AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Distorsion – Lélio

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ira Abisheva
Sorcière ❅ Membre

.
.: Wingardiouuum Leviossa :.
avatar
✠ Je suis : une sorcière démoniste
✠ J'ai : 28 ans
✠ Mon âme appartient : à l'Assemblée Républicaine
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : ava ©DΛNDELION sign ©ANESIDORA
☉ Messages : 141
MessageSujet: Distorsion – Lélio   11.01.18 2:02



DISTORSION
« Dans leur gosier ils murmurent cet hymne, dont ils ne peuvent prononcer une parole entière. »
Lélio Dí Ruzzante ☩ Ira Abisheva

Ça avait été beaucoup plus facile que je ne l’imaginais. Au point d’en être presque décevant, en réalité. Le grand Justice, pilier de l’Assemblée et probablement la seule personne avec Aequitas à connaître la véritable identité de Liber, figure presque mythique du courant révolutionnaire français, soudain devenu le traître abhorré de ceux qui l’adulaient quelques semaines plus tôt… Je pensais mettre des mois à le débusquer, en admettant que j’y parvienne un jour. J’imaginais déjà une traque de longue haleine, faite d’infimes indices et de fausses pistes, de grands découragements et de petites excitations…

Mais non.

Justice, l’énigmatique Justice, Justice le vendu, est tout bonnement attablé dans un bar de Montmartre, les deux coudes fermement collés au comptoir poisseux de cet établissement de second ordre, et en excellente compagnie, à juger par la faune qui l’entoure. C’est franchement gonflé de sa part. Au point de me désarçonner un instant. Je n’ai absolument pas réfléchi à la façon de l’aborder. Je n’en sais pas assez sur lui… À l’Assemblée, je ne le croisais que lors des votes. Il était souvent accaparé par les questions d’autres membres plus anciens, et je n’ai jamais eu vraiment l’occasion de l’approcher.

J’en étais réduite à observer de loin, captivée, les subtiles ondulations d’une aura distique autour de sa silhouette. J’attendais mon moment, qui n’aurait pas tardé à se présenter, j’en étais certaine. Mais le sort en a décidé autrement. Pour une raison connue de lui seul, ce con a décidé de foutre tout ce qu’il avait construit en l’air… Les narakhes et leur esprit retors… Qui sait ce qu’ils ont vraiment dans le crâne ? Peut-être travaillait-il depuis le début pour le compte de la Reine. Mais si c’était le cas, on peut dire que son plan a foiré en beauté : le mouvement n’a pas vraiment souffert de sa perfidie, si ce n’est dans sa fierté collective. Aucune descente de mousquetaires dans les catacombes, aucune arrestation de grande envergure à noter. Tout le monde est un peu plus tendu, un peu plus méfiant. Mais Aequitas a redressé la barre et les affaires ont repris de plus belle. Dans un grand feu d’artifice.

Alors quoi, quel était son but ? Connaissant les démons, tout est possible. Il est probable qu’il se soit simplement lassé de son petit jeu, ou qu’il soit le genre de type à prendre son pied dans le chaos. Je ne serai pas la première à l’en blâmer. Les vieilles essences dans son genre doivent se faire sérieusement chier à hanter notre beau royaume de France.

Dans le doute, dans l’incertitude, je reste un peu les bras ballants devant ma trouvaille. Les yeux rivés à ce dos courbé sur le zinc, aux soubresauts de son rire. J’ai besoin d’une clope. Le temps de réfléchir... Dans le tintement de la clochette d’entrée, je ressors du vieux rade et m’en allume une dans la nuit glaciale de janvier. Le rituel a toujours eu quelque chose de réconfortant. Un paisible répit avant l’inconnu. Aiguillonné par les effluves de tabac, mon cerveau fait grincer ses rouages. Je dois montrer patte blanche. Qu’il croie pas que je l’ai pisté avec la volonté de le dénoncer, ou d’exercer moi-même une quelconque vengeance à son encontre. Je m’en tape, de sa vie et de ses motivations. Ce que je veux, moi, c’est son pouvoir. J’ignore encore ce qu’il peut m’apporter, mais je le découvrirai et je l’obtiendrai. Le reste est accessoire.

Je dois dire que ça m’obsède un peu, cette histoire. Ma liste de Noms est trop courte, trop brouillonne. Relique extorquée à un coven soviétique probablement disparu bien avant ma naissance. C’était peut-être suffisant pour me faire la main, mais ça ne l’est plus depuis longtemps. Je veux plus. Plus cohérent, plus consistant, plus puissant. Mais les coven de démonistes ne courent pas les rues, et la puissante famille de Pernštejn s’est assurée que ni ma mère ni moi n’ayons plus aucun contact dans le milieu sorcier de Bohême. Et ici, je ne connais personne, parce que je ne fais confiance à personne. À Parys, à portée d’oreilles de la Cour, il convient de choisir soigneusement ses alliés. On ne peut pas dire que j’aie jamais trop eu l’esprit d’équipe, ni l’âme d’une fine politicienne.

J’en suis là de mes réflexions, clope moribonde entre les doigts et pas plus avancée sur l’approche à suivre, lorsque la cloche de cuivre fait de nouveau entendre sa plainte grêle, annonçant la sortie imminente d’un consommateur suffisamment imbibé. Je la perçois du coin de l’œil, sans avoir besoin de tourner la tête. Son aura. Je pivote pourtant sur mon axe, par réflexe, prise au dépourvu. Mon regard croise le sien, s’y attarde une seconde de trop, au lieu de glisser sur lui avec l’attention distraite qu’on accorde aux inconnus. Je ne saurais trop dire s’il m’a reconnue, et je ne compte pas poser la question.

Par défaut, je lui adresse un infime hochement de tête, dans l’expression d’une prudente neutralité. Salut cordial d’éphémères camarades de comptoir ou signe de reconnaissance ? À lui d’interpréter cet indice comme bon lui semble.

Une chose est certaine, cependant : il a beau se montrer facile à dénicher, je n’ai pas l’intention de le laisser filer une seconde fois.

codage by Tankred


_________________

IRA
FUROR
BREVIS
EST
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t213-ira-anger-gets-you-into http://chtonya-verse.forumactif.com/t238-ira-we-should-forgive-our-enemies-but-not-before-they-are-hanged
Lélio dí Ruzzante
Cambion ✮ Staff

.
.: Pornstache, le roi du slip :.
avatar
✠ Je suis : Inspecteur à l'Unité de Lutte contre la Criminalité Magique | Un cambion névrotique | Infecté par l'Ardeur Macabre | En plein syndrome de Stockholm |
✠ J'ai : quarante deux ans
✠ Mon âme appartient : à l'Ardeur & la Colère.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : kit (c) SIO
☉ Messages : 2231
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   12.01.18 10:08

Distorsion

Douleur d’essence, éteins celle qui danse.

Dans un monde parfait, je ne serais pas dans un bar pas très glorieux de Montmartre, ce soir. Ni même à la Casa Angelina, dans la rue derrière, premier endroit où quiconque me connait un peu me chercherait. Dans un monde parfait, je n’aurais pas envie de vomir à chaque fois que je croise mon reflet dans le miroir, ni de tortiller mon cul contre un Marquis que je hais profondément, rendu accro à lui par les affres de l’Ardeur. Foutu, foutu pouvoir d’incube.
Et enfin, dans un monde parfait, je n’aurais pas besoin de tenir la chandelle entre deux amoureux maudits, consolant la petite Alice en la baisant dès que je vois l’esquisse d’une larme, et encaissant les assauts vengeurs du vampire juste derrière.
Ma vie craint. Ma vie part totalement en couille, et je ne me supporte plus. Ensorcelé, avili, les trois mots d’Alice continuent de tourner inlassablement dans ma tête.

Maudits, tous ensemble.

Sauf que ça va deux minutes, hein.
Augustin doit me rejoindre ici, mais il est en retard. Je sais que l’aëlhim est en colère contre moi, notre dernière discussion ne s’est pas vraiment bien passée, après que le Marquis m’ait sauvé la vie. Aequitas a presque eu ma peau, mais je sais qu’elle sait que je ne suis pas mort. Tout simplement parce que j’ai refusé de me terrer comme un rat, d’abandonner ma vie, ma plaque, mes habitudes. Même mon appartement, je le possède encore.
Je n’y suis juste plus très souvent.
Et j’en parle, comme si ça faisait des mois, alors que non. Une semaine, deux, tout au plus. Quand le Marquis est éveillé, j’oublie de me haïr. Quand Alice me câline, j’oublie de me vomir. Mais quand elle dort, que lui dort, et que moi, je pars prendre mon service… Tout me revient.
C’est pour ça que je ne suis pas rentré, lorsque j’en ai eu terminé.

Ce bar, je ne l’aime pas plus que ça. Encore moins quand je le compare à la Casa. Mais au moins, ici, j’aurai la paix et peut-être une fille à lever dans les toilettes. C’est un endroit sale, où les César font des affaires avec les Castelli, où le gang de mi rencontre le gang de si, où machin vend sa drogue à truc. Le tout sous le regard désabusé d’un flic de l’ULCM.
Tout ça, ce n’est pas mon problème. Ce n’est pas de la criminalité magique.
Et quand bien même… Je me tape le pire des criminels magiques qui soit.
Je te déteste, je me déteste, je nous déteste.

C’est à ça que je pense, pendant que je descends une bouteille d’un alcool russe de contrebande –parce qu’on n’importe plus rien du bloc de l’est. Et pendant que je plaisante avec deux filles, au bar, pas si jolies, pas des poupées, mais c’est ça que j’aime. L’imperfection. Je vois bien, que la blonde, a dans le regard l’étincelle du désespoir profonde. Que quelqu’un lui a sûrement brisé le cœur, ou qu’elle s’est juste faite mal toute seule. Sa copine, blonde aussi mais moins claire de cheveux, déborde d’artifices divers pour cacher un physique ingrat et un manque de confiance en elle.
C’est à elle, que je parle le plus.
Puis je prépare le terrain, pour quand Augustin arrivera. Même si, avec sa gueule d’angelot blond et son sourire de tombeur, il n’a pas franchement besoin de ce service. Saloperie d’aëlhim, vraiment.
Notre duo, c’est comme le début d’une mauvaise blague : un aëlhim et un cambion entrent dans un bar et…

Pendant toute ma conversation, je sens un regard sur moi. Elle ne se rend probablement pas compte à quel point son aura m’attire, peu importe la discrétion dont elle fait preuve. Une aura que je connais, en plus. C’est la démoniste de l’Assemblée, celle avec qui je me suis promis de nouer des liens un peu plus amples, mais c’était sans compter l’affaire Alice et tout ce qui en a découlé. Je me suis crispé, paranoïaque, parce que je n’arrive pas à savoir si c’est un hasard ou si Aequitas l’a envoyée en guise de message. Une aël peut me faire plus de mal qu’une démoniste, d’autant que je ne possède pas de Nom Véritable et que je ne connais pas celui de mon géniteur. Juste son nom usuel, tout comme je sais que mon « grand-père » est le Sat’han Samaël.
Ce qui me fait une belle jambe, vu l’intérêt porté par Dis aux bâtards dans mon genre.

Elle sort. Elle sort et je sais déjà que ma soirée est gâchée. Je ne vais oublier mes problèmes ni dans l’alcool, ni dans le con d’aucune de ces deux filles. Au contraire, je vais sortir, la suivre, et m’en attirer de nouveaux. Sans même avoir le bon sens de prévenir quelque au préalable par téléphone, évidemment. Parce que je suis con, parce que j’ai des pulsions autodestructrices, parce que… Parce que.

J’ai hésité une bonne minute et elle a pu aller loin, en si peu de temps. Je pousse la porte, la clochette me trahit, et je lui tombe dessus. Elle est là, elle fume, tout simplement. Elle m’adresse un salut, que je ne sais pas comment interpréter. Est-ce qu’elle me nargue ? Est-ce qu’elle me reconnait, seulement ? On cache nos visages, je n’avais jamais vu, jusqu’ici, à quoi elle ressemblait. Mais les auras trahissent, elles trahissent toujours.

Je décide de faire comme si de rien n’était, et je l’aborde avec un sourire décontracté, comme si Aequitas n’avait pas passé des heures à me torturer il n’y a pas si longtemps, en me laissant pour mort.

Je n’avais pas croisé une démoniste depuis longtemps.

La dernière, autre qu’elle, c’était Mélusine.
Je m’appuie sur le mur, à côté d’elle. J’évite de la regarder. Je sais qu’elle ne ressent pas de colère, parce que c’est la seule émotion que je suis capable de percevoir, mais ça ne va pas au-delà.

Quel cercle ?

Parce que ça m’intéresse, déjà. Et parce que ça me permettra de mieux la cerner.

©️ MR. CHAOTIK



_________________




Parfois, le coeur pardonne, mais pas la tête

Passa la nave mia colma d'oblio ; per aspro mare, a mezza notte il verno, enfra Scilla e Caribdi; et al governo siede il signore, anzi ‘l nimico mio ; A ciascun remo un penser pronto e rio che la tempesta e ‘l fin par ch’abbi a scherno ; la vela rompe un vento umido, eterno di sospir, di speranze e di desio.

Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t41-lelio-chaque-jour-vers-l http://chtonya-verse.forumactif.com/t64-lelio-subtile-indecence
Ira Abisheva
Sorcière ❅ Membre

.
.: Wingardiouuum Leviossa :.
avatar
✠ Je suis : une sorcière démoniste
✠ J'ai : 28 ans
✠ Mon âme appartient : à l'Assemblée Républicaine
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : ava ©DΛNDELION sign ©ANESIDORA
☉ Messages : 141
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   05.02.18 17:49



DISTORSION
« Dans leur gosier ils murmurent cet hymne, dont ils ne peuvent prononcer une parole entière. »
Lélio Dí Ruzzante ☩ Ira Abisheva

Il m’avait toujours paru plus grand, de loin. Ou peut-être était-ce le pouvoir qu’il détenait, ce charisme du meneur, en dépit des grands idéaux de l’Assemblée. Tous égaux, tous responsables des décisions prises… Mais en vérité, il y a bien une hiérarchie, et une élite, qu’on le veuille ou non. Quand il était là, on le regardait tous, au même titre qu’on admirait Aequitas, même si à ce moment là elle semblait un peu plus en retrait. Peut-être était-ce aussi le halo de mystère créé par nos réunions secrètes, le rituel de dissimulation des visages, l’ambiance toujours un peu lugubre des catacombes et son éclairage rudimentaire. Tout est toujours affaire de contexte. Et dans ces circonstances plus triviales, dépouillé de son masque comme de sa gloire, il me paraît donc plus petit.

Son visage me surprend aussi. Je ne sais pas exactement à quoi je m’attendais, quel portrait mental je m’étais composée à partir de sa voix et de son aura, mais ce n’était pas ça. Il est… ordinaire. La jeune quarantaine, brun, moustachu, avec un grand nez un peu tordu qui infuse tout de même une bonne dose de caractère à ses traits, et des yeux perçants. Pas mal, mais pas… Pas à la hauteur de la figure qu’il a été. Qu’il est toujours, d’une certaine manière.

Le seul truc familier, dans tout ça, reste son aura. Une essence vibratoire ajustée aux harmonies cacophoniques de Dis, un cantique pour mes sens. Ce fouillis d’impressions m’assaille en quelques fractions de seconde, une estimation au rythme de trois battements de cils et une volute de fumée. Par chance, mon salut équivoque suffit visiblement à piquer son attention. Il m’aborde de front, sans s’embarrasser de circonvolutions courtoises. Il a instantanément reconnu ma nature, comme j’ai moi-même été attirée par la sienne.

Je lui offre un sourire et mon paquet de clopes. Les démons sont souvent assez vieux jeu. Ils aiment les offrandes et la politesse. Lui, je ne sais pas trop. À l’Assemblée, il ne semblait pas être le plus à cheval sur les manières. Je démarre bien, mais dévie tragiquement de ma ligne de conduite à l’instant où j’ouvre la bouche, quoique un sourire aimable flotte encore sur ma figure. Et si je le tutoie sans réfléchir, c’est bien parce qu’il s’agit des habitudes républicaines.

« Tu mens… On s’est croisés il y a tout juste quelques semaines. Juste avant ta trahison, en fait. »

Moi aussi je peux mettre les pieds dans le plat. Je sais, je sais, c’est un jeu de cons, d’autant plus que je suis à peu près certaine que ce n’est pas ce qu’il voulait dire. S’il m’a devinée aussi aisément, et s’il a pris la peine de m’adresser la parole, c’est qu’il m’a reconnue. À part toi, c’est ce qu’il insinuait. Mon sourire s’élargit pour tempérer la rudesse de ma remarque.

« Mais je suis ravie que le sort m’ait remise sur ta route. »

Le sort, le destin, ou ma ferme application à le retrouver, on ne va pas pinailler sur les détails. Il s’installe près de moi, à la place assignée des fumeurs invétérés. Et me pose une question parfaitement déplacée. Mais ça, il n’en sait rien. Pour lui, c’est certainement aussi anodin que de demander à quelqu’un le nom de sa ville natale ou son métier. Pour moi, c’est le certitude d’échouer à un test basique. Celui de ma crédibilité en tant que sorcière.

Les grands démonistes, ceux qui comptent ou ont compté, sont généralement affiliés à un cercle. Une sorte de spécialisation naturelle, née de leur affinité magique à un Sat’han et sa cohorte de suppôts. Ce n’est pas mon cas, pour plusieurs raisons. Premièrement, moi non plus je n’ai pas croisé de démoniste depuis longtemps. Ni même jamais, pour être tout à fait honnête. Il y en a plusieurs dans la famille de ma mère ; quelques cousines, deux oncles, une grand-mère dont j’ai certainement hérité mes capacités. Mais avec la fermeture des frontières à l’Est, je n’ai jamais pu entrer en contact avec eux ni apprendre à leurs côtés.

Ma liste, mon bien le plus précieux, est le seul élément qui me rattache à leur pratique. Et elle ne contient que cinq Noms. Trois Narakhes de l’Envie, un de l’Avarice, et un de la Luxure. Je les ai tous invoqués au moins une fois. Je leur ai tous soutiré une faveur. Et si j’ai éprouvé plus de facilité avec le premier cercle, jamais je n’ai ressenti cette résonance singulière de la mana qui me lierait plus intimement à une catégorie distique.

Quant aux covens de démonistes, autre lieu d’apprentissage, ils sont une rareté dans le petit monde de la sorcellerie. Évidemment, Parys en compte au moins un. Mais je n’ai aucune certitude quant à son affiliation politique, ce qui pose problème : le coven, en tant qu’entité magique, crée une forme d’intimité où la préservation des secrets personnels peut devenir difficile. Et je ne peux prendre ce risque. Pas encore, pas tant que je ne suis pas plus puissante.

C’est bien pour cette raison que je traque les moindres effluves distiques jusqu’à l’autre bout de la ville.

J’ignore si Justice — ou quel que soit son véritable nom, dans tous les sens du terme — a remarqué l’effet de légère décomposition que son interrogation a eu sur mes traits. En tout cas, je ne lui réponds pas immédiatement, très absorbée par l’extrémité incandescente de ma clope. Un souffle s’égare vers les lampadaires avant que je ne me décide sur une vérité en forme d’espièglerie.

« Ah, c’est malheureux mais je crois que je n’ai pas encore trouvé le bon… »

Mince sourire, je termine ma cigarette sur une dernière bouffée un peu trop âcre.

« Et toi ? Non attends, ne me dis pas. »

Je plisse les yeux en le scrutant un peu.

« L’Orgueil ? »

C’est la première idée qui me vient. Parce qu’après tout ce qui s’est passé ces dernières semaines, il irradiait tranquillement l’intérieur d’un bar, sans se cacher, sans paraître vouloir s’excuser de sa présence. Il faut une bonne dose de fierté pour oser cette attitude.

Et puis je repense à l’Assemblée, à cette manière bien particulière qu’il avait de nous subjuguer, sans trop d’efforts. Oh bien sûr, il y avait toujours des divergences d’opinion, des contradicteurs et quelques frictions occasionnelles. Mais on ne pouvait lui dénier un certain don. Naturel, ou peut-être pas. Ce qui nous amènerait à…

« Ou la Colère. »

Dans les deux cas, il ne fait pas encore partie de mon répertoire. Ce qui augmente mon intérêt pour lui de quelques degrés, si c’était encore possible. D’une impulsion, je me décolle du mur et écrase mon mégot contre la pierre haussmannienne, pour l'inviter d'un regard.

« Un verre ? »

codage by Tankred


_________________

IRA
FUROR
BREVIS
EST
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t213-ira-anger-gets-you-into http://chtonya-verse.forumactif.com/t238-ira-we-should-forgive-our-enemies-but-not-before-they-are-hanged
Lélio dí Ruzzante
Cambion ✮ Staff

.
.: Pornstache, le roi du slip :.
avatar
✠ Je suis : Inspecteur à l'Unité de Lutte contre la Criminalité Magique | Un cambion névrotique | Infecté par l'Ardeur Macabre | En plein syndrome de Stockholm |
✠ J'ai : quarante deux ans
✠ Mon âme appartient : à l'Ardeur & la Colère.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : kit (c) SIO
☉ Messages : 2231
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   06.02.18 10:39


And I can't stop until the whole word knows my name ‘cause I was only born inside my dreams. Until you die for me, as long as there is a light, my shadow is over you ‘cause I am the opposite of amnesia. And you're a cherry blossom, you're about to bloom. You look so pretty, but you're gone so soon. (c) lyrics fall out boy (c) icons jellybender.
(@Ira Abisheva & Lélio dí Ruzzante)


Je ne prends pas la clope qu’elle me tend. Pourtant, il m’arrive de fumer, en soirée, une mauvaise habitude à force de fréquenter mon aëlhim qui n’a pas grand-chose à craindre du cancer. Techniquement, moi non plus, tant qu’il reste dans le périmètre. Simplement, Aequitas m’a rendu paranoïaque. Peut-être qu’il y a du poison, dans cette clope. Un sédatif. Ou juste de la nicotine et du goudron. Dans le doute, je m’abstiens et je m’en félicite quand elle me rentre dedans, au sens figuré.

Elle me parle de ma trahison comme si ce n’était rien, comme si notre rencontre avait eu lieu au supermarché du coin. Je contrôle mon visage, mais à l’intérieur, mes oreilles bourdonnent. Je m’oblige à prêter attention à ses phrases, je me demande depuis quand la putain aëlique délègue, surtout à une jeunette comme elle. Surtout à une démoniste, plus simplement, putain. D’un côté, je conçois la logique de l’envoyer elle et de l’autre, ça me paraît surréaliste.

Mon cœur bat beaucoup trop vite.
Je parviens quand même à lui demander à quel cercle elle appartient. Pour détourner la conversation. Aucun, visiblement, ou c’est un mensonge habile pour me pousser à baisser ma garde. Je lui coule un regard, elle fume tranquillement comme si de rien n’était, comme si elle n’appartenait pas à l’Assemblée et ne discutait pas avec un traître notoire supposé mort depuis deux semaines. Je sais qu’Aequitas sait qu’elle a raté son coup, à cause du message qu’elle a laissé à Alice, mais quand même. Qu’a-t-elle dit aux autres, précisément ? A-t-elle hérité de Liber ou va-t-elle transformer l’Assemblée pour servir un autre dessein, peut-être le Concilium ? Dans ce cas, pourquoi cette fille vit toujours ?

Réfléchis, putain.

Un des deux, je confirme au lieu de ça.

Fils de Nergal, petit fils de Samaël, pour ce que ça vaut à Dis. Je reste un cambion, petit résidu instable, qui n’a pas plus de valeur qu’une crotte de chien sur un trottoir. Sauf pour ce narakhe étrange qui m’a suivi, l’autre jour. L’anthropologue malsain, qui paie quand même du bon alcool.

Elle écrase sa clope contre la brique et me propose un verre. Je ne compte pas boire une goutte en sa compagnie, pour la même raison que je n’ai pas fumé sa clope. Peut-être qu’elle est de mèche avec les tenanciers de ce bouge, ou peut-être pas, mais j’ai soudain très envie que mon aëlhim débarque. Ou mieux, de sortir mon arme de service pour lui colle une balle, au fond de cette ruelle. Pas très sérieux, pour un agent de l’ULCM, mais qui remettra ma parole en doute si j’affirme qu’elle a essayé de m’agresser ? Pas Tomas, en tout cas. Vu la merde qu’il a foutu dans ma vie, il peut bien couvrir un meurtre de sang-froid.

Mais ça n’a pas de sens, putain, arrête.
Ce n’est pas moi, ça. Je ne pense pas à tuer des pauvres filles, républicaines ou non, dans le fond d’une ruelle dégueulasse. Peut-être que c’est une dangereuse psychopathe, mais peut-être pas. Je n’arrive pas à imaginer Aequitas se reposer sur elle… Et c’est peut-être précisément la raison pour laquelle elle aurait pu le faire. Psychologie inversée.
Gniii.

Je préfère un peu d’air.

C’est quitte ou double. Je me dis que si elle doit m’agresser, je lui facilite la tâche en restant à l’écart des témoins mais, d’un autre côté, je n’ai pas envie que quelqu’un d’autre soit blessé si elle doit attaquer. Les démonistes sont comme les narakhes, ils n’hésitent pas à employer les grands moyens.
D’ailleurs, je la scrute et m’attaque aux environs, mais elle est la seule présence que je ressens dans le coin, distique en tout cas.

T’as pas de familier ?

Soit il se cache vraiment bien, soit elle est vraiment au bas de l’échelle et elle ne me mentait pas, tout à l’heure. Comment le vérifier ? Je n’ai pas de détecteur de mensonge intégré et je ne vais pas colle mon oreille contre sa poitrine pour compter les battements de son cœur.
Ne pas savoir m’agace. Alors j’enchaîne presque immédiatement, sans lui laisser le temps de répondre :

Qu’est-ce que tu branles ici ?

Je doute qu’elle me réponde, comme une fleur, qu’Aequitas l’a envoyée, mais bon.
Sait-on jamais.



_________________




Parfois, le coeur pardonne, mais pas la tête

Passa la nave mia colma d'oblio ; per aspro mare, a mezza notte il verno, enfra Scilla e Caribdi; et al governo siede il signore, anzi ‘l nimico mio ; A ciascun remo un penser pronto e rio che la tempesta e ‘l fin par ch’abbi a scherno ; la vela rompe un vento umido, eterno di sospir, di speranze e di desio.

Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t41-lelio-chaque-jour-vers-l http://chtonya-verse.forumactif.com/t64-lelio-subtile-indecence
Ira Abisheva
Sorcière ❅ Membre

.
.: Wingardiouuum Leviossa :.
avatar
✠ Je suis : une sorcière démoniste
✠ J'ai : 28 ans
✠ Mon âme appartient : à l'Assemblée Républicaine
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : ava ©DΛNDELION sign ©ANESIDORA
☉ Messages : 141
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   19.02.18 4:15



DISTORSION
« Dans leur gosier ils murmurent cet hymne, dont ils ne peuvent prononcer une parole entière. »
Lélio Dí Ruzzante ☩ Ira Abisheva

Dans un haussement d’épaules nonchalant, je rempoche mon paquet de clopes intouché. Pas d’offrande, donc. Il me détaille avec une certaine intensité, et je me demande ce qui se trame derrière ces yeux vifs. Il me jauge et m’évalue, certainement, et je crois discerner de la méfiance dans le tic imperceptible qui agite sa commissure, avant que son visage ne retrouve un masque d’impassibilité. Ce qui ne semble pas déraisonnable, au vu des circonstances. Je l’ai traqué et provoqué, il est en droit de me soupçonner d’intentions pernicieuses. Sa réponse aussi vague que la mienne à ma question aurait tendance à me le confirmer. Je me maudis silencieusement de ma trop grande gueule. J’aurais dû y aller plus en subtilité. Après tout, le sujet a toutes les raisons d’être sensible.

Il rejette tout aussi laconiquement mon offre. Je me mords la lèvre, entre impatience et irritation envers moi-même. J’ai merdé, ouais. Il va me passer sous le nez, et je l’aurai mérité. C’est le moment de me bouger le cul et de rattraper le coup. Je rassemble frénétiquement mes esprits pour tenter d’y faire germer une stratégie d’urgence, mais il me devance d’une nouvelle question frontale. Si j’ai un familier ? Il me toise d’un regard d’acier en plus, comme si ma réponse avait quelque espèce d’importance. Toutefois, j’ai bien noté l’œillade circulaire qui l’a précédé. Et je comprends. Justice s’imagine que je vais le balancer, ou tenter de le traîner de force sous le jugement de l’Assemblée, quelque chose dans ce goût là.

La logique même, il faut l’admettre, mais je n’avais pourtant pas envisagé une seule seconde qu’il puisse penser cela. Parce que je suis nouvelle dans l’organisation. Et clairement pas le genre de personne à qui on confierait pareille mission. Si je n’étais pas aussi agacée par sa question, je pourrais être flattée du rôle fictif qu’il m’attribue.

Mais à l’image du premier, cet interrogatoire m’embarrasse. Le familier, autre accessoire indispensable du petit guide du bon démoniste... Autre lacune. Oh, bien sûr, j’ai déjà invoqué toutes sortes de créatures mineures, ces chimères de Dis qui n’ont pas la prétention des démons véritables, mais détiennent néanmoins quelques pouvoirs avantageux. Et il m’arrive parfois d’avoir recours à leurs services, je ne le nie pas. Mais me lier durablement à l’une de ces émanations chaotiques ? Ça ne m’a jamais attirée. Posséder un chat serait déjà une responsabilité insurmontable dans ma vie, alors un familier, ces entités capricieuses de nature ? Très peu pour moi.

Là encore, peut-être n’ai-je jamais su faire appel à celui qui me serait destiné… Mais j’en doute. Ce genre de conneries, c’est comme les coups de foudre, j’y crois pas. Les sorciers qui se trimballent avec ce genre de bestiole, à mon avis, c’est juste de l’esbroufe. Une assertion, une déclaration de pouvoir. Tactique à laquelle je ne serais pas du tout opposée, si j’y trouvais un meilleur rapport coût-bénéfice. Ouais, je suis comme ça. Une sale opportuniste.

Je hausse une nouvelle fois les épaules, mais il ne m’accorde pas la courtoisie d’une réponse, reprenant presque aussitôt, un ton plus agressif. Cette fois je ne le fais pas attendre, et lève aussitôt deux mains en signe d’apaisement. Ma voix est un peu basse.

« Ok, ok, je vois qu’on est vraiment partis sur de mauvaises bases, alors on va reprendre. J’ai été maladroite, mais en réalité je suis pas là pour t’emmerder avec les histoires de l’Assemblée. Je veux pas savoir pourquoi t’as fait ce que t’as fait. C’est pas mon problème. Enfin, si, d’une certaine manière, je suppose… Mais disons que j’ai d’autres intérêts. »

Nerveusement, je tire une nouvelle clope de mon paquet — celle qu’il n’a pas prise — et l’allume. Ça me donne le cran de continuer. D’être un peu honnête, au risque de me planter. Après ce départ foireux, c’est la meilleure option qu’il me reste.

« Je suis venue pour toi. Pour Dis. Parce que j’ai jamais vraiment trouvé l’opportunité de t’aborder… là-bas, et que je m’en serais voulue de te laisser disparaître comme ça. Alors qu’on aurait tout intérêt à se connaître, tu crois pas ? Au delà de la politique, au delà des clans… On est du même bord et tu le sais aussi bien que moi. »

Pour être parfaitement franche, je me préoccupe surtout de l’intérêt que je pourrais en retirer, mais je suis sûre qu'il serait facile de trouver des bénéfices partagés à une telle collaboration. Je reprends rapidement.

« Et pour te répondre, non, j’ai pas de familier. C’est pas mon truc, en dépit de la tradition. »

Je lui lance un regard en coin, dans l’expectative. S’il s’entête à me soupçonner du pire et qu’il m’envoie bouler, je vais être contrainte de lui courir après, perspective qui me chiffonnerait sérieusement l'ego. Que ne ferait-on pas pour le pouvoir, putain… Espérant tout de même ne pas en venir à ces détestables extrémités, je tente un sourire conciliant, mâtiné d’un brin de dérision.

« T’es sûr que tu veux vraiment pas de ce verre ? Je le goûterai en premier, si ça peut te rassurer… »

codage by Tankred


_________________

IRA
FUROR
BREVIS
EST
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t213-ira-anger-gets-you-into http://chtonya-verse.forumactif.com/t238-ira-we-should-forgive-our-enemies-but-not-before-they-are-hanged
Lélio dí Ruzzante
Cambion ✮ Staff

.
.: Pornstache, le roi du slip :.
avatar
✠ Je suis : Inspecteur à l'Unité de Lutte contre la Criminalité Magique | Un cambion névrotique | Infecté par l'Ardeur Macabre | En plein syndrome de Stockholm |
✠ J'ai : quarante deux ans
✠ Mon âme appartient : à l'Ardeur & la Colère.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : kit (c) SIO
☉ Messages : 2231
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   21.02.18 9:16


And I can't stop until the whole word knows my name ‘cause I was only born inside my dreams. Until you die for me, as long as there is a light, my shadow is over you ‘cause I am the opposite of amnesia. And you're a cherry blossom, you're about to bloom. You look so pretty, but you're gone so soon. (c) lyrics fall out boy (c) icons jellybender.
(@Ira Abisheva & Lélio dí Ruzzante)


J’ai touché un point sensible chez la môme, qui remet les pendules à l’heure. Elle essaie de me manipuler, avec son émanation de pouvoir faiblarde, ses mains levées et ses mots plein de poison. Elle affirme ne pas se trouver ici sous ordre d’Aequitas, mais je ne la crois pas. Paranoïa, oui. Parce que si j’analyse les faits, rien que les faits, les probabilités sont en faveur de la démoniste. Jamais Aequitas ne s’abaisserait à envoyer une fille comme elle faire le sale boulot. Elle est bien trop attachée à certains principes. D’ailleurs, rester dans la même pièce que l’aël ne doit pas être une partie de plaisir, pour la praticienne distique, rien qu’à cause de son aura. C’est probablement moins violent que pour moi, mais le malaise est là.

Sans compter que, si je me fie aux derniers mots prononcés par Aequitas, je suis sa proie, la sienne à elle, à l’instar d’Augustin et de Tomas. Elle ne délègue pas.
Je veux la croire, cette gamine. Me rappeler pourquoi je l’ai approchée, pourquoi j’avais eu envie de la fréquenter, à l’époque. Sauf que j’en suis incapable. Mais comme je me rends compte que le problème vient de moi, je préfère ne rien répondre. Je note simplement qu’elle a « d’autres intérêts » même si je ne vois pas lesquels, vu la manière dont Dis considère ses cambions. Et elle ne connait probablement pas mon ascendance, puisqu’elle m’a posé des questions dans ce sens. Sauf si… Tout ça est une forme de piège ? État mental trop instable pour négocier. Pour donner ma confiance. Pour accepter qu’une inconnue m’approche sans idée derrière la tête.

Ah bon, tu considères qu’on aurait intérêt à se connaître ? je demande, cassant.

Pour moi, oui, probablement. Quoi que, quand elle m’avoue ne pas disposer de familier… Même moi, je sais que les kir’narakhes sont importants et jouent dans la puissance des démonistes. Ils sont le lien avec le cercle dont ils sont issus, le lien avec Dis. Pourquoi s’en passer ? Pourquoi se priver d’une telle source de pouvoir ? C’est incompréhensible. Sauf si elle est assez puissante pour ça ? Ou qu’elle pratique une forme d’art qui coupe avec la tradition ? Curiosité titillée. Je la regarde d’une autre façon, partagé entre le désir de savoir et celui de me tirer.

Ouais, j’en suis certain. Et plus t’insiste, pire c’est. Les seuls verres que je bois, je connais la barmaid qui me les sert. Ou le vendeur qui m’encaisse la bouteille scellée.

Je mens. Je n’ai rien de prudent, en temps normal. Enfin, si, un minimum, mais jamais à ce point-là. Seulement, la seconde agression d’Aequitas a laissé des marques indélébiles et plus de questions que de réponses.

T’imagine tirer quel genre de profit, avec moi ?

J’ai envie de rajouter parce que je suis un cambion, un bâtard, créature instable dont tout le monde se moque à Dis. L’indifférence, voir le mépris, c’est ça que tu dois ressentir pour moi. Puis je me demande si, par hasard… Comme elle ne possède pas de familier… Elle ne se rend pas compte de ce que je suis. Si elle ne me prend pas pour un narakhe entier, en se basant sur l’aura distique mais sans en déceler la réelle puissance.
Si c’est le cas, elle est faible. Très. Trop.
Autrement, elle m’intrigue.
Je continue à penser que c’est une mauvaise idée, de rester là, à lui parler. Mais plus le temps passe, moins un drame arrive et plus je me convaincs que, peut-être, la gamine ne ment pas.



_________________




Parfois, le coeur pardonne, mais pas la tête

Passa la nave mia colma d'oblio ; per aspro mare, a mezza notte il verno, enfra Scilla e Caribdi; et al governo siede il signore, anzi ‘l nimico mio ; A ciascun remo un penser pronto e rio che la tempesta e ‘l fin par ch’abbi a scherno ; la vela rompe un vento umido, eterno di sospir, di speranze e di desio.

Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t41-lelio-chaque-jour-vers-l http://chtonya-verse.forumactif.com/t64-lelio-subtile-indecence
Ira Abisheva
Sorcière ❅ Membre

.
.: Wingardiouuum Leviossa :.
avatar
✠ Je suis : une sorcière démoniste
✠ J'ai : 28 ans
✠ Mon âme appartient : à l'Assemblée Républicaine
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : ava ©DΛNDELION sign ©ANESIDORA
☉ Messages : 141
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   23.02.18 2:34



DISTORSION
« Dans leur gosier ils murmurent cet hymne, dont ils ne peuvent prononcer une parole entière. »
Lélio Dí Ruzzante ☩ Ira Abisheva

Pour un mec qui s’affiche ouvertement dans un bar de Montmartre, il est beaucoup plus méfiant que ce que je présumais. C’est un problème. Sa suspicion est parfaitement logique, c’est même l’attitude la plus raisonnable et sensée pour quelqu’un dans sa position. Mais alors quoi ? Il ne s’exposerait que par bravade, pour prouver à Aequitas et au reste du monde qu’il ne les craint pas ? Audacieux, peut-être même honorable, mais pourquoi dans ce cas ne pas pousser le bluff jusqu’au bout ? Pourquoi refuser aussi systématiquement toutes mes perches, toutes mes mains tendues ? Si j’avais été envoyée par l’Assemblée pour le tyranniser, j’aurais matière à leur rapporter.

À moins qu’il ne m’ait pas reconnue immédiatement… Peut-être m’a-t-il abordée en me prenant pour une démoniste inconnue, pour se faire agresser en retour par ma réplique de béotienne. Putain mais quelle conne… Si j’ai reconnu son aura, c’est que j’avais passé des heures à l’étudier sous toutes les coutures, dans les catacombes, en attendant l’opportunité qui ne manquerait pas de se présenter à moi. Ce n’était pas son cas, bien entendu. Et j’ai été présomptueuse de penser qu’il m’avait démasquée.

Son ton cinglant me ferait presque reculer d’un pas. Mais je ne suis pas là pour baisser la tête. Appelez ça une qualité ou un défaut, je suis quelqu’un d’obstiné. Je lui oppose un sourire piqué.

« Tu dis ça comme si je t’avais personnellement insulté… Oui, je pense qu’on a des intérêts communs. Mais si ça te débecte à ce point, je récupère les débris de ma fierté et je vais voir ailleurs. »

Je n’en pense pas un mot. Ma fierté a beau commencer à être un petit peu écornée par son attitude, je n’ai aucune intention d’aller voir ailleurs. Je veux le pouvoir de ce foutu démon et je l’aurai, qu’on se le dise.

Ma proposition renouvelée et sa piteuse tentative d’humour sont rejetées avec le même mordant, et je fais mon possible pour ne pas me laisser démonter, en dépit de l’irritation qui commence à frémir sous ma peau. Je ne résiste pourtant pas à un petit roulement d’yeux exaspéré.

« Arrête, si la blonde à qui tu causais tout à l’heure t’avais demandé de lui aspirer un shooter dans le nombril, t’aurais clairement mis tes beaux principes de côté… Mais okay, à ta guise. »

J’en deviendrais presque désagréable. Mais j’ai déjà dépassé ce stade quelques répliques plus tôt, quand j’ai décidé de jouer les impertinentes. Je l’ouvre trop vite et trop brusquement, c’est ma croix et mon fléau. Pour tempérer mes humeurs, j’inspire et expire une longue bouffée de cigarette dont les volutes semblent cristalliser dans la nuit hivernale.

Justice en profite pour poser une nouvelle question, presque aussi vicieuse que les deux précédentes. J’ai l’impression qu’il me teste. Et c’est peut-être bien ça, en réalité. Peut-être cherche-t-il à déterminer si j’en vaux la peine, si la démoniste que je fais mérite d’être associée à sa majesté distique. Ce serait sacrément culotté, vu que son aura n’est pas non plus la plus brillante que j’aie croisée dans ma courte vie de sorcière. Je pousse malgré tout un soupir résigné. Il veut ses courbettes ? Il les aura.

« À quoi ça se résume toujours ? Au pouvoir. Qu’est-ce que tu crois… Tu m’intéresses pour la puissance que tu peux m’offrir, je vais pas te mentir. Je te l’ai dit, je suis pas là pour l’Assemblée. Ni entièrement pour tes beaux yeux, ne le prends pas mal. »

Là, c’est dit. J’ai parlé de courbettes, mais je ne vais pas pour autant lui faire l’affront de l’hypocrisie. Ne suffit-il pas de savoir que son essence est désirable ? Je me décolle une nouvelle fois de la façade qui accueillait mes élans tabagiques pour lui faire face, yeux dans les yeux. Je prends le temps de détailler encore son profil, le doute dans ses prunelles, la véhémence sur son palais.

« Tu m’accompagnes au moins à l’intérieur ? Je me les gèle. Et puisque tu veux pas de mon verre, je suis toute disposée à le boire toute seule. »

codage by Tankred


_________________

IRA
FUROR
BREVIS
EST
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t213-ira-anger-gets-you-into http://chtonya-verse.forumactif.com/t238-ira-we-should-forgive-our-enemies-but-not-before-they-are-hanged
Lélio dí Ruzzante
Cambion ✮ Staff

.
.: Pornstache, le roi du slip :.
avatar
✠ Je suis : Inspecteur à l'Unité de Lutte contre la Criminalité Magique | Un cambion névrotique | Infecté par l'Ardeur Macabre | En plein syndrome de Stockholm |
✠ J'ai : quarante deux ans
✠ Mon âme appartient : à l'Ardeur & la Colère.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : kit (c) SIO
☉ Messages : 2231
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   27.02.18 17:55


And I can't stop until the whole word knows my name ‘cause I was only born inside my dreams. Until you die for me, as long as there is a light, my shadow is over you ‘cause I am the opposite of amnesia. And you're a cherry blossom, you're about to bloom. You look so pretty, but you're gone so soon. (c) lyrics fall out boy (c) icons jellybender.
(@Ira Abisheva & Lélio dí Ruzzante)


Elle me laisse perplexe, cette fille. Je ne parviens pas à décider si elle est naïve, ignorante ou culottée, peut-être tout ça à la fois, ce qui m’agace au plus haut point. Qu’est-ce qu’elle cherche, avec sa clope au bec et ses remarques acerbes ? C’est clair que si la blonde de tout à l’heure avait voulu que je me fasse un shot dans mon nombril, elle n’aurait pas eu besoin de supplier. Mais à la différence de la blonde de tout à l’heure, cette fille est une démoniste, une praticienne de Dis, doublée d’une membre de l’Assemblée.
Niveau dangerosité, on a un gouffre.
Alors oui, on peut chipoter en affirmant que l’humaine aurait très bien pu appartenir à l’Assemblée aussi et tenter de me piéger, mais ma paranoïa a des limites. Dommage que la gamine la subisse en plein. J’ai presque de la peine pour elle.
Presque.

Elle m’affirme finalement chercher le pouvoir et je la regarde sans comprendre, en clignant lentement des yeux. Le temps que l’information remonte au cerveau et que je me rende compte de l’énormité qu’elle vient de me sortir. Elle me demande ensuite de l’accompagner à l’intérieur, parce qu’elle a froid et soif… Je ne parviens plus à retenir un éclat de rire, qui se mue carrément en fou rire. D’une seule phrase, elle passe de danger potentiel à praticienne peu douée, pas assez pour distinguer un cambion d’un narakhe. Boulet notoire, donc. Évidemment, mon ascendance illustre joue peut-être dans la balance, me donne une aura plus brillante que la moyenne des cambions. J’en ai aucune idée et je m’en tape. Plié en deux, j’évacue ma tension nerveuse pendant une bonne minute d’un fou rire incontrôlé (et incontrôlable) avant de m’essuyer le coin de l’œil en me redressant.

Putain, t’es vraiment hilarante. Mais dans quel monde tu vis, pour aborder un cambion dans la rue et lui dire que c’est pour le pouvoir ? Tu te rends compte que t’es probablement plus liée avec Dis que moi ? Merde, t’as commencé à pratiquer ya dix minutes ou quoi ?

D’accord, c’était gratuit, mais franchement, quand je pense à quel point j’ai paniqué… Pour rien ! Quel con. Une partie de moi tient compte de la possibilité qu’elle soit peut-être particulièrement retorse, mais une autre, majoritaire celle-là, n’y croit pas une seconde. La façon dont elle réagit à mon fou rire ne trompe pas. Puis, si elle avait dû m’attaquer, ce serait déjà fait. Surtout en pleine rue, inutile de perdre du temps.

C’est pas parce que Samaël est mon grand-père que je peux t’aider à quoi que ce soit, tu sais ? Je l’ai jamais vu, mon père non plus, désolé mais t’as perdu ton temps. Hahahaha, c’est vraiment drôle ! J’en reviens pas.

Je recommence à rire mais j’essaie de me contrôler, j’ai vaguement l’impression que ça la vexe. En même temps, une histoire pareille, c’est bien la première fois qu’on me la sort. Je lui tape sur l’épaule.

Allez, tu sais quoi, je te l’offre moi, ton verre, je crois que t’en as besoin. Merci du fou rire, ça fait du bien par les temps qui courent.

Surtout que je ne passais pas une soirée excellente, jusqu’ici, ce qu’elle a arrangé en quelques phrases. Je pousse la galanterie jusqu’à lui ouvrir la porte, même s’il est possible qu’apprendre ma nature la dégoûte assez pour qu’elle fuit. Après tout, aux yeux de Dis, je vaux moins qu’une merde sur un trottoir et même si elle débute, elle doit le savoir.
Ou peut-être qu’elle s’en foutra.



_________________




Parfois, le coeur pardonne, mais pas la tête

Passa la nave mia colma d'oblio ; per aspro mare, a mezza notte il verno, enfra Scilla e Caribdi; et al governo siede il signore, anzi ‘l nimico mio ; A ciascun remo un penser pronto e rio che la tempesta e ‘l fin par ch’abbi a scherno ; la vela rompe un vento umido, eterno di sospir, di speranze e di desio.

Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t41-lelio-chaque-jour-vers-l http://chtonya-verse.forumactif.com/t64-lelio-subtile-indecence
Ira Abisheva
Sorcière ❅ Membre

.
.: Wingardiouuum Leviossa :.
avatar
✠ Je suis : une sorcière démoniste
✠ J'ai : 28 ans
✠ Mon âme appartient : à l'Assemblée Républicaine
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : ava ©DΛNDELION sign ©ANESIDORA
☉ Messages : 141
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   15.03.18 5:47



DISTORSION
« Dans leur gosier ils murmurent cet hymne, dont ils ne peuvent prononcer une parole entière. »
@Lélio Dí Ruzzante ☩ Ira Abisheva

Ça fait comme un masque glacé qui me coule sur le visage quand je comprends enfin. Un truc visqueux qui glisse, glisse sur mes pommettes, ma gorge, dégouline dans ma nuque, le long de mon échine et éclabousse mes épaules de son baiser mordant. C’est son rire qui me frappe de plein fouet, ces éclats odieux qui s’enfoncent dans ma fierté comme autant de bris de verre. Au début, c’était juste surprenant, quoiqu’un peu blessant. Qu’est-ce qui le faisait marrer comme ça, tout d’un coup ? Qu’est-ce que j’avais dit ?

Je l’ai fixé avec prudence et incertitude, comme on regarde un fou potentiellement dangereux. Ce qu’il pouvait très bien être, dans mon esprit. Les spécimens distiques sont toujours un peu dérangés, d’une manière ou d’une autre, selon nos standards chtoniens. Le type était clairement instable, son petit exploit de l’Assemblée l’avait prouvé, et ces cascades de rire intempestives n’auguraient pas grand chose de bon. J’étais donc sur mes gardes, mais toujours loin de me douter de ce qui allait bientôt me tomber sur le coin de la gueule.

Et puis voilà.

Cambion.

Le mot résonne comme un gong, un sinistre glas dans mes os. Putain, un cambion. La déception est palpable. Toutes ces dernières semaines, je me suis décarcassée pour ça ? C’est pas comme si j’avais déjà un emploi du temps chargé, entre mon boulot et… ben, tout le reste de mes activités plus ou moins illégales. Et lui, il continue à se tenir les côtes, le souffle haché et des larmes dans les yeux alors qu’il me distille son dernier quolibet. Je serais probablement rouge de honte si je n’étais pas déjà aussi blême de rage.

J’hésite à faire demi-tour et me barrer sans plus un mot, disparaître cuver mon humiliation ailleurs et ne plus jamais remettre les pieds à Montmartre, à l’Assemblée, ni même dans la périphérie de Parys. Rentrer en Bohême, à ce stade, ce serait pas envisageable ? Mon autre envie, impérieuse, c’est de le gifler. Juste pour lui faire ravaler sa putain d’hilarité, et si il pouvait se mordre la langue au passage ce serait pas mal. Je ne sais pas par quel miracle je me retiens, gonfle les joues, et expulse le premier truc qui me vient à l’esprit. Une défense qui sonne comme une justification, aussi puérile que sincère.

« Ouais ben ça va, faut bien commencer quelque part… Tout le monde a pas la chance d'avoir une éducation. » Ou un coven digne de ce nom. « Pis t’as vu ton aura, excuse-moi mais tu clignotes comme les Galeries Lafayette à Noël… »

À demi vrai, à demi faux. Je suis encore à un micron de l’insulter plus sérieusement, lorsqu’un détail me retient. Samaël ? Samaël, Le Samaël est son grand-père ? Un Sat’han dans la lignée… Même pour un rejet de Dis dans son genre, ça doit bien valoir quelque chose… J’en suis persuadée. Parce que l’alternative, ce serait d’admettre que j’ai été aveuglée par l’aura d’un rien du tout. Comme… une vraie débutante, ainsi qu’il me l’a judicieusement fait remarquer.

Sans vraiment m’en rendre compte, j’ai croisé les bras, répondant à son allégresse moqueuse par une posture défensive et un visage fermé. Ma clope achève de se consumer au bout de mes doigts, je l’envoie valser avec humeur tout en esquivant son geste d’un écart tout aussi agacé. Maintenant qu’il s’est bien foutu de ma gueule, c’est lui qui irait me payer un verre refusé deux fois ? Pour avoir le plaisir d’en rajouter une couche, ou… Parce que maintenant, je suis tellement insignifiante à ses yeux que je ne représente plus le moindre danger. Pour la crédibilité, on repassera aussi.

Je songe évidemment à refuser, je vais pas non plus tendre le bâton pour me faire battre. Et puis en fin de compte, c’est le découragement qui a raison de moi. J’ai plus rien à prouver et je compte effectivement noyer ma dignité blessée dans l’alcool, alors ici ou ailleurs… Sur un soupir exaspéré, l’air renfrogné, je passe devant lui et la porte qu’il me tient galamment ouverte.

« N’en fais pas trop, surtout... »

J’aurais sûrement mieux fait de rentrer chez moi, essayer de me reposer un peu au lieu d’enchaîner les nuits blanches et les jours gris, mais je dois avouer que mon appartement me fout un peu les boules. Trop vide, trop silencieux. Le confort du bar me semble plus salutaire, même en si médiocre compagnie.

Je m’installe directement au comptoir, ma place préférée dans tout débit d’alcool, et commande une bière. Pour commencer. J’attends que l’homme me rejoigne pour me tourner vers lui, le visage appuyé sur ma main et les traits résignés.

« Un cambion hein… Putain c’est bien ma veine. »

Je le détaille une seconde en silence, les yeux plissés, avant de reprendre avec un peu plus d’animation.

« C’est quoi ton nom, finalement ? Tu peux me dire n’importe quoi, c’est juste que bon, je vais quand même pas continuer à t’appeler Justice, ce serait pas du meilleur goût… Moi c’est Ira. »

codage by Tankred


_________________

IRA
FUROR
BREVIS
EST
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t213-ira-anger-gets-you-into http://chtonya-verse.forumactif.com/t238-ira-we-should-forgive-our-enemies-but-not-before-they-are-hanged
Lélio dí Ruzzante
Cambion ✮ Staff

.
.: Pornstache, le roi du slip :.
avatar
✠ Je suis : Inspecteur à l'Unité de Lutte contre la Criminalité Magique | Un cambion névrotique | Infecté par l'Ardeur Macabre | En plein syndrome de Stockholm |
✠ J'ai : quarante deux ans
✠ Mon âme appartient : à l'Ardeur & la Colère.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : kit (c) SIO
☉ Messages : 2231
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   19.03.18 20:35


And I can't stop until the whole word knows my name ‘cause I was only born inside my dreams. Until you die for me, as long as there is a light, my shadow is over you ‘cause I am the opposite of amnesia. And you're a cherry blossom, you're about to bloom. You look so pretty, but you're gone so soon. (c) lyrics fall out boy (c) icons jellybender.
(@Ira Abisheva & Lélio dí Ruzzante)


Franchement, elle a l’air sur le point de m’envoyer chier mais d’une force… Et le pire, c’est que ça ne casse pas ma bonne humeur retrouvée. Un qui pro quo pareil, on me l’avait encore jamais fait ! Je me moque, mais c’est pas méchant. À la rigueur, elle me fait de la peine, la pauvre. Je me remémore sa tentative d’approche et un résidu de rire coule encore hors de mes lèvres alors qu’elle croise les bras sous sa poitrine, contrariée.

Ce qu’elle m’apprend sur mon aura me plait moyennement. Ma rune est supposée me garder de ce genre de désagrément, ou plutôt, cacher mon aura à ceux qui cherchent à me nuire. J’en déduis que ce n’est pas dans ses intentions, d’une part, et de l’autre, que les démonistes voient au travers. En réalité, ça me paraît logique. Ce n’est pas comme si cette engeance se préoccupait de moi, d’habitude.
Puis je suppose qu’en tant que descendant quasi direct d’un Sat’han, j’ai effectivement une aura qui brille un peu plus que la moyenne. Raison probable de cette rune, en plus de me dissimuler au Concilium.

Comme elle accepte mon invitation, je lui tiens la porte et me retient de rire encore quand elle me conseille de ne pas trop en faire. Une quantité de répliques bien senties me passe par l’esprit, que je refoule pour la suivre dans ce bar relativement miteux. Je m’installe sur le tabouret à côté du sien, au comptoir, puis lève le doigt en direction du barman quand elle commande une bière, pour lui signifier de me servir la même chose. Pas vraiment mon alcool préféré, mais bon.

Il était plutôt naze, ce surnom. C’est pas vraiment moi qui l’ai choisi. Tu peux m’appeler Lélio.

Pas besoin de mentir sur mon prénom, de toute façon. Avec un peu de recherche et si elle s’intéresse un brin aux potins de cour, elle trouvera facilement comment je m’appelle.

Désolé de te décevoir. T’es pas banale, pour une démoniste. En général, le mot « cambion » ça suffit à vous faire tourner les talons. Faut dire qu’on ne vaut rien.

Aucune rancœur, juste une constatation pure et simple. Je connais la leçon, mama me l’a bien apprise pour m’éviter des désillusions futures quand j’ai eu ma phase « je veux connaître mon père ».

J’ai même pas de contacts avec des narakhes, c’est te dire. Rassure-moi, tu t’es pas engagée pour ça ?

Dans l’Assemblée, mais le serment magique me lie toujours et m’empêche d’être plus précis. Je suppose que l’apprentie démoniste a un cerveau quand elle s’en donne la peine, et qu’elle comprendra. Je bois une gorgée de ma bière, qui a un goût relativement dégueulasse mais c’est alcoolisé. Je me rends compte qu’évoquer l’Assemblée assombri mon humeur. Quand je repense aux manipulations de Liber et au traitement d’Aequitas, franchement… D’une main, je cherche mon téléphone mais toujours aucune nouvelle de cet emmerdeur d’aëlhim supposé me rejoindre. Je le soupçonne d’avoir trouvé une occupation bien plus sympa que la mienne. Une occupation du genre à écarter les cuisses au lieu de lui vider son portefeuille en alcool bas de gamme.

Ô injustice.
Quelle ironie.



_________________




Parfois, le coeur pardonne, mais pas la tête

Passa la nave mia colma d'oblio ; per aspro mare, a mezza notte il verno, enfra Scilla e Caribdi; et al governo siede il signore, anzi ‘l nimico mio ; A ciascun remo un penser pronto e rio che la tempesta e ‘l fin par ch’abbi a scherno ; la vela rompe un vento umido, eterno di sospir, di speranze e di desio.

Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t41-lelio-chaque-jour-vers-l http://chtonya-verse.forumactif.com/t64-lelio-subtile-indecence
Ira Abisheva
Sorcière ❅ Membre

.
.: Wingardiouuum Leviossa :.
avatar
✠ Je suis : une sorcière démoniste
✠ J'ai : 28 ans
✠ Mon âme appartient : à l'Assemblée Républicaine
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : ava ©DΛNDELION sign ©ANESIDORA
☉ Messages : 141
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   03.04.18 6:59



DISTORSION
« Dans leur gosier ils murmurent cet hymne, dont ils ne peuvent prononcer une parole entière. »
@Lélio Dí Ruzzante ☩ Ira Abisheva

« Lélio. »

Le mot roule sur ma langue, j’en teste la saveur d’un air pensif. Deux syllabes, un léger parfum de méditerranée. Un prénom juvénile, qu’on imaginerait plus facilement sur un petit garçon. Lélio, à table ! Lélio, range tes jouets et arrête d’embêter ton frère ! Ça ne lui va pas mal, mais encore une fois, ça dénote avec à peu près toutes les idées que je m’étais faites à son sujet. Je décide qu’il ne l’a pas inventé. S’il avait voulu mentir, il aurait choisi un truc plus ordinaire, plus passe partout. Christophe ou Martin ou Jean-Pierre.

La première partie de son commentaire retient toutefois mon attention. Il ne l’a pas choisi… Une initiative de Liber, assurément. J’imagine qu’on ne fomente pas une révolution dans les catacombes parysiennes sans un certain goût pour les mises en scène dramatiques et les sobriquets grandiloquents. L’homme poursuit, armé de sa bière, et je lui oppose un ricanement narquois.

« Oh arrête, tu vas me faire pleurer. »

Un petit relent d’aigreur pour ses moqueries passées, que je m’empresse d’ensevelir sous d’autres mots.

« Bon je vais pas mentir, j’y ai songé… Mais en tant que démoniste ratée, je me suis dit que j’allais pas commencer à me la jouer snob. Je vaux pas mieux, techniquement. »

Voilà, comme ça on va pouvoir se vautrer de concert dans notre impuissance congénitale en vidant un fût avant qu’il ait le temps de s’éventer. D’accord, le programme n’est pas franchement réjouissant, et j’ai peut-être un peu menti : du fond de mon orgueil blessé, une petite voix me crie toujours que je suis pas si mal lotie, comparée à un cambion.

Au moins, j’ai encore la possibilité de progresser. De racler les arcanes de Dis jusqu’à les maîtriser, d’enchaîner une armée de narakhes à ma volonté, patiemment et un par un. Lui, il est juste condamné à se faire envoyer paître par ceux qui l’ont engendré. Ce qu’il me confirme dans sa dernière réplique. Je redresse la tête, qui se trouvait précédemment plongée dans ma mousse, et lui renvoie une mine déconfite.

« Oh wow, je veux bien croire que j’ai pas fait une première impression très flatteuse, mais quand même… Non, je me suis pas engagée pour ça, on peut être démoniste et avoir quelques idéaux. »

Passons sur la raison initiale de mon enrôlement à la cause, loin d’être aussi glorieuse que ce que je laisse entendre et tout aussi moralement discutable que les insinuations de mon voisin de comptoir. Si mes motivations étaient trop personnelles pour être honorables, je me suis tout de même prise au jeu. Et surtout, paradoxalement, depuis l’ascension d’Aequitas. Elle empeste la rectitude aëlique, mais elle a des tripes. En quelques mois, l’Assemblée est passée de société secrète dont l’existence même relevait pour beaucoup de la légende urbaine, à organisation terroriste radicale capable de faire trembler la monarchie sur ses fondations dorées à l’or fin.

D’accord, elle ne fait pas dans la finesse. D’accord, sa stratégie peut sembler déraisonnable. Mais il était grand temps qu’on foute un peu la merde, non ? Un bon coup de pied dans la fourmilière. Et qu’importent les conséquences, les descentes de police, les arrestations arbitraires, les gardes armés jusqu’aux dents patrouillant dans les rues, le danger permanent. Je me suis rarement sentie aussi vivante.

Mais tout ça, je ne vais certainement pas le confier à Justice — ou Lélio. Je saurais pas trop dire où il se place, dans tout ça. Je crève de savoir pourquoi il a trahi, mais vu ses réactions tout à l’heure, quand je l’ai abordé de front… J’ose pas lui poser la question. Peut-être plus tard, si j’arrive à l’imbiber suffisamment. À défaut, j’emprunte des chemins détournés. Histoire de satisfaire d’autres pans de ma curiosité. Mais comme on ne se refait pas, je ne m’embarrasse ni de pudeur, ni de tact.

« Alors dis-moi, qui a fauté avec un cornu ? Papa ou maman ? T’as dû avoir une enfance originale… »

codage by Tankred


_________________

IRA
FUROR
BREVIS
EST
Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t213-ira-anger-gets-you-into http://chtonya-verse.forumactif.com/t238-ira-we-should-forgive-our-enemies-but-not-before-they-are-hanged
Lélio dí Ruzzante
Cambion ✮ Staff

.
.: Pornstache, le roi du slip :.
avatar
✠ Je suis : Inspecteur à l'Unité de Lutte contre la Criminalité Magique | Un cambion névrotique | Infecté par l'Ardeur Macabre | En plein syndrome de Stockholm |
✠ J'ai : quarante deux ans
✠ Mon âme appartient : à l'Ardeur & la Colère.
☉ Je suis actuellement :
  • libre (RP).
☉ Crédits : kit (c) SIO
☉ Messages : 2231
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   04.04.18 16:23


And I can't stop until the whole word knows my name ‘cause I was only born inside my dreams. Until you die for me, as long as there is a light, my shadow is over you ‘cause I am the opposite of amnesia. And you're a cherry blossom, you're about to bloom. You look so pretty, but you're gone so soon. (c) lyrics fall out boy (c) icons jellybender.
(@Ira Abisheva & Lélio dí Ruzzante)


Elle est drôle, cette fille. Pas encore vraiment pourrie par son art, par Dis ou par Aequitas. Ou alors, elle joue putain bien la comédie, mais j’ai envie de croire qu’il me reste suffisamment d’instinct de flics, suffisamment de clairvoyance, pour repérer ce qui merde.

Ça doit être cool, d’avoir des idéaux, je commande en buvant une gorgée de bière.

Parce que les miens, franchement, frôlent le néant. Au début, Liber m’emballait bien avec son histoire de révolution, de république, et ça m’arrangeait vu la merde foutue par la monarchie, par la Révélation. Ah, je radote encore… Mais plus ça avançait, cette histoire, et moins ça me parlait. Je n’ai jamais eu des pulsions terroristes, ni génocidaires. Pas dans mon état normal, pas pendant mes périodes sobres, celles où je bride mes velléités colériques, où je parviens à me passer de mes shoots.

Les questions personnelles arrivent rapidement. Qu’est-ce qu’elle imagine ? Qu’avec une pinte de bière, je vais lui déballer ma vie ? Enfin, c’est pas comme si ça me coûtait beaucoup et en prime, elle me peine un peu. Je lui dois bien ça, en échange du fou rire de tout à l’heure.

Ma mère. Une démoniste, marrant non ? Enfin, ça se tient. Mon père, j’le connais pas, juste son nom et j’suis même pas certain que ça soit vrai. J’vois pas pourquoi elle aurait menti, d’un autre côté, elle ne mentait jamais. Même quand elle aurait dû. Après, franchement, ça te regarde pas. Est-ce que je te demande moi, dans quelle position ton père a baisé ta mère ? D’où tu sors pour te démerder aussi mal en magie distique ? Et pourquoi tu trempes là-dedans alors que, visiblement, t’as pas trop les bases ?

Ah merde, je viens de le faire. Je doute qu’elle réponde à mes questions, même si ça m’intrigue, d’une certaine façon. Son prénom, j’en ai jamais entendu un pareil donc elle ne vient probablement pas de France. Ce qu’elle branle à Parys ? Montée à la capitale pour rejoindre la tentative de République ? Ou peut-être pas, peut-être que ça n’a rien en commun avec tout ça. Pourquoi je me préoccupe de la tragédie de cette fille ? Pour m’éloigner un peu de la mienne, sans doute. De toutes ces merdes qui s’empilent, qui empestent, de ces problèmes à régler sans savoir par quel bout les prendre.

Trop compliqué. Vraiment.
Alors j’avale encore une gorgée et je me rends compte que mon verre est vide. Ah, tristesse !



_________________




Parfois, le coeur pardonne, mais pas la tête

Passa la nave mia colma d'oblio ; per aspro mare, a mezza notte il verno, enfra Scilla e Caribdi; et al governo siede il signore, anzi ‘l nimico mio ; A ciascun remo un penser pronto e rio che la tempesta e ‘l fin par ch’abbi a scherno ; la vela rompe un vento umido, eterno di sospir, di speranze e di desio.

Revenir en haut Aller en bas
http://chtonya-verse.forumactif.com/t41-lelio-chaque-jour-vers-l http://chtonya-verse.forumactif.com/t64-lelio-subtile-indecence
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Distorsion – Lélio   

Revenir en haut Aller en bas
 
Distorsion – Lélio
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chtonya Verse ::  :: Montmartre-
Sauter vers: