousculent. Un profond désarroi s'inscrit dans mes yeux alors que je fais l'effort de soutenir le regard de Tomas qui me fixe. Son inquiétude me touche, au point de délaisser une part de l'angoisse que me procure mon état. Mon ami est là pour moi. Dans ma détresse, je ne souhaite pourtant pour rien au monde lui offrir l'image d'un faible pitoyable. Sur une grimace où je me soustrais pudiquement à son regard, je m'essaie à lutter contre la paralysie, obligeant mentalement mes jambes à se mouvoir mais c'est peine perdue car celles-ci restent désespérément raides. Mon front se plisse un moment, avant que je n'expulse un soupir vacillant, comme pour me décharger du trouble qui m'oppresse. Un réflexe de ma vie humaine que je n'ai jamais réussi à délaisser, comme tant d'autres choses.

« Je ne consomme pas le sang des morts ni des malades. La drogue, oh oui. Héroïne ? Speed-ball, je crois... je ne sais plus. » De bien joyeuses ripailles en vérité, que j'ai consommée aux cous de mes proies sans le moindre scrupule. Quant à la magie, ma foi je n'en sais rien. Je m'essaie à redresser péniblement mes épaules mais alors que je tente de prendre appui sur mes bras, je parviens à peine à les détacher du sol. Cette fois, je suis tétraplégique et j'ignore combien de temps cet état va durer mais il n'a jamais atteint un tel seuil de gravité. La honte d'offrir un spectacle aussi dégradant à la vue de Tomas surpasse pourtant l'angoisse qui me recouvre. « Allez-vous me jeter avec le fumier dans la cour extérieure ? Je tenterais bien d'y ramper si vous m'en donnez l'ordre, mais je ne suis même plus en l'état de le faire. » N'est-ce pas tout ce que je mérite ? Mon sarcasme résonne comme une supplique. Je n'ai aucune envie que les hommes me voient dans cet état. Et si mon regard revient enfin se poser dans les yeux de Tomas, c'est l'aide de mon ami que je recherche intensément. « Si le capitaine accepte de fermer les yeux quelques instants, j'aimerais que mon ami en profite pour me traîner hors de la caserne, le plus discrètement possible. » Et même si c'est pour me balancer dans la fosse à purin, j'imagine que je pourrai me contenter de cette puante cachette pour un temps. La culpabilité me dévore. Quand je reprend, mon ton est si bas que seule l’ouïe d'un vampire pourrait le percevoir. « Désolé, Tomas, de t'avoir caché ça. »


 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   25.02.18 20:37

L’humour d’Aaron lui arrache un sourire, souvent, au moins intérieur, quand il est capitaine. Cette nuit, rien ne le fait rire, même intérieurement. Regarder son subordonné, son ami, surtout, s’écrouler sous ses yeux sans raison apparente ne le fait pas rire.

Son maréchal des logis ne sent-il pas son inquiétude, dans ses doigts crispés sur ses vêtements, dans son regard et les traits de son visage? Comment ose-t-il seulement entendre qu’il pourrait le balancer aux ordures, comme un malpropre, en tant que capitaine, ou pire, en tant que Tomas? Aaron n’a pas besoin de réclamer la présence du second, il a déjà pris la place du premier.

Même si Tomas n’est pas dupe. N’a-t-il pas dit qu’il regrette de lui avoir caché cela? Cela veut bien dire ce que ça veut dire. Ce n’est pas la première fois qu’une crise de ce genre le frappe.

Si tu me crois capable de t’abandonner là, ou de te jeter dans le tas de fumier, tu ne dois pas avoir une haute estime de moi, comme capitaine, ou comme ami”.

Cette petite phrase sert aussi à dissimuler le fait qu’il est profondément blessé qu’Aaron ait pu caché une telle… maladie? Handicap? Qu’est-ce, exactement? Aucune idée… à son capitaine l’énerve au plus haut point. Il aurait pu se mettre en danger, mettre en danger la vie des mousquetaires qui l’auraient accompagné en mission. Mais l’ami? Cette trahison est peut-être la pire. Car l’ami aurait tout fait pour l’aider, aurait réveillé ses contacts pour tenter de trouver une solution.

Mais le capitaine lui aurait aussi interdit certaines choses. Les missions sur le terrain, par exemple. Peut-être même qu’il aurait pu le renvoyer, s’il s’était rendu compte qu’il n’avait pas d’autres choix. Peut-être que c’est pour ça, qu’il ne s’est pas confié à l’ami. Il avait peur du capitaine.

En attendant, c’est bien Tomas qui le soulève du sol et le met en travers de son épaule. La position n’est sans doute pas confortable, mais elle est la plus pratique pour lui permettre de filer hors de la caserne et au bout de la rue. Son personnel de l’hôtel particulier de la Rue du Bac ne l’attend pas ce soir, la grande porte, dans la cour côté rue, est fermée, qu’importe. Pour plus de discrétion, il passe par l’entrée de service. Son arrivée, à vitesse vampirique, fait sursauter Nora, la gouvernante et cuisinière attitrée, au point qu’elle en lâche sa louche.

Pardonnez-moi Nora, je ne voulais pas vous faire peur. Mon ami se sent mal, je vais l’installer dans une chambre à l’étage. Pourriez-vous signifier à mon sous-lieutenant que j’ai dû m’absenter en urgence?

Hochement de tête, cela lui suffit, le vampire file à l’étage. Ses chambres d’amis sont toujours prêtes à recevoir du monde - Nora y tient beaucoup, sans doute aussi que son personnel est un peu désoeuvré, en son absence, et préfère entretenir le domaine - Aaron est posé sur le premier lit qu’il trouve.

Désolé pour ce mode de transport peu conventionnel. Que fais-tu, d’ordinaire, pour te guérir de cet… accès paralytique?

Sous-entendu “j’ai bien noté que ce n’était pas la première fois, mais je vais attendre que tu ailles mieux avant de t’incendier. L’ami aurait écouté”.

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   26.02.18 17:08

Je ne suis qu'un paquet d'angoisses sur l'épaule de Tomas. Un paquet inerte et silencieux, un poids mort, qui ne représente pourtant qu'une faible charge pour la force vampirique. Sans savoir où il décidera de m'emporter, je m'abandonne à sa décision avec un lâcher-prise fataliste. La crainte d'être abandonné ou repoussé est une phobie qui me dévore. Il est plus simple de se convaincre du pire, il est plus simple de se condamner et se détruire soi-même pour éviter une douleur plus insupportable. Ais-je vraiment une si piètre estime de Tomas ? Non, Non... Parfois, l'excès d’anxiété m'empêche de réfléchir alors je me laisse porter. Au propre comme au figuré.

Sa célérité surnaturelle nous a mené dans son hôtel particulier et ma mâchoire se crispe en l'entendant échanger quelques mots avec une servante. Mon ami. Voilà comment il m'a désigné. Et tandis que nous nous envolons à nouveau, je ferme les yeux pour contenir cette charge émotionnelle qui me donne presque le vertige. Mon corps inanimé s'enfonce mollement sur une couche où des draps fraîchement lessivés sentent la lavande. Tomas s'excuse. J'aimerais hausser les épaules mais elles sont bien trop flasques alors je me contente d'un haussement de sourcil. « Je t'en prie, je ne m'attendais pas à ce que tu sortes un brancard de ta poche. »  Ni un pousse-pousse. Ni une chaise à porteur ou quel que soit le mode de transport dévolu aux indigents. Je ne sais comment gérer ce mélange de détresse, de gêne et d'affection qui m'assaille alors que mon ami m'a emmené dans un lieu sûr, quand je ne méritais que son ressentiment. Alors j'esquive, je me cache derrière des paroles légères. Tomas a toujours le don de ramener mon esprit trop fantasque aux aspects plus terre-à-terre et c'est avec application que je me concentre sur sa question.

« J'étais seul la plupart du temps et je n'ai pas eu l'occasion de tester grand chose... Mais j'ai tenté de me guérir en buvant du sang, c'était avant hier soir comme je te l'ai raconté et il me semble que ça aurait presque pu fonctionner un peu. En tous cas je me souviens d'avoir été très optimiste, c'est que j'étais sur la bonne voie, hein. J'étais bloqué avec les membres paralysés et c'était infernal à quel point ces égouts puaient. Mon odorat était complètement saturé, je crois, et après une journée à me morfondre sans pouvoir sortir, j'étais juste ravi de voir Jessica, même si je m'étais bien juré de ne plus la garder comme pomme de sang. Mais enfin, Jess est tout de même hyper serviable en plus d'être une sacrée bombasse, alors l'un dans l'autre... »

Où en étais-je ? Dans mon emportement, j'ai sans doute été quelque peu confus et trop prolixe, au point d'en négliger un point extrêmement important. Tomas a bien compris que ce n'était pas la première fois. Etirant le cou, je m'essaie à extraire quelque peu mon visage des coussins, de manière à chercher son regard, ne sachant à quoi il pense en ce moment.

« C'est sans doute juste un excès de fatigue, d'ordinaire ça passe au bout de quelques heures... » J'ajoute ça, comme si ça devait le rassurer pleinement et pourtant, malgré la lueur de naïve innocence qui illumine mes yeux, je garde l'ombre d'un doute.  


 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   26.02.18 18:05

Une plaisanterie, d’abord, mais comme les précédentes, elle tombe dans l’oreille d’un sourd. Tomas a sa tête des mauvais jours, celle du sérieux, mâtiné d’inquiétude. Lui qui d’ordinaire saurait rire de beaucoup de choses, y compris de lui-même, n’en a aucune envie ce soir. Alors il attend, planté à côté du lit, que son ami - il n’est plus question de maréchal des logis pour l’instant - daigne lui révéler ce honteux secret si longtemps caché.

Le marquis doit se retenir de coller une tarte à Aaron. Le geste serait peut-être irréfléchi, pas totalement justifié, mais il aurait au moins le mérite de le soulager sur le moment. Car voilà que son ami s’égare et lui livre un trop-plein de détails, sans doute destiné à noyer le poisson, à rapporter des faits très sérieux sous le couvert de l’humour. Tomas n’est pas dupe.

Et puis le vampire gronde. Pour ses ennemis, ce serait mauvais signe. Pour ses amis aussi, ceci dit. Ce grondement agite sa poitrine et ce qui l’a déclenché, ce n’est rien d’autre que la conclusion d’Aaron.

Il se pince l'arête du nez. Sa voix est très calme quand il ouvre la bouche ensuite. Trop calme, sans doute.

Me prends-tu pour un idiot?”. La question est rhétorique. Gare à lui s’il s’avise d’essayer de lui répondre. De toute façon, Tomas a enchaîné. “Es-tu sérieusement en train de dire à un vampire de quatre cents ans que ta paralysie quasi totale est due à un “excès de fatigue”? Crois-tu vraiment que je vais gober ça?

Sa voix tremble, de colère, de peur, de déception. Il est furieux de le voir traiter ce problème aussi légèrement, terrifié de ce qui arrive à son ami, de ce qui pourrait lui arriver si une crise de ce genre arrivait au mauvais moment - dehors, quelques heures avant l’aube par exemple -, déçu de ce manque de confiance.

Pire que toutes ces émotions, Tomas est blessé. Réellement blessé. Alors il explose.

Par tous les sat’hans de Dis, à quoi tu pensais ? Tu souffres d’un mal inconnu, incroyablement dangereux, comment as-tu pu imaginer que tu pourrais garder ça pour toi? Ca aurait pu te tuer, ça aurait pu tuer les autres mousquetaires, ça pourrait… PAR DIS ET ELHA A QUOI TU PENSAIS?

Le marquis a rugi tellement fort qu’un courant d’air semble avoir parcouru l’hôtel tout entier pour faire trembler les murs.

JE T’AURAIS AIDE BON SANG ! J’AURAIS REMUE CIEL ET TERRE POUR TROUVER UN REMEDE! JE REMUERAIS TOUJOURS CIEL ET TERRE POUR TROUVER DE QUOI TE SOIGNER ! JE T'AIDERAIS MAINTENANT SI TU ME LE DEMANDAIS ! QU’EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI!

Le vampire tempête, crie, pour cacher le fait qu’il a mal, qu’il s’en veut, surtout, de n’avoir rien remarqué. a force d’être le chambellan et le capitaine, le marquis oublie d’être simplement Tomas, parfois, d’être l’ami.

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   27.02.18 16:07

Un grondement sourd s'échappe de la gorge du vampire, d'abord indistinctement, puis de plus en plus fort. Et si je sens bien que Tomas tente de se maîtriser, son calme n'est qu'apparent quand la colère s'agite pour prendre plus d'ampleur à mesure de ses mots. J'aimerais l'interrompre, tenter de lui répondre, mais les trémolos qui font vibrer sa voix m'en empêchent. Seul le désarroi s’inscrit dans mes prunelles qui flanchent parfois, la rectitude de mon regard ébréchée par ses accusations. Pourtant, je m'astreins à ne pas baisser les yeux, soutenant le regard furieux de Tomas dont la voix s'élève avec plus de force, avec plus d'intensité. Voilà qu'il crie et mes émotions s'inscrivent sur mon visage en miroir à sa propre colère, mes émotions toujours trop excessives qui débordent sans que je ne puisse les contenir, sans que je ne puisse empêcher Tomas de les pousser hors de moi.

Qu'est ce qui ne va pas chez toi ! Ce qui ne va pas, c'est ce maelström, ce puissant tourbillon qui s'est formé au fond de mon âme caractérielle. Ce mouvement d'agitation intense qui me fait trembler sans que j'en prenne conscience, qui fait palpiter en même temps tous les muscles de mon corps. Comme si la foudre venait de s'abattre sur moi dans un terrible électrochoc, mon corps se cabre comme celui d'un possédé. Tomas a à peine terminé sa phrase que j'ai bondi sur lui, mon corps s'est brutalement arraché à la literie dans un sursaut nerveux pour me jeter à sa tête.

« ARRÊTE DE CRIER ! ARRÊTE DE CRIER SUR MOI  ! »

Et lorsque mon front rentre durement en collision avec le sien, j'ai la sensation que mon crâne explose contre une paroi rocheuse.

«J'en crève, Tomas, j'en crève de t'avoir caché ça ! Et tu crois que j'te prend pour un idiot ? Par tous les cercles de Dis ! »

Cela ne m'empêche pas de m'accrocher à lui avec hargne, mes doigts crispés contre son col. J'ignore si nous tombons, si je l'emporte dans mon élan brutal. Le vampire multiséculaire pourrait me balayer comme un fétus de paille mais dans mon impulsivité orageuse, je n'y pense pas. Je ne réalise pas non plus que la tornade de mes émotions a vaincu ma paralysie pour quelques secondes.

« Je ne SAIS PAS demander de l'aide, j'sais pas faire ça parce que j'ai juste l'impression d'éclater en mille morceaux dès que j'exprime quoique ce soit ! C'est toi qui me tue, c'est toi quand tu crois que je laisserais d'autres mousquetaires mourir par ma faute ou quand tu oses seulement imaginer que je serais capable de te trahir TOI ! Parce que même en étant grabataire, je marcherais sur mes dents et je m'écorcherais la face sur le sol s'il le faut pour venir me battre à tes cotés ! Parce que si je suis incapable d'offrir ma force à mon royaume, ma reine et mon capitaine, s'il m'est impossible de donner ma vie pour sauver MON AMI, alors mon existence n'aurait plus la moindre valeur ! TU VEUX SAVOIR CE QUI NE VA PAS ? JE CRÈVE DE HONTE, VOILA CE QUI NE VA PAS ! »

Tomas voudrait m'aider, Tomas, remuerait ciel et terre pour me sauver. Ces mots m'ont déchiré, disloqué, écartelé. J'ignore où je suis, ce que je fais, où je vais. Mon âme est morcelée, en milliers de morceaux éparpillés. J'ai besoin que tu me rassembles, je t'en prie Tomas, aide-moi !


 
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Tomas de Batz
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   27.02.18 18:41

Tomas l’admet. Il ne s’attendait pas à ce que ses cris - ou plutôt le hasard, une coïncidence pour le moins étrange - ne tire le corps de son ami de sa torpeur. Alors quand le gamin vampirique qu’il est se jette sur lui, il est réellement pris de court et tombe avec lui jusqu’à la moquette. La chute ne lui fait pas grand chose, et si son premier instinct, guidé par la colère, par des siècles d’expérience militaire aussi, le pousse à riposter, un second, arrivé juste après, le fait rester immobile.

Il a cette vague intuition qu’il devrait rester en colère. Le capitaine se sent trahi, le capitaine voit toutes les conséquences désastreuses de ce secret. Il n’y aurait que le capitaine, Aaron perdrait tout. Titre, statut, emploi.

Mais il y a l’ami, et les mots du jeune vampire brisent le coeur du plus âgé. L’ami s’en veut terriblement de n’avoir rien vu, de ne pas avoir compris. L’ami commence à être fatigué d’être écartelé entre toutes ses loyautés.

Le geste paraît dérisoire, face à tout cela, mais il est instinctif. Ses bras se serrent sur lui, s’agrippent à ses vêtements. Cette étreinte, un peu maladroite - il ne se souvient pas de l’avoir déjà touché aussi intimement - veut dire beaucoup de choses. Pardon, je suis là maintenant, je vais trouver une solution. Car il est Tomas de Batz. Il trouve toujours la solution, non? En tout cas, c’est ainsi que tout le monde semble le voir.

Les deux vampires restent allongés au sol un moment, jusqu’à ce que le plus vieux des deux estime que l’autre va mieux, qu’il peut se permettre de se relever, en tout cas de se redresser en position assise. Il installe le corps d’Aaron contre le rebord du lit, à même le sol, sa main se crispe sur son épaule.

L’ami écoute. Dis-moi tout, dans les moindres détails, même les choses les plus honteuses. Tout. Je veux tout savoir, j’ai besoin de tout savoir pour t’aider au mieux. L’ami ne jugera pas”.

Ses doigts serrent le tissu, préfèrent finalement le lâcher avant de le déchirer pour passer dans ses cheveux, en même temps qu'il pose son front contre le sien, sa voix se fait murmure.

Si je peux t'aider à guérir ce mal, je le ferais, j'espère que tu le sais. Maintenant dis-moi. Quand cela a-t-il commencé, à quelle fréquence cela te frappe-t-il, y a-t-il un élément déclencheur? Dis-moi tout”.

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   01.03.18 16:25

Mes yeux se ferment sous l'étreinte solide de Tomas. Je ne pensais pas qu'il ferait ça. Il m'entoure de ses bras, il me contient, il me serre et doucement, mon visage échoue contre son cou. J'aimerais l'étreindre avec force moi aussi mais mes bras sont à nouveau privés de la moindre énergie. Aucune larme n'est disponible dans mes yeux de vampire mais la boule qui me serre la gorge est bien présente et si j'avais un cœur, il serait noyé dans l'océan de ma sensibilité. Mon esprit n'est plus capable d'aucune pensée cohérente pendant ces quelques instants où je suis vulnérable, autant de corps que de cœur. Lorsqu'il me redresse, je garde le silence et me laisse adosser contre le bord du lit jusqu'à ce que nos regards se croisent à nouveau. Mes prunelles tanguent à ses mots, je cille et je tremble un peu. Ma gorge est trop étranglée pour réussir à lui répondre immédiatement et je tente désespérément de lutter contre la paralysie pour venir à la rencontre de son front contre le mien, de sa main dans mes cheveux. « Je sais, oui... J'ai... j'ai confiance en toi.» Un murmure en réponse au sien alors que mes doigts bougent un peu et que mon bras trop lourd se redresse lentement, péniblement pour effleurer le sien dans une caresse.

« Ce mal m'a frappé pour la première fois il y a trois mois ou un peu plus... Les crises étaient peu fréquentes au début mais rien que cette semaine, j'en ai subi deux déjà. Il m'est arrivé de m'effondrer en pleine rue, chez moi, ici même dans ces écuries ou encore juste avant un rassemblement des mousquetaires... J'ai dû me cacher, j'ai dû mentir... Je vis seul, je n'ai pas de serviteur, alors personne n'est au courant. Personne à part toi.»

Toi, mon ami. Ma voix est basse, trop rauque, j'ai du mal à poser mon timbre, bien trop marqué par l'émotion. J'essaie de réfléchir, de rassembler mes souvenirs, d'analyser les situations et mon regard désorienté se perd dans le vague un léger instant avant de revenir vers celui de Tomas.

« Je ne me foutais pas de toi en disant que c'était peut-être la fatigue. Les vampires perdent leurs forces durant la journée et ils sont allergiques au soleil ! Peut-être ais-je développé une nouvelle allergie inconnue aux étoiles ou à la lune ? Ou alors... J'ai bu pas mal d'Absinthe durant ma vie et j'ai recommencé à en consommer dernièrement, crois-tu que ce soit lié ?»
Cette idée folle allume une nouvelle angoisse au fond de mon regard et ma voix s'éraille dans un murmure sinistre. « Tomas, je crois que je deviens fou... »


 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   01.03.18 21:31

Le retour de sa mobilité semble avoir été aussi brusque qu’éphémère. Quand ses doigts échouent à franchement se poser sur son bras, Tomas va les chercher lui-même et les serre, contact de deux peaux glacées, de deux corps morts, l’un contre l’autre.

Le vampire écoute, et s’horrifie un peu plus. Il a toujours été prompt à culpabiliser rapidement, un défaut qui semble s’amplifier avec le poids des années et cette mélancolie qui l’habite. Trois mois, un peu plus, et il n’a rien vu. Trois mois qu’il s’imagine remplis de peur et de souffrance pour son ami. Il n’a rien vu. Rien.

Tu ne l’es pas. Et tu n’es plus seul”.

Une promesse autant qu’une affirmation. Aaron a maintenant toute l’attention de Tomas de Batz, toute la puissance de son réseau, toute sa volonté de trouver une réponse à ce mal inconnue. Car les solutions que lui offrent son cadet ne le satisfont pas, il s’empresse d’ailleurs de le lui signifier.

Le soleil est notre ennemi, mais ni la lune, ni les étoiles. Crois-moi, j’ai vécu assez longtemps pour savoir que ce n’est pas cela. Quant à l’absinthe, ce n’est pas non plus la réponse. Tu pourrais avoir abusé de la fée verte dans ta vie que tu n’en aurais aucune trace maintenant”.

Le marquis réfléchit. Le vampirisme ne rend pas invulnérable à la magie, loin de là. Dis ou Elhà peuvent se révéler dangereux pour eux - doublement dans ce second cas en ce qui le concerne plus particulièrement. Un sorcier malveillant, peut-être? Aaron reste un mousquetaire. Il est “seulement” Maréchal des Logis, mais cela en fait néanmoins une cible. Ou alors… est-ce une capacité que développe le jeune vampire? Rien ne dit que cela doit être un don. Sa propre capacité est une malédiction, après tout. Tous n’en ont pas conscience, mais un siècle après sa transformation, n’est-ce pas un peu tard?

S’est-il passé quelque chose de particulier, il y a trois mois? Une nouvelle rencontre? Un événement particulier? Une nuit qui t’échappe?

Tomas réfléchit, en tout cas il essaie, comme un enquêteur. Si cela a commencé il y a trois mois, alors il doit essayer de comprendre ce qui a pu changer. S’il comprend mieux, cela pourrait les aider à trouver une solution, un remède. S’il en existe un, le vampire le trouvera.

As-tu consulté des sorciers? Des démonistes peut-être?

L’un ou l’autre pourrait avoir des solutions à proposer, mais Aaron n’a sans doute pas son réseau… Et puis il y a autre chose, que Tomas a entendu, mais n’analyse que maintenant. Le vampire lui a dit qu’il vivait seul, n’est-ce pas?

Comment peux-tu n’avoir aucun serviteur? Un homme de ton rang? Qui veille sur toi pendant la journée? N’as-tu pas des Pommes, à ton service? Où vis-tu, enfin?

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   06.03.18 22:42

C'est une poigne ferme qui récupère mes doigts fatigués et dans cette étreinte, je ressens le soutien véritable que je n'osais espérer. Il est difficile, après trop de déceptions, de faire confiance à nouveau. Difficile d'exposer sa faiblesse avec un cœur à vif et des émotions à fleur de peau. Mais alors que je tente nuit après nuit de me persuader que je n'ai besoin de personne, une voix dans ma tête me chuchote le contraire. Mon âme corrompue est celle d'un solitaire bourru, écorché, assassin, immoral. Un dément irrationnel, un détraqué, un fou furieux ! Mes doigts se crispent contre les siens alors que l'énergie revient doucement, je l'écoute, j'aimerais le croire. De toutes mes forces.

« Je vais te croire Tomas... Je n'arrive plus en croire en moi-même, tellement mes pensées sont mélangées. Mais je sais que je peux te croire, toi. »

Si j'ai la sensation d'avoir déjà vécu extrêmement longtemps, j'arrive à peine à concevoir la longévité de mon ami qui a vu défiler quatre siècles. Il sait lui, si nous pouvons encore croire en la lune et aux étoiles, si nous pouvons également cesser de craindre nos erreurs du passé. Il sait tant de choses que j'ignore. Alors je peux laisser de coté mes angoisses, juste pour un moment, laisser mon esprit divaguer dans le rien et fermer les yeux. Me contenter d'essayer de sentir mes muscles, mes chairs, mes os. Essayer de réunir mon énergie pour les bouger un peu et serrer sa main dans la mienne, avec un peu plus de vigueur. Je peux reposer mon esprit tourmenté, pendant que Tomas réfléchit pour moi. Ses questions me font retrouver son regard et je réponds sans attendre, pensant tout haut.

« Je rencontre tellement de gens, tu sais... je ne sais pas. Je me souviens que la toute première fois que ce mal m'a touché, j'avais fait une chute à cheval assez grave... Mais j'étais revenu à la caserne, et après m'être abreuvé, ça allait mieux. Et puis, ça m'a pris subitement aux écuries alors que j'étais en train de penser... à des mauvais souvenirs de mon passé. J'étais seul, j'étais complètement seul, avec les chevaux.»

Ce que je lui raconte n'apportera rien de plus, je le sais, je ne vois pas du tout par où m'y prendre pour comprendre d'où me provient ce mal. Je suis totalement perdu. Pourtant, j'essaie d'éviter de me torturer davantage et de répondre simplement aux questions de Tomas. Les forces me reviennent progressivement. Si mes jambes sont encore inertes, je parviens à hausser doucement les épaules.

« J'ai tenté de consulter mon oncle sorcier sous sa forme spectrale mais il ne répond pas à mes appels jusqu'ici. Et non... non, je te l'ai dit, je n'ai parlé de tout ça à personne en dehors de toi. »

A ses interrogations sur mes serviteurs, je me contente de froncer le nez, dans une moue incertaine. Les questions de Tomas me donneraient presque à croire que ma situation est anormale. Peut-être que c'est simplement moi qui le suis. Anormal.

« Personne, non... Et pour les pommes, j'en avais mais... hé bien... » Une hésitation me fait dodeliner de la tête. Tomas trouvera peut-être mes raisons ridicules. « J'en ai pas de régulière, non. Oh mais je vis très bien tu sais ! Je suis installé à Montmartre dans une petite maison que je retape peu à peu. Il y a encore des infiltrations de soleil à l'étage donc j'ai installé ma chambre à la cave en attendant. Dans un cercueil. A l'ancienne, quoi. Il y a un verrou à l'intérieur.»

L'insouciance est un rempart, la désinvolture me colle à la peau. Tant de personnes que j'ai aimé, que j'ai chéri, ont succombé. Trop de personne en qui j'ai eu confiance, à qui je me suis attaché, ont disparu. J'ai posé un verrou sur bon nombre de choses.


 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   07.03.18 19:11

Tomas ignore tout du mal qui touche le vampire, mais il semble s’estomper. En tout cas, il est capable de plus de mouvement qu’encore une minute auparavant - à l’exception de cette montée de colère, quand il s’est jeté sur lui, bien sûr.

Ses doigts pressent les siens dès qu’il sent une pression contre sa paume, comme un encouragement muet à poursuivre ses efforts pendant qu’il écoute, attentivement, qu’il analyse. Trois mois plus tôt, qu’a-t-il bien pu se passer? Comment savoir, aussi longtemps après, quand la piste doit être glacée, les indices évanouis?

Sur qui t’es-tu nourri? Une de tes Pommes d’alors? Une de la Caserne? Te souviens-tu d’autres choses?

Peut-être paraît-il trop pressant, avec toutes ses questions, mais c’est que la situation l’exige. L’un de ses hommes souffre d’un mal inconnu, pire, l’un de ses amis, et il n’a pour l’instant aucun fait concret, à part la crise qu’il subit sous ses yeux et cette première occurrence d’il y a trois mois.

Et puis Aaron répond à ses autres questions, sur sa maisonnée cette fois. Le vampire fronce le nez lui aussi, mais sans doute pas pour les mêmes raisons que son cadet. Il a de la chance que Tomas ne soit plus le gascon qu’il était. Ou il se serait pris une tarte.

Aaron, mon ami, tu dois savoir que je fais à l’instant un immense effort de volonté pour ne pas te frapper”. Sa voix est posée, très loin du discours qu’il tient. On pourrait le croire en train de deviser tranquillement plutôt que de menacer un vampire déjà diminué par un mal inconnu de se faire dévisser la tête. “Tu souffres d’un mal inconnu qui te paralyse… et tu vis dans une demeure ouverte au soleil, sans aucun serviteur. Ai-je réellement besoin de pousser plus avant ma réflexion, ou comprends-tu à quel point ton mode de vie est dangereux, en plus d’être indigne de ton rang?” Sa voix ne tremble pas, ses mains non plus. Encore une fois, Tomas fait un immense effort. Son Maréchal des Logis vit plus ou moins dans un taudis où il pourrait mourir à tout instant. Bien bien bien. Mais qu’il ne s’inquiète pas, voyons. Il dort dans un cercueil. Ces boites en bois protègent de tout, c’est bien connu. “Moi vivant, tu ne remettras pas les pieds là-bas. Pas sans un toit convenable, et encore moins sans serviteur, tu m’entends? Vivre… Dans une maison qui ne te protège pas du soleil, sans personne pour veiller sur toi ! Et si tu avais fait une crise avant l’aube, loin de ton cercueil et de ta cave? Tu resteras dans l’un de mes hôtels, le plus proche de Montmartre, si ça te fait plaisir, mais crois bien que tu n’iras plus chez toi tant que je ne l'aurais pas autorisé. C’est bien clair?

Voilà qu’il palpite. La rage qui couve depuis aussi longtemps doit bien trouver un moyen de s’exprimer.

Et quand t’es-tu convenablement nourri pour la dernière fois? Du sang sain, pas contaminé par l’alcool ou la drogue?

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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   13.03.18 19:37

Mon corps adossé contre le coté du lit devient un peu moins flasque tandis que mon regard s'accroche à celui, si attentif, de mon mentor. Il existe un mélange d'autorité et d'inquiétude dans ses yeux qui soutiennent mon esprit perturbé, tout comme le fait sa poigne autour de mes doigts. Et pendant que sa voix si patiente m'assaille de questions, je lui offre les réponses les plus complètes dont je sois capable. Sur qui je me suis nourri ? D'anciennes pommes junkies, oui.

« Baaah... Je ne sais plus. Possible... Attend voir... euh... Tinder. » Un moyen comme un autre pour les coups d'un soir.  « Non, je me suis dit que c'était peut-être lié à cette chute de cheval... mais j'aurais dû récupérer depuis. Je ne vois rien de plus...»

Tomas parait perplexe. Il fronce le nez et je secoue la tête pour dédramatiser. Son regard se durcit un peu et, même si sa voix est toujours douce, je le sens bien : il est perplexe. A ses mots, un rictus de connard m'effleure. Il me dit qu'il se retient de ne pas me frapper et ça ne devrait pas me faire rire. Sa voix est tellement aérienne et paisible, je sais qu'il dit ça pour me charrier. Ou peut-être pas ? Une lueur interrogative sous mon sourcil froncé, je n'ose l'interrompre pour le lui demander, l'écoutant poursuivre avant de rouler des yeux dans un bougonnement. « Mon rang, mon rang... » Tomas ne comprend pas que j'ai délaissé depuis longtemps mes manières de noble. Et même si je suis mousquetaire, je ne dispose pas d'un grade très élevé. « Ma dignité se contente très bien d'un cercueil, tu sais, d'autant plus qu'il est matelassé d'un velours de haute qualité, et puis il est conçu dans un bois solide - je crois que c'est de l'ébène - et... » et il vaut toujours mieux que les égouts. Pourtant, mes protestations meurent dans ma bouche en le voyant palpiter à mesure de ses paroles. Des paroles si assurées et autoritaires que mes prunelles se dilatent légèrement. « Tu es sérieux ?... »

J'ignore quoi dire, dévisageant les traits charismatiques de mon mentor, dont la force tranquille écrase mon corps chancelant. Ces mesures rigoureuses me paraissent très excessives, même si effectivement, j'ai déjà manqué de peu de griller au soleil, pas plus tôt qu'avant hier. Raison pour laquelle, j'avais plongé dans les égouts. Mieux vaut ne pas détailler cela à Tomas, cela ne ferait qu’accroître son inquiétude, il me semble. Si je reste persuadé que ma sécurité est suffisante dans ma cave, je ne peux faire autrement qu'être touché par sa réaction, par ces marques d’intérêt qu'il me porte. C'est ce qui m'amène à ne rien répondre, d'autant plus qu'il enchaîne presque immédiatement par de nouvelles questions, prononcées d'un ton plus dur, auxquelles je répond sans réfléchir, de ma voix trop candide.

« Je ne sais plus, ça fait longtemps en tous cas, au moins deux semaines, je dirais. Ou trois ? » Ou un mois ? Saisissant son regard, je plisse les yeux avec incertitude. « Non mais Tomas, je ne suis pas un pique-assiette, tu sais. Enfin je suis touché de ton invitation mais je n'ai pas envie de me taper l'incruste dans tes hôtels à cause de ma hm... petite indisposition. En plus, j'ai mes plantes à arroser, j'ai un chien aussi, qui doit être nourri et promené et puis bon. Quand bien même je logerais chez toi, ça ne m'empêcherait pas de faire des crises à l'extérieur. » Un doute m'effleure, alors que je l'interroge du retard. « Ou bien, tu veux dire qu'il faudrait que je ne sorte plus du tout ? Comment pourrais-je assumer mes responsabilités de mousquetaire dans ces conditions ? Tu n'y penses pas. »


 
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MessageSujet: Re: Au cœur de la nuit (Tomas)   13.03.18 21:33

Le regard de Tomas reste impassible quand Aaron lui fournit sa réponse. Donc en résumé… Le vampire se nourrit de gens rencontré sur une application de rencontre. Bien. Et le concerné ne semble pas voir le problème. Très bien.

Il faut à Tomas toute sa patience et son contrôle de lui-même pour se retenir de lui coller au moins une gifle, plus sûrement un poing, très probablement aussi un pied au cul.

Alors quand Aaron en rajoute, en rejetant ses arguments par d’autres, complètement stupides, il passe très près de se prendre ladite gifle, ledit poing et ledit pied au cul. Parce que la patience et le contrôle de Tomas sont déjà presque réduits à néant.

Un index tendu, c’est la seule réponse que le marquis est en état de donner. Parce qu’il sent la colère bouillonner en lui, l’envie de lui faire passer ses idées idiotes à coups de pied. Il inspire et expire, plusieurs fois. Le geste ne remplit pas ses poumons, mais à le mérite de faire redescendre la pression de sa colère. Il rouvre les yeux, qu’il ne se souvient pas avoir fermé.

Pardonne-moi mon ami. Il semblerait que quelque chose, dans le ton de ma voix, dans mon langage corporel peut-être, t’ait laissé entendre que tu avais le choix sur cette question. Tu ne l’as pas. A partir de maintenant, et jusqu’à nouvel ordre, tu logeras où je te dirais de loger. Cela ne t’empêchera certes pas de faire des crises, mais au moins, tu auras des gens au courant de tes faits et gestes, capables de te retrouver avant que le pire ne t’arrive. Quant à tes responsabilités de mousquetaire… crois-moi qu’à cet instant, j’ai très envie de te les retirer si c’est la seule chose qui peut te faire rester en sécurité. Le capitaine sait qu’il devrait, il a un millier de raisons de t’enlever tout ça, mais l’ami s’y refuse”.

Une nouvelle inspiration, profonde, suivie d’une expiration. Il se lève, lâche Aaron et va sonner une cloche posée sur la table de nuit. Un système à l’ancienne qui lui fonctionne encore merveilleusement bien aujourd’hui.

Tu vas commencer par te nourrir, sur l’une de mes Pommes. Ne t’avise pas de protester. Je te forcerais le sang moi-même dans le gosier si c’est nécessaire. Et je demanderais des comptes à mes gens de l’hôtel de Montmartre. Je m’assurerais que tu te nourrisses bien, l’un d’eux te suivra chez toi si tu en as envie. De mon côté, je vais contacter les sorciers et démonistes de mon entourage, quant à toi… tu es mis à pied. Congés sans soldes pendant trois jours pour ton attitude de tout à l’heure. Ne proteste pas. Je te jure, Aaron, ne proteste pas. Je suis clément avec toi, et tu le sais. Et j’ai perdu trop d’amis, trop de proches, pour accepter d’en perdre un autre aussi bêtement. Tu feras ce que je te dis ou tu finiras enfermé dans ce cercueil que tu aimes tant”.

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Au cœur de la nuit (Tomas)
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